1. Couple oxydant/réducteur et équation générale d'une oxydoréduction

DÉFINITION

Un oxydant est une espèce chimique capable de capter un ou plusieurs électrons (elle se réduit). Un réducteur est une espèce chimique capable de céder un ou plusieurs électrons (il s'oxyde). Un oxydant Ox et le réducteur Red qui lui est associé forment un couple oxydant/réducteur, noté Ox/Red, relié par une demi-équation électronique :

Ox + n e⁻ ⇌ Red

Exemples de couples : Cu²⁺/Cu (Cu²⁺ + 2e⁻ ⇌ Cu) et Fe³⁺/Fe²⁺ (Fe³⁺ + e⁻ ⇌ Fe²⁺).

PROPRIÉTÉ — Réaction d'oxydoréduction

Une réaction d'oxydoréduction est un transfert direct d'électrons du réducteur d'un couple vers l'oxydant d'un autre couple, sans qu'aucun électron ne subsiste libre. Si Ox₁/Red₁ et Ox₂/Red₂ sont deux couples redox, la réaction entre l'oxydant Ox₁ et le réducteur Red₂ s'écrit, de façon générale :

Ox₁ + Red₂ → Red₁ + Ox₂

Elle n'est possible (dans le sens direct) que si Ox₁ est un oxydant plus fort que Ox₂, c'est-à-dire si E°(Ox₁/Red₁) > E°(Ox₂/Red₂).

EXEMPLE

Réaction entre les ions fer(III) et les ions iodure : Fe³⁺ (oxydant) + I⁻ (réducteur) → Fe²⁺ + ½ I₂, soit après multiplication par 2 : 2Fe³⁺ + 2I⁻ → 2Fe²⁺ + I₂.

2. Équilibrage des équations redox — méthode des demi-équations électroniques

MÉTHODE — Milieu acide

Pour écrire la demi-équation d'un couple en milieu acide, on procède dans l'ordre :

1. Écrire l'oxydant et le réducteur du couple.
2. Équilibrer les éléments autres que O et H.
3. Équilibrer l'oxygène en ajoutant des molécules H₂O.
4. Équilibrer l'hydrogène en ajoutant des ions H⁺.
5. Équilibrer les charges électriques en ajoutant des électrons e⁻.

Exemple : couple MnO₄⁻/Mn²⁺ → MnO₄⁻ (1 Mn, 4 O) ⇌ Mn²⁺ ; on ajoute 4 H₂O pour l'oxygène, puis 8 H⁺ pour l'hydrogène, puis 5 e⁻ pour les charges (charge à gauche : −1+8=+7 ; il faut +2 à droite, donc 5 e⁻ captés) :

MnO₄⁻ + 8H⁺ + 5e⁻ ⇌ Mn²⁺ + 4H₂O

MÉTHODE — Milieu basique

On établit d'abord la demi-équation en milieu acide, puis on ajoute autant d'ions OH⁻ dans les deux membres qu'il y a d'ions H⁺, et on simplifie les couples H⁺ + OH⁻ → H₂O.

Exemple, couple ClO⁻/Cl⁻ : forme acide ClO⁻ + 2H⁺ + 2e⁻ ⇌ Cl⁻ + H₂O. On ajoute 2 OH⁻ des deux côtés : ClO⁻ + 2H₂O + 2e⁻ ⇌ Cl⁻ + H₂O + 2OH⁻, qui se simplifie en :

ClO⁻ + H₂O + 2e⁻ ⇌ Cl⁻ + 2OH⁻

EXEMPLE — Équation bilan

Pour obtenir l'équation globale, on multiplie chaque demi-équation par un coefficient pour égaliser le nombre d'électrons échangés, puis on les additionne en éliminant les électrons. Réaction des ions dichromate sur les ions fer(II) en milieu acide :

Cr₂O₇²⁻ + 14H⁺ + 6e⁻ ⇌ 2Cr³⁺ + 7H₂O  (×1)

Fe²⁺ ⇌ Fe³⁺ + e⁻  (×6)

Cr₂O₇²⁻ + 14H⁺ + 6Fe²⁺ → 2Cr³⁺ + 7H₂O + 6Fe³⁺

Vérification des charges : à gauche −2+14+12 = 24 ; à droite 6+18 = 24. L'équation est équilibrée.

3. La réaction de dismutation

DÉFINITION

Une réaction de dismutation est une réaction d'oxydoréduction particulière où une même espèce chimique joue simultanément le rôle d'oxydant et de réducteur : une partie de l'espèce s'oxyde tandis que l'autre partie se réduit. La réaction inverse (deux espèces différentes donnant une espèce commune) est appelée médiamutation ou amphotérisation.

EXEMPLE — Dismutation du dichlore

En milieu basique, le dichlore Cl₂ (degré d'oxydation 0) se dismute : une partie est réduite en ions chlorure Cl⁻ (degré −I) et l'autre est oxydée en ions hypochlorite ClO⁻ (degré +I) :

Cl₂ + 2OH⁻ → Cl⁻ + ClO⁻ + H₂O

Vérification : Cl (2 = 1+1), O (2 = 1+1), H (2 = 2), charges (−2 = −1−1). C'est la réaction utilisée dans la fabrication de l'eau de Javel.

4. Les couples redox usuels à connaître

Le tableau ci-dessous rassemble les demi-équations (écrites dans le sens de la réduction) des couples redox les plus fréquemment rencontrés en Première C/D.

Couple Ox/RedDemi-équation (sens réduction)E° approx. (V)
MnO₄⁻/Mn²⁺MnO₄⁻ + 8H⁺ + 5e⁻ ⇌ Mn²⁺ + 4H₂O1,51
Cr₂O₇²⁻/Cr³⁺Cr₂O₇²⁻ + 14H⁺ + 6e⁻ ⇌ 2Cr³⁺ + 7H₂O1,33
Cl₂/Cl⁻Cl₂ + 2e⁻ ⇌ 2Cl⁻1,36
ClO⁻/Cl⁻ClO⁻ + H₂O + 2e⁻ ⇌ Cl⁻ + 2OH⁻0,89
NO₃⁻/NONO₃⁻ + 4H⁺ + 3e⁻ ⇌ NO + 2H₂O0,96
H₂O₂/H₂OH₂O₂ + 2H⁺ + 2e⁻ ⇌ 2H₂O1,77
O₂/H₂O₂O₂ + 2H⁺ + 2e⁻ ⇌ H₂O₂0,68
Fe³⁺/Fe²⁺Fe³⁺ + e⁻ ⇌ Fe²⁺0,77
I₂/I⁻I₂ + 2e⁻ ⇌ 2I⁻0,54
Cu²⁺/CuCu²⁺ + 2e⁻ ⇌ Cu0,34
SO₄²⁻/SO₂SO₄²⁻ + 4H⁺ + 2e⁻ ⇌ SO₂ + 2H₂O0,17
S₄O₆²⁻/S₂O₃²⁻S₄O₆²⁻ + 2e⁻ ⇌ 2S₂O₃²⁻0,08
C₂O₄²⁻/CO₂ (CO₂ oxydant)2CO₂ + 2e⁻ ⇌ C₂O₄²⁻−0,49
Zn²⁺/ZnZn²⁺ + 2e⁻ ⇌ Zn−0,76
EXEMPLE

L'ion oxalate C₂O₄²⁻ est un bon réducteur : il s'oxyde en dioxyde de carbone selon C₂O₄²⁻ → 2CO₂ + 2e⁻, réaction utilisée dans le dosage du permanganate.

5. Étude quantitative : la pile Daniell et le potentiel redox

DÉFINITION — Pile Daniell

La pile Daniell associe deux demi-piles reliées par un pont salin : une lame de zinc plongée dans une solution de sulfate de zinc (couple Zn²⁺/Zn) et une lame de cuivre plongée dans une solution de sulfate de cuivre (couple Cu²⁺/Cu). Elle se note :

(−) Zn | Zn²⁺ ‖ Cu²⁺ | Cu (+)

À l'électrode de zinc (pôle négatif, anode) : oxydation Zn → Zn²⁺ + 2e⁻. À l'électrode de cuivre (pôle positif, cathode) : réduction Cu²⁺ + 2e⁻ → Cu. Équation de fonctionnement : Zn + Cu²⁺ → Zn²⁺ + Cu.

PROPRIÉTÉ — Potentiel redox et échelle des potentiels

À chaque couple Ox/Red est associé un potentiel standard d'oxydoréduction E° (en volts), mesuré par rapport à l'électrode standard à hydrogène. Plus E° est grand, plus l'oxydant du couple est fort (pouvoir oxydant croissant lorsqu'on parcourt l'échelle de potentiels vers le haut, pouvoir réducteur croissant vers le bas).

La force électromotrice d'une pile associant deux couples se calcule par : E°(pile) = E°(couple à la cathode) − E°(couple à l'anode). Pour la pile Daniell : E° = E°(Cu²⁺/Cu) − E°(Zn²⁺/Zn) = 0,34 − (−0,76) = 1,10 V.

EXEMPLE

Sur l'échelle des potentiels, MnO₄⁻ (E° = 1,51 V) est un oxydant plus fort que Cl₂ (E° = 1,36 V) : les ions permanganate peuvent donc oxyder les ions chlorure, ce qui explique qu'on ne dose jamais un chlorure par KMnO₄ en milieu chlorhydrique sans précaution.

6. Les titrages par oxydoréduction

DÉFINITION — Titrage direct

Dans un titrage redox direct, la solution titrante contient l'oxydant (ou le réducteur) qui réagit directement et totalement avec le réducteur (ou l'oxydant) à doser. À l'équivalence, les réactifs sont mélangés dans les proportions stœchiométriques de l'équation de la réaction support du titrage.

a) La manganimétrie

EXEMPLE

Dosage des ions Fe²⁺ par une solution de permanganate de potassium KMnO₄ en milieu acide (H₂SO₄) :

MnO₄⁻ + 8H⁺ + 5Fe²⁺ → Mn²⁺ + 4H₂O + 5Fe³⁺

Le permanganate, violet, est son propre indicateur (autoindicateur) : tant qu'il reste du réducteur, MnO₄⁻ est consommé au fur et à mesure et la solution reste incolore/vert pâle ; à l'équivalence, la moindre goutte supplémentaire de KMnO₄ persiste et colore la solution en rose violacé, ce qui marque la fin du dosage.

b) L'iodométrie

EXEMPLE

Le diiode I₂ formé ou présent dans une solution est dosé par une solution de thiosulfate de sodium Na₂S₂O₃ :

I₂ + 2S₂O₃²⁻ → 2I⁻ + S₄O₆²⁻

L'indicateur utilisé est l'empois d'amidon (thiodène), qui forme avec I₂ un complexe bleu-nuit très sensible. On l'ajoute juste avant l'équivalence (pas trop tôt, pour éviter de piéger l'iode) : la disparition brutale de la coloration bleue marque l'équivalence.

PROPRIÉTÉ — Titrage indirect

Un titrage est dit indirect lorsque l'espèce à doser ne peut pas être titrée directement (réaction trop lente, absence d'indicateur adapté...). Principe : on fait d'abord réagir l'espèce à doser avec un excès connu d'un réactif auxiliaire, puis on dose l'excès non consommé de ce réactif par un titrage direct classique ; par différence, on remonte à la quantité de l'espèce initiale.

Exemple : dosage indirect des ions hypochlorite ClO⁻ (eau de Javel) par iodométrie. On ajoute un excès d'iodure de potassium KI en milieu acide : ClO⁻ + 2I⁻ + 2H⁺ → Cl⁻ + I₂ + H₂O. Le diiode ainsi libéré (en quantité égale à celle de ClO⁻ initial) est ensuite dosé par le thiosulfate, ce qui permet de remonter à la concentration en ClO⁻.

7. L'électrolyse des solutions aqueuses à électrodes inertes

DÉFINITION

L'électrolyse est une réaction d'oxydoréduction forcée par le passage d'un courant électrique continu imposé par un générateur, dans un sens non spontané. À la cathode (reliée au pôle − du générateur) se produit une réduction ; à l'anode (reliée au pôle +) se produit une oxydation. Des électrodes en graphite sont dites inertes : elles ne participent pas elles-mêmes à la réaction, elles ne servent que de support au transfert d'électrons.

Lorsque plusieurs espèces peuvent réagir à une même électrode, c'est en pratique celle qui demande le moins d'énergie (potentiel le plus favorable, en tenant compte des phénomènes de surtension) qui réagit effectivement.

Électrolyte (électrodes graphite)Réaction à la cathode (réduction)Réaction à l'anode (oxydation)
SnCl₂ (aq)Sn²⁺ + 2e⁻ → Sn (dépôt)2Cl⁻ → Cl₂ + 2e⁻
HCl (aq)2H⁺ + 2e⁻ → H₂2Cl⁻ → Cl₂ + 2e⁻
NaOH (aq)2H₂O + 2e⁻ → H₂ + 2OH⁻4OH⁻ → O₂ + 2H₂O + 4e⁻
CuSO₄ (aq)Cu²⁺ + 2e⁻ → Cu (dépôt)2H₂O → O₂ + 4H⁺ + 4e⁻
EXEMPLE

Électrolyse de SnCl₂ : l'ion Sn²⁺ se réduit préférentiellement à l'eau (dépôt métallique de Sn à la cathode), tandis que les ions Cl⁻ s'oxydent préférentiellement à l'eau à l'anode (dégagement de dichlore) : bilan global Sn²⁺ + 2Cl⁻ → Sn + Cl₂.

Électrolyse de NaOH dilué : ni Na⁺ (trop difficile à réduire) ni OH⁻ autrement que par oxydation de l'eau ne changent la nature du milieu ; le bilan global se simplifie en l'électrolyse de l'eau elle-même : 2H₂O → 2H₂ + O₂ (NaOH n'est qu'un électrolyte support, sa concentration reste constante).

Électrolyse de CuSO₄ : dépôt de cuivre à la cathode et dégagement de dioxygène à l'anode, avec acidification progressive de la solution près de l'anode (production de H⁺) — bilan : 2Cu²⁺ + 2H₂O → 2Cu + O₂ + 4H⁺.

PROPRIÉTÉ — Lois de Faraday

La quantité d'électricité Q (en coulombs) ayant traversé le circuit pendant la durée t (en secondes), pour un courant d'intensité I (en ampères) constante, est Q = I·t. La quantité de matière d'électrons échangés est :

n(e⁻) = Q/F = I·t/F

avec F = 96 500 C/mol (constante de Faraday). Si z électrons sont échangés par ion ou molécule formée à une électrode, la quantité de matière n et la masse m de produit obtenu valent :

n = n(e⁻)/z et m = n·M

8. L'électrolyse à anode soluble : galvanoplastie et galvanostégie

DÉFINITION — Anode soluble

Dans une électrolyse à anode soluble, l'anode n'est plus inerte : elle est constituée du métal même qui doit se déposer sur l'objet (la cathode). L'anode s'oxyde et se dissout en libérant des ions métalliques Mn+ dans le bain :

Anode : M → M^n+ + n e⁻   |   Cathode : M^n+ + n e⁻ → M (dépôt)

La concentration en ions métalliques du bain reste globalement constante : le métal est simplement transféré de l'anode vers la cathode, où il se dépose.

APPLICATION — Galvanoplastie

La galvanoplastie consiste à déposer une couche métallique (souvent du cuivre) suffisamment épaisse sur un moule conducteur pour reproduire fidèlement un objet (statuette, médaille, plaque gravée) ; une fois le dépôt suffisamment épais, on sépare le moule du dépôt métallique, qui constitue alors une réplique creuse de l'objet original.

APPLICATION — Galvanostégie

La galvanostégie consiste à recouvrir un objet métallique d'une fine couche protectrice et/ou décorative d'un autre métal (chromage, nickelage, argenture, dorure, cuivrage), l'objet à revêtir jouant le rôle de cathode et restant en place à la fin de l'opération. Ce revêtement protège le métal de base contre la corrosion et lui donne un aspect esthétique brillant (ex. chromage des pare-chocs, nickelage d'outils).

🧠 À retenir

  • Un oxydant capte des électrons (se réduit), un réducteur en cède (s'oxyde) : Ox + n e⁻ ⇌ Red. Réaction redox = transfert direct d'électrons : Ox₁ + Red₂ → Red₁ + Ox₂.
  • Équilibrage (milieu acide) : éléments hors O/H → O avec H₂O → H avec H⁺ → charges avec e⁻. En milieu basique : ajouter autant de OH⁻ que de H⁺ des deux côtés, puis simplifier H⁺+OH⁻→H₂O.
  • Dismutation : une même espèce est à la fois oxydée et réduite (ex. Cl₂ + 2OH⁻ → Cl⁻ + ClO⁻ + H₂O).
  • Pile Daniell : Zn (anode, −) s'oxyde, Cu (cathode, +) se réduit ; E°(pile) = E°cathode − E°anode = 1,10 V. Plus E° est grand, plus l'oxydant est fort.
  • Manganimétrie (KMnO₄, autoindicateur violet→incolore/rose) et iodométrie (I₂/thiosulfate, empois d'amidon) : titrages directs. Titrage indirect : excès de réactif, puis dosage de l'excès.
  • Électrolyse à électrodes inertes en graphite : réduction à la cathode (−), oxydation à l'anode (+) — cas type SnCl₂, HCl, NaOH, CuSO₄.
  • Loi de Faraday : n(e⁻) = I·t/F, avec F = 96 500 C/mol ; n(produit) = n(e⁻)/z ; m = n·M.
  • Électrolyse à anode soluble (métal M) : principe de la galvanoplastie (reproduction d'objets) et de la galvanostégie (revêtement protecteur/décoratif, ex. chromage, nickelage).
1

Équilibrer une réaction d'oxydoréduction simple

● Facile

On mélange une solution contenant des ions fer(III) Fe³⁺ avec une solution contenant des ions iodure I⁻. On observe l'apparition d'une coloration brune caractéristique du diiode I₂, et la disparition progressive des ions Fe³⁺.

1. Écrire les demi-équations électroniques des couples Fe³⁺/Fe²⁺ et I₂/I⁻.
2. Identifier, dans cette réaction, l'oxydant et le réducteur.
3. En déduire l'équation bilan équilibrée de la réaction.

Correction

1. Fe³⁺ + e⁻ ⇌ Fe²⁺  et  I₂ + 2e⁻ ⇌ 2I⁻.

2. Les ions Fe³⁺ captent un électron (ils se réduisent) : Fe³⁺ est l'oxydant. Les ions I⁻ cèdent un électron (ils s'oxydent en I₂) : I⁻ est le réducteur.

3. Pour égaliser les électrons, on multiplie la demi-équation de Fe³⁺/Fe²⁺ par 2 :
2Fe³⁺ + 2e⁻ → 2Fe²⁺
2I⁻ → I₂ + 2e⁻
En additionnant et en éliminant les électrons : 2Fe³⁺ + 2I⁻ → 2Fe²⁺ + I₂. Vérification des charges : à gauche 6−2=4, à droite 4+0=4. ✔

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Manganimétrie — dosage des ions fer(II)

● Moyen

On prélève V₀ = 20,0 mL d'une solution de sulfate de fer(II) FeSO₄ de concentration C₀ inconnue, que l'on acidifie avec de l'acide sulfurique dilué. On dose cette solution par une solution de permanganate de potassium KMnO₄ de concentration Cb = 2,0×10⁻² mol/L. L'équivalence (apparition d'une teinte rose violacé persistante) est obtenue pour un volume versé Ve = 8,0 mL.

1. Écrire l'équation de la réaction support du titrage (couples MnO₄⁻/Mn²⁺ et Fe³⁺/Fe²⁺, milieu acide).
2. Pourquoi n'utilise-t-on pas d'indicateur coloré dans ce titrage ?
3. Établir la relation à l'équivalence, puis calculer C₀.

Correction

1. MnO₄⁻ + 8H⁺ + 5e⁻ → Mn²⁺ + 4H₂O ; Fe²⁺ → Fe³⁺ + e⁻ (×5). Somme : MnO₄⁻ + 8H⁺ + 5Fe²⁺ → Mn²⁺ + 4H₂O + 5Fe³⁺.

2. Le permanganate est violet et se décolore tant qu'il réagit avec Fe²⁺ ; à l'équivalence, l'excès de MnO₄⁻ colore durablement la solution en rose violacé : KMnO₄ est son propre indicateur (autoindicateur), un indicateur coloré est donc inutile.

3. À l'équivalence, les réactifs sont dans les proportions de l'équation : n(Fe²⁺) = 5·n(MnO₄⁻), soit C₀·V₀ = 5·Cb·Ve.
n(MnO₄⁻) = Cb·Ve = 2,0×10⁻² × 8,0×10⁻³ = 1,6×10⁻⁴ mol.
n(Fe²⁺) = 5 × 1,6×10⁻⁴ = 8,0×10⁻⁴ mol.
C₀ = n(Fe²⁺)/V₀ = 8,0×10⁻⁴/20,0×10⁻³ = 4,0×10⁻² mol/L.

3

Iodométrie — dosage indirect de l'eau de Javel

● Difficile

On souhaite déterminer la concentration en ions hypochlorite ClO⁻ d'une solution d'eau de Javel diluée. On prélève V₀ = 10,0 mL de cette solution, on ajoute un large excès d'iodure de potassium KI, puis on acidifie. Les ions ClO⁻ réagissent totalement avec les ions I⁻ en excès selon : ClO⁻ + 2I⁻ + 2H⁺ → Cl⁻ + I₂ + H₂O. Le diiode ainsi formé est ensuite dosé par une solution de thiosulfate de sodium Na₂S₂O₃ de concentration Cb = 0,100 mol/L, en présence d'empois d'amidon. L'équivalence est obtenue pour Ve = 12,0 mL.

1. Pourquoi ce dosage est-il qualifié d'« indirect » ?
2. Écrire l'équation de la réaction de titrage du diiode par le thiosulfate.
3. Calculer la quantité de matière de diiode formé, puis celle de ClO⁻ initialement présente dans le prélèvement.
4. En déduire la concentration C(ClO⁻) de la solution, puis son titre massique en hypochlorite de sodium NaClO (M = 74,5 g/mol).

Correction

1. On ne dose pas directement ClO⁻ : on le fait d'abord réagir avec un excès d'un réactif auxiliaire (KI), puis on dose le diiode ainsi produit. C'est bien un titrage indirect.

2. I₂ + 2S₂O₃²⁻ → 2I⁻ + S₄O₆²⁻.

3. À l'équivalence du second titrage : n(I₂) = n(S₂O₃²⁻)/2 = (Cb·Ve)/2 = (0,100 × 12,0×10⁻³)/2 = 6,00×10⁻⁴ mol.
D'après l'équation de la première réaction, n(ClO⁻) = n(I₂) (rapport 1:1) = 6,00×10⁻⁴ mol.

4. C(ClO⁻) = n(ClO⁻)/V₀ = 6,00×10⁻⁴/10,0×10⁻³ = 6,0×10⁻² mol/L.
Titre massique : t = C(ClO⁻)·M(NaClO) = 6,0×10⁻² × 74,5 = 4,5 g/L (en équivalent NaClO).

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Électrolyse d'une solution de sulfate de cuivre — loi de Faraday

● Difficile

On réalise l'électrolyse d'une solution de sulfate de cuivre CuSO₄ entre deux électrodes inertes en graphite, avec un courant d'intensité constante I = 0,500 A pendant une durée t = 1 h. On donne : M(Cu) = 63,5 g/mol, F = 96 500 C/mol, volume molaire gazeux Vm = 24,0 L/mol (conditions de l'expérience).

1. Écrire les réactions se produisant à la cathode et à l'anode, et en déduire l'équation globale de l'électrolyse.
2. Calculer la quantité d'électricité Q ayant traversé le circuit.
3. Calculer la masse de cuivre déposée à la cathode.
4. Calculer le volume de dioxygène dégagé à l'anode.

Correction

1. Cathode (réduction) : Cu²⁺ + 2e⁻ → Cu. Anode (oxydation, l'eau s'oxyde car SO₄²⁻ est inoxydable) : 2H₂O → O₂ + 4H⁺ + 4e⁻. Bilan global (×2 la cathode pour égaliser les électrons) : 2Cu²⁺ + 2H₂O → 2Cu + O₂ + 4H⁺.

2. Q = I·t = 0,500 × 3600 = 1800 C.

3. n(e⁻) = Q/F = 1800/96 500 = 1,87×10⁻² mol.
n(Cu) = n(e⁻)/2 = 9,33×10⁻³ mol.
m(Cu) = n(Cu)·M(Cu) = 9,33×10⁻³ × 63,5 = 0,593 g.

4. n(O₂) = n(e⁻)/4 = 4,66×10⁻³ mol.
V(O₂) = n(O₂)·Vm = 4,66×10⁻³ × 24,0 = 0,112 L = 112 mL.

Problème de synthèse

● Niveau Bac

On dispose d'un volume V₀ = 100 mL d'une solution de sulfate de fer(II) FeSO₄ de concentration C₀ inconnue. On donne : M(FeSO₄) = 152 g/mol, M(Ni) = 58,7 g/mol, F = 96 500 C/mol. Le couple MnO₄⁻/Mn²⁺ fonctionne en milieu acide, et le couple Ni²⁺/Ni échange 2 électrons.

  1. Écrire les demi-équations des couples MnO₄⁻/Mn²⁺ (milieu acide) et Fe³⁺/Fe²⁺, et en déduire l'équation bilan de la réaction entre les ions permanganate et les ions fer(II).
  2. On prélève V₁ = 20,0 mL de la solution de FeSO₄, on l'acidifie, puis on la dose par une solution de permanganate de potassium de concentration Cb = 1,00×10⁻² mol/L. L'équivalence (apparition d'une teinte rose pâle persistante) est obtenue pour Ve = 8,00 mL. Calculer la concentration C₀ en ions Fe²⁺ de la solution.
  3. En déduire la quantité de matière n₀ d'ions Fe²⁺, puis la masse de sulfate de fer(II) FeSO₄ initialement dissoute dans les V₀ = 100 mL de solution.
  4. On réalise l'électrolyse de cette solution de FeSO₄ entre deux électrodes inertes en graphite. Écrire les réactions envisageables à la cathode et justifier, en comparant avec le cas de CuSO₄ étudié en cours, laquelle se produit réellement (le potentiel standard du couple Fe²⁺/Fe est très négatif, comparable à celui de la réduction de l'eau). Que se produit-il à l'anode ?
  5. On souhaite désormais protéger un petit objet en fer contre la corrosion en le recouvrant d'une fine couche décorative de nickel (nickelage), grâce à une électrolyse à anode soluble en nickel. Rappeler le principe de cette technique (galvanostégie) et écrire les réactions aux deux électrodes.
  6. Calculer la durée t de cette électrolyse nécessaire pour déposer une masse m = 1,174 g de nickel sur l'objet, avec un courant d'intensité constante I = 1,00 A.
Correction du problème de synthèse
  1. MnO₄⁻ + 8H⁺ + 5e⁻ → Mn²⁺ + 4H₂O ; Fe²⁺ → Fe³⁺ + e⁻ (×5). Somme : MnO₄⁻ + 8H⁺ + 5Fe²⁺ → Mn²⁺ + 4H₂O + 5Fe³⁺. L'oxydant est MnO₄⁻, le réducteur est Fe²⁺.
  2. n(MnO₄⁻) = Cb·Ve = 1,00×10⁻² × 8,00×10⁻³ = 8,00×10⁻⁵ mol.
    À l'équivalence : n(Fe²⁺) = 5·n(MnO₄⁻) = 4,00×10⁻⁴ mol.
    C₀ = n(Fe²⁺)/V₁ = 4,00×10⁻⁴/20,0×10⁻³ = 2,00×10⁻² mol/L.
  3. n₀ = C₀·V₀ = 2,00×10⁻² × 0,100 = 2,00×10⁻³ mol.
    m(FeSO₄) = n₀·M = 2,00×10⁻³ × 152 = 0,304 g.
  4. À la cathode, deux réductions sont possibles : Fe²⁺ + 2e⁻ → Fe, ou 2H₂O + 2e⁻ → H₂ + 2OH⁻. Contrairement à Cu²⁺/Cu (E° = 0,34 V, très facile à réduire, ce qui donne un dépôt net de cuivre), le couple Fe²⁺/Fe a un potentiel standard très négatif (E° = −0,44 V), proche de celui de la réduction de l'eau (compte tenu des surtensions sur graphite) : c'est donc l'eau qui est réduite en pratique, avec dégagement de dihydrogène à la cathode, et non un dépôt propre de fer. À l'anode, les ions SO₄²⁻ n'étant pas oxydables, c'est l'eau qui s'oxyde : 2H₂O → O₂ + 4H⁺ + 4e⁻ (dégagement de dioxygène).
  5. Principe de la galvanostégie : l'anode est constituée du métal à déposer (ici le nickel) et se dissout au cours de l'électrolyse, entretenant la concentration en Ni²⁺ du bain, tandis que l'objet à protéger (le fer), placé à la cathode, se recouvre d'un dépôt de nickel. Réactions : anode Ni → Ni²⁺ + 2e⁻ ; cathode (objet) Ni²⁺ + 2e⁻ → Ni. Ce revêtement protège le fer de la corrosion et lui donne un aspect brillant.
  6. n(Ni) = m/M = 1,174/58,7 = 2,00×10⁻² mol.
    n(e⁻) nécessaire = z·n(Ni) = 2 × 2,00×10⁻² = 4,00×10⁻² mol.
    Q = n(e⁻)·F = 4,00×10⁻² × 96 500 = 3860 C.
    t = Q/I = 3860/1,00 = 3860 s, soit environ 1 h 04 min.

QCM

10 questions · Correction immédiate

0Score
0/10Répondues
Q1/10

Au cours d'une réaction d'oxydoréduction, un oxydant :

Q2/10

Dans le couple redox Fe³⁺/Fe²⁺, quelle est la demi-équation électronique correcte ?

Q3/10

Une réaction de dismutation est une réaction où :

Q4/10

L'équation équilibrée de la réaction entre les ions dichromate Cr₂O₇²⁻ et les ions fer(II) en milieu acide est :

Q5/10

Dans la pile Daniell (Zn/Zn²⁺ ‖ Cu²⁺/Cu), l'électrode de zinc constitue :

Q6/10

Sachant que E°(Cu²⁺/Cu) = 0,34 V et E°(Zn²⁺/Zn) = −0,76 V, la f.é.m. standard de la pile Daniell vaut :

Q7/10

Lors d'un titrage manganimétrique, l'équivalence est repérée par :

Q8/10

Dans un titrage iodométrique du diiode par le thiosulfate de sodium, l'indicateur utilisé est :

Q9/10

Lors de l'électrolyse d'une solution de sulfate de cuivre CuSO₄ entre électrodes de graphite, on observe :

Q10/10

Le principe de la galvanostégie (ex. nickelage, chromage) repose sur :