Histoire · Seconde Série A · Méthode : Introduction — Développement (2-3 axes argumentés) — Conclusion
Étude comparée des apports de deux grandes civilisations antiques
Comparez les apports de la civilisation grecque et de la civilisation romaine à l'humanité.
Parmi les grandes civilisations de l'Antiquité étudiées au programme, la Grèce et Rome occupent une place particulière : toutes deux ont légué à l'humanité un patrimoine politique, intellectuel et artistique dont l'influence se prolonge jusqu'à nos jours. Si la première a inventé la démocratie et la philosophie, la seconde a diffusé le droit et l'ingénierie à l'échelle d'un empire. En quoi ces deux civilisations constituent-elles des héritages complémentaires pour l'humanité ? Nous étudierons d'abord l'apport spécifique de la Grèce, puis celui de Rome, avant de dégager les points de convergence et de différence entre ces deux legs.
La Grèce antique invente, à Athènes, la démocratie directe, régime dans lequel les citoyens votent eux-mêmes les lois à l'Ecclésia. Elle est également le berceau de la philosophie occidentale, avec Socrate, Platon et Aristote, qui posent les bases de la réflexion rationnelle sur l'homme, la nature et la cité. Les Grecs excellent aussi dans les sciences (mathématiques, médecine hippocratique) et les arts (théâtre, sculpture, architecture des temples), sans oublier l'olympisme né des jeux d'Olympie.
Rome, à la différence de la cité grecque repliée sur elle-même, construit un empire immense qu'elle unifie par un droit commun, le droit romain, fondement encore aujourd'hui de nombreux systèmes juridiques occidentaux. Elle diffuse également sa langue, le latin, à l'origine des langues romanes, et déploie une ingénierie civile remarquable (routes, aqueducs, monuments) qui structure durablement le territoire et sert de modèle à l'urbanisme européen.
Ces deux civilisations partagent un même fondement méditerranéen et une influence réciproque, Rome ayant largement repris et diffusé la culture grecque (religion, arts, philosophie) à l'échelle de son empire. Elles diffèrent cependant par leur génie propre : la Grèce excelle dans la pensée et l'invention politique à l'échelle de la cité, tandis que Rome excelle dans l'organisation pratique et juridique d'un vaste territoire. C'est précisément cette complémentarité qui explique la place centrale de ces deux civilisations dans la formation de la culture occidentale.
Grèce et Rome ont donc légué à l'humanité deux héritages distincts mais complémentaires : l'une la pensée, la démocratie et les arts, l'autre le droit, l'ingénierie et l'unité d'un vaste espace. Ensemble, ces apports constituent le socle sur lequel se sont bâties de nombreuses civilisations ultérieures, y compris la civilisation judéo-chrétienne étudiée dans le chapitre suivant.
D'un grand royaume d'Afrique centrale à sa fragilisation, XVe-XVIIIe siècle
Montrez comment le contact avec les Européens a transformé puis fragilisé le royaume Kongo.
Puissant royaume d'Afrique centrale organisé autour de son souverain, le Manikongo, le royaume Kongo entre en contact avec les navigateurs portugais dès 1482-1483. Ce contact ouvre une période de profondes transformations politiques, économiques et culturelles, avant que le royaume ne s'engage, à partir du XVIIe siècle, sur la voie du déclin. Comment le contact européen a-t-il d'abord transformé puis fragilisé cette puissance africaine ? Nous étudierons d'abord les transformations initiales issues du contact, puis les facteurs de fragilisation qui en découlent progressivement.
Dès les premiers contacts, le roi Nzinga a Nkuwu se convertit au christianisme et prend le nom de Jean Ier ; son fils et successeur, Afonso Ier (Mvemba a Nzinga), approfondit cette orientation en envoyant des ambassades et des jeunes nobles se former au Portugal et à Rome, cherchant à intégrer son royaume dans le concert des puissances chrétiennes sur un pied d'égalité. Sur le plan culturel, le christianisme se diffuse dans l'élite, une partie de la noblesse s'alphabétise, tandis que des échanges commerciaux nouveaux s'établissent avec les Portugais.
Très vite cependant, la demande portugaise puis européenne en captifs oriente l'économie du royaume vers la traite négrière transatlantique, qui déstabilise profondément les structures sociales et économiques traditionnelles : razzias, violences internes, dépeuplement de certaines régions. Politiquement, les rivalités successorales s'aggravent et le royaume se fragmente en principautés rivales. La défaite militaire face aux Portugais à la bataille de Mbwila en 1665 porte un coup décisif à l'autorité royale, entraînant des décennies de guerres civiles et un déclin progressif, le titre de Manikongo ne conservant plus, aux XVIIIe et XIXe siècles, qu'une portée largement symbolique.
Le royaume Kongo illustre ainsi de façon exemplaire l'ambivalence du contact avec les Européens : porteur d'abord de transformations diplomatiques et culturelles inédites, ce contact se retourne progressivement contre le royaume lorsque la traite négrière en vient à ronger ses fondements économiques et sociaux, jusqu'à provoquer sa fragmentation politique durable.
Étude comparée des royaumes Kongo, Ashanti et Zulu
À partir des exemples des royaumes Kongo, Ashanti et Zulu, montrez la diversité des trajectoires politiques et économiques de l'Afrique noire du XVIe au XVIIIe siècle.
Du XVIe au XVIIIe siècle, l'Afrique noire connaît des trajectoires politiques et économiques très diverses selon les régions, comme l'illustrent les exemples du royaume Kongo en Afrique centrale, du royaume Ashanti en Afrique de l'Ouest et du royaume Zulu en Afrique australe. Ces trois royaumes partagent-ils des dynamiques communes, ou révèlent-ils au contraire des trajectoires singulières ? Nous étudierons d'abord leurs organisations politiques respectives, puis leur rapport différencié au contact extérieur, avant d'analyser leurs modes de déclin.
Le royaume Kongo repose sur une monarchie ancienne organisée en provinces dirigées par des gouverneurs autour du Manikongo. Le royaume Ashanti naît plus tardivement, à la fin du XVIIe siècle, de l'unification par Osei Tutu de clans akans autour du symbole du Trône d'or. Le royaume Zulu, enfin, se constitue au tout début du XIXe siècle sous l'impulsion de Chaka, qui unifie par la conquête de nombreux clans nguni auparavant dispersés. Ces trois cas montrent que la centralisation politique en Afrique précède ou accompagne souvent, mais selon des rythmes propres, le contact avec les puissances extérieures.
Le Kongo entre en contact précoce avec les Portugais dès la fin du XVe siècle, ce qui entraîne une conversion religieuse rapide de son élite mais aussi son insertion précoce et dramatique dans la traite négrière transatlantique. L'Ashanti, actif sur la Côte de l'Or, tire au contraire profit du commerce de l'or tout en participant à la traite, sans connaître de bouleversement religieux comparable. Le royaume Zulu, plus isolé et plus tardif, connaît un contact plus limité durant la période étudiée, la pression coloniale britannique et boer ne s'intensifiant véritablement qu'au XIXe siècle.
Le Kongo décline dès le XVIIe siècle sous l'effet conjugué des guerres civiles et de la traite négrière. L'Ashanti, à l'inverse, atteint son apogée plus tardivement et ne décline véritablement que face à l'expansionnisme britannique du XIXe siècle. Le royaume Zulu, enfin, connaît son apogée au tout début du XIXe siècle sous Chaka avant d'être vaincu par les puissances coloniales européennes plus tard dans le siècle. Ces rythmes différents montrent qu'il n'existe pas un « modèle unique » de déclin des royaumes africains face à l'expansion européenne.
Les exemples du Kongo, de l'Ashanti et du Zulu montrent ainsi que l'Afrique noire précoloniale ne connaît pas une évolution uniforme entre le XVIe et le XVIIIe siècle, mais une pluralité de trajectoires politiques et économiques, marquées par des rythmes de centralisation, de contact et de déclin propres à chaque région.
De la critique philosophique à la naissance de nouveaux États, Série A
Montrez que les idées des Lumières ont directement inspiré les grandes révolutions de la fin du XVIIIe siècle.
Au XVIIIe siècle, des philosophes comme Voltaire, Montesquieu, Rousseau ou Diderot développent une pensée critique fondée sur la raison, s'attaquant à l'absolutisme monarchique, aux privilèges et à l'intolérance religieuse. Ces idées, diffusées notamment par l'Encyclopédie, ne restent pas confinées aux salons et aux livres : elles inspirent directement plusieurs révolutions politiques majeures de la fin du siècle. En quoi les idées des Lumières ont-elles nourri ces révolutions ? Nous étudierons successivement l'indépendance américaine, la Révolution française, puis l'indépendance d'Haïti.
Les colons des Treize colonies britanniques, influencés par les idées des Lumières sur la liberté et le consentement à l'impôt, contestent une fiscalité imposée sans représentation politique. La guerre d'indépendance (1775-1783) aboutit à la déclaration d'indépendance du 4 juillet 1776, puis à la Constitution de 1787, qui reprend directement le principe de la séparation des pouvoirs théorisé par Montesquieu dans « De l'Esprit des lois ».
En France, la crise financière de la monarchie et les inégalités de la société d'ordres se combinent à la diffusion des idées des Lumières pour provoquer la convocation des États généraux en 1789, puis la prise de la Bastille le 14 juillet, l'abolition des privilèges le 4 août, et la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, qui reprend directement les principes de liberté et d'égalité chers à Rousseau et aux philosophes des Lumières.
Les idées d'égalité et de liberté diffusées par les Lumières puis par la Révolution française trouvent un écho radical dans la colonie française de Saint-Domingue, où les esclaves se soulèvent à partir de 1791 sous l'impulsion de Toussaint Louverture puis de Jean-Jacques Dessalines. Cette révolte aboutit à la proclamation de l'indépendance d'Haïti le 1er janvier 1804, donnant naissance au premier État noir indépendant né d'une révolte d'esclaves, preuve que les idées des Lumières pouvaient se retourner contre le système colonial et esclavagiste lui-même.
Des Treize colonies américaines à Saint-Domingue en passant par la France, les idées des Lumières irriguent ainsi directement les grandes révolutions de la fin du XVIIIe siècle, chacune s'appropriant à sa manière les principes de liberté, d'égalité et de refus de l'arbitraire pour fonder un ordre politique nouveau.
Progrès technique et nouvelles inégalités, Série A
Montrez que la première révolution industrielle a autant enrichi les sociétés qu'elle a créé de nouvelles inégalités.
Née en Grande-Bretagne dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, la première révolution industrielle bouleverse les modes de production grâce à la machine à vapeur, à la mécanisation du textile et à l'essor de la sidérurgie. Si cette transformation entraîne une croissance économique sans précédent, elle s'accompagne également de bouleversements sociaux profonds et parfois douloureux. En quoi peut-on dire que cette révolution a été à la fois un facteur d'enrichissement et un facteur de nouvelles inégalités ? Nous étudierons d'abord l'essor économique qu'elle engendre, puis les inégalités sociales qu'elle fait naître.
La mécanisation permet une hausse considérable de la production et de la productivité, notamment dans le textile et la métallurgie, tandis que le développement des transports (chemin de fer, navigation à vapeur) accélère la circulation des marchandises et des capitaux. Le capitalisme industriel et bancaire se développe fortement, permettant le financement de nouvelles usines et l'enrichissement rapide d'une bourgeoisie d'entrepreneurs, tandis que la Grande-Bretagne, puis l'Europe continentale, deviennent les nouvelles grandes puissances économiques mondiales.
Cet enrichissement global ne profite cependant pas également à tous. L'exode rural massif vers les villes industrielles provoque une urbanisation rapide et souvent anarchique, avec des quartiers ouvriers surpeuplés et insalubres. Une nouvelle classe sociale apparaît, la classe ouvrière, soumise à des conditions de travail très dures (journées longues, travail des enfants, salaires bas, absence de protection sociale), tandis que la bourgeoisie industrielle concentre l'essentiel des richesses nouvelles. Ce contraste engendre les premières tensions sociales et les prémices du mouvement ouvrier revendicatif.
La première révolution industrielle apparaît ainsi comme un moment fondamentalement ambivalent de l'histoire économique et sociale : moteur d'un enrichissement collectif inédit, elle engendre dans le même mouvement de profondes inégalités entre une bourgeoisie industrielle triomphante et une classe ouvrière durement éprouvée, ouvrant la voie aux futures revendications sociales du XIXe siècle.