Histoire · Seconde Série C · Méthode : Introduction — Développement (2-3 axes argumentés) — Conclusion
Organisation, religion et apports d'une grande civilisation africaine
Montrez que la civilisation égyptienne réunit tous les éléments constitutifs d'une civilisation et qu'elle a durablement marqué l'humanité.
Née le long du Nil il y a plus de cinq mille ans, la civilisation égyptienne constitue l'un des exemples les plus achevés de civilisation antique étudiés au programme. Organisée autour d'un pouvoir théocratique puissant, elle a développé une culture originale qui continue d'influencer le monde contemporain. En quoi la civilisation égyptienne réunit-elle tous les éléments constitutifs d'une civilisation, et en quoi a-t-elle durablement marqué l'humanité ? Nous étudierons d'abord son organisation propre, puis ses apports légués au monde.
Sur le plan politique, l'Égypte est unifiée sous l'autorité théocratique du pharaon, assisté d'une administration centralisée (vizir, nomes). Sur le plan économique, elle repose sur une agriculture prospère rendue possible par les crues régulières du Nil et un système d'irrigation maîtrisé. Sur le plan social, une hiérarchie stricte organise la société, du pharaon aux paysans en passant par les prêtres et les scribes. Sur le plan culturel enfin, une vie religieuse et artistique intense se déploie, portée par le polythéisme, la croyance en l'au-delà et une architecture monumentale.
L'Égypte antique a légué à l'humanité l'un des premiers systèmes d'écriture, les hiéroglyphes, ainsi qu'un calendrier solaire précis, des avancées considérables en mathématiques et en géométrie (nécessaires notamment à l'arpentage des terres après les crues), des progrès en médecine, et un savoir-faire architectural exceptionnel illustré par les pyramides et les temples, qui continue de fasciner et d'inspirer le monde entier.
La civilisation égyptienne illustre ainsi parfaitement la définition d'une civilisation aboutie, où organisation politique, économique, sociale et culturelle se conjuguent harmonieusement. Ses apports scientifiques, culturels et architecturaux en font l'une des civilisations les plus influentes de l'Antiquité, dont l'héritage demeure visible aujourd'hui encore.
D'un grand royaume d'Afrique centrale à sa fragilisation, XVe-XVIIIe siècle
Montrez comment le contact avec les Européens a transformé puis fragilisé le royaume Kongo.
Puissant royaume d'Afrique centrale organisé autour de son souverain, le Manikongo, le royaume Kongo entre en contact avec les navigateurs portugais dès 1482-1483. Ce contact ouvre une période de profondes transformations politiques, économiques et culturelles, avant que le royaume ne s'engage, à partir du XVIIe siècle, sur la voie du déclin. Comment le contact européen a-t-il d'abord transformé puis fragilisé cette puissance africaine ? Nous étudierons d'abord les transformations initiales issues du contact, puis les facteurs de fragilisation qui en découlent progressivement.
Dès les premiers contacts, le roi Nzinga a Nkuwu se convertit au christianisme et prend le nom de Jean Ier ; son fils et successeur, Afonso Ier (Mvemba a Nzinga), approfondit cette orientation en envoyant des ambassades et des jeunes nobles se former au Portugal et à Rome, cherchant à intégrer son royaume dans le concert des puissances chrétiennes sur un pied d'égalité. Sur le plan culturel, le christianisme se diffuse dans l'élite, une partie de la noblesse s'alphabétise, tandis que des échanges commerciaux nouveaux s'établissent avec les Portugais.
Très vite cependant, la demande portugaise puis européenne en captifs oriente l'économie du royaume vers la traite négrière transatlantique, qui déstabilise profondément les structures sociales et économiques traditionnelles : razzias, violences internes, dépeuplement de certaines régions. Politiquement, les rivalités successorales s'aggravent et le royaume se fragmente en principautés rivales. La défaite militaire face aux Portugais à la bataille de Mbwila en 1665 porte un coup décisif à l'autorité royale, entraînant des décennies de guerres civiles et un déclin progressif, le titre de Manikongo ne conservant plus, aux XVIIIe et XIXe siècles, qu'une portée largement symbolique.
Le royaume Kongo illustre ainsi de façon exemplaire l'ambivalence du contact avec les Européens : porteur d'abord de transformations diplomatiques et culturelles inédites, ce contact se retourne progressivement contre le royaume lorsque la traite négrière en vient à ronger ses fondements économiques et sociaux, jusqu'à provoquer sa fragmentation politique durable.
Étude comparée de deux royaumes précoloniaux (XVIe-XVIIIe s.)
Comparez les trajectoires politiques et économiques des royaumes Kongo et Ashanti face au contact avec les Européens du XVIe au XVIIIe siècle.
Le royaume Kongo en Afrique centrale et le royaume Ashanti en Afrique de l'Ouest constituent deux exemples majeurs de royaumes africains organisés étudiés au programme de Seconde. Tous deux entrent en contact avec les puissances européennes entre le XVe et le XVIIIe siècle, mais selon des modalités et des conséquences différentes. Quelles sont les convergences et les différences de leurs trajectoires respectives ? Nous étudierons d'abord leurs organisations politiques, puis leur rapport différencié au commerce extérieur et à la traite négrière.
Le royaume Kongo est un royaume ancien, déjà solidement structuré autour du Manikongo et de ses provinces lorsque les Portugais y accostent en 1482-1483. Le royaume Ashanti, en revanche, se constitue plus tardivement, à la fin du XVIIe siècle, lorsque Osei Tutu unifie plusieurs clans akans autour du symbole sacré du Trône d'or et fonde la capitale Kumasi. Les deux royaumes partagent cependant une organisation politique centralisée, fondée sur l'autorité d'un souverain entouré de dignitaires ou de gouverneurs provinciaux.
Le Kongo, converti rapidement au christianisme par l'intermédiaire de son roi Afonso Ier, voit son économie basculer dramatiquement vers la traite négrière transatlantique, qui provoque son dépeuplement et sa fragilisation politique dès le XVIIe siècle. L'Ashanti, actif sur la Côte de l'Or, tire au contraire davantage profit du commerce, fondé d'abord sur l'or puis sur sa participation à la traite, sans connaître de bouleversement religieux comparable ni de déclin aussi précoce : sa puissance se maintient jusqu'aux guerres anglo-ashanti du XIXe siècle.
Les exemples du Kongo et de l'Ashanti montrent ainsi que le contact avec les Européens n'a pas produit les mêmes effets sur tous les royaumes africains : là où le Kongo décline rapidement sous l'effet conjugué des guerres civiles et de la traite négrière, l'Ashanti conserve sa puissance plus longtemps, illustrant la diversité des trajectoires de l'Afrique précoloniale.
Progrès technique et nouvelles inégalités
Montrez que la première révolution industrielle a autant enrichi les sociétés qu'elle a créé de nouvelles inégalités.
Née en Grande-Bretagne dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, la première révolution industrielle bouleverse les modes de production grâce à la machine à vapeur, à la mécanisation du textile et à l'essor de la sidérurgie. Si cette transformation entraîne une croissance économique sans précédent, elle s'accompagne également de bouleversements sociaux profonds et parfois douloureux. En quoi peut-on dire que cette révolution a été à la fois un facteur d'enrichissement et un facteur de nouvelles inégalités ? Nous étudierons d'abord l'essor économique qu'elle engendre, puis les inégalités sociales qu'elle fait naître.
La mécanisation permet une hausse considérable de la production et de la productivité, notamment dans le textile et la métallurgie, tandis que le développement des transports (chemin de fer, navigation à vapeur) accélère la circulation des marchandises et des capitaux. Le capitalisme industriel et bancaire se développe fortement, permettant le financement de nouvelles usines et l'enrichissement rapide d'une bourgeoisie d'entrepreneurs, tandis que la Grande-Bretagne, puis l'Europe continentale, deviennent les nouvelles grandes puissances économiques mondiales.
Cet enrichissement global ne profite cependant pas également à tous. L'exode rural massif vers les villes industrielles provoque une urbanisation rapide et souvent anarchique, avec des quartiers ouvriers surpeuplés et insalubres. Une nouvelle classe sociale apparaît, la classe ouvrière, soumise à des conditions de travail très dures (journées longues, travail des enfants, salaires bas, absence de protection sociale), tandis que la bourgeoisie industrielle concentre l'essentiel des richesses nouvelles. Ce contraste engendre les premières tensions sociales et les prémices du mouvement ouvrier revendicatif.
La première révolution industrielle apparaît ainsi comme un moment fondamentalement ambivalent de l'histoire économique et sociale : moteur d'un enrichissement collectif inédit, elle engendre dans le même mouvement de profondes inégalités entre une bourgeoisie industrielle triomphante et une classe ouvrière durement éprouvée, ouvrant la voie aux futures revendications sociales du XIXe siècle.