Les pays développés (le Nord) et les pays en développement (le Sud) entretiennent des relations économiques multiformes, mais structurellement déséquilibrées. Deux grands courants d'échanges s'observent :
Ce sont des rapports d'interdépendance déséquilibrée : les deux zones ont besoin l'une de l'autre, mais les termes de l'échange avantagent systématiquement les pays développés.
Sous la forme actuelle de la division internationale du travail, les pays en développement restent cantonnés à la fourniture de matières premières vendues à bas prix, tandis qu'ils achètent aux pays développés des produits finis à des prix élevés. Cette survivance se marque aussi sur le plan culturel : adoption des langues des anciennes puissances coloniales (français, anglais, espagnol), imitation des habitudes alimentaires et vestimentaires du Nord.
Les pays en développement restent de simples fournisseurs de produits bruts (minerais, bois...) et consommateurs de produits manufacturés du Nord (biens d'équipement, machines). Leurs importations dépassent leurs exportations, ce qui détériore les termes de l'échange et déséquilibre leur balance commerciale.
Le Nord, qui ne représente que 20 % de la population mondiale, contrôle près de 79 % de la production et du commerce international ; le Sud, avec près de 80 % de la population mondiale, n'y participe qu'à hauteur de 21 % (dont l'Afrique pour seulement 1 %).
Berceau de la science et de la technologie, le Nord vend ses technologies très cher aux pays en développement, qui doivent aussi recourir à des cadres et techniciens expatriés pour la livraison d'usines « clé en main ».
Le Nord dispose des monnaies fortes qui servent aux échanges internationaux (dollar, euro, livre sterling, yen) et contrôle les grandes institutions financières internationales (FMI, Banque mondiale) ainsi que les principales places boursières (Tokyo, Londres, Paris). Ce sont ces institutions qui prêtent au Sud, en fixant elles-mêmes les taux d'intérêt et les échéances.
Le NOEM désigne la volonté politique et économique des pays en développement, soutenus par l'ONU, de rééquilibrer leurs relations avec les pays du Nord. Il a été proposé à l'Assemblée générale de l'ONU en 1974.
Les pays en développement y revendiquent : le contrôle de leurs richesses ; l'ouverture des marchés du Nord à leurs produits (fin du protectionnisme et des quotas) ; la facilité de transfert des technologies ; un rôle accru dans le FMI et la Banque mondiale ; l'ouverture de négociations sous le contrôle de l'ONU ; la consécration de 1 % du PNB des pays riches comme aide au développement.
Elle vise le développement des marchés nationaux, la réduction de la dépendance commerciale envers le Nord, et l'assouplissement des droits de douane entre pays en développement.
Les pays en développement cherchent à renforcer leur coopération avec le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), le PAM (Programme alimentaire mondial), le FMI et d'autres organismes, pour bénéficier d'aides, de dons et de legs.
Le regroupement des pays du Sud en ensembles régionaux favorise l'intégration sous-régionale, l'élimination des barrières douanières et la libre circulation des biens, des personnes et des services : CEDEAO, UMOA, CEMAC, CEEAC, SADC, COMESA, CEPGL.
Plusieurs décennies après 1974, la situation reste globalement inchangée : le Nord continue de dominer les rapports économiques mondiaux, au point que le NOEM apparaît davantage comme un objectif proclamé que comme une réalité effective.
Associez chaque situation au domaine de domination du Nord sur le Sud qu'elle illustre (commerciale, technologique, financière, ou survivance du pacte colonial).
1. Domination technologique. 2. Domination commerciale. 3. Domination financière. 4. Survivance du pacte colonial.
Le cours indique que le Nord (20 % de la population mondiale) contrôle 79 % de la production et du commerce international, contre 21 % pour le Sud (80 % de la population mondiale, dont l'Afrique 1 %).
Sujet : « Montrez que les relations économiques entre pays développés et pays en développement restent, aujourd'hui encore, déséquilibrées en faveur du Nord, malgré les tentatives de rééquilibrage portées par le Sud. »
Introduction. Depuis les indépendances, le Sud et le Nord sont liés par des échanges économiques croissants. Mais ces échanges profitent-ils également aux deux parties ? Nous montrerons d'abord que ces relations restent structurellement à l'avantage du Nord, avant d'examiner les tentatives du Sud pour les rééquilibrer, et leurs limites.
I. Une domination du Nord qui s'exerce sur plusieurs plans. Commercialement, le Sud reste fournisseur de matières premières bon marché et acheteur de produits finis chers, ce qui détériore ses termes de l'échange (20 % de la population mondiale au Nord contrôlant 79 % du commerce international). Technologiquement, le Sud doit acheter très cher des technologies qu'il ne maîtrise pas. Financièrement, le Nord contrôle les monnaies fortes et les grandes institutions (FMI, Banque mondiale), qui fixent les conditions des prêts accordés au Sud.
II. Des tentatives de rééquilibrage portées par le Sud, mais aux résultats limités. Dès 1974, les pays en développement proposent à l'ONU un nouvel ordre économique mondial (NOEM), fondé sur la coopération Nord-Sud (ouverture des marchés, transfert de technologies), la coopération Sud-Sud (marchés régionaux, baisse des droits de douane entre pays du Sud) et la création de grands ensembles régionaux (CEDEAO, CEMAC, SADC...). Ces initiatives ont favorisé une certaine intégration régionale, mais n'ont pas fondamentalement modifié le rapport de force mondial : le Nord continue de dominer la production et le commerce international.
Conclusion. Plus de quarante ans après la proposition du NOEM, les relations économiques Nord-Sud demeurent largement déséquilibrées. Le Sud a certes développé des outils de coopération et d'intégration régionale, mais ceux-ci n'ont pas suffi à renverser une domination commerciale, technologique et financière solidement ancrée — ce qui explique que le NOEM reste, pour beaucoup, davantage un objectif proclamé qu'une réalité vécue.
Que circule-t-il principalement du Nord vers le Sud ?
Quelle part du commerce international le Nord contrôle-t-il, selon le cours ?
Que désigne la « survivance du pacte colonial » ?
Quelles institutions le Nord contrôle-t-il, illustrant sa domination financière ?
En quelle année le nouvel ordre économique mondial (NOEM) est-il proposé à l'ONU ?
Que revendiquent les pays du Sud dans le cadre de la coopération Nord-Sud du NOEM ?
Quel est l'objectif principal de la coopération Sud-Sud ?
Lequel de ces ensembles régionaux favorise l'intégration en Afrique centrale ?
Pourquoi parle-t-on d'une balance commerciale déficitaire pour de nombreux pays en développement ?
Quel bilan peut-on dresser du NOEM plusieurs décennies après 1974 ?