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Terminale A · Histoire · 4 Commentaires de texte historique corrigés
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4 Commentaires de Texte Historique Corrigés

Histoire · Terminale (Séries A/C/D) · Méthode : Présentation du document — Analyse par axes — Portée historique

4 documentsCorrigés rédigés intégralementMéthodologie incluse

📋 Table des matières — 4 documents

1

Churchill, « Du sang, de la peine, des larmes et de la sueur »

Discours à la Chambre des communes, Londres, 13 mai 1940

20 pointsDurée : 2h
#Seconde-Guerre-mondiale#Churchill#1940#Royaume-Uni#Discours-politique
Document — Discours de Winston Churchill à la Chambre des communes
Le 13 mai 1940, trois jours après avoir été nommé Premier ministre à la tête d'un gouvernement d'union nationale, Winston Churchill se présente devant la Chambre des communes pour son premier discours en tant que chef du gouvernement. La France recule déjà devant l'offensive allemande lancée à l'Ouest le 10 mai. Churchill s'exprime en ces termes :

« Je n'ai rien d'autre à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur. Nous avons devant nous une épreuve des plus douloureuses. Nous avons devant nous de nombreux, de très longs mois de lutte et de souffrance. Vous me demandez : quelle est notre politique ? Je vous répondrai : faire la guerre, sur mer, sur terre et dans les airs, de toutes nos forces et de toute la puissance que Dieu peut nous donner ; faire la guerre contre une tyrannie monstrueuse, jamais surpassée dans le sombre et lamentable catalogue du crime humain. Telle est notre politique. Vous me demandez : quel est notre but ? Je puis répondre en un mot : la victoire, la victoire à tout prix, la victoire malgré toute la terreur, la victoire aussi longue et dure que puisse être la route ; car sans victoire, il n'y a pas de survie. »
ConsignesCommentaire de texte historique
  1. 1. Présentez le document : nature, auteur, date et contexte de production.
  2. 2. Relevez et expliquez les idées principales exprimées par Churchill dans ce discours.
  3. 3. Expliquez le passage : « faire la guerre... contre une tyrannie monstrueuse, jamais surpassée dans le sombre et lamentable catalogue du crime humain ».
  4. 4. En quoi ce discours illustre-t-il un tournant dans la politique britannique face à l'Allemagne nazie ?
  5. 5. Quelle est la portée historique de ce discours ?

✓ Corrigé rédigé

Question 1 — Présentation du document

Réponse : Il s'agit d'un discours politique prononcé oralement devant la Chambre des communes, chambre basse du Parlement britannique, retranscrit dans le journal officiel des débats (le Hansard). Son auteur, Winston Churchill, vient d'être nommé Premier ministre le 10 mai 1940 à la tête d'un gouvernement d'union nationale rassemblant conservateurs, travaillistes et libéraux. Le discours est prononcé le 13 mai 1940, alors que la Wehrmacht vient de lancer son offensive à l'Ouest contre la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg, prélude à la défaite française de juin 1940.

Question 2 — Idées principales

Réponse : Churchill reconnaît d'emblée la gravité extrême de la situation, sans dissimuler les épreuves à venir (« sang, peine, larmes et sueur »). Il affirme la détermination du gouvernement à mener une guerre totale sur tous les théâtres (mer, terre, air), avec l'intégralité des moyens disponibles. Il refuse toute idée de compromis avec l'Allemagne nazie, qualifiée de « tyrannie monstrueuse », et fixe un objectif unique et absolu : la victoire, présentée comme la seule condition de survie de la nation.

Question 3 — Explication du passage

Réponse : En qualifiant le régime nazi de « tyrannie monstrueuse, jamais surpassée », Churchill le désigne comme un mal absolu et sans précédent dans l'histoire humaine, refusant toute assimilation à un conflit ordinaire entre puissances rivales. Cette formule prépare l'opinion publique et les parlementaires à un affrontement long et total, justifie moralement la poursuite de la guerre, et écarte par avance toute hypothèse de négociation ou d'armistice, contrairement à ce que souhaitaient certains partisans de l'apaisement encore présents au sein du gouvernement.

Question 4 — Un tournant politique

Réponse : Ce discours marque la rupture définitive avec la politique d'apaisement (« appeasement ») menée par le précédent Premier ministre, Neville Chamberlain, qui avait cherché à ménager Hitler jusqu'aux accords de Munich de 1938. Churchill engage au contraire le Royaume-Uni dans une guerre totale, refusant toute paix négociée malgré la débâcle française imminente et l'isolement stratégique qui en découlera pour son pays à partir de l'été 1940.

Question 5 — Portée historique

Réponse : Ce discours inaugure la période où le Royaume-Uni résiste seul face à l'Axe (1940-1941), notamment lors de la bataille d'Angleterre. Il devient un texte fondateur de la mémoire nationale britannique, symbole du refus de la soumission face au nazisme, et contribue à façonner l'image de Churchill comme chef de guerre déterminant jusqu'aux conférences interalliées de Téhéran, Yalta et Potsdam qui dessineront l'ordre mondial de l'après-guerre.
2

Le Préambule de la Charte des Nations Unies

Conférence de San Francisco, 26 juin 1945

20 pointsDurée : 2h
#Organisation-des-Nations-Unies#1945#Charte-de-l-ONU#Relations-internationales#Sécurité-collective
Document — Préambule de la Charte des Nations Unies
Adoptée le 26 juin 1945 à San Francisco par les représentants de cinquante Etats, à l'issue de la Conférence des Nations Unies sur l'organisation internationale, la Charte des Nations Unies entre en vigueur le 24 octobre 1945. Son préambule dispose :

« Nous, peuples des Nations Unies, résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l'espace d'une vie humaine a infligé à l'humanité d'indicibles souffrances, à proclamer à nouveau notre foi dans les droits fondamentaux de l'homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l'égalité de droits des hommes et des femmes, ainsi que des nations, grandes et petites, à créer les conditions nécessaires au maintien de la justice et du respect des obligations nées des traités et autres sources du droit international, à favoriser le progrès social et instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande, et à ces fins, à pratiquer la tolérance, à vivre en paix l'un avec l'autre dans un esprit de bon voisinage, à unir nos forces pour maintenir la paix et la sécurité internationales, à recourir aux institutions internationales pour favoriser le progrès économique et social de tous les peuples, avons décidé d'associer nos efforts pour réaliser ces desseins. »
ConsignesCommentaire de texte historique
  1. 1. Présentez le document : nature, date, lieu et contexte de production.
  2. 2. Quelles valeurs et quels objectifs sont affirmés par les peuples des Nations Unies dans ce préambule ?
  3. 3. Expliquez le passage : « préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l'espace d'une vie humaine a infligé à l'humanité d'indicibles souffrances ».
  4. 4. En quoi ce texte marque-t-il une rupture avec l'expérience de la Société des Nations (SDN) ?
  5. 5. Quelle est la portée historique de la Charte des Nations Unies ?

✓ Corrigé rédigé

Question 1 — Présentation du document

Réponse : Il s'agit du préambule d'un traité international fondateur, texte à la fois juridique, politique et diplomatique. Ses auteurs sont les représentants des cinquante Etats réunis à la Conférence de San Francisco, entre le 25 avril et le 26 juin 1945. La Charte est signée le 26 juin 1945 et entre en vigueur le 24 octobre 1945. Elle est adoptée alors que la guerre vient de s'achever en Europe (capitulation allemande du 8 mai 1945) et se poursuit encore dans le Pacifique, dans une volonté commune des Alliés de créer une organisation de sécurité collective durable.

Question 2 — Valeurs et objectifs affirmés

Réponse : Le texte affirme la préservation de la paix et de la sécurité internationales, la protection des droits fondamentaux de la personne humaine, l'égalité entre hommes et femmes ainsi qu'entre nations grandes et petites, le respect du droit international et des traités, ainsi que le progrès social et économique de tous les peuples. Il pose les fondements d'un multilatéralisme fondé sur le droit, la coopération et la tolérance plutôt que sur les seuls rapports de force entre puissances.

Question 3 — Explication du passage

Réponse : Cette phrase renvoie explicitement aux deux guerres mondiales de 1914-1918 et 1939-1945, survenues en l'espace d'une seule génération humaine. Leurs conséquences immenses — des dizaines de millions de morts, des destructions matérielles considérables, des crimes de masse comme la Shoah — justifient aux yeux des rédacteurs la nécessité impérieuse de créer une organisation permanente capable de prévenir tout nouveau conflit à l'échelle mondiale.

Question 4 — Rupture avec la SDN

Réponse : Contrairement à la Société des Nations créée en 1920, affaiblie par l'absence des Etats-Unis et par l'absence de moyens coercitifs réels, l'ONU institue un Conseil de sécurité doté de membres permanents (Etats-Unis, URSS, Royaume-Uni, France, Chine) disposant d'un droit de veto et pouvant décider de sanctions ou d'interventions armées. La participation dès l'origine des grandes puissances vise précisément à éviter l'échec diplomatique de l'entre-deux-guerres.

Question 5 — Portée historique

Réponse : La Charte des Nations Unies fonde une organisation internationale toujours en activité aujourd'hui, cadre de référence du droit international, de la sécurité collective et de la coopération multilatérale, qu'il s'agisse de la décolonisation, des droits de l'homme (Déclaration universelle de 1948) ou du maintien de la paix. Elle structure les relations internationales depuis la Guerre froide jusqu'à nos jours, malgré les blocages récurrents liés à l'usage du droit de veto au Conseil de sécurité.
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Le discours de Truman devant le Congrès des Etats-Unis

Washington, 12 mars 1947 — Naissance de la « doctrine Truman »

20 pointsDurée : 2h
#Guerre-froide#Doctrine-Truman#1947#Etats-Unis#Containment
Document — Discours du président Harry S. Truman devant le Congrès
Le 12 mars 1947, le président des Etats-Unis Harry S. Truman s'adresse au Congrès réuni en session conjointe, pour solliciter une aide financière destinée à la Grèce et à la Turquie, alors menacées par une insurrection communiste et par des pressions soviétiques. Il déclare notamment :

« La situation dans le monde actuel implique que chaque nation soit appelée à choisir entre des modes de vie opposés. [...] Je crois que la politique des Etats-Unis doit être de soutenir les peuples libres qui résistent à des tentatives d'asservissement par des minorités armées ou par des pressions extérieures. Je crois que nous devons aider les peuples libres à forger leur propre destinée à leur propre manière. [...] Il nous faut prendre une décision immédiate. Je suis convaincu que le Congrès des Etats-Unis reconnaîtra dans la faillite éventuelle des institutions libres et de l'indépendance nationale, en Grèce et en Turquie, un péril pour le monde entier et pour notre propre nation. »
ConsignesCommentaire de texte historique
  1. 1. Présentez le document : nature, auteur, date et contexte de production.
  2. 2. Quels sont les deux « modes de vie opposés » sous-entendus par Truman ?
  3. 3. Expliquez le passage : « soutenir les peuples libres qui résistent à des tentatives d'asservissement par des minorités armées ou par des pressions extérieures ».
  4. 4. Que révèle ce discours de la politique d'endiguement (containment) mise en place par les Etats-Unis ?
  5. 5. Quelle est la portée historique de la doctrine Truman dans le déclenchement de la Guerre froide ?

✓ Corrigé rédigé

Question 1 — Présentation du document

Réponse : Il s'agit d'un discours politique prononcé devant le Congrès des Etats-Unis réuni en session commune, texte fondateur de la politique étrangère américaine de l'après-guerre. Son auteur, Harry S. Truman, est président des Etats-Unis depuis avril 1945. Le discours est prononcé le 12 mars 1947, dans le contexte de la guerre civile grecque opposant le gouvernement royaliste, soutenu jusque-là par le Royaume-Uni, aux insurgés communistes, alors que Londres annonce en février 1947 son incapacité à poursuivre son aide faute de moyens financiers, et que la Turquie subit des pressions soviétiques.

Question 2 — Les deux modes de vie opposés

Réponse : D'un côté, Truman évoque implicitement la démocratie libérale, fondée sur les libertés individuelles, des institutions représentatives et une économie de marché ; de l'autre, un régime totalitaire imposé par une minorité, reposant sur la terreur, la presse contrôlée et la suppression des libertés fondamentales, assimilé au modèle communiste soutenu par l'URSS. Truman présente ainsi le monde comme divisé entre deux camps idéologiques désormais antagonistes.

Question 3 — Explication du passage

Réponse : Truman annonce ici que les Etats-Unis apporteront une aide économique et militaire à tout Etat menacé par une prise de pouvoir communiste, que la menace vienne de l'intérieur (guérilla, minorité armée) ou de pressions extérieures (soutien soviétique). Concrètement, ce principe se traduit dès 1947 par le vote au Congrès d'une aide de 400 millions de dollars destinée à la Grèce et à la Turquie.

Question 4 — La politique d'endiguement

Réponse : Ce discours formule pour la première fois publiquement la doctrine du containment (endiguement), théorisée peu après par le diplomate George Kennan dans son « long télégramme » puis son article de 1947. Elle vise à empêcher toute nouvelle expansion de l'influence soviétique dans le monde par une aide économique et militaire aux pays menacés, sans engager d'affrontement militaire direct avec l'URSS.

Question 5 — Portée historique

Réponse : La doctrine Truman marque le passage officiel des Etats-Unis à une politique d'engagement international actif et signe le véritable début de la Guerre froide comme affrontement structurant les relations internationales. Elle est complétée quelques mois plus tard par le plan Marshall (juin 1947) et engage durablement les Etats-Unis dans une logique de containment qui perdurera, sous des formes variées, jusqu'à la fin de la Guerre froide en 1991.
4

La proclamation de l'indépendance du Congo

Brazzaville, 15 août 1960

20 pointsDurée : 2h
#Décolonisation#Congo-Brazzaville#1960#Indépendance#Afrique
Document — D'après un discours officiel prononcé lors de la proclamation de l'indépendance du Congo, le 15 août 1960
Texte reconstitué à partir des comptes rendus officiels de la cérémonie de proclamation de l'indépendance de la République du Congo, tenue à Brazzaville le 15 août 1960 :

« Ce jour marque l'aboutissement d'une longue marche vers la souveraineté nationale. Après plusieurs décennies sous administration coloniale française au sein de l'Afrique équatoriale française, puis une autonomie interne acquise en 1958 dans le cadre de la Communauté franco-africaine, le Congo accède aujourd'hui, 15 août 1960, à la pleine indépendance. Notre pays entend demeurer fidèle aux liens d'amitié et de coopération qui l'unissent à la France et aux autres nations, tout en assumant désormais lui-même la responsabilité de son destin politique, économique et social. Nous appelons tous les fils et filles du Congo, par-delà leurs origines régionales et leurs appartenances, à s'unir pour bâtir une nation forte, prospère et respectée parmi les nations libres d'Afrique. »
ConsignesCommentaire de texte historique
  1. 1. Présentez le document : nature, date, lieu et contexte historique.
  2. 2. Quelles étapes de l'accession du Congo à l'indépendance sont évoquées ou sous-entendues dans ce texte ?
  3. 3. Expliquez le passage sur le maintien des « liens d'amitié et de coopération » avec la France.
  4. 4. Quel appel est lancé à la population congolaise dans ce texte, et pourquoi ?
  5. 5. Quelle est la portée historique de la proclamation de l'indépendance du Congo le 15 août 1960 ?

✓ Corrigé rédigé

Question 1 — Présentation du document

Réponse : Il s'agit d'un discours officiel de circonstance, prononcé lors d'une cérémonie d'Etat marquant l'accession du Congo à l'indépendance. Le Congo, colonie française intégrée depuis la fin du XIXe siècle à l'Afrique équatoriale française (AEF), avait obtenu l'autonomie interne en 1958 au sein de la Communauté franco-africaine instaurée par le référendum du général de Gaulle, avant d'accéder à la pleine souveraineté le 15 août 1960 à Brazzaville, dans le mouvement plus large des indépendances africaines de « l'année de l'Afrique ».

Question 2 — Les étapes de l'accession à l'indépendance

Réponse : Le texte évoque le statut colonial sous administration française pendant plusieurs décennies au sein de l'AEF, puis l'obtention de l'autonomie interne en 1958 dans le cadre de la Communauté franco-africaine, période durant laquelle l'Abbé Fulbert Youlou devient chef du gouvernement autonome congolais. Il évoque enfin l'accession à la pleine indépendance en 1960, avec la mise en place d'institutions propres : le Congo devient une République, Fulbert Youlou en devenant le premier président.

Question 3 — Explication du passage sur la coopération franco-congolaise

Réponse : Le maintien des liens avec la France renvoie à la logique des accords de coopération signés entre la France et ses anciennes colonies d'Afrique noire lors des indépendances de 1960, prévoyant une coopération culturelle, technique, économique et parfois militaire. Cette continuité traduit une décolonisation négociée et globalement pacifique, contrastant avec d'autres cas de décolonisation marqués par des conflits armés, comme celui de l'Algérie.

Question 4 — L'appel à l'unité nationale

Réponse : Le texte lance un appel à l'unité nationale par-delà les origines régionales et les appartenances, enjeu majeur pour un jeune Etat multiethnique devant construire une cohésion nationale après un découpage colonial artificiel. Cet appel anticipe les rivalités politiques régionales, notamment entre le Nord et le Sud du pays, qui marqueront effectivement l'instabilité politique congolaise des décennies suivantes.

Question 5 — Portée historique

Réponse : Le 15 août 1960 marque la naissance de la République du Congo comme Etat souverain, s'inscrivant dans le vaste mouvement de décolonisation de l'Afrique subsaharienne francophone de l'année 1960, durant laquelle dix-sept Etats africains accèdent à l'indépendance. Cet événement fondateur est commémoré chaque année comme fête nationale et inaugure une histoire politique congolaise marquée par la construction de l'Etat-nation et plusieurs crises et évolutions institutionnelles majeures (1963, 1968, 1979, 1991).