Histoire · Terminale A · Méthode : Introduction — Développement (2-3 axes argumentés) — Conclusion
Causes et conséquences d'un conflit total, 1939-1945
Montrez comment la Seconde Guerre mondiale a bouleversé l'équilibre politique et territorial du monde.
Déclenchée le 1er septembre 1939 par l'invasion allemande de la Pologne et achevée le 2 septembre 1945 par la capitulation du Japon, la Seconde Guerre mondiale est le conflit le plus meurtrier et le plus étendu de l'histoire contemporaine. Née de la faillite de l'ordre international mis en place après 1919 et de la montée des régimes totalitaires, elle se solde par un bouleversement profond de la carte du monde et des rapports de puissance. Comment ce conflit a-t-il redessiné l'équilibre politique et territorial de la planète ? Nous étudierons d'abord les origines de la guerre, puis ses conséquences territoriales, avant d'analyser le nouvel ordre politique mondial qui en résulte.
La Société des Nations, affaiblie par l'absence des États-Unis et son incapacité à sanctionner les agressions (Mandchourie en 1931, Éthiopie en 1935), n'a pu contenir la politique expansionniste des puissances fascistes. Hitler remilitarise la Rhénanie en 1936, annexe l'Autriche en mars 1938 puis les Sudètes après les accords de Munich de septembre 1938, avant d'envahir la Pologne. Cette politique d'apaisement des démocraties occidentales, combinée au pacte germano-soviétique d'août 1939, ouvre la voie au conflit.
La guerre redessine profondément les frontières. En Europe, l'Allemagne perd un quart de son territoire d'avant-guerre au profit de la Pologne et de l'URSS, puis est divisée en quatre zones d'occupation avant sa scission en 1949 entre RFA et RDA. La Pologne se déplace vers l'ouest, l'URSS annexe les pays baltes et une partie de la Pologne orientale. En Asie, le Japon perd son empire colonial (Corée, Taïwan, Mandchourie) et se voit occupé par les Américains. Les puissances coloniales européennes, exsangues, voient leur autorité contestée : l'Inde britannique, l'Indochine française et l'Indonésie néerlandaise s'engagent dès 1945-1949 sur la voie de l'indépendance, amorçant le grand mouvement de décolonisation.
Sur le plan politique, la guerre consacre le déclin des puissances européennes traditionnelles (France, Royaume-Uni) au profit de deux superpuissances aux idéologies opposées, les États-Unis et l'URSS, seules capables de peser désormais sur les affaires mondiales. L'Organisation des Nations unies, créée à San Francisco en juin 1945, remplace la SDN avec un Conseil de sécurité doté de membres permanents disposant d'un droit de veto. Mais l'entente de circonstance entre Alliés se fissure rapidement : dès 1947, l'antagonisme idéologique entre le bloc capitaliste et le bloc communiste inaugure la guerre froide, qui structure les relations internationales pour plus de quatre décennies.
La Seconde Guerre mondiale a donc opéré une double rupture, territoriale par le redécoupage des frontières et la fin des empires coloniaux d'Asie, politique par l'avènement d'un monde bipolaire dominé par Washington et Moscou. Ce nouvel ordre mondial, censé garantir la paix par l'ONU, engendre en réalité un conflit larvé, la guerre froide, dont il convient à présent d'étudier les manifestations.
De la doctrine Truman à l'armistice de Corée, 1947-1953
Analysez les causes et les principales manifestations de la guerre froide en Europe et en Asie entre 1947 et 1953.
Alliés de circonstance contre l'Allemagne nazie, les États-Unis et l'URSS voient leurs relations se dégrader rapidement après 1945 en raison de l'incompatibilité de leurs projets idéologiques et géopolitiques. De 1947, année de la doctrine Truman, à 1953, marquée par l'armistice de Panmunjom qui met fin à la guerre de Corée, le monde entre dans une phase aiguë d'affrontement indirect entre les deux blocs : la guerre froide. Quelles en sont les causes et comment se manifeste-t-elle en Europe et en Asie durant cette période ? Nous verrons d'abord les origines de cette rupture, puis ses manifestations européennes, enfin ses manifestations asiatiques.
La rupture procède d'abord d'une opposition idéologique irréductible entre le modèle libéral et capitaliste défendu par Washington et le modèle communiste porté par Moscou. Elle s'explique aussi par une rivalité de puissance : chacun des deux vainqueurs entend organiser le monde selon ses intérêts. Le coup de force soviétique en Europe de l'Est (mise en place de régimes communistes en Pologne, en Roumanie, en Bulgarie) inquiète les Occidentaux. En réponse, le président Truman énonce en mars 1947 la doctrine de l'endiguement (containment) du communisme, complétée en juin par le plan Marshall d'aide économique à l'Europe, que l'URSS refuse et interdit à ses satellites, créant le Kominform en réplique.
La partition de l'Allemagne cristallise l'affrontement : face à la réforme monétaire occidentale, Staline impose le blocus de Berlin-Ouest de juin 1948 à mai 1949, contourné par un pont aérien américano-britannique. La crise débouche sur la création de deux États allemands en 1949, la République fédérale d'Allemagne à l'ouest et la République démocratique allemande à l'est. Sur le plan militaire, les Occidentaux fondent l'OTAN en avril 1949, alliance défensive atlantique. En Tchécoslovaquie, le coup de Prague de février 1948 installe un régime communiste, achevant la soviétisation de l'Europe centrale et orientale derrière ce que Churchill nommait le « rideau de fer ».
Le continent asiatique devient un second front de la guerre froide. En Chine, la victoire des communistes de Mao Zedong sur les nationalistes de Tchang Kaï-chek aboutit à la proclamation de la République populaire de Chine en octobre 1949, élargissant le camp communiste. En Corée, divisée depuis 1945 le long du 38e parallèle, l'invasion du Sud par le Nord communiste en juin 1950 provoque une intervention américaine sous mandat de l'ONU, puis chinoise aux côtés de Pyongyang. Le conflit s'achève par un armistice signé à Panmunjom le 27 juillet 1953, confirmant la partition de la péninsule sans traité de paix.
Entre 1947 et 1953, la guerre froide s'installe donc durablement dans les relations internationales, opposant deux blocs figés en Europe et embrasés en Asie par des conflits périphériques. Cet affrontement, marqué par l'équilibre de la terreur nucléaire, connaîtra par la suite des phases de détente sans jamais totalement disparaître avant 1991.
De la conférence de Brazzaville à la proclamation du 15 août 1960
Retracez les grandes étapes qui ont conduit le Moyen-Congo à l'indépendance en 1960.
Colonie de l'Afrique-Équatoriale française depuis la fin du XIXe siècle, le Moyen-Congo connaît, à partir de 1944, un processus d'émancipation politique progressif qui s'achève le 15 août 1960 par la proclamation de son indépendance sous le nom de République du Congo. Ce cheminement s'inscrit dans le mouvement plus large de la décolonisation française en Afrique noire. Quelles ont été les grandes étapes de cette marche vers la souveraineté ? Nous étudierons successivement les prémices de l'émancipation, l'accession à l'autonomie interne, puis la conquête de la pleine indépendance.
La conférence de Brazzaville, réunie en janvier-février 1944 à l'initiative du général de Gaulle, ouvre timidement la voie à des réformes sans pour autant envisager l'indépendance des colonies. La Constitution de 1946 crée l'Union française et accorde la citoyenneté aux populations d'outre-mer ainsi qu'une représentation, réduite, au Parlement français. Des assemblées territoriales sont mises en place et la vie politique locale s'organise autour de figures montantes, notamment l'abbé Fulbert Youlou, fondateur de l'Union démocratique de défense des intérêts africains (UDDIA), et Jacques Opangault, dirigeant du Mouvement socialiste africain (MSA). La loi-cadre Defferre de juin 1956 instaure le suffrage universel et élargit les pouvoirs des assemblées locales, marquant une étape décisive vers l'autonomie.
Le référendum du 28 septembre 1958 sur la nouvelle Constitution de la Ve République propose aux colonies d'adhérer à une Communauté franco-africaine tout en devenant des États autonomes. Le Moyen-Congo vote massivement en faveur du « oui ». Le 28 novembre 1958, la République du Congo est proclamée comme État autonome membre de la Communauté, dotée d'un gouvernement et d'une assemblée propres. Fulbert Youlou, dont le parti l'a emporté aux élections, devient le premier président du Conseil de gouvernement, tandis que Brazzaville, ancienne capitale de l'AEF, devient celle du nouvel État.
Dans le contexte de l'« Année de l'Afrique », qui voit dix-sept colonies africaines accéder à l'indépendance, la République du Congo négocie avec la France le transfert des compétences encore partagées (défense, diplomatie, monnaie). Les accords de transfert de souveraineté sont signés et l'indépendance est officiellement proclamée le 15 août 1960. Fulbert Youlou devient le premier président de la République, tandis que le nouvel État conserve des liens de coopération étroits avec l'ancienne métropole.
En seize ans, le Moyen-Congo est ainsi passé du statut de colonie à celui d'État souverain, au terme d'une évolution institutionnelle graduelle plutôt que d'une rupture violente. Cette indépendance ouvre cependant une période de construction nationale marquée par d'importants défis politiques et économiques que le jeune État doit désormais affronter.
Pétrole, conflits régionaux et rivalités internationales, 1945-fin du XXe siècle
Montrez que le Moyen-Orient a constitué, dans la seconde moitié du XXe siècle, un enjeu majeur des relations internationales.
Région charnière entre l'Europe, l'Afrique et l'Asie, le Moyen-Orient concentre depuis 1945 des enjeux économiques, territoriaux et stratégiques qui en font l'un des foyers de tension les plus constants des relations internationales contemporaines. Entre ses immenses réserves d'hydrocarbures, la question israélo-palestinienne non résolue et les rivalités des grandes puissances, la région cristallise les tensions de la seconde moitié du XXe siècle. En quoi le Moyen-Orient constitue-t-il un enjeu majeur des relations internationales durant cette période ? Nous examinerons son importance pétrolière, ses conflits régionaux, puis son rôle de théâtre des rivalités entre grandes puissances.
Le Moyen-Orient recèle les plus vastes réserves mondiales de pétrole, ressource indispensable aux économies industrialisées de l'après-guerre. La création de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) en 1960 permet aux producteurs de peser sur les cours mondiaux. Ce poids économique se manifeste avec éclat lors des chocs pétroliers de 1973, consécutif à la guerre du Kippour, puis de 1979, lié à la révolution iranienne : dans les deux cas, la hausse brutale des prix du brut bouleverse l'économie mondiale et révèle la dépendance des puissances industrielles à l'égard de cette région.
La création de l'État d'Israël en mai 1948, décidée par l'ONU sur l'ancien mandat britannique de Palestine, déclenche immédiatement un premier conflit israélo-arabe. D'autres guerres se succèdent : celle de Suez en 1956, la guerre des Six Jours en juin 1967, au cours de laquelle Israël occupe le Sinaï, le Golan, la Cisjordanie et Gaza, puis la guerre du Kippour en octobre 1973. La question palestinienne, non résolue par ces conflits, demeure un contentieux central des relations internationales, entretenant une instabilité chronique dans la région.
Dans le contexte de la guerre froide, les États-Unis et l'URSS soutiennent des alliés régionaux opposés, transformant le Moyen-Orient en un terrain d'affrontement par procuration. La révolution iranienne de 1979 renverse un régime pro-occidental et installe une République islamique hostile aux deux Grands. En 1990-1991, l'invasion du Koweït par l'Irak provoque une intervention militaire internationale menée par les États-Unis, la guerre du Golfe, qui illustre la persistance de l'enjeu stratégique régional après la fin de la guerre froide.
Ressource énergétique vitale, poudrière régionale et champ de rivalités internationales, le Moyen-Orient s'affirme donc tout au long de la seconde moitié du XXe siècle comme un espace dont la stabilité conditionne en partie l'équilibre du monde, une réalité qui demeure d'actualité au XXIe siècle.
Étude comparée d'un processus mondial depuis les années 1990
Comparez le processus de démocratisation en Europe de l'Est et en Afrique depuis les années 1990.
La fin de la guerre froide, symbolisée par la chute du mur de Berlin en novembre 1989 puis la dissolution de l'URSS en décembre 1991, ouvre une vague de démocratisation qui touche presque simultanément l'Europe de l'Est et le continent africain. Dans les deux cas, des régimes à parti unique cèdent la place, sous des formes et à des rythmes divers, à des systèmes pluralistes. Quels points communs et quelles différences présente ce double processus ? Nous étudierons la démocratisation en Europe de l'Est, puis en Afrique, avant d'en comparer les logiques.
À partir de 1989, les régimes communistes d'Europe de l'Est s'effondrent en cascade : en Pologne, le syndicat Solidarność, légalisé après des élections partiellement libres en juin 1989, accède au pouvoir ; en Roumanie, le régime de Ceaușescu est renversé par une insurrection en décembre 1989. La dissolution de l'URSS en 1991 entraîne l'indépendance de quinze républiques qui adoptent, à des degrés divers, des institutions pluralistes. Ces pays s'engagent dans une double transition, politique vers la démocratie représentative et économique vers le marché, qui conduira plusieurs d'entre eux à intégrer l'Union européenne à partir de 2004.
En Afrique, la démocratisation est portée par une conjonction de facteurs : la crise économique et sociale des années 1980, les revendications internes de multipartisme, et une pression extérieure, notamment le discours de La Baule du président François Mitterrand en juin 1990, qui conditionne l'aide française à l'ouverture démocratique. De nombreux pays organisent des conférences nationales souveraines, comme au Bénin en février 1990 ou au Congo en février-juin 1991, qui débouchent sur l'adoption de nouvelles constitutions et l'organisation d'élections pluralistes au début des années 1990. Le processus reste toutefois inégal et fragile, certains pays connaissant des reculs autoritaires ou des crises politiques au cours de la décennie.
Les deux mouvements partagent une origine commune, la fin de la bipolarité qui privait de légitimité les régimes autoritaires alignés sur l'un ou l'autre bloc, ainsi qu'une méthode similaire, le recours à des élections pluralistes et à de nouvelles constitutions. Ils diffèrent cependant par leur point de départ : l'Europe de l'Est sort d'un système communiste unifié, tandis que l'Afrique se caractérise par une grande diversité de régimes à parti unique ou militaires. Le rythme et la solidité des transitions varient également fortement, certains États est-européens rejoignant rapidement les institutions européennes alors que plusieurs États africains connaissent des trajectoires plus heurtées.
La démocratisation des années 1990 constitue donc un phénomène mondial aux racines communes, mais dont les résultats concrets dépendent largement des conditions économiques, institutionnelles et sociales propres à chaque région. Ce processus, engagé il y a plus de trois décennies, demeure encore aujourd'hui inachevé dans de nombreux pays.