La Société des Nations (SDN), créée en 1919, n'avait pas pu empêcher la montée des totalitarismes ni le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Face à ce constat d'échec, les Alliés engagent, dès le début du conflit, une réflexion sur une nouvelle organisation internationale, plus efficace et plus universelle, chargée de garantir la paix future.
L'Organisation des Nations Unies (ONU) est une organisation internationale créée le 24 octobre 1945, regroupant la quasi-totalité des États du monde (193 membres aujourd'hui), et dont le siège se trouve à New York. Elle a pour mission principale le maintien de la paix et de la sécurité internationales.
La Charte institue six organes principaux, chacun ayant un rôle précis dans le fonctionnement de l'Organisation.
| Organe | Composition | Rôle principal |
|---|---|---|
| Assemblée générale | Tous les États membres (une voix chacun) | Débat des grandes questions internationales, vote le budget, adopte des résolutions et recommandations |
| Conseil de Sécurité | 15 membres : 5 permanents (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie) et 10 non-permanents élus pour 2 ans | Responsable principal du maintien de la paix ; peut décider de sanctions ou d'opérations militaires ; les 5 permanents disposent d'un droit de veto |
| Secrétariat général | Dirigé par le Secrétaire général, élu pour 5 ans | Administre l'Organisation, exécute les décisions, représente l'ONU sur la scène internationale |
| Conseil économique et social (ECOSOC) | 54 membres élus | Coordonne l'action économique, sociale et humanitaire de l'ONU et de ses institutions spécialisées |
| Conseil de tutelle | Membres permanents du Conseil de Sécurité | Supervisait l'administration des anciens territoires sous tutelle jusqu'à leur indépendance (activités suspendues depuis 1994) |
| Cour internationale de justice (CIJ) | 15 juges siégeant à La Haye | Règle les différends juridiques entre États et donne des avis consultatifs |
Le droit de veto accordé aux cinq membres permanents du Conseil de Sécurité permet à chacun d'eux de bloquer, à lui seul, l'adoption d'une résolution de fond. Conçu à Yalta pour associer les grandes puissances victorieuses au maintien de la paix, ce droit s'est révélé, pendant la Guerre froide, un puissant facteur de paralysie de l'Organisation.
L'ONUC (Opération des Nations Unies au Congo, 1960-1964) fut l'une des plus vastes opérations de maintien de la paix de l'ONU : envoyée après l'indépendance du Congo belge pour rétablir l'ordre et empêcher la sécession du Katanga, elle illustre le rôle des Casques bleus dans la gestion des crises issues de la décolonisation.
Pour chacun des organes suivants, indiquez sa composition et son rôle principal :
Associez chaque sigle à la mission qui lui correspond : OMS, FMI, FAO, UNESCO.
À l'aide d'exemples précis, présentez une réussite et une difficulté de l'ONU sur le plan politique depuis 1945.
« Le Conseil de Sécurité... décide de créer, sous son autorité, une Force des Nations Unies pour le maintien de la paix, chargée d'assurer le retrait des troupes étrangères, d'aider le gouvernement à maintenir l'ordre et l'intégrité territoriale du pays, et de fournir l'assistance technique nécessaire. »
— D'après une résolution du Conseil de Sécurité relative à la crise congolaise, 1960.
Sujet : Rédigez une dissertation historique sur le sujet suivant : « L'ONU a-t-elle réussi sa mission de maintien de la paix dans le monde depuis 1945 ? »
Introduction
Créée en 1945 pour succéder à la SDN, dont l'échec avait conduit à la Seconde Guerre mondiale, l'ONU a pour mission première le maintien de la paix et de la sécurité internationales, confiée principalement à son Conseil de Sécurité. Plus de soixante-quinze ans après sa création, la question se pose de savoir si l'Organisation a effectivement rempli cette mission. Si l'ONU peut se prévaloir de réelles réussites dans la prévention et la gestion de nombreux conflits, elle a aussi rencontré des limites et des échecs qui interrogent l'efficacité de son action.
I. Une contribution réelle au maintien de la paix
L'ONU a développé un outil original, les opérations de maintien de la paix confiées aux Casques bleus, déployées dans de nombreuses zones de tension (Congo avec l'ONUC en 1960, Chypre, Proche-Orient). Elle a également accompagné pacifiquement le processus de décolonisation grâce à sa résolution 1514 de 1960, évitant ainsi de nombreux conflits coloniaux prolongés. Par la médiation diplomatique et le rôle de ses Secrétaires généraux, elle a permis d'apaiser plusieurs crises internationales durant la Guerre froide.
II. Des limites et des échecs persistants
Le droit de veto accordé aux cinq membres permanents du Conseil de Sécurité a souvent paralysé l'Organisation, l'empêchant d'agir face à certaines crises majeures durant la Guerre froide. Des conflits n'ont pas trouvé de solution durable, comme la question du Proche-Orient, les guerres de l'ex-Yougoslavie dans les années 1990, ou le génocide du Rwanda en 1994, où la présence des Casques bleus n'a pas empêché le massacre. Ces échecs révèlent le manque de moyens militaires propres à l'ONU, qui dépend des contributions volontaires des États membres.
III. Une mission à nuancer et à poursuivre
Le bilan de l'ONU doit être nuancé : l'Organisation n'est pas un gouvernement mondial disposant d'une armée propre, mais une organisation intergouvernementale dont l'efficacité dépend de la volonté politique de ses membres, en particulier des grandes puissances. Malgré ses insuffisances, elle demeure le seul cadre universel de dialogue et de coopération entre les nations, et continue d'adapter ses moyens d'action face aux nouveaux défis (terrorisme, conflits internes, crises humanitaires).
Conclusion
L'ONU n'a donc pas complètement échoué, ni pleinement réussi, sa mission de maintien de la paix depuis 1945. Elle a évité une nouvelle guerre mondiale et géré avec un succès relatif de nombreuses crises, tout en étant limitée par le poids du droit de veto et le manque de moyens contraignants. Son bilan invite à poursuivre les réformes de son fonctionnement, notamment celle du Conseil de Sécurité, pour renforcer son efficacité face aux défis contemporains de la paix mondiale.