Histoire · Terminale C · Méthode : Introduction — Développement (2-3 axes argumentés) — Conclusion
Bilan et conséquences politiques et territoriales du conflit
Montrez comment la Seconde Guerre mondiale a bouleversé l'équilibre politique et territorial du monde.
Déclenchée le 1er septembre 1939 par l'invasion allemande de la Pologne et achevée le 2 septembre 1945 avec la capitulation du Japon, la Seconde Guerre mondiale est le conflit le plus meurtrier et le plus étendu de l'histoire, opposant les puissances de l'Axe (Allemagne, Italie, Japon) aux Alliés (Royaume-Uni, URSS à partir de juin 1941, États-Unis à partir de décembre 1941, France libre, Chine). Bien au-delà d'une simple victoire militaire, ce conflit a profondément transformé la carte du monde et les rapports de force entre nations. Il convient donc de montrer en quoi la guerre a bouleversé, d'une part, l'équilibre politique des puissances, et d'autre part, l'organisation territoriale du globe.
La guerre entraîne d'abord l'effondrement des régimes qui l'avaient déclenchée : le nazisme allemand, le fascisme italien et le militarisme japonais sont anéantis, leurs dirigeants jugés (procès de Nuremberg, novembre 1945-octobre 1946 ; procès de Tokyo, 1946-1948). Simultanément, les grandes puissances européennes traditionnelles — Royaume-Uni et France — sortent exsangues du conflit, ruinées financièrement et diminuées sur la scène internationale, malgré leur statut de vainqueurs. Le véritable bouleversement politique réside dans l'émergence de deux superpuissances qui dominent désormais les relations internationales : les États-Unis, seule puissance industrielle et militaire intacte, détentrice de l'arme atomique depuis Hiroshima et Nagasaki (6 et 9 août 1945), et l'Union soviétique, dont l'Armée rouge occupe l'Europe centrale et orientale. Les conférences de Yalta (février 1945) et de Potsdam (juillet-août 1945) organisent ce nouveau rapport de force et posent, sans le vouloir, les bases de la rivalité Est-Ouest qui deviendra la guerre froide. Enfin, la guerre affaiblit durablement le prestige moral des empires coloniaux : la Conférence de Brazzaville (janvier-février 1944) annonce de premières réformes, tandis que les peuples colonisés, mobilisés dans l'effort de guerre, réclament davantage de droits, amorçant le mouvement de décolonisation.
Le second bouleversement est territorial et institutionnel. L'Allemagne vaincue est occupée par les quatre puissances victorieuses (États-Unis, URSS, Royaume-Uni, France) et divisée en zones d'occupation dès 1945, division qui débouche en 1949 sur la naissance de deux États allemands, la République fédérale d'Allemagne et la République démocratique allemande. À l'Est, les frontières de la Pologne sont déplacées vers l'ouest jusqu'à la ligne Oder-Neisse, tandis que les pays baltes et une partie de l'Europe orientale passent sous influence, voire sous contrôle direct, de Moscou. En Asie, le Japon perd tout son empire colonial (Corée, Taïwan, Mandchourie) et se retrouve occupé par les forces américaines sous l'autorité du général MacArthur. Sur le plan institutionnel, l'échec de la Société des Nations à empêcher le conflit conduit à la création, à San Francisco en juin 1945, de l'Organisation des Nations unies, dotée d'un Conseil de sécurité chargé de garantir la paix mondiale. Ainsi, la carte politique de 1945 ne ressemble plus en rien à celle de 1939.
La Seconde Guerre mondiale a donc opéré une double rupture : elle a mis fin à l'hégémonie des grandes puissances européennes classiques au profit d'un monde bipolaire dominé par les États-Unis et l'URSS, et elle a redessiné les frontières de l'Europe et de l'Asie tout en dotant le monde d'une nouvelle organisation internationale, l'ONU. Ce nouvel ordre, né des ruines du conflit, portera cependant en germe les tensions de la guerre froide et le vaste mouvement de décolonisation qui marqueront la seconde moitié du XXe siècle.
Un bilan à nuancer depuis 1945
L'ONU a-t-elle réussi sa mission de maintien de la paix dans le monde depuis 1945 ?
Créée à la conférence de San Francisco le 26 juin 1945 et entrée en vigueur le 24 octobre 1945, l'Organisation des Nations unies (ONU) succède à la Société des Nations, dont l'échec n'a pas empêché la Seconde Guerre mondiale. Sa Charte lui confie une mission première : maintenir la paix et la sécurité internationales. Plus de quatre-vingts ans après sa création, il est légitime de s'interroger : l'ONU a-t-elle réellement réussi cette mission ? Si l'organisation peut se prévaloir de succès réels, elle se heurte aussi à des limites structurelles qui ont souvent entravé son action.
Le bilan de l'ONU comporte d'incontestables réussites. D'abord, contrairement à la période 1918-1939, le monde n'a plus connu de conflit mondial généralisé depuis 1945, ce qui constitue en soi un résultat majeur. L'ONU a également accompagné le vaste mouvement de décolonisation, notamment par la résolution 1514 de 1960 proclamant le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, favorisant une émancipation en grande partie pacifique. Sur le terrain, les opérations de maintien de la paix, conduites par les « Casques bleus », ont permis de stabiliser de nombreuses zones de crise : l'ONUC au Congo (1960-1964), la force à Chypre depuis 1964, ou encore diverses missions en Afrique et dans les Balkans. L'organisation a aussi su, dans certains cas, mandater une intervention collective, comme lors de la guerre de Corée (1950-1953), où le Conseil de sécurité — profitant du boycott soviétique — autorisa une force internationale sous commandement américain. Enfin, à travers ses agences spécialisées (UNICEF, HCR, PAM, OMS), l'ONU contribue de façon durable à la prévention des crises humanitaires, terreau fréquent des conflits.
Cependant, la mission de l'ONU a été fréquemment paralysée. Le droit de veto accordé aux cinq membres permanents du Conseil de sécurité (États-Unis, URSS/Russie, Royaume-Uni, France, Chine) a souvent bloqué toute action décisive, en particulier durant la guerre froide, où chaque camp protégeait ses intérêts. L'ONU n'a pu empêcher de nombreux conflits meurtriers : la guerre du Vietnam, les guerres israélo-arabes, la guerre Iran-Irak (1980-1988), ou encore, plus dramatiquement, le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994, que la communauté internationale n'a pas su prévenir malgré la présence de Casques bleus sur place. L'organisation reste en outre dépendante des moyens financiers et militaires fournis par ses États membres, ce qui limite son autonomie d'action. Enfin, la composition du Conseil de sécurité, figée depuis 1945, est régulièrement critiquée pour son manque de représentativité, notamment vis-à-vis du continent africain.
Le bilan de l'ONU est donc contrasté : l'organisation a évité un embrasement mondial et contribué à la décolonisation ainsi qu'au règlement de nombreuses crises régionales, mais elle demeure freinée par le droit de veto et par la dépendance aux volontés des grandes puissances. Loin d'être un échec total, sa mission de maintien de la paix reste un travail permanent et inachevé, dont les réformes — notamment celle du Conseil de sécurité — sont aujourd'hui toujours réclamées.
Causes et principales manifestations
Analysez les causes et les principales manifestations de la guerre froide en Europe et en Asie entre 1947 et 1953.
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les deux grands vainqueurs du conflit, les États-Unis et l'Union soviétique, alliés de circonstance contre l'Axe, se transforment rapidement en rivaux. Sans jamais s'affronter directement, ils se livrent, à partir de 1947, à une confrontation idéologique, politique et militaire que l'on nomme la guerre froide. L'année 1947 marque le véritable basculement de l'alliance à l'affrontement, tandis que 1953 — mort de Staline et armistice de Corée — ouvre une phase de dégel relatif. Il s'agit donc d'analyser les causes de cette rupture puis ses principales manifestations en Europe et en Asie.
La rivalité prend racine dans l'opposition idéologique irréductible entre le modèle capitaliste et libéral porté par les États-Unis et le modèle communiste porté par l'URSS. Les désaccords apparus dès les conférences de Yalta et Potsdam (1945), notamment sur le sort de l'Allemagne et de la Pologne, ne font que s'aggraver. La rupture est consommée en 1947 : en mars, le président Truman énonce la « doctrine Truman », politique d'endiguement (containment) du communisme, prolongée en juin par le plan Marshall, aide économique destinée à reconstruire l'Europe de l'Ouest et à l'arrimer au camp occidental. L'URSS réplique en créant en septembre 1947 le Kominform, où Jdanov théorise l'existence de deux camps irréconciliables, et impose la satellisation des démocraties populaires d'Europe de l'Est.
L'Europe devient le premier théâtre de la confrontation. En février 1948, le coup de Prague installe un régime communiste en Tchécoslovaquie. En réaction au projet occidental de réforme monétaire, Staline déclenche le blocus de Berlin-Ouest (juin 1948-mai 1949), contré par un pont aérien américano-britannique ; l'épisode débouche sur la partition définitive de l'Allemagne en 1949, entre République fédérale d'Allemagne à l'ouest et République démocratique allemande à l'est. Le continent se scinde derrière ce que Churchill avait dès mars 1946 appelé le « rideau de fer », consacré par la création de l'OTAN en avril 1949, alliance militaire occidentale.
La guerre froide s'étend également à l'Asie. En octobre 1949, la victoire des communistes de Mao Zedong sur les nationalistes de Tchang Kaï-chek fait basculer la Chine, pays le plus peuplé du monde, dans le camp socialiste, repoussant le gouvernement nationaliste à Taïwan. Surtout, la guerre de Corée (juin 1950-juillet 1953) illustre de façon dramatique l'affrontement indirect des deux blocs : après l'invasion de la Corée du Sud par la Corée du Nord soutenue par Moscou et Pékin, une force de l'ONU sous commandement américain intervient, avant que l'entrée en guerre des « volontaires » chinois ne fixe le conflit autour du 38e parallèle. L'armistice de Panmunjeom, signé en juillet 1953, entérine la division durable de la péninsule coréenne.
Entre 1947 et 1953, la guerre froide s'est ainsi installée durablement, opposant deux blocs idéologiques rivaux sans conflit direct mais à travers des crises majeures, en Europe comme en Asie. La mort de Staline en mars 1953 et la fin de la guerre de Corée en juillet de la même année ouvrent une période de tension atténuée, sans pour autant mettre fin à l'affrontement Est-Ouest, qui se poursuivra sous d'autres formes jusqu'à la fin des années 1980.
Les grandes étapes d'une émancipation, jusqu'en 1960
Retracez les grandes étapes qui ont conduit le Moyen-Congo à l'indépendance en 1960.
Colonie française intégrée à l'Afrique-Équatoriale française (AEF) dont Brazzaville est la capitale fédérale, le Moyen-Congo accède à l'indépendance le 15 août 1960, devenant la République du Congo. Cette émancipation n'est pas un événement isolé mais l'aboutissement d'un processus engagé dès les années 1940, mêlant réformes accordées par la métropole et affirmation progressive d'une conscience politique locale. Il convient de retracer les grandes étapes de ce cheminement, des premières réformes de l'après-guerre jusqu'à la proclamation de l'indépendance.
Le point de départ symbolique est la conférence de Brazzaville, tenue en janvier-février 1944 à l'initiative du général de Gaulle. Sans envisager l'indépendance, elle annonce un assouplissement du pacte colonial : suppression progressive du travail forcé, association plus large des populations à l'administration. La Constitution de 1946 crée l'Union française et accorde la citoyenneté et une représentation parlementaire aux colonies : Jean-Félix Tchicaya devient ainsi, dès 1945, le premier député du Moyen-Congo à l'Assemblée nationale française. Un cap décisif est franchi avec la loi-cadre Defferre du 23 juin 1956, qui instaure le suffrage universel, le collège électoral unique et de larges assemblées territoriales élues, donnant aux populations congolaises une autonomie de gestion interne inédite.
Le référendum constitutionnel de septembre 1958, organisé par le général de Gaulle, propose aux territoires d'outre-mer d'intégrer la Communauté française tout en devenant des États autonomes. Le Moyen-Congo l'approuve massivement et devient, le 28 novembre 1958, la République du Congo, dotée d'un gouvernement et d'une assemblée propres ; l'abbé Fulbert Youlou en devient le premier chef de gouvernement. Cette période de transition est marquée par de vives rivalités politiques, notamment entre Fulbert Youlou, Jacques Opangault et Jean-Félix Tchicaya, ainsi que par des tensions régionales entre Brazzaville et Pointe-Noire, qui traduisent la diversité des forces politiques du jeune État. En 1960, dans le contexte du vaste mouvement de décolonisation de l'Afrique française — dix-sept nouveaux États africains accédant à la souveraineté cette année-là — la France accorde l'indépendance complète aux États membres de la Communauté qui le demandent. Le 15 août 1960, l'indépendance de la République du Congo est officiellement proclamée à Brazzaville, avec Fulbert Youlou comme premier président.
L'indépendance du Moyen-Congo est donc l'aboutissement d'un processus graduel de seize années, ouvert par la conférence de Brazzaville de 1944, approfondi par la loi-cadre de 1956 et l'autonomie de 1958, avant de se conclure par la proclamation du 15 août 1960. Cette trajectoire, marquée par une transition largement négociée plutôt que par une rupture violente, s'inscrit dans le mouvement plus large de l'émancipation des colonies africaines au tournant des années 1960, tout en portant déjà les germes des tensions politiques internes qui marqueront les premières années de la jeune République.