📚 Tous les chapitres SuivantCh. 02 — Reproduction chez les Mammifères

1. La mitose — division conservative

Définition

La mitose est le mode de division des cellules somatiques (cellules du corps, non reproductrices). À partir d'une cellule mère à 2n chromosomes, elle produit deux cellules filles également à 2n chromosomes, génétiquement identiques entre elles et identiques à la cellule mère (sauf accident de mutation). On dit que la mitose est une division conservative : elle conserve à la fois le nombre de chromosomes et l'information génétique.

1.1. L'interphase : préparation à la division

Avant d'entrer en division, la cellule traverse une interphase, phase la plus longue du cycle cellulaire, elle-même subdivisée en trois périodes :

  • Phase G1 : la cellule croît, synthétise des protéines et des organites ; les chromosomes sont décondensés (chromatine diffuse), chacun formé d'une seule chromatide.
  • Phase S (synthèse) : réplication semi-conservative de l'ADN. Chaque molécule d'ADN est dupliquée à l'identique, si bien qu'à la fin de la phase S chaque chromosome est constitué de deux chromatides sœurs strictement identiques, reliées au niveau du centromère.
  • Phase G2 : la cellule vérifie la qualité de la réplication et se prépare à la division (synthèse des protéines du fuseau mitotique).

1.2. Les phases de la mitose proprement dite

Les quatre étapes

Prophase : la chromatine se condense progressivement, les chromosomes deviennent visibles, chacun formé de deux chromatides sœurs ; l'enveloppe nucléaire se désorganise et le fuseau mitotique (constitué de microtubules) commence à se mettre en place.

Métaphase : les chromosomes, au maximum de leur condensation, se disposent sur le plan équatorial de la cellule (plaque équatoriale), attachés par leur centromère aux fibres du fuseau issues des deux pôles opposés.

Anaphase : les centromères se séparent et les deux chromatides sœurs de chaque chromosome, désormais considérées comme des chromosomes indépendants à une seule chromatide, migrent chacune vers un pôle opposé de la cellule, tractées par les fibres du fuseau.

Télophase : les chromosomes, regroupés à chaque pôle, se décondensent (retour à la chromatine diffuse) ; une nouvelle enveloppe nucléaire se reforme autour de chaque lot ; la cellule se divise en deux par cytodiérèse (constriction de la membrane plasmique chez l'animal, formation d'une plaque cellulaire chez le végétal), donnant deux cellules filles.

1.3. Cycle du chromosome au cours de la mitose

À suivre pas à pas

En phase G1, chaque chromosome est simple, formé d'une seule chromatide. Après la phase S (réplication), il devient un chromosome dupliqué à deux chromatides sœurs identiques, état qui persiste en G2, en prophase et en métaphase. En anaphase, les deux chromatides sœurs se séparent au niveau du centromère et deviennent chacune un chromosome indépendant à une seule chromatide. À la fin de la télophase, chaque cellule fille reçoit donc un lot de chromosomes simples (à une chromatide), identique en nombre et en nature au lot initial de la cellule mère.

1.4. Variation de la quantité d'ADN au cours du cycle

Description de la courbe

Si l'on note q la quantité d'ADN d'une cellule en phase G1 (chromosomes à une chromatide), cette quantité reste constante et égale à q pendant toute la phase G1. Au cours de la phase S, la quantité d'ADN double progressivement pour atteindre 2q (réplication de l'ADN). Cette quantité 2q reste stable durant la phase G2, la prophase et la métaphase (l'ADN est dupliqué mais pas encore réparti). Dès l'anaphase, au moment de la séparation des chromatides sœurs et de leur migration vers les pôles opposés, la quantité d'ADN de chaque futur pôle redevient égale à q. Ainsi, à la fin de la télophase, chacune des deux cellules filles possède de nouveau une quantité d'ADN égale à q, identique à celle de la cellule mère en G1.

1.5. Particularités de la mitose

  • Le nombre de chromosomes (2n) est rigoureusement conservé d'une génération cellulaire à l'autre.
  • Les deux cellules filles sont génétiquement identiques entre elles et identiques à la cellule mère, sauf en cas de mutation accidentelle survenue lors de la réplication.
  • La mitose assure la croissance de l'organisme, le renouvellement des tissus et la cicatrisation.

1.6. Inducteurs et inhibiteurs de la mitose

L'entrée en division d'une cellule est contrôlée par des signaux moléculaires. Des facteurs de croissance (substances inductrices) stimulent le passage de G1 vers la phase S et déclenchent la prolifération cellulaire, notamment lors de la cicatrisation ou de la croissance des tissus. À l'inverse, des molécules inhibitrices freinent ou bloquent le cycle cellulaire à des points de contrôle précis, empêchant une division en cas d'anomalie (ADN endommagé, réplication incomplète). Lorsque ce contrôle est perturbé (mutation d'un gène régulateur), la cellule peut se diviser de façon anarchique et incontrôlée : c'est l'un des mécanismes à l'origine des cancers.

1.7. Résultat de la mitose

Bilan

Une cellule mère à 2n chromosomes donne, par mitose, 2 cellules filles à 2n chromosomes, génétiquement identiques entre elles et à la cellule mère.

2. La méiose — division réductionnelle

Définition

La méiose est le mode de division des cellules germinales (à l'origine des gamètes) qui permet de faire passer une cellule mère à 2n chromosomes (2 lots de chromosomes homologues) à quatre cellules filles à n chromosomes (1 seul lot), génétiquement différentes les unes des autres et de la cellule mère. On dit que la méiose est une division réductionnelle : elle réduit de moitié le nombre de chromosomes, ce qui permettra de rétablir 2n lors de la fécondation.

2.1. La première division (division réductionnelle)

Prophase I à télophase I

Après une phase S préalable (réplication de l'ADN, chromosomes à 2 chromatides), la prophase I se caractérise par l'appariement des chromosomes homologues (l'un d'origine paternelle, l'autre d'origine maternelle) deux à deux, formant des tétrades (ou bivalents). C'est à ce stade que se produisent les crossing-over : des échanges de fragments de chromatides entre chromosomes homologues.

En métaphase I, les tétrades se placent sur la plaque équatoriale. En anaphase I, ce sont les chromosomes homologues entiers (chacun toujours formé de 2 chromatides) qui se séparent et migrent vers les pôles opposés — et non les chromatides sœurs comme en mitose. La répartition des chromosomes d'origine paternelle et maternelle entre les deux pôles se fait de façon aléatoire et indépendante pour chaque paire.

La télophase I aboutit à 2 cellules à n chromosomes, chaque chromosome étant encore formé de 2 chromatides.

2.2. La deuxième division (division équationnelle)

Comparable à une mitose

La deuxième division se déroule sans nouvelle réplication de l'ADN, selon un mécanisme identique à celui d'une mitose classique : prophase II, métaphase II, anaphase II (séparation des chromatides sœurs de chaque chromosome), télophase II. Elle est dite équationnelle car elle ne modifie pas le nombre de chromosomes par rapport à ce qu'il était à la fin de la division I, mais sépare les chromatides sœurs.

2.3. Variation de la quantité d'ADN et du nombre de chromosomes

Suivi quantitatif

En G1, la cellule mère possède 2n chromosomes à 1 chromatide (quantité d'ADN q). Après la phase S, elle possède 2n chromosomes à 2 chromatides (quantité 2q). À l'issue de la division I (réductionnelle), chaque cellule possède n chromosomes à 2 chromatides (quantité q). À l'issue de la division II (équationnelle), chaque cellule possède n chromosomes à 1 chromatide (quantité q/2). Au final, 4 cellules filles à n chromosomes simples sont obtenues à partir d'une cellule mère à 2n chromosomes.

2.4. Signification de la méiose : deux sources de brassage génétique

Brassage intrachromosomique

Il résulte des crossing-over survenant en prophase I entre chromatides de chromosomes homologues : des segments de chromatides s'échangent, créant de nouvelles combinaisons d'allèles sur un même chromosome (chromosomes recombinés), différentes des chromosomes parentaux d'origine.

Brassage interchromosomique

Il résulte de la répartition aléatoire et indépendante des chromosomes homologues (d'origine paternelle ou maternelle) entre les deux pôles lors de l'anaphase I. Pour n paires de chromosomes, il existe 2ⁿ répartitions possibles des chromosomes d'origine paternelle et maternelle dans les gamètes.

Ces deux mécanismes de brassage expliquent pourquoi les gamètes produits par un même individu sont génétiquement tous différents les uns des autres, et sont à l'origine de la diversité génétique au sein d'une espèce.

2.5. Résultat de la méiose

Bilan

Une cellule mère à 2n chromosomes donne, par méiose, 4 cellules filles à n chromosomes, génétiquement différentes les unes des autres et de la cellule mère.

3. Comparaison mitose / méiose

CritèreMitoseMéiose
Nombre de divisions1 division2 divisions successives
Nombre de cellules filles2 cellules4 cellules
Nombre de chromosomes des cellules filles2n (identique à la cellule mère)n (réduit de moitié)
Diversité génétiqueCellules filles identiques entre elles et à la cellule mèreCellules filles génétiquement différentes (brassages intra et interchromosomique)
Type de cellules concernéesCellules somatiquesCellules germinales
Rôle biologiqueCroissance, renouvellement tissulaire, cicatrisationFormation des gamètes, maintien du caryotype de l'espèce à la fécondation

4. La synthèse des protéines

Rappel

Le support de l'information génétique est l'ADN, molécule présente dans le noyau, organisée en gènes : un gène est une portion d'ADN qui contient l'information nécessaire à la synthèse d'une protéine donnée. L'expression d'un gène se déroule en deux grandes étapes : la transcription (dans le noyau) puis la traduction (dans le cytoplasme, au niveau des ribosomes).

4.1. La transcription

Mécanisme

Dans le noyau, une enzyme, l'ARN polymérase, se fixe sur l'ADN au début d'un gène, sépare localement les deux brins et synthétise une molécule d'ARN messager (ARNm) pré-messager en utilisant l'un des deux brins d'ADN comme brin matrice. La synthèse se fait par complémentarité des bases : A (ADN) s'associe à U (ARN), T (ADN) s'associe à A (ARN), G (ADN) s'associe à C (ARN), et C (ADN) s'associe à G (ARN). L'ARNm pré-messager subit ensuite une maturation : chez les eucaryotes, les séquences non codantes (introns) sont excisées, et les séquences codantes (exons) sont raboutées entre elles (épissage), produisant l'ARNm mature qui quitte le noyau vers le cytoplasme.

4.2. La traduction

Mécanisme

Dans le cytoplasme, l'ARNm mature s'associe à un ribosome, qui va lire l'information génétique par groupes de trois nucléotides appelés codons. Chaque codon spécifie un acide aminé précis (code génétique universel, dégénéré et non chevauchant). Des molécules d'ARN de transfert (ARNt), chacune porteuse d'un triplet appelé anticodon complémentaire d'un codon et liée à l'acide aminé correspondant, apportent les acides aminés un par un dans l'ordre dicté par la séquence des codons de l'ARNm.

Les trois étapes de la traduction

Initiation : le ribosome se fixe sur l'ARNm au niveau du codon d'initiation AUG, qui code toujours l'acide aminé méthionine et fixe le cadre de lecture.

Élongation : le ribosome progresse le long de l'ARNm, codon après codon ; à chaque étape, un ARNt apporte l'acide aminé correspondant au codon lu, et une liaison peptidique se forme entre cet acide aminé et la chaîne polypeptidique en cours de formation.

Terminaison : lorsque le ribosome atteint un codon stop (UAA, UAG ou UGA), qui ne code aucun acide aminé, la synthèse s'arrête et la chaîne polypeptidique (la protéine) est libérée.

4.3. Bilan : le dogme central de la biologie moléculaire

À retenir

ADN → (transcription) → ARNm → (traduction) → protéine. L'information portée par la séquence de nucléotides d'un gène est ainsi convertie en une séquence d'acides aminés qui détermine la structure et la fonction de la protéine correspondante.

🧠 À retenir

  • Mitose : 1 division → 2 cellules filles à 2n chromosomes, identiques à la cellule mère (croissance, renouvellement).
  • Méiose : 2 divisions → 4 cellules filles à n chromosomes, génétiquement différentes (formation des gamètes).
  • Le brassage intrachromosomique (crossing-over, prophase I) et le brassage interchromosomique (anaphase I) sont les deux sources de diversité génétique de la méiose.
  • La transcription (ADN → ARNm) a lieu dans le noyau ; la traduction (ARNm → protéine) a lieu sur les ribosomes dans le cytoplasme.
  • Le code génétique se lit par codons : AUG = codon d'initiation (méthionine) ; UAA, UAG, UGA = codons stop.
1

Remettre les phases de la mitose en ordre

● Facile

Les propositions suivantes décrivent, dans le désordre, des étapes du cycle cellulaire d'une cellule somatique : (a) les chromosomes, décondensés, se dupliquent (réplication de l'ADN) ; (b) les chromatides sœurs séparées migrent vers les pôles opposés ; (c) les chromosomes, condensés à deux chromatides, s'alignent sur la plaque équatoriale ; (d) les chromosomes commencent à se condenser et le fuseau se met en place ; (e) les chromosomes se décondensent et deux noyaux se reforment, la cellule se divise en deux.

  1. Remettre ces cinq propositions dans l'ordre chronologique correct.
  2. Nommer la phase du cycle correspondant à chaque proposition (interphase/phase S, prophase, métaphase, anaphase, télophase).
Correction
  1. Ordre chronologique : (a) → (d) → (c) → (b) → (e).
  2. (a) = phase S de l'interphase (réplication de l'ADN) ; (d) = prophase (condensation, mise en place du fuseau) ; (c) = métaphase (plaque équatoriale) ; (b) = anaphase (migration des chromatides séparées) ; (e) = télophase (décondensation, cytodiérèse).
2

Comptage de chromosomes et de chromatides

● Moyen

On considère une cellule dont le caryotype normal est 2n = 8 chromosomes. Pour chacune des situations suivantes, indiquer le nombre de chromosomes et le nombre de chromatides par chromosome, en justifiant à partir du cours :

  1. Une cellule somatique en métaphase de mitose.
  2. Une cellule somatique juste après la télophase de mitose.
  3. Une cellule germinale en métaphase I de méiose.
  4. Une cellule juste après la télophase I de méiose.
  5. Un gamète obtenu à l'issue de la méiose (après télophase II).
Correction
  1. En métaphase de mitose, l'ADN a été répliqué (phase S) mais aucune séparation n'a encore eu lieu : 8 chromosomes à 2 chromatides chacun.
  2. Après la télophase de mitose, les chromatides séparées sont devenues des chromosomes indépendants et le nombre de chromosomes 2n est conservé dans chaque cellule fille : 8 chromosomes à 1 chromatide.
  3. En métaphase I, l'ADN a été répliqué et les chromosomes homologues ne sont pas encore séparés : 8 chromosomes à 2 chromatides (organisés en 4 tétrades).
  4. Après la télophase I (division réductionnelle), le nombre de chromosomes a été réduit de moitié mais chaque chromosome garde ses 2 chromatides : 4 chromosomes à 2 chromatides.
  5. Après la télophase II (division équationnelle, séparation des chromatides sœurs) : 4 chromosomes à 1 chromatide — soit n = 4, la moitié du nombre initial 2n = 8.
3

Brassage intrachromosomique et interchromosomique

● Moyen

On considère une cellule germinale possédant deux paires de chromosomes homologues : la paire 1 porte les allèles (A,b) sur le chromosome d'origine paternelle et (a,B) sur celui d'origine maternelle ; la paire 2 porte l'allèle C sur le chromosome paternel et c sur le chromosome maternel.

  1. Un crossing-over se produit en prophase I entre les chromatides portant les allèles A/b et a/B de la paire 1. Donner la combinaison d'allèles portée par les chromatides recombinées.
  2. Expliquer, à l'aide de ce résultat, ce que l'on entend par « brassage intrachromosomique ».
  3. En anaphase I, les deux paires de chromosomes se répartissent indépendamment vers les pôles. Donner toutes les combinaisons possibles (paternelle/maternelle) que peut recevoir un pôle pour les paires 1 et 2, et nommer ce mécanisme.
  4. Combien de types de gamètes génétiquement différents peuvent théoriquement être produits en combinant les deux formes de brassage pour ces deux paires de chromosomes ?
Correction
  1. Le crossing-over échange une partie des chromatides entre les deux homologues : on obtient deux nouvelles chromatides recombinées portant les combinaisons (A,B) et (a,b), en plus des deux chromatides parentales non recombinées (A,b) et (a,B).
  2. Le brassage intrachromosomique correspond à la création, par crossing-over, de nouvelles associations d'allèles sur un même chromosome, différentes des associations parentales — ici (A,B) et (a,b) n'existaient pas chez les parents.
  3. Pour la paire 2 (C/c), chaque pôle reçoit indépendamment soit C soit c, indépendamment du sort de la paire 1. Il existe donc 2² = 4 répartitions possibles : (paire1 paternelle + paire2 paternelle), (paire1 paternelle + paire2 maternelle), (paire1 maternelle + paire2 paternelle), (paire1 maternelle + paire2 maternelle). Ce mécanisme, lié à la répartition aléatoire et indépendante des paires de chromosomes homologues, est le brassage interchromosomique.
  4. En combinant les 4 chromatides possibles pour la paire 1 après crossing-over (A,b / a,B / A,B / a,b) et les 2 possibilités indépendantes pour la paire 2 (C ou c), on obtient 4 × 2 = 8 types de gamètes génétiquement différents possibles, ce qui illustre la puissance du brassage génétique même avec seulement deux paires de chromosomes.
4

De l'ADN à la protéine

● Moyen

Un gène possède, sur son brin matrice (brin transcrit), la séquence suivante (orientée 3'→5') :

Brin matrice (3'→5') : TAC GTA CCT GAG ATT

Table du code génétique simplifiée (extrait) :

Codon ARNmAcide aminé
AUGMéthionine (Met) — start
CAUHistidine (His)
GGAGlycine (Gly)
CUCLeucine (Leu)
UAA / UAG / UGACodon stop (aucun acide aminé)
  1. Rappeler la règle de complémentarité entre bases de l'ADN (brin matrice) et bases de l'ARN, et donner la séquence de l'ARNm transcrit (préciser son orientation 5'→3').
  2. Découper cette séquence en codons et donner, à l'aide de la table fournie, la séquence des acides aminés (protéine) obtenue après traduction.
  3. Identifier le codon d'initiation et le codon stop dans cette séquence. Que se passerait-il si le codon stop était absent ?
Correction
  1. Règles de complémentarité ADN → ARN : A(ADN)-U(ARN), T(ADN)-A(ARN), G(ADN)-C(ARN), C(ADN)-G(ARN). En transcrivant le brin matrice 3'-TAC GTA CCT GAG ATT-5', on obtient l'ARNm, synthétisé de façon antiparallèle, orienté 5'→3' :
    ARNm (5'→3') : AUG CAU GGA CUC UAA
  2. Découpage en codons : AUG | CAU | GGA | CUC | UAA. D'après la table : AUG = Méthionine, CAU = Histidine, GGA = Glycine, CUC = Leucine, UAA = stop (non traduit). La protéine obtenue est donc : Méthionine – Histidine – Glycine – Leucine (4 acides aminés, la synthèse s'arrêtant à UAA).
  3. Le codon d'initiation est AUG (premier codon, code la méthionine) ; le codon stop est UAA (dernier codon). En l'absence de codon stop, le ribosome continuerait à lire les codons suivants de l'ARNm (voire au-delà de la région codante prévue), ce qui produirait une protéine anormalement longue et très probablement non fonctionnelle.

Problème de synthèse

● Niveau Bac

Ce problème comporte deux parties indépendantes portant sur la division cellulaire et sur la synthèse des protéines.

Partie A — Identification d'une division à partir de la variation de la quantité d'ADN

Un suivi expérimental de la quantité d'ADN par cellule (en unités arbitraires q) au cours du temps, dans une lignée de cellules d'un même organe, donne les résultats suivants : de t0 à t1, quantité constante égale à q ; de t1 à t2, la quantité passe progressivement de q à 2q ; de t2 à t3, quantité constante égale à 2q ; à t3, la quantité chute brutalement de 2q à q dans chacune des deux cellules obtenues, qui restent ensuite stables à q.

  1. Interpréter chacune des phases t0-t1, t1-t2, t2-t3 en termes de phases du cycle cellulaire.
  2. La chute observée en t3 se fait-elle en une seule étape (vers q) ou en deux étapes successives (vers q, puis vers q/2) ? En déduire s'il s'agit d'une mitose ou d'une méiose. Justifier précisément.
  3. Reconstituer, dans l'ordre, les phases traversées par la cellule entre t0 et la fin de l'expérience, en précisant pour chacune l'état des chromosomes (nombre de chromatides).

Partie B — Conséquence d'une mutation sur la protéine

On reprend le gène de l'exercice 4, dont le brin matrice est 3'-TAC GTA CCT GAG ATT-5', codant la séquence Met-His-Gly-Leu. Une mutation ponctuelle remplace la troisième base du deuxième triplet du brin matrice : le brin matrice devient 3'-TAC GTT CCT GAG ATT-5' (T à la place du A souligné dans GTA).

  1. Donner la nouvelle séquence d'ARNm transcrite, puis le nouveau codon concerné.
  2. Sachant que le codon UAA correspond à un codon stop, préciser la nature de cette mutation (faux-sens, non-sens, ou silencieuse) et sa conséquence sur la protéine produite.
  3. Expliquer pourquoi une telle mutation, si elle survient dans une cellule germinale, peut avoir des répercussions sur la descendance, contrairement à une mutation survenant dans une cellule somatique.
Correction du problème de synthèse
  1. t0-t1 : quantité d'ADN constante à q → phase G1 de l'interphase (chromosomes à 1 chromatide, pas encore de réplication). t1-t2 : la quantité double progressivement de q à 2q → phase S (réplication de l'ADN, passage à des chromosomes à 2 chromatides). t2-t3 : quantité constante à 2q → phase G2, puis prophase et métaphase (ADN dupliqué mais pas encore réparti entre deux cellules).
  2. D'après l'énoncé, la chute se fait en une seule étape, directement de 2q à q dans chacune des deux cellules filles obtenues, qui restent ensuite stables à q. Une seule division a eu lieu et chaque cellule fille retrouve immédiatement une quantité q identique à celle de la cellule mère en G1 : il s'agit donc d'une mitose (une méiose aurait montré deux chutes successives, de 2q à q après la division I, puis de q à q/2 après la division II, avec quatre cellules filles finales).
  3. Ordre des phases : G1 (chromosomes à 1 chromatide, quantité q) → phase S (réplication, passage progressif à des chromosomes à 2 chromatides, quantité 2q) → G2 (chromosomes à 2 chromatides, quantité 2q) → prophase (condensation, chromosomes à 2 chromatides) → métaphase (chromosomes à 2 chromatides alignés) → anaphase (séparation des chromatides sœurs, chromosomes redevenus à 1 chromatide) → télophase (2 cellules filles à chromosomes à 1 chromatide, quantité q chacune).
  4. Le brin matrice muté 3'-TAC GTT CCT GAG ATT-5' donne, par complémentarité, l'ARNm 5'-AUG CAA GGA CUC UAA-3'. Le deuxième codon devient donc CAA (au lieu de CAU).
  5. CAA n'est pas un codon stop (les codons stop sont UAA, UAG, UGA) : la mutation modifie donc un codon qui continue à coder un acide aminé (vraisemblablement la glutamine, différent de l'histidine codée par CAU). Il s'agit d'une mutation faux-sens : un acide aminé est remplacé par un autre dans la protéine (Met-Gln-Gly-Leu au lieu de Met-His-Gly-Leu), ce qui peut modifier, plus ou moins fortement selon la position et la nature du changement, la structure et donc la fonction de la protéine.
  6. Une mutation dans une cellule somatique n'affecte que les cellules descendant de cette cellule par mitose au sein de l'organisme (elle n'est pas transmise à la descendance de l'individu). En revanche, une mutation touchant une cellule germinale peut être transmise, via les gamètes issus de la méiose, à la génération suivante et se retrouver dans toutes les cellules de la descendance : elle est donc héréditaire.

QCM

10 questions · Correction immédiate

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Q1/10

Au cours de la mitose, la séparation des chromatides sœurs de chaque chromosome se produit pendant :

Q2/10

La quantité d'ADN d'une cellule double au cours de :

Q3/10

Le résultat de la mitose, à partir d'une cellule mère à 2n chromosomes, est :

Q4/10

Le résultat de la méiose, à partir d'une cellule mère à 2n chromosomes, est :

Q5/10

Le brassage interchromosomique résulte de :

Q6/10

Les crossing-over, responsables du brassage intrachromosomique, se produisent au cours de :

Q7/10

La transcription (synthèse de l'ARNm à partir de l'ADN) se déroule dans :

Q8/10

La traduction (synthèse de la protéine à partir de l'ARNm) a lieu au niveau :

Q9/10

Le codon d'initiation de la traduction est :

Q10/10

Parmi les codons suivants, lequel est un codon stop ?