1. Le courant alternatif sinusoïdal

Un courant est dit continu lorsque son intensité garde un sens et une valeur constants au cours du temps (piles, batteries). Un courant est dit alternatif lorsque son intensité change périodiquement de sens : elle est tantôt positive, tantôt négative. Le cas le plus important en physique et le seul distribué par les réseaux électriques (secteur) est le courant alternatif sinusoïdal.

DÉFINITION

Un courant alternatif sinusoïdal est un courant dont l'intensité instantanée varie dans le temps selon une loi du type : i(t) = I_m cos(ωt + φ_i). De même, une tension alternative sinusoïdale s'écrit : u(t) = U_m cos(ωt + φ_u).

Caractéristiques d'une grandeur sinusoïdale :

GrandeurSymboleUnitéRelation
PériodeTseconde (s)durée d'un cycle complet
Fréquencefhertz (Hz)f = 1/T
Pulsationωrad/sω = 2π/T = 2πf
Valeur maximale (amplitude)I_m, U_mA, Vvaleur crête
Phase à l'origineφraddéphasage par rapport à l'origine des temps
PROPRIÉTÉ

La valeur efficace d'une intensité (ou d'une tension) sinusoïdale est la valeur qui produirait, dans une résistance, le même effet thermique moyen que le courant alternatif considéré. Pour une grandeur sinusoïdale :

I_eff = I_m / √2 et U_eff = U_m / √2

C'est cette valeur efficace qu'indiquent les multimètres (ampèremètres et voltmètres AC) et qui figure sur les appareils domestiques.

EXEMPLE

La tension du secteur en République du Congo est U_eff = 220 V à la fréquence f = 50 Hz. On en déduit : U_m = U_eff√2 = 220×1,414 ≈ 311 V et ω = 2πf = 2π×50 ≈ 314 rad/s. La tension instantanée s'écrit donc u(t) = 311 cos(314t) V.

2. Loi d'Ohm en courant alternatif

En régime sinusoïdal, la loi d'Ohm reliant tension et intensité fait intervenir non plus une simple résistance mais une grandeur appelée impédance Z, et un déphasage φ entre u(t) et i(t). On prend le courant comme référence des phases : i(t) = I_m cos(ωt) et u(t) = U_m cos(ωt + φ), avec U_m = Z·I_m.

2.1 Aux bornes d'un résistor

PROPRIÉTÉ

Pour un résistor de résistance R, la loi d'Ohm reste valable à chaque instant : u(t) = R·i(t). La tension et l'intensité sont donc en phase (φ = 0) et l'impédance se confond avec la résistance : Z = R.

2.2 Aux bornes d'une bobine réelle (inductive et résistive)

Une bobine réelle possède une inductance L et une résistance interne r. La relation instantanée est u(t) = r·i(t) + L·di/dt.

PROPRIÉTÉ

En régime sinusoïdal permanent :

Z = √(r² + (Lω)²) et tan φ = Lω / r, avec 0 < φ < π/2

La tension est donc en avance de phase sur l'intensité. Si la bobine est idéale (r = 0), Z = Lω et φ = π/2 (avance maximale).

2.3 Aux bornes d'un condensateur

Pour un condensateur, i(t) = C·du/dt.

PROPRIÉTÉ

Z = 1 / (Cω) et le déphasage de u par rapport à i vaut φ = -π/2.

Autrement dit, l'intensité est en avance de π/2 (un quart de période) sur la tension à ses bornes.

2.4 Impédance, déphasage et construction de Fresnel

Chaque grandeur sinusoïdale peut être représentée par un vecteur tournant (vecteur de Fresnel) dont la norme est la valeur maximale (ou efficace) et l'angle avec l'axe de référence est la phase. Pour un dipôle traversé par i(t) pris comme référence (vecteur horizontal), on construit :

  • le vecteur tension du résistor U_R, colinéaire à I (φ = 0) ;
  • le vecteur tension de la bobine U_L (ou U_{L,r}), en avance sur I ;
  • le vecteur tension du condensateur U_C, en retard de π/2 sur I (donc opposé à U_L).

La tension totale U est la somme vectorielle de ces tensions ; le module du vecteur résultant donne U_m et son angle avec I donne le déphasage global φ.

2.5 Cas du circuit RLC série

On associe en série un résistor R, une bobine (idéale, d'inductance L) et un condensateur de capacité C, parcourus par le même courant i(t) = I_m cos(ωt).

PROPRIÉTÉ

L'impédance du circuit RLC série est :

Z = √(R² + (Lω − 1/(Cω))²)

Le déphasage de la tension totale par rapport au courant vérifie :

tan φ = (Lω − 1/(Cω)) / R

Si Lω > 1/(Cω), le circuit est inductif (φ > 0, u en avance sur i). Si Lω < 1/(Cω), le circuit est capacitif (φ < 0, i en avance sur u).

Tableau récapitulatif :

DipôleImpédance ZDéphasage φ (u par rapport à i)
Résistor (R)Z = Rφ = 0 (en phase)
Bobine réelle (L, r)Z = √(r² + (Lω)²)tan φ = Lω/r, u en avance
Condensateur (C)Z = 1/(Cω)φ = −π/2, i en avance
RLC sérieZ = √(R² + (Lω − 1/(Cω))²)tan φ = (Lω − 1/(Cω))/R

2.6 Résonance d'intensité du circuit RLC série

DÉFINITION

Il y a résonance d'intensité lorsque, à fréquence variable, l'intensité efficace du circuit RLC série est maximale. Cela se produit lorsque la partie réactive de l'impédance s'annule : Lω_0 = 1/(Cω_0).

PROPRIÉTÉ

La pulsation propre (de résonance) vaut :

ω_0 = 1/√(LC) soit f_0 = 1/(2π√(LC))

À la résonance : Z = Z_min = R ; l'intensité efficace est maximale : I_eff,max = U_eff/R ; et le déphasage est nul (φ = 0) : la tension totale et le courant sont en phase, le circuit se comporte comme un pur résistor.

EXEMPLE

À la résonance, les tensions U_L et U_C peuvent devenir individuellement très supérieures à la tension d'alimentation U (phénomène de surtension), bien que leur somme algébrique s'annule puisqu'elles sont en opposition de phase.

3. Facteur de puissance et puissance en courant alternatif

La puissance instantanée p(t) = u(t)·i(t) varie au cours du temps. La grandeur utile est la puissance moyenne (ou puissance active) consommée par le dipôle.

DÉFINITION

La puissance moyenne (active) d'un dipôle en régime sinusoïdal est :

P = U_eff · I_eff · cos φ

cos φ est appelé facteur de puissance du dipôle. Pour un circuit RLC série, cos φ = R/Z.

PROPRIÉTÉ

Cas particuliers : pour un résistor pur, φ = 0 donc cos φ = 1 et P = U_eff·I_eff = R·I_eff² (puissance maximale). Pour une bobine ou un condensateur purs, φ = ±π/2 donc cos φ = 0 et P = 0 : ces dipôles n'absorbent aucune puissance en moyenne (ils échangent seulement de l'énergie réactive avec le générateur).

🧠 À retenir

  • Grandeur sinusoïdale : x(t) = X_m cos(ωt + φ), avec ω = 2πf = 2π/T et X_eff = X_m/√2.
  • Résistor : Z = R, u et i en phase.
  • Bobine réelle (L, r) : Z = √(r² + (Lω)²), tan φ = Lω/r, u en avance sur i.
  • Condensateur : Z = 1/(Cω), i en avance de π/2 sur u.
  • RLC série : Z = √(R² + (Lω − 1/(Cω))²), tan φ = (Lω − 1/(Cω))/R.
  • Résonance d'intensité : ω_0 = 1/√(LC) ; à la résonance Z = R (minimale), I maximale, φ = 0.
  • Puissance moyenne : P = U_eff I_eff cos φ, avec cos φ = R/Z pour un RLC série.
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Caractéristiques d'une tension sinusoïdale

● Facile

Une tension alternative sinusoïdale a pour expression, en unités SI : u(t) = 311 cos(314t).

1) Donner la valeur maximale U_m et la pulsation ω.
2) En déduire la fréquence f et la période T.
3) Calculer la valeur efficace U_eff et identifier cette tension.

Correction

1) Par identification avec u(t) = U_m cos(ωt) : U_m = 311 V et ω = 314 rad/s.

2) f = ω/(2π) = 314/6,283 ≈ 50 Hz ; T = 1/f = 1/50 = 0,02 s = 20 ms.

3) U_eff = U_m/√2 = 311/1,414 ≈ 220 V. Il s'agit de la tension du secteur (220 V – 50 Hz).

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Loi d'Ohm aux bornes d'un résistor

● Moyen

Un résistor de résistance R = 50 Ω est parcouru par un courant sinusoïdal i(t) = 2√2 cos(100πt) (en A).

1) Calculer la fréquence et la période du courant.
2) Calculer l'intensité efficace I_eff.
3) Établir l'expression de u(t) aux bornes du résistor et calculer U_eff.

Correction

1) ω = 100π rad/s donc f = ω/(2π) = 50 Hz et T = 1/f = 0,02 s.

2) I_m = 2√2 A, donc I_eff = I_m/√2 = 2√2/√2 = 2 A.

3) Pour un résistor, u et i sont en phase : u(t) = R·i(t) = 50 × 2√2 cos(100πt) = 100√2 cos(100πt) V. Donc U_m = 100√2 ≈ 141,4 V et U_eff = U_m/√2 = 100 V (on vérifie bien U_eff = R·I_eff = 50×2 = 100 V).

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Impédance d'une bobine réelle

● Moyen

Une bobine réelle de résistance r = 20 Ω et d'inductance L = 0,1 H est alimentée par une tension sinusoïdale de valeur efficace U_eff = 48 V et de fréquence f = 50 Hz.

1) Calculer la pulsation ω puis la réactance .
2) Calculer l'impédance Z de la bobine.
3) Calculer l'intensité efficace I_eff qui la traverse.
4) Calculer le déphasage φ de u par rapport à i. Ce déphasage est-il cohérent avec la nature du dipôle ?

Correction

1) ω = 2πf = 2π×50 ≈ 314,16 rad/s. Lω = 0,1 × 314,16 ≈ 31,42 Ω.

2) Z = √(r² + (Lω)²) = √(20² + 31,42²) = √(400 + 987,0) = √1387,0 ≈ 37,24 Ω.

3) I_eff = U_eff/Z = 48/37,24 ≈ 1,29 A.

4) tan φ = Lω/r = 31,42/20 = 1,571, donc φ = arctan(1,571) ≈ 57,5° soit environ 1,00 rad. Comme 0 < φ < π/2, la tension est bien en avance sur le courant, ce qui est cohérent avec une bobine (dipôle à caractère inductif).

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Circuit série résistor-condensateur

● Difficile

On associe en série un résistor R = 100 Ω et un condensateur de capacité C = 20 µF. L'ensemble est alimenté sous une tension efficace U_eff = 220 V à la fréquence f = 50 Hz.

1) Calculer la réactance 1/(Cω) du condensateur.
2) Calculer l'impédance Z du circuit.
3) Calculer l'intensité efficace I_eff dans le circuit.
4) Calculer le déphasage φ de u par rapport à i et préciser le caractère (inductif ou capacitif) du circuit. Décrire qualitativement la construction de Fresnel correspondante.
5) Calculer le facteur de puissance cos φ et la puissance moyenne consommée P.

Correction

1) ω = 2π×50 ≈ 314,16 rad/s. 1/(Cω) = 1/(20×10⁻⁶ × 314,16) = 1/0,006283 ≈ 159,15 Ω.

2) Z = √(R² + (1/(Cω))²) = √(100² + 159,15²) = √(10000 + 25330) = √35330 ≈ 187,97 Ω (ici Lω = 0 puisqu'il n'y a pas de bobine).

3) I_eff = U_eff/Z = 220/187,97 ≈ 1,17 A.

4) tan φ = (0 − 1/(Cω))/R = −159,15/100 = −1,5915, donc φ ≈ −57,8°. Le déphasage est négatif : le courant est en avance sur la tension, le circuit est de caractère capacitif. Sur la construction de Fresnel, on place I sur l'axe horizontal, U_R colinéaire à I, et U_C perpendiculaire à I et en retard (vers le bas) ; le vecteur somme U = U_R + U_C fait alors l'angle φ négatif avec I.

5) cos φ = R/Z = 100/187,97 ≈ 0,532. P = U_eff·I_eff·cos φ = 220×1,17×0,532 ≈ 137,0 W (on vérifie : P = R·I_eff² = 100×1,17² ≈ 137,0 W).

Problème de synthèse

● Niveau Bac

On réalise un circuit RLC Série Domprenant : un résistor R = 100 Ω, une bobine idéale d'inductance L = 0,5 H et un condensateur de capacité C = 10 µF, alimenté par un générateur basse fréquence délivrant une tension sinusoïdale de valeur efficace U_eff = 220 V.

  1. Le générateur est réglé à la fréquence f = 50 Hz. Calculer la pulsation ω, la réactance inductive et la réactance capacitive 1/(Cω).
  2. En déduire l'impédance Z du circuit à 50 Hz.
  3. Calculer le déphasage φ de la tension par rapport au courant. Préciser si le circuit est inductif ou capacitif à cette fréquence.
  4. Calculer l'intensité efficace I_eff qui circule dans le circuit.
  5. Calculer le facteur de puissance cos φ et la puissance moyenne P consommée par le circuit.
  6. On fait maintenant varier la fréquence du générateur jusqu'à obtenir la résonance d'intensité. Calculer la fréquence de résonance f_0.
  7. À cette fréquence de résonance, donner la valeur de l'impédance, calculer l'intensité efficace maximale et la puissance consommée par le circuit. Commenter le déphasage.
Correction du problème de synthèse
  1. ω = 2πf = 2π×50 ≈ 314,16 rad/s. Lω = 0,5 × 314,16 ≈ 157,08 Ω. 1/(Cω) = 1/(10×10⁻⁶ × 314,16) = 1/0,0031416 ≈ 318,31 Ω.
  2. Lω − 1/(Cω) = 157,08 − 318,31 = −161,23 Ω. Z = √(R² + (Lω − 1/(Cω))²) = √(100² + 161,23²) = √(10000 + 25995) = √35995 ≈ 189,72 Ω.
  3. tan φ = (Lω − 1/(Cω))/R = −161,23/100 = −1,6123, donc φ ≈ −58,2° (soit environ −1,02 rad). Comme Lω < 1/(Cω), le circuit est à dominante capacitive : le courant est en avance sur la tension.
  4. I_eff = U_eff/Z = 220/189,72 ≈ 1,16 A.
  5. cos φ = R/Z = 100/189,72 ≈ 0,527. P = U_eff·I_eff·cos φ = 220×1,16×0,527 ≈ 134,5 W (vérification : P = R·I_eff² = 100×1,16² ≈ 134,6 W, cohérent aux arrondis près).
  6. La résonance a lieu lorsque Lω_0 = 1/(Cω_0), soit ω_0 = 1/√(LC) = 1/√(0,5 × 10×10⁻⁶) = 1/√(5×10⁻⁶) = 1/(2,236×10⁻³) ≈ 447,2 rad/s. Donc f_0 = ω_0/(2π) = 447,2/6,283 ≈ 71,2 Hz.
  7. À la résonance, la partie réactive s'annule donc Z = Z_min = R = 100 Ω. L'intensité efficace est alors maximale : I_eff,max = U_eff/R = 220/100 = 2,2 A. La puissance consommée vaut P = R·I_eff,max² = 100×2,2² = 100×4,84 = 484 W (elle est bien supérieure à celle obtenue à 50 Hz, ce qui illustre l'intérêt de la résonance). Le déphasage est nul (φ = 0) : la tension totale et le courant sont en phase, le facteur de puissance vaut 1 et le circuit se comporte comme un résistor pur. On peut noter, à titre de remarque, que les tensions individuelles U_L et U_C valent alors chacune environ 492 V, très supérieures à la tension d'alimentation de 220 V (phénomène de surtension), bien qu'elles s'annulent mutuellement dans la somme vectorielle.

QCM

10 questions · Correction immédiate

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0/10Répondues
Q1/10

Un courant alternatif sinusoïdal est un courant dont l'intensité :

Q2/10

La relation correcte entre la valeur efficace et la valeur maximale d'une tension sinusoïdale est :

Q3/10

Aux bornes d'un résistor parcouru par un courant sinusoïdal, la tension et le courant :

Q4/10

L'impédance d'une bobine réelle de résistance r et d'inductance L, en régime sinusoïdal de pulsation ω, est :

Q5/10

Aux bornes d'un condensateur idéal :

Q6/10

Dans la construction de Fresnel d'un circuit RLC série, en prenant le courant comme référence, le vecteur représentant U_C est :

Q7/10

L'impédance d'un circuit RLC série s'écrit :

Q8/10

La condition de résonance d'intensité d'un circuit RLC série est :

Q9/10

À la résonance d'intensité d'un circuit RLC série :

Q10/10

La puissance moyenne consommée par un dipôle en régime sinusoïdal s'exprime par :