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1. Rappel des lois de Mendel et interprétation des croisements

Le monohybridisme

Définition

Le monohybridisme est l'étude de la transmission héréditaire d'un seul caractère à la fois. Mendel a croisé deux lignées pures (parents P) différant par un caractère : P × p → une génération F1 homogène (tous les individus identiques, portant le caractère dominant) → puis F1 × F1 → une génération F2 où les deux phénotypes réapparaissent dans la proportion théorique 3 : 1 (3 dominants pour 1 récessif).

Le dihybridisme

Résultat de Mendel

Le dihybridisme porte sur la transmission simultanée de deux caractères. Lorsque les deux gènes sont indépendants (portés par des paires de chromosomes différentes), la génération F2 présente quatre classes phénotypiques dans la proportion théorique 9 : 3 : 3 : 1.

Le polyhybridisme

Définition

Le polyhybridisme est la généralisation du principe de ségrégation indépendante à un croisement portant sur trois caractères ou plus, chacun gouverné par un gène indépendant (porté par une paire de chromosomes différente). La proportion théorique attendue en F2 pour un phénotype donné s'obtient simplement en multipliant entre elles les proportions attendues pour chaque caractère pris isolément.

Généralisation

Pour un croisement de deux triples hétérozygotes portant sur n caractères indépendants à dominance complète, la génération F2 comporte 4n combinaisons génotypiques réparties selon la formule générale (3:1)n. Ainsi, pour trois caractères (n = 3), on obtient 43 = 64 combinaisons, réparties en 8 classes phénotypiques dont la plus fréquente (triple dominant) représente (3/4)3 = 27/64 et la plus rare (triple récessif) (1/4)3 = 1/64.

Méthode d'interprétation d'un croisement

  • Déterminer les génotypes des parents à partir de leurs phénotypes et de leur lignée (pure ou non).
  • Établir la liste des gamètes possibles produits par chaque parent (règle de disjonction des allèles à la méiose, indépendamment pour chaque paire de gènes).
  • Construire l'échiquier de croisement (ou multiplier les proportions caractère par caractère lorsque le nombre de gènes est élevé) pour obtenir les génotypes de la descendance.
  • Déduire les phénotypes correspondants et leurs proportions théoriques.
  • Comparer les proportions théoriques attendues aux proportions réellement observées expérimentalement : toute différence significative doit être expliquée (exceptions aux lois de Mendel, voir partie 2).

2. Les exceptions aux proportions mendéliennes et les travaux de Morgan

La codominance

Définition

Il y a codominance lorsque les deux allèles d'un gène s'expriment simultanément et de façon égale chez l'individu hétérozygote, sans qu'aucun ne domine l'autre. Le phénotype de l'hétérozygote n'est donc ni celui d'un homozygote dominant, ni celui d'un homozygote récessif : c'est un phénotype combiné.

Exemple

Le système sanguin ABO chez l'homme : les allèles IA et IB sont codominants. Un individu de génotype IAIB exprime simultanément les deux antigènes A et B à la surface de ses globules rouges : son groupe sanguin est AB.

Le gène létal

Définition

Un gène létal possède un allèle dont la présence, généralement à l'état homozygote, entraîne la mort de l'individu avant la naissance ou en très bas âge. Une classe génotypique (et donc phénotypique) disparaît alors de la descendance observée, ce qui modifie les proportions théoriques attendues (par exemple 3:1 devient 2:1).

L'hérédité liée au sexe

Définition

Certains gènes sont portés par les chromosomes sexuels (X ou Y) et non par les autosomes. Leur transmission diffère alors selon le sexe de l'individu, car les mâles (XY) ne possèdent qu'un seul exemplaire des gènes portés par X (ils sont hémizygotes), alors que les femelles (XX) en possèdent deux.

Exemple

Le daltonisme et l'hémophilie sont des maladies dont les gènes sont portés par le chromosome X, transmises selon un mode récessif lié au sexe.

L'épistasie

Définition

L'épistasie est le phénomène par lequel un gène, dit épistatique, masque ou modifie l'expression phénotypique d'un autre gène, dit hypostatique, situé à un locus différent. Les proportions théoriques du dihybridisme classique (9:3:3:1) sont alors regroupées différemment (par exemple 9:3:4, 12:3:1 ou 9:7 selon le type d'épistasie).

La complémentarité

Définition

Il y a complémentarité lorsque deux gènes différents doivent être simultanément présents (à l'état dominant, par exemple) pour qu'un phénotype particulier puisse s'exprimer. En l'absence de l'un ou de l'autre (ou des deux), un phénotype différent apparaît, ce qui donne en F2 une proportion caractéristique de 9:7.

Les travaux de Morgan

Thomas Hunt Morgan a réalisé ses travaux sur la drosophile (mouche du vinaigre), un organisme au cycle de reproduction court et facile à élever en laboratoire. Ses résultats ont mis en évidence plusieurs exceptions au principe de ségrégation indépendante de Mendel.

Les gènes cumulatifs (hérédité polygénique)

Plusieurs gènes indépendants peuvent contribuer, de façon additive (chacun apportant une petite dose), à l'expression d'un même caractère quantitatif présentant une variation continue plutôt que des classes discrètes. C'est le cas, par exemple, de la couleur de la peau chez l'homme, qui résulte de l'action cumulée de plusieurs gènes.

Le linkage (liaison génétique)

Des gènes situés sur un même chromosome ont tendance à être transmis ensemble à la descendance : on dit qu'ils sont liés (linkés). Ils ne suivent donc pas la loi de ségrégation indépendante, contrairement aux gènes portés par des paires de chromosomes différentes.

Le crossing-over

Lors de la prophase I de la méiose, un échange de segments chromosomiques peut se produire entre chromatides de chromosomes homologues appariés. Ce brassage intrachromosomique peut séparer des gènes liés situés sur un même chromosome, créant de nouvelles combinaisons alléliques (individus recombinés) dans la descendance.

Fréquence de recombinaison et distance génique

La fréquence de recombinaison observée entre deux gènes est corrélée à la distance qui les sépare sur le chromosome : plus deux gènes sont éloignés l'un de l'autre, plus la probabilité qu'un crossing-over se produise entre eux est grande, et donc plus la fréquence de recombinaison est élevée. Cette relation permet d'établir des cartes factorielles (cartes génétiques), exprimées en centimorgans (cM).

3. L'hérédité humaine

Les groupes sanguins

Chez l'homme, plusieurs systèmes de groupes sanguins coexistent, chacun défini par la présence d'antigènes particuliers à la surface des globules rouges. Le système ABO comporte trois allèles : IA et IB, codominants entre eux, et i (ou O), récessif par rapport aux deux autres, donnant quatre groupes phénotypiques : A, B, AB et O. Le système Rhésus comporte un allèle dominant Rh+ (D) et un allèle récessif Rh- (d). Un troisième système, moins connu mais tout aussi héréditaire, le système MN, repose sur deux allèles codominants LM et LN, donnant trois phénotypes possibles : M (LMLM), N (LNLN) et MN (LMLN). Contrairement à ABO ou Rhésus, le système MN n'a pas d'incidence médicale connue sur la compatibilité transfusionnelle ; il est surtout utilisé en anthropologie (étude des populations) et en médecine légale (tests d'identification, expertises de filiation).

SystèmeAllèlesCodominanceIntérêt principal
ABOIA, IB, iIA/IB codominants ; i récessifSécurité transfusionnelle
RhésusRh+ (D), Rh- (d)Aucune (D dominant sur d)Transfusion ; incompatibilité fœto-maternelle
MNLM, LNCodominance complèteAnthropologie ; médecine légale, filiation

Anomalies génétiques et maladies héréditaires

Plusieurs maladies héréditaires bien connues illustrent les modes de transmission étudiés :

  • Le daltonisme : anomalie de la vision des couleurs, due à un allèle récessif porté par le chromosome X.
  • L'albinisme : absence de pigmentation de la peau, des cheveux et des yeux, de transmission autosomique récessive.
  • L'hémophilie : trouble de la coagulation sanguine, due à un allèle récessif porté par le chromosome X.
  • La drépanocytose : maladie du sang liée à une anomalie de l'hémoglobine (les globules rouges prennent une forme de faucille), de transmission autosomique récessive, particulièrement fréquente en Afrique.

Les arbres généalogiques

Définition

Un arbre généalogique (ou pedigree) est une représentation schématique d'une famille sur plusieurs générations, indiquant pour chaque individu son sexe et son phénotype (atteint ou non par une maladie). L'analyse de la répartition des individus atteints — présence de la maladie chez des enfants de parents sains, atteinte préférentielle d'un sexe, réapparition après une génération de porteurs sains — permet de déterminer le mode de transmission probable de la maladie : autosomique ou lié au sexe, dominant ou récessif.

4. La transmission des caractères héréditaires chez les haplontes

Diplontes et haplontes

Définition

Chez les diplontes (comme l'homme et la plupart des animaux), la phase multicellulaire dominante du cycle de vie est diploïde (2n) ; seuls les gamètes sont haploïdes (n). Chez les haplontes (de nombreux champignons et certaines algues), c'est au contraire la phase haploïde (n) qui domine le cycle : après la fécondation, le zygote diploïde (2n), unique cellule diploïde du cycle, subit immédiatement la méiose pour redonner des cellules haploïdes. L'étude du monohybridisme s'y effectue donc différemment : au lieu d'observer les proportions phénotypiques dans une descendance F2 diploïde, on observe directement les produits haploïdes de la méiose.

L'exemple des tétrades

Exemple

Chez certains champignons ascomycètes (comme Sordaria ou Neurospora), les 4 spores haploïdes issues d'une méiose (parfois doublées à 8 par une mitose supplémentaire) restent groupées, dans l'ordre où elles ont été produites, à l'intérieur d'un même sac appelé asque. Cette particularité permet d'observer directement, sac par sac, le résultat de la méiose d'une seule cellule et de mettre en évidence, le cas échéant, un crossing-over survenu en prophase I.

Principe de l'analyse des tétrades

Lors d'un croisement entre deux souches différant par un caractère (par exemple couleur des spores, noire ou blanche), chaque asque contient normalement 4 spores d'un type et 4 de l'autre (disposition dite « 4:4 ») si aucun crossing-over n'est intervenu entre le gène étudié et son centromère : c'est une ségrégation de première division. Si un crossing-over s'est produit entre le gène et le centromère avant la première division de méiose, l'ordre des spores dans l'asque est modifié (dispositions 2:2:2:2 ou 2:4:2, dites de seconde division). Le dénombrement, sur un grand nombre d'asques, de la proportion d'asques recombinés par rapport aux asques non recombinés permet ainsi de mettre en évidence le crossing-over et d'estimer la distance entre un gène et son centromère, ou, pour deux gènes, de déterminer s'ils sont liés ou indépendants.

5. Un cas de génie génétique et ses applications

Définition

Le génie génétique regroupe l'ensemble des techniques de laboratoire permettant d'isoler, de modifier ou de transférer un ou plusieurs gènes d'un organisme vers un autre, éventuellement d'une espèce à une autre, afin de lui faire produire une protéine ou de lui conférer une propriété nouvelle.

Exemple : production de l'insuline humaine

Avant le génie génétique, l'insuline utilisée pour traiter le diabète était extraite du pancréas de bovins ou de porcs, avec un risque de rejet immunitaire. Aujourd'hui, le gène humain de l'insuline est inséré, grâce à un vecteur (plasmide bactérien), dans le génome de bactéries (Escherichia coli) génétiquement modifiées, qui se mettent alors à fabriquer de l'insuline humaine en grande quantité et à moindre coût.

Autres applications

  • Production de médicaments : insuline, hormones de croissance, vaccins recombinants, obtenus à partir de micro-organismes génétiquement modifiés.
  • Amélioration des plantes cultivées : introduction de gènes conférant une résistance à certaines maladies, à des ravageurs ou à des conditions climatiques défavorables.
  • Diagnostic génétique : détection précoce de gènes responsables de maladies héréditaires, permettant un conseil génétique adapté aux familles concernées.

Enjeux : le génie génétique offre des avantages médicaux et agricoles considérables (médicaments plus purs et moins coûteux, meilleurs rendements agricoles), mais soulève aussi des questions éthiques et de biosécurité, notamment autour des organismes génétiquement modifiés (OGM) : risques pour la biodiversité, dépendance économique des agriculteurs, nécessité d'un encadrement réglementaire rigoureux et d'une information transparente du public.

🧠 À retenir

  • Polyhybridisme : généralisation de la règle 3:1 à n caractères indépendants — proportion (3:1)n en F2 (ex. 27:9:9:9:3:3:3:1 pour trois caractères).
  • Exceptions aux proportions mendéliennes : codominance (ABO), gène létal, épistasie, complémentarité, hérédité liée au sexe ; travaux de Morgan (drosophile) sur les gènes cumulatifs, le linkage et le crossing-over (prophase I).
  • Chez l'homme, trois systèmes de groupes sanguins : ABO (IA, IB codominants, i récessif), Rhésus (D dominant sur d) et MN (LM, LN codominants, utile en anthropologie et médecine légale) ; les arbres généalogiques permettent de déduire le mode de transmission d'une maladie.
  • Chez les haplontes (champignons ascomycètes), la phase haploïde domine le cycle ; l'analyse des tétrades (asques) permet d'observer directement les produits de la méiose et de mettre en évidence le crossing-over.
  • Le génie génétique permet de transférer des gènes d'un organisme à un autre (ex. production d'insuline humaine par des bactéries) avec des applications médicales et agricoles majeures, mais aussi des enjeux éthiques et de biosécurité.
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Polyhybridisme : trois caractères indépendants

● Facile

Chez une plante, trois caractères indépendants (portés par trois paires de chromosomes différentes) sont étudiés : la forme des graines (R = lisse, dominant ; r = ridée, récessif), la couleur des graines (J = jaune, dominant ; j = verte, récessif) et la couleur des gousses (G = verte, dominant ; g = jaune, récessif). On croise deux plantes trihybrides RrJjGg × RrJjGg.

  1. Rappeler la proportion théorique attendue en F2 pour chaque caractère pris isolément (monohybridisme).
  2. En déduire la proportion théorique du phénotype triple dominant (graines lisses, jaunes, gousses vertes) dans la descendance.
  3. En déduire la proportion théorique du phénotype triple récessif (graines ridées, vertes, gousses jaunes).
Correction
  1. Pour chaque caractère pris isolément, le croisement Rr×Rr (ou Jj×Jj, ou Gg×Gg) donne en F2 la proportion classique du monohybridisme : 3/4 dominant : 1/4 récessif.
  2. Les trois gènes étant indépendants, les proportions se multiplient : P(triple dominant) = 3/4 × 3/4 × 3/4 = 27/64.
  3. De même : P(triple récessif) = 1/4 × 1/4 × 1/4 = 1/64. Ce résultat illustre la généralisation du principe mendélien de ségrégation indépendante : pour n caractères indépendants, les proportions théoriques en F2 s'obtiennent par le produit des proportions de chaque caractère pris isolément, soit (3:1)n.
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Épistasie chez la courge

● Moyen

Chez la courge, la couleur des fruits dépend de deux gènes indépendants. Le gène W (W = blanc, dominant ; w = coloré, récessif) est épistatique sur le gène C (C = jaune, dominant ; c = vert, récessif) : dès que l'allèle W est présent (WW ou Ww), le fruit est blanc quel que soit le génotype au second locus ; ce n'est que chez les individus ww que la couleur réelle (jaune ou vert) apparaît, déterminée par le gène C.

On croise deux courges doubles hétérozygotes WwCc × WwCc.

  1. Rappeler les proportions phénotypiques théoriques attendues en F2 pour un dihybridisme classique sans épistasie (9:3:3:1).
  2. Établir les proportions réellement obtenues (blanc : jaune : vert) en tenant compte de l'épistasie du gène W sur le gène C.
  3. Expliquer pourquoi les classes W_C_ et W_cc sont regroupées dans une seule catégorie phénotypique « blanc ».
Correction
  1. Sans épistasie, un dihybridisme WwCc × WwCc donnerait quatre classes en proportions 9 W_C_ : 3 W_cc : 3 wwC_ : 1 wwcc.
  2. Avec épistasie (W masque l'expression de C), les classes 9 W_C_ et 3 W_cc (soit 12 individus sur 16 portant au moins un W) sont regroupées en une seule classe « blanc ». On obtient donc : 12 blancs (W_ _ _) : 3 jaunes (wwC_) : 1 vert (wwcc).
  3. Dès qu'un individu possède au moins un allèle W, le pigment du gène C ne peut pas s'exprimer visuellement : les génotypes W_C_ et W_cc ont donc exactement le même phénotype (blanc), d'où le regroupement 9+3=12.
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Groupes sanguins ABO et Rhésus

● Moyen

Un père est de groupe A, hétérozygote (IAi), et Rhésus positif, hétérozygote (Dd). Une mère est de groupe B, hétérozygote (IBi), et Rhésus négatif (dd).

  1. Déterminer les groupes ABO possibles des enfants de ce couple et leur proportion théorique.
  2. Déterminer les phénotypes Rhésus possibles des enfants et leur proportion théorique.
  3. En combinant les deux systèmes (indépendants l'un de l'autre, portés par des chromosomes différents), donner la liste complète des phénotypes ABO/Rhésus possibles chez les enfants avec leur probabilité respective.
Correction
  1. Croisement IAi × IBi : gamètes IA ou i (père) et IB ou i (mère). Échiquier : IAIB (groupe AB), IAi (groupe A), iIB (groupe B), ii (groupe O), chacun avec une probabilité de 1/4.
  2. Croisement Dd × dd : gamètes D ou d (père) et d (mère). Résultat : 1/2 Dd (Rhésus positif), 1/2 dd (Rhésus négatif).
  3. Les deux systèmes étant indépendants, chaque combinaison a une probabilité de 1/4 × 1/2 = 1/8 : A+ (1/8), A- (1/8), B+ (1/8), B- (1/8), AB+ (1/8), AB- (1/8), O+ (1/8), O- (1/8). Les huit combinaisons sont donc équiprobables.
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Analyse de tétrades chez un champignon haplonte

● Moyen

Chez un champignon ascomycète haplonte, on croise une souche de génotype (a+ ; b+) avec une souche de génotype (a ; b), les gènes a et b contrôlant respectivement la couleur des spores et un besoin nutritif. On analyse 100 asques (tétrades) issus de ce croisement et on dénombre, selon la disposition des spores, trois catégories : 62 asques de type « parental » (associations alléliques identiques aux parents : a+b+ et ab dans le même asque), 3 asques de type « parental recombiné inverse » (dit non-parental : a+b et ab+ dans le même asque), et 35 asques de type « tétratype » (les quatre combinaisons a+b+, a+b, ab+, ab présentes dans le même asque).

  1. Rappeler pourquoi, si les deux gènes a et b étaient portés par des chromosomes différents (indépendants), on attendrait un nombre d'asques parentaux à peu près égal au nombre d'asques non-parentaux.
  2. Comparer les effectifs d'asques parentaux (62) et non-parentaux (3) observés ici et en déduire si les gènes a et b sont liés (portés par le même chromosome) ou indépendants.
  3. Expliquer l'origine des 35 asques de type tétratype en termes de crossing-over survenu en prophase I de la méiose.
Correction
  1. Si les deux gènes ségrégeaient de façon totalement indépendante (chromosomes différents), chaque asque aurait la même probabilité de recevoir la combinaison parentale (a+b+/ab) ou la combinaison recombinée (a+b/ab+) lors de la disjonction des chromosomes en méiose I : les effectifs d'asques parentaux (PD) et non-parentaux (NPD) seraient donc statistiquement voisins l'un de l'autre.
  2. Ici, les asques parentaux (62) sont très largement majoritaires par rapport aux asques non-parentaux (3), ce qui est incompatible avec une ségrégation indépendante. Les gènes a et b sont donc liés : ils sont portés par le même chromosome, et ne se séparent que rarement par crossing-over, ce qui explique la faible fréquence des asques non-parentaux (résultat de deux crossing-over simultanés, un événement rare).
  3. Les 35 asques de type tétratype résultent d'un unique crossing-over survenu entre les gènes a et b (ou entre l'un de ces gènes et son centromère) lors de la prophase I de la méiose, chez une seule des deux chromatides non sœurs impliquées : ceci sépare partiellement les allèles parentaux et fait apparaître, dans le même asque, les quatre combinaisons alléliques possibles (2 parentales + 2 recombinées), sans pour autant produire un asque totalement non-parental (qui nécessiterait un double crossing-over touchant les deux chromatides).

Problème de synthèse

● Niveau Bac

On étudie la transmission d'une maladie héréditaire dans une famille sur trois générations, décrite ci-dessous (les individus dits « atteints » présentent la maladie, les autres non) :

  • Génération I : I-1 (homme, non atteint) épouse I-2 (femme, non atteinte). Précision : le père de I-2 (non représenté sur l'arbre) était lui-même atteint par la maladie.
  • De l'union I-1 × I-2 naissent trois enfants (génération II) : II-1 (fille, non atteinte), II-2 (garçon, atteint), II-3 (fille, non atteinte).
  • Génération II → III : II-3 (non atteinte) épouse II-4 (homme non atteint, extérieur à la famille). De cette union naissent deux enfants (génération III) : III-1 (garçon, atteint), III-2 (fille, non atteinte).

On note A l'allèle sain et a l'allèle responsable de la maladie.

  1. À partir de la naissance d'enfants atteints (II-2 et III-1) issus de parents tous deux non atteints, justifier que l'allèle responsable de la maladie est récessif.
  2. En utilisant l'information selon laquelle le père de I-2 était atteint, et en observant que seuls des garçons sont atteints dans cette famille, justifier que la maladie est très probablement récessive liée au chromosome X plutôt qu'autosomique.
  3. Donner le génotype de I-1, I-2 et II-2, puis celui de II-3 et II-4 (on justifiera à l'aide de la naissance de III-1).
  4. Le couple II-3 × II-4 attend un troisième enfant. Calculer la probabilité que cet enfant soit atteint par la maladie.
  5. Calculer la probabilité que cet enfant, s'il n'est pas atteint, soit néanmoins porteur (hétérozygote) de l'allèle a.
Correction du problème de synthèse
  1. I-1 et I-2 sont tous deux non atteints, pourtant leur fils II-2 est atteint ; de même II-3 et II-4 sont non atteints alors que leur fils III-1 est atteint. Si l'allèle de la maladie était dominant, au moins un des deux parents (porteur d'un allèle dominant) serait nécessairement atteint. Comme ce n'est pas le cas, l'allèle responsable ne peut s'exprimer qu'à l'état homozygote (ou hémizygote chez le garçon) : il est donc récessif.
  2. Le père de I-2 étant atteint, et la maladie étant récessive, s'il s'agissait d'une transmission autosomique, I-2 aurait nécessairement reçu un allèle a de son père mais serait restée saine (hétérozygote porteuse) : cela reste compatible avec l'autosomique. Mais on observe que seuls des garçons sont atteints dans toute la famille (II-2 et III-1), jamais de filles, alors que des filles sont bien nées (II-1, II-3, III-2) : cette atteinte exclusivement masculine, associée à la transmission d'un père atteint vers sa fille (I-2) qui reste saine mais transmet ensuite la maladie à son propre fils (II-2), est la signature typique d'une hérédité récessive liée au chromosome X : la fille reçoit l'allèle Xa de son père atteint (XaY) sans être elle-même atteinte (car hétérozygote XAXa), mais elle peut le transmettre à ses fils qui, hémizygotes, expriment alors la maladie.
  3. I-2 est nécessairement porteuse hétérozygote XAXa (elle a reçu Xa de son père atteint) ; I-1 est XAY (non atteint) ; leur fils atteint II-2 est XaY. Puisque III-1 (fils de II-3) est atteint (XaY), il a nécessairement reçu l'allèle Xa de sa mère : II-3 est donc également hétérozygote XAXa (ce qui était probable dès sa naissance, fille non atteinte de I-2 hétérozygote, et qui est ici confirmé). II-4, non atteint et extérieur à la famille, est XAY.
  4. Le croisement II-3 (XAXa) × II-4 (XAY) donne, à l'échiquier : filles 1/2 XAXA, 1/2 XAXa (toutes non atteintes) ; garçons 1/2 XAY (non atteint), 1/2 XaY (atteint). La probabilité qu'un enfant (toutes catégories confondues, chacune de probabilité 1/4) soit atteint est donc celle du garçon XaY, soit 1/4 (25 %).
  5. Parmi les enfants non atteints (3/4 des cas : XAXA, XAXa, XAY, chacun 1/4), seul le génotype XAXa (1/4) correspond à un porteur (fille hétérozygote). La probabilité qu'un enfant non atteint soit porteur est donc de (1/4)/(3/4) = 1/3.

QCM

10 questions · Correction immédiate

0Score
0/10Répondues
Q1/10

Lors d'un polyhybridisme portant sur trois caractères indépendants (croisement de deux trihybrides), la proportion théorique du phénotype triple dominant en F2 est :

Q2/10

Dans le système MN des groupes sanguins, un individu hétérozygote LMLN illustre le phénomène de :

Q3/10

Un gène létal à l'état homozygote provoque :

Q4/10

Les gènes du daltonisme et de l'hémophilie sont portés par :

Q5/10

Thomas Hunt Morgan a réalisé ses travaux sur le linkage et le crossing-over chez :

Q6/10

Le crossing-over se produit :

Q7/10

Le système MN des groupes sanguins est particulièrement utilisé en :

Q8/10

La drépanocytose se transmet selon un mode :

Q9/10

Chez les champignons ascomycètes haplontes (comme Sordaria), l'analyse des tétrades (asques) permet en particulier de :

Q10/10

La production d'insuline humaine par génie génétique repose sur :