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1. Une situation : au tribunal de grande instance de Brazzaville

Au tribunal de grande instance de Brazzaville, deux avocats plaident un litige de parcelle. Le greffier consigne les débats, mais ses phrases complexes, pleines de propositions subordonnées, sont difficiles à suivre pour les avocats. Un haut magistrat les aide à repérer ces propositions et à comprendre leur rôle dans la phrase.

Rappel
Une proposition subordonnée ne peut pas s'employer seule : elle dépend d'une proposition principale et est introduite par un mot subordonnant (pronom relatif, conjonction de subordination...). On distingue notamment la subordonnée relative et la subordonnée complétive.

2. La proposition subordonnée relative

Définition
La subordonnée relative est introduite par un pronom relatif (qui, que, dont, où, lequel...) et complète un nom ou un pronom appelé antécédent. Elle joue le rôle d'un complément de l'antécédent (souvent appelé complément de l'antécédent ou épithète du nom).
Exemple
« La parcelle que les deux parties se disputent appartenait autrefois à leur grand-père. » — la relative « que les deux parties se disputent » complète le nom « parcelle ».

3. La subordonnée complétive complément d'objet (COD / COI)

Définition
La subordonnée complétive complément d'objet complète le verbe de la principale. Elle est reliée directement par « que » lorsqu'elle est COD (complément d'objet direct), ou par une préposition (« à ce que », « de ce que ») lorsqu'elle est COI (complément d'objet indirect), après un verbe construit avec une préposition.
Exemples officiels
  • « Je pense que monsieur François a raison. » (COD, reliée directement par « que »)
  • « Ils se souviennent encore de ce que le technicien leur avait dit. » (COI, verbe « se souvenir de »)
  • « Le chef de mission veillera à ce que tout se passe bien. » (COI, verbe « veiller à »)
Astuce du magistrat
Pour distinguer COD et COI : si le verbe se construit sans préposition (penser que, dire que, croire que...), la complétive est COD. Si le verbe se construit avec « à » ou « de » (veiller à, se souvenir de, douter de...), la complétive devient COI et est introduite par « à ce que » ou « de ce que ».

4. La subordonnée complétive sujet

Définition
La subordonnée complétive sujet occupe la fonction sujet du verbe principal. Elle est introduite par « que » ou « qu' » et se place en tête de phrase.
Exemples officiels
  • « Que les enseignants aient donné des devoirs de vacances à leurs élèves est une certitude. »
  • « Que vous passiez un bon séjour est notre seul désir. »
  • « Qu'il pleuve toute la journée ne nous empêchera pas de travailler. »

5. La subordonnée complétive à l'infinitif

Définition
Quand le sujet de la subordonnée est le même que celui de la proposition principale, on peut remplacer la complétive conjuguée par une complétive à l'infinitif, sans mot subordonnant.
Exemple
« L'avocat pense avoir gagné le procès. » (= L'avocat pense qu'il a gagné le procès — même sujet « l'avocat ».)
Texte de situation similaire (recrutement en entreprise)
« L'implantation de cette entreprise chez nous est une opportunité que je ne peux laisser passer. Comme le ferait tout bon employé, je travaillerai dans le strict respect du règlement intérieur... » (texte à analyser dans l'exercice de synthèse)

🧠 Ce qu'il faut retenir

  • La subordonnée relative, introduite par un pronom relatif, complète un antécédent (nom ou pronom).
  • La complétive COD est reliée directement au verbe par « que » ; la complétive COI est introduite par « à ce que » ou « de ce que ».
  • La complétive sujet, introduite par « que »/« qu' », occupe la fonction sujet et se place en tête de phrase.
  • La complétive à l'infinitif remplace une complétive conjuguée quand les deux propositions ont le même sujet.
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Identifie la subordonnée relative

Facile

Dans chaque phrase entendue au tribunal, souligne la proposition subordonnée relative et indique son antécédent.

  1. La parcelle que les deux familles se disputent est située près du fleuve.
  2. Le témoin dont vous parlez n'est pas encore arrivé au tribunal.
  3. Voici le document où figure la signature du grand-père.
Correction
  1. « que les deux familles se disputent » — antécédent : « la parcelle »
  2. « dont vous parlez » — antécédent : « le témoin »
  3. « où figure la signature du grand-père » — antécédent : « le document »
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COD ou COI ?

Moyen

Indique si la subordonnée complétive soulignée est COD ou COI, et justifie à partir du verbe employé.

  1. Je pense que monsieur François a raison.
  2. Ils se souviennent encore de ce que le technicien leur avait dit.
  3. Le chef de mission veillera à ce que tout se passe bien.
  4. L'avocat affirme que sa cliente est innocente.
Correction
  1. COD — « penser que » se construit directement, sans préposition.
  2. COI — « se souvenir de » se construit avec la préposition « de ».
  3. COI — « veiller à » se construit avec la préposition « à ».
  4. COD — « affirmer que » se construit directement, sans préposition.
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Construis des complétives sujet

Moyen

Complète chaque phrase par une proposition subordonnée complétive sujet, en respectant le début donné.

  1. Que ______________________ est une certitude pour le magistrat.
  2. Qu' ______________________ ne changera rien au verdict du tribunal.
  3. Que ______________________ est le souhait des deux avocats.
Correction (exemples possibles)
  1. Que le grand-père ait légué cette parcelle à ses enfants est une certitude pour le magistrat.
  2. Qu' il pleuve le jour de l'audience ne changera rien au verdict du tribunal.
  3. Que le procès se termine rapidement est le souhait des deux avocats.

Exercice de synthèse

Niveau approfondi

Texte à analyser (extrait d'une lettre de candidature à une entreprise) :

« L'implantation de cette entreprise chez nous est une opportunité que je ne peux laisser passer. Comme le ferait tout bon employé, je travaillerai dans le strict respect du règlement intérieur... »

Consigne : relève dans ce texte une proposition subordonnée relative et précise son antécédent. Explique ensuite ce que cette phrase révèle du sérieux du candidat.

Corrigé — proposition de réponse

La subordonnée relative est « que je ne peux laisser passer » ; son antécédent est le nom « opportunité ». Cette relative précise et met en valeur l'opportunité dont parle le candidat, montrant qu'il la considère comme rare et précieuse. En affirmant qu'il ne peut « laisser passer » cette chance, le candidat insiste sur sa motivation et son sérieux : il présente l'embauche non comme une simple possibilité, mais comme une décision qu'il a déjà pleinement assumée.

🎯 QCM — Les propositions subordonnées

0Score
0/10Répondu
Question 1/10

Qu'introduit une proposition subordonnée relative ?

Question 2/10

Dans « La parcelle que les deux familles se disputent est près du fleuve », quel est l'antécédent de la relative ?

Question 3/10

Dans « Je pense que monsieur François a raison », la complétive est :

Question 4/10

Pourquoi « Ils se souviennent encore de ce que le technicien leur avait dit » est-elle une complétive COI ?

Question 5/10

Quelle fonction occupe « Que vous passiez un bon séjour » dans « Que vous passiez un bon séjour est notre seul désir » ?

Question 6/10

Quand peut-on remplacer une complétive conjuguée par une complétive à l'infinitif ?

Question 7/10

« Le chef de mission veillera à ce que tout se passe bien. » Quel verbe justifie l'emploi de « à ce que » ?

Question 8/10

Que fait le greffier au tribunal de Brazzaville dans la situation de ce chapitre ?

Question 9/10

« Qu'il pleuve toute la journée ne nous empêchera pas de travailler. » Quel est le sujet du verbe « empêchera » ?

Question 10/10

Dans « L'avocat pense avoir gagné le procès », que remplace la construction « avoir gagné » ?

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