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1. Théorèmes de Rolle et des accroissements finis

Théorème de Rolle

f continue sur [a;b], dérivable sur ]a;b[, f(a)=f(b) → ∃c∈]a;b[ : f'(c)=0.

Théorème des accroissements finis (TAF)

f continue sur [a;b], dérivable sur ]a;b[ → ∃c∈]a;b[ : f(b)−f(a)=f'(c)(b−a).

Inégalité des accroissements finis : m≤f'≤M sur ]a;b[ → m(b−a)≤f(b)−f(a)≤M(b−a).

2. Règle de L'Hôpital et formes indéterminées

L'Hôpital

Si lim f=lim g=0 (ou ∞) et g'≠0 au voisinage, alors lim f/g=lim f'/g' (si cette limite existe).

Formes : 0/0, ∞/∞. Autres (0·∞, ∞−∞, 1^∞) se ramènent par transformation.

3. Formule de Taylor-Young

Développement limité en 0

f(x)=f(0)+f'(0)x+f''(0)x²/2!+...+f^(n)(0)xⁿ/n!+o(xⁿ).

Exemples : eˣ=1+x+x²/2+x³/6+...+xⁿ/n!+o(xⁿ).

sin x=x−x³/6+x⁵/120+...+o(x²ⁿ). cos x=1−x²/2+x⁴/24+...+o(x²ⁿ⁺¹).

ln(1+x)=x−x²/2+x³/3−...+(-1)ⁿ⁺¹xⁿ/n+o(xⁿ).

🧠 À retenir

  • Rolle : f(a)=f(b) → ∃c : f'(c)=0
  • TAF : f(b)−f(a)=f'(c)(b−a)
  • L'Hôpital : 0/0 ou ∞/∞ → dériver num. et dén.
  • Taylor : eˣ=1+x+x²/2!+... ; sin x=x−x³/6+...
  • Inégalité TAF : m(b−a)≤f(b)−f(a)≤M(b−a)
1

Théorème de Rolle — unicité

● Moyen

f(x)=x³−3x+1. Montrer que f'(x)=0 a exactement deux solutions dans ℝ, et en déduire que f(x)=0 a trois solutions distinctes.

Correction

f'=3x²−3=3(x−1)(x+1). Zeros: x=−1 et x=1. f(−1)=3>0, f(0)=1>0, f(1)=−1<0, f(2)=3>0. TVI: f change de signe sur ]−2;−1[ (f(−2)=−1<0), ]0;1[ (f change de signe), ]1;2[. Trois racines distinctes. Rolle assure deux extrema entre toute paire de racines.

2

TAF — inégalité

● Moyen

(1) Montrer que pour x>0 : x/(1+x)<ln(1+x)<x. (2) En déduire un encadrement de ln(2).

Correction

(1) f(t)=ln(1+t). f'(t)=1/(1+t). Sur [0;x] : 1/(1+x)≤f'(t)≤1. TAF: x/(1+x)≤ln(1+x)≤x ✓. (2) x=1: 1/2<ln2<1.

3

Règle de L'Hôpital

● Moyen
  1. lim[x→0] (eˣ−1−x)/x². (2) lim[x→0] (x−sin x)/x³. (3) lim[x→+∞] x·ln(1+1/x).
Correction
  1. 0/0→(eˣ−1)/(2x)→0/0→eˣ/2=1/2. (2) 0/0→(1−cos x)/(3x²)→sin x/(6x)=1/6. (3) 0/0 : poser t=1/x→0 : ln(1+t)/t→1.
4

Développement limité

● Moyen

(1) DL de e^(sin x) à l'ordre 3 en 0. (2) En déduire lim[x→0] (e^(sin x)−1−sin x)/sin²x.

Correction

(1) sin x=x−x³/6+o(x³). e^(sin x)=1+(x−x³/6)+½(x−...)²+1/6(x)³+...=1+x+x²/2+(−1/6+1/6)x³+o(x³)=1+x+x²/2+o(x³). (2) Num=e^(sin x)−1−sin x=x²/2+o(x²). Den=sin²x∼x². Limite=1/2.

5

Unicité par Rolle

● Difficile

g(x)=eˣ−x−2. (1) Montrer que g a exactement deux racines. (2) Montrer par Rolle qu'entre deux racines de g, il en existe une de g'.

Correction

(1) g'=eˣ−1=0 → x=0. g(0)=−1<0. g(−∞)=+∞, g(+∞)=+∞. Un minimum en x=0 valant −1<0. Deux racines : l'une dans ]−∞;0[ et l'autre dans ]0;+∞[. (2) Soit x₁<0<x₂ les deux racines. g(x₁)=g(x₂)=0. Rolle → ∃c∈]x₁;x₂[ : g'(c)=0. g'(c)=eᶜ−1=0 → c=0. ✓ (on retrouve l'unique point critique).

Problème de synthèse

● Niveau Bac

On pose Iₙ=∫₀¹ xⁿeˣdx pour n≥0.

  1. Relation de récurrence : Montrer par IPP que Iₙ=e−n·Iₙ₋₁.
  2. Calcul : I₀, I₁, I₂.
  3. Encadrement : Montrer 0<Iₙ≤e/(n+1). En déduire Iₙ→0.
  4. Application de L'Hôpital : Calculer lim[n→+∞] n·Iₙ par la récurrence Iₙ=e−nIₙ₋₁.
  5. Développement limité : En utilisant eˣ=1+x+x²/2+..., montrer que Iₙ=1/(n+1)+1/(n+2)+O(1/n²).
  6. TAF appliqué : Montrer que pour tout x∈[0;1], e−1≤eˣ≤e, et en déduire 1/(n+1)≤Iₙ≤e/(n+1).
Correction du problème de synthèse
  1. IPP : u'=eˣ, v=xⁿ. [xⁿeˣ]₀¹−n∫₀¹xⁿ⁻¹eˣdx=e−nIₙ₋₁.
  2. I₀=e−1. I₁=e−I₀=e−(e−1)=1. I₂=e−2I₁=e−2.
  3. 0≤xⁿ≤1 et 1≤eˣ≤e sur [0;1]. Donc 0<Iₙ≤e∫₀¹xⁿdx=e/(n+1)→0.
  4. n·Iₙ=n(e−(n+1)·I_{n+1}/... Depuis Iₙ=e−nIₙ₋₁ → Iₙ/Iₙ₋₁→0. n·Iₙ: Iₙ≤e/(n+1) → n·Iₙ≤ne/(n+1)→e. Et n·Iₙ≥n/(n+1)→1. Donc n·Iₙ→... entre 1 et e. Plus précis: I₁=1, nI₁=1 (n=1). I₂=e−2, 2I₂=2e−4≈1,44. Pas de limite simple par cette méthode.
  5. eˣ=1+x+x²/2+... Iₙ=∫₀¹xⁿ(1+x+x²/2+...)dx=1/(n+1)+1/(n+2)+1/(2(n+3))+...∼1/(n+1)+1/(n+2)+O(1/n²).
  6. 1≤eˣ≤e sur [0;1]. Iₙ=∫₀¹xⁿeˣdx entre ∫₀¹xⁿdx=1/(n+1) et e·∫₀¹xⁿdx=e/(n+1). Donc 1/(n+1)≤Iₙ≤e/(n+1). ✓

QCM

10 questions · Correction immédiate

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0/10Répondues
Q1/10

Rolle : f(a)=f(b) → ∃c : f'(c)=

Q2/10

TAF : f(b)−f(a)=f'(c)·

Q3/10

L'Hôpital s'applique pour les formes

Q4/10

lim[x→0] (eˣ−1−x)/x²=

Q5/10

DL de eˣ à l'ordre 2 en 0=

Q6/10

DL de sin x à l'ordre 3=

Q7/10

lim[x→0] (x−sin x)/x³=

Q8/10

Inégalité TAF : m≤f'≤M sur ]a;b[ →

Q9/10

DL de ln(1+x) à l'ordre 2=

Q10/10

f'(x)=0 sur ]a;b[ →

1

Calculs de dérivées — fonctions composées

● Facile

Déterminer la dérivée de chacune des fonctions suivantes.

  1. f(x) = −x⁵ + x³ − 4
  2. f(x) = (x²+1)⁴
  3. f(x) = (5x+2)³(3−4x)
  4. f(x) = x⁵(2−4x²)³
Correction
  1. f'(x) = −5x⁴ + 3x².
  2. Composée u⁴ avec u=x²+1, u'=2x : f'(x) = 4u³u' = 8x(x²+1)³.
  3. Produit u·v avec u=(5x+2)³ (u'=15(5x+2)²) et v=3−4x (v'=−4) : f'(x) = 15(5x+2)²(3−4x) − 4(5x+2)³ = (5x+2)²[15(3−4x)−4(5x+2)] = (5x+2)²(37−80x).
  4. Produit u·v avec u=x⁵ (u'=5x⁴) et v=(2−4x²)³ (v'=−24x(2−4x²)²) : f'(x) = 5x⁴(2−4x²)³ − 24x⁶(2−4x²)² = (2−4x²)²(10x⁴−44x⁶) = 2x⁴(2−4x²)²(5−22x²).
2

Une fonction trigonométrique constante

● Facile

Soit f la fonction définie par f(x) = sin⁶x + cos⁶x + 3sin²x·cos²x. Démontrer que f est une fonction constante, et préciser sa valeur.

Correction

Méthode algébrique. Posons s=sin²x, c=cos²x, avec s+c=1. sin⁶x+cos⁶x = s³+c³ = (s+c)(s²−sc+c²) = s²−sc+c² = (s+c)²−3sc = 1−3sc. Donc f(x) = 1−3sc+3sc = 1 : f est constante, égale à 1.

Méthode par la dérivée (corollaire du TAF : f'=0 sur un intervalle ⇒ f constante). f'(x) = 6sinx cosx(sin⁴x−cos⁴x) + 6sinx cosx(cos²x−sin²x). Or sin⁴x−cos⁴x = (sin²x−cos²x)(sin²x+cos²x) = sin²x−cos²x = −(cos²x−sin²x), donc le crochet est nul : f'(x)=0 pour tout x. f est donc constante, et f(0)=0+1+0=1.

3

Dérivées de fonctions trigonométriques composées

● Moyen

Déterminer la dérivée de chacune des fonctions suivantes.

  1. x ↦ cos x − sin x
  2. x ↦ sin(x² − π/6)
  3. x ↦ sin(cos x)
  4. x ↦ x²cos(1/x)
  5. x ↦ tan(tan x)
Correction
  1. f'(x) = −sin x − cos x.
  2. Composée sin(u), u=x²−π/6, u'=2x : f'(x) = 2x·cos(x²−π/6).
  3. Composée sin(u), u=cos x, u'=−sin x : f'(x) = −sin x·cos(cos x).
  4. Produit : (cos(1/x))' = sin(1/x)/x², donc f'(x) = 2x cos(1/x) + x²·sin(1/x)/x² = 2x cos(1/x) + sin(1/x).
  5. Composée tan(u), u=tan x, u'=1+tan²x, et (tan u)'=u'(1+tan²u) : f'(x) = (1+tan²x)(1+tan²(tan x)).
4

Limites par la définition du nombre dérivé

● Moyen

En utilisant la définition du nombre dérivé, calculer les limites suivantes.

  1. lim (x→a) (sin x − sin a)/(x−a)
  2. lim (x→a) (tan x − tan a)/(x−a)
  3. lim (x→a) (cos²x − cos²a)/(x−a)
  4. lim (x→π) (cos x + 1)/(x−π)
Correction
  1. C'est le taux d'accroissement de sin en a : la limite vaut sin'(a) = cos a.
  2. C'est le taux d'accroissement de tan en a : la limite vaut tan'(a) = 1+tan²a = 1/cos²a.
  3. C'est le taux d'accroissement de x↦cos²x en a ; sa dérivée est 2cos x·(−sin x) = −sin(2x). La limite vaut donc −sin(2a).
  4. cos x + 1 = cos x − cos π (car cos π=−1) : c'est le taux d'accroissement de cos en π. La limite vaut cos'(π) = −sin π = 0.
5

Dérivées première et seconde

● Moyen

Déterminer les dérivées première et seconde des fonctions suivantes.

  1. x ↦ x/(x²−1)
  2. x ↦ (x²+1)/(2x)
  3. x ↦ √(x²−2x)
  4. x ↦ cos³x
  5. x ↦ sin³x
  6. x ↦ tan²x
Correction
  1. f'(x) = −(x²+1)/(x²−1)² ; f''(x) = 2x(x²+3)/(x²−1)³.
  2. f(x)=x/2+1/(2x), donc f'(x) = 1/2 − 1/(2x²) ; f''(x) = 1/x³.
  3. f'(x) = (x−1)/√(x²−2x) ; f''(x) = −1/(x²−2x)^(3/2) (car u−(x−1)²=−1 avec u=x²−2x).
  4. f'(x) = −3sin x cos²x ; f''(x) = −9cos³x + 6cos x = 3cos x(2−3cos²x).
  5. f'(x) = 3sin²x cos x ; f''(x) = 6sin x cos²x − 3sin³x = 3sin x(2−3sin²x).
  6. f'(x) = 2tan x(1+tan²x) ; f''(x) = 2(1+tan²x)(1+3tan²x).
1

Étude de dérivabilité aux bornes du domaine

● Moyen

Dans chacun des cas suivants, étudier la dérivabilité de f sur son ensemble de définition puis déterminer sa dérivée.

  1. f(x) = √(x²−3x)
  2. f(x) = (x²−1)√(x+1)
  3. f(x) = √((x+2)/(x−1))
Correction
  1. x²−3x=x(x−3)≥0 sur D=]−∞;0]∪[3;+∞[. Sur l'intérieur de D, f'(x)=(2x−3)/(2√(x²−3x)). Aux bornes x=0 et x=3, le taux d'accroissement se comporte comme ±√3/√|x| qui tend vers ±∞ : f n'est pas dérivable en 0 ni en 3 (demi-tangentes verticales).
  2. D=[−1;+∞[. Sur ]−1;+∞[, f'(x) = 2x√(x+1) + (x²−1)/(2√(x+1)) = (5x²+4x−1)/(2√(x+1)). En x=−1 : f(x)−f(−1)=(x²−1)√(x+1) est équivalent à −2(x+1)^(3/2), donc le taux d'accroissement tend vers 0 : f est dérivable à droite en −1, avec f'(−1)=0.
  3. Le quotient (x+2)/(x−1) est ≥0 sur D=]−∞;−2]∪]1;+∞[. Sur l'intérieur, f'(x) = −3 / [2(x−1)²√((x+2)/(x−1))]. En x=−2, le taux d'accroissement tend vers −∞ : f n'est pas dérivable en −2 (demi-tangente verticale). En x=1, f n'est pas définie (asymptote verticale).
2

Dérivabilité de puissances fractionnaires

● Difficile

On pose g(x) = 2x²−x−6 = (2x+3)(x−2). Dans chacun des cas suivants, étudier la dérivabilité de f sur son ensemble de définition puis déterminer sa dérivée.

  1. f(x) = (∛(2x²−x−6))⁵
  2. f(x) = (⁵√(2x²−x−6))³
  3. f(x) = 1/∛(2x²−x−6)
Correction
  1. f=g^(5/3) ; la racine cubique (indice impair) est définie sur ℝ tout entier, donc f est définie sur ℝ. f'(x) = (5/3)(4x−1)(2x²−x−6)^(2/3), formule encore valable aux racines x=−3/2 et x=2 : au voisinage d'une racine simple x₀, g(x)~g'(x₀)(x−x₀), donc f(x)~[g'(x₀)]^(5/3)(x−x₀)^(5/3), fonction dont la dérivée en 0 est nulle. f est donc dérivable sur ℝ tout entier, avec f'(x₀)=0 aux deux racines.
  2. f=g^(3/5), définie sur ℝ (racine cinquième, indice impair). f'(x) = (3/5)(4x−1)/(2x²−x−6)^(2/5). L'exposant 2/5 au dénominateur tend vers 0⁺ quand g→0, donc f'→+∞ : f n'est pas dérivable en x=−3/2 ni en x=2 (tangentes verticales), mais elle est dérivable ailleurs sur ℝ.
  3. f=g^(−1/3), définie sur ℝ\{−3/2 ; 2} (il faut g≠0). f'(x) = −(4x−1)/(3(2x²−x−6)^(4/3)), dérivable sur tout son domaine de définition.
3

Fonction réciproque de x ↦ sin²x

● Difficile

Soit f la fonction de [0;π/2] vers [0;1] définie par f(x) = sin²x.

  1. Démontrer que f admet une fonction réciproque f⁻¹.
  2. Déterminer l'ensemble sur lequel f⁻¹ est dérivable et démontrer que sa dérivée est la fonction x ↦ 1/(2√x·√(1−x)).
Correction
  1. f'(x) = 2sin x cos x = sin(2x) ≥ 0 sur [0;π/2] (car 2x∈[0;π]), et f' ne s'annule qu'aux bornes 0 et π/2 : f est donc strictement croissante sur [0;π/2]. Continue et strictement croissante, f réalise une bijection de [0;π/2] sur [f(0);f(π/2)]=[0;1] : elle admet une réciproque f⁻¹:[0;1]→[0;π/2].
  2. f⁻¹ est dérivable en y=f(x) si et seulement si f'(x)≠0, c'est-à-dire x≠0 et x≠π/2, soit y≠0 et y≠1. f⁻¹ est donc dérivable sur ]0;1[. Pour x=f⁻¹(y)∈]0;π/2[, on a sin x=√y et cos x=√(1−y) (positifs sur cet intervalle). (f⁻¹)'(y) = 1/f'(x) = 1/sin(2x) = 1/(2sin x cos x) = 1/(2√y·√(1−y)).
4

Fonction réciproque de x ↦ tan(x/2)

● Difficile

Soit f la fonction de ]−π;π[ vers ℝ, définie par f(x) = tan(x/2).

  1. Démontrer que f admet une fonction réciproque f⁻¹.
  2. Démontrer que f⁻¹ est dérivable sur son ensemble de définition et déterminer sa dérivée.
Correction
  1. f'(x) = ½(1+tan²(x/2)) > 0 sur ]−π;π[ : f est strictement croissante et continue. Quand x→−π⁺, x/2→−π/2⁺ et tan(x/2)→−∞ ; quand x→π⁻, tan(x/2)→+∞. f réalise donc une bijection de ]−π;π[ sur ℝ : elle admet une réciproque f⁻¹:ℝ→]−π;π[.
  2. f' ne s'annule jamais sur ]−π;π[, donc f⁻¹ est dérivable sur ℝ tout entier. Pour y=f(x), on a tan(x/2)=y donc (f⁻¹)'(y) = 1/f'(x) = 1/[½(1+tan²(x/2))] = 2/(1+y²).
5

Dérivées successives par récurrence

● Difficile
  1. Soit f définie par f(x)=cos x. Démontrer par récurrence que la dérivée n-ième de f est f⁽ⁿ⁾(x) = cos(x+nπ/2).
  2. En admettant de même que la dérivée n-ième de x↦sin x est x↦sin(x+nπ/2), déterminer la dérivée n-ième des fonctions x↦sin(ax+b) et x↦cos(ax+b).
  3. Application : déterminer la dérivée n-ième de x ↦ cos(2x) − sin(x/2).
Correction
  1. Initialisation (n=0) : f⁽⁰⁾(x)=cos x=cos(x+0). Hérédité : si f⁽ⁿ⁾(x)=cos(x+nπ/2), alors f⁽ⁿ⁺¹⁾(x) = −sin(x+nπ/2) = cos(x+nπ/2+π/2) = cos(x+(n+1)π/2) (car −sinθ=cos(θ+π/2)). La propriété est donc vraie pour tout n∈ℕ.
  2. Par le même raisonnement (récurrence : chaque dérivation multiplie par a et décale la phase de π/2) : (sin(ax+b))⁽ⁿ⁾ = aⁿsin(ax+b+nπ/2) et (cos(ax+b))⁽ⁿ⁾ = aⁿcos(ax+b+nπ/2).
  3. Pour cos(2x) : a=2,b=0 → dérivée n-ième 2ⁿcos(2x+nπ/2). Pour sin(x/2) : a=1/2,b=0 → dérivée n-ième (1/2)ⁿsin(x/2+nπ/2). Par différence : [cos(2x)−sin(x/2)]⁽ⁿ⁾ = 2ⁿcos(2x+nπ/2) − (1/2)ⁿsin(x/2+nπ/2).
1

Tangentes à une courbe rationnelle

● Moyen

Soit f: x ↦ (x²−3x+1)/(x+1) et (𝒞) sa courbe représentative.

  1. Déterminer une équation de la tangente à (𝒞) au point d'abscisse 1.
  2. Existe-t-il des points de (𝒞) où la tangente a pour coefficient directeur −4 ?
  3. Existe-t-il des points de (𝒞) où la tangente est parallèle à la droite d'équation 3x−2y+1=0 ?
Correction

f'(x) = (x²+2x−4)/(x+1)² (par la formule du quotient : [(2x−3)(x+1)−(x²−3x+1)]/(x+1)²).

  1. f(1)=−1/2, f'(1)=−1/4. Tangente : y = −1/2 − (1/4)(x−1) = −x/4 − 1/4.
  2. f'(x)=−4 ⟺ x²+2x−4=−4(x+1)² ⟺ 5x²+10x=0 ⟺ x=0 ou x=−2. Deux points conviennent : (0;1) et (−2;−11).
  3. La droite a pour coefficient directeur 3/2. f'(x)=3/2 ⟺ x²+2x+11=0, de discriminant −40<0 : aucune solution, donc aucun point de (𝒞) n'a une tangente parallèle à cette droite.
2

Majoration par l'inégalité des accroissements finis

● Moyen

Utiliser l'inégalité des accroissements finis pour obtenir une majoration du nombre √33 − √32.

Correction

Soit f(x)=√x sur [32;33]. f'(x)=1/(2√x) est décroissante, donc pour tout x∈]32;33[, f'(x) ≤ 1/(2√32). L'inégalité des accroissements finis donne : f(33)−f(32) ≤ (1/(2√32))·(33−32), soit √33−√32 ≤ 1/(2√32) = 1/(8√2) = √2/16 ≈ 0,0884.

3

Encadrement de tan par le TAF

● Moyen
  1. Démontrer que pour tout a∈[0;π/4] : a ≤ tan a ≤ 2a.
  2. Démontrer que pour tous a,b de [0;π/2[ avec a≤b : (b−a)/cos²a ≤ tan b − tan a ≤ (b−a)/cos²b.
Correction
  1. Soit f(x)=tan x sur [0;a]. f'(x)=1/cos²x. Sur [0;a]⊂[0;π/4], f' est croissante (car cos est décroissant), donc 1≤f'(x)≤1/cos²a. L'inégalité des accroissements finis donne a ≤ tan a ≤ a/cos²a. Or a≤π/4 ⟹ cos a≥1/√2 ⟹ 1/cos²a≤2, donc a/cos²a≤2a. D'où a ≤ tan a ≤ 2a.
  2. Sur [a;b], f'(x)=1/cos²x est croissante (cos décroît sur [0;π/2[), donc son minimum sur [a;b] est f'(a)=1/cos²a et son maximum f'(b)=1/cos²b. L'inégalité des accroissements finis appliquée à tan sur [a;b] donne directement (b−a)/cos²a ≤ tan b − tan a ≤ (b−a)/cos²b.
4

Encadrement de √(1−x)

● Moyen

Démontrer que pour tout x de l'intervalle [0;1/2], on a : 1 − x/√2 ≤ √(1−x) ≤ 1 − x/2.

Correction

Soit f(t)=√(1−t) sur [0;x], x∈[0;1/2]. f'(t) = −1/(2√(1−t)). Pour t∈[0;x], 1−t∈[1/2;1], donc √(1−t)∈[1/√2;1], d'où f'(t)∈[−1/√2;−1/2]. L'inégalité des accroissements finis donne : −x/√2 ≤ f(x)−f(0) ≤ −x/2, soit −x/√2 ≤ √(1−x)−1 ≤ −x/2, c'est-à-dire 1−x/√2 ≤ √(1−x) ≤ 1−x/2.

5

Reconstruire un polynôme à partir de ses dérivées (formule de Taylor)

● Difficile

Déterminer la fonction polynôme f du quatrième degré telle que : f(−1)=1, f'(−1)=2, f''(−1)=3, f'''(−1)=4, f⁽⁴⁾(−1)=5.

Correction

Un polynôme de degré ≤4 est entièrement déterminé par sa valeur et ses quatre premières dérivées en un point : c'est exactement son polynôme de Taylor en ce point, et pour une fonction polynôme de degré 4, la formule de Taylor est exacte (pas de reste). En posant u=x+1 :

f(x) = f(−1) + f'(−1)·u + f''(−1)/2!·u² + f'''(−1)/3!·u³ + f⁽⁴⁾(−1)/4!·u⁴ = 1 + 2u + (3/2)u² + (2/3)u³ + (5/24)u⁴.

En développant (u=x+1), on obtient la forme polynomiale : f(x) = (5/24)x⁴ + (3/2)x³ + (19/4)x² + (47/6)x + 43/8 (on vérifie : f(−1) = 5/24−3/2+19/4−47/6+43/8 = 1 ✓).