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1. Affixes et transformations

Affixe d'un point

À tout point M(x;y) on associe l'affixe z_M=x+iy. Réciproquement z=a+bi ↔ M(a;b).

Vecteur AB : affixe z_B-z_A. Milieu de [AB] : affixe (z_A+z_B)/2.

Transformations en forme complexe

Translation de vecteur t (affixe τ) : z' = z + τ.

Homothétie H(Ω,k) : z' = k(z-ω)+ω = kz+(1-k)ω.

Rotation R(Ω,θ) : z' = e^(iθ)(z-ω)+ω.

Similitude directe : z' = az+b avec a,b∈ℂ, a≠0.

2. Angle de deux vecteurs et argument

Formule clé

L'angle orienté (AB→,AC→) = arg((z_C-z_A)/(z_B-z_A)).

Application : A, B, C alignés ⟺ (z_C-z_A)/(z_B-z_A) ∈ ℝ.

Angle droit en A ⟺ arg(rapport) = ±π/2 ⟺ rapport est imaginaire pur.

3. Ensembles de points

Lieu géométrique via ℂ

|z-a|=r : cercle de centre A (affixe a) et de rayon r.

|z-a|=|z-b| : médiatrice de [AB].

arg(z-a)=θ : demi-droite issue de A (exclu) de direction θ.

|(z-a)/(z-b)|=k : cercle d'Apollonius (k≠1).

4. Équations dans ℂ

Résolution

z²=w : trouver √w (forme trig ou système). z²+pz+q=0 : formule (Δ=p²-4q∈ℂ).

Pour Δ=ρe^(iα) : √Δ=±√ρ·e^(iα/2). Chercher les racines carres en forme algébrique.

À retenir

  • Translation z'=z+τ ; rotation z'=e^(iθ)(z-ω)+ω
  • angle(AB,AC)=arg((z_C-z_A)/(z_B-z_A))
  • |z-a|=r : cercle ; |z-a|=|z-b| : médiatrice
  • Alignement ⟺ rapport réel ; perpendicularité ⟺ rapport im. pur
1

Affixes et transformations

● Facile

A(1;2), B(3;0), C(-1;4). z_A=1+2i, z_B=3, z_C=-1+4i. (1) Affixe du milieu de [AB]. (2) Affixe de AB→. (3) Image de A par la translation de vecteur BC→.

Correction
  1. (1+2i+3)/2=2+i.
  2. z_B-z_A=2-2i.
  3. z_C-z_B=-4+4i. A'=z_A+(z_C-z_B)=1+2i-4+4i=-3+6i.
2

Rotation

● Moyen

R(O,π/2): z'=iz. (1) Image de A(2;1). (2) Image de B(-1;3). (3) Vérifier |z'|=|z|.

Correction
  1. z_A=2+i. z'=i(2+i)=2i-1=-1+2i. A'(-1;2).
  2. z'=i(-1+3i)=-i-3=-3-i. B'(-3;-1).
  3. |z_A|=√5=|z_A'| ✓.
3

Angle et alignement

● Moyen

A(1;0), B(3;2), C(2;3). (1) Calculer le rapport (z_C-z_A)/(z_B-z_A). (2) A, B, C alignés ?

Correction

z_C-z_A=1+3i. z_B-z_A=2+2i. Rapport=(1+3i)/(2+2i)=(1+3i)(2-2i)/8=(2-2i+6i+6)/8=(8+4i)/8=1+i/2. Pas réel → non alignés. Argument=arctan(1/2)≈26,6°.

4

Ensembles de points

● Moyen

Décrire géométriquement : (1) |z-2+i|=3. (2) |z-1|=|z+1|. (3) arg(z-i)=π/4.

Correction
  1. Cercle centre 2-i, rayon 3.
  2. Médiatrice de (1;0) et (-1;0), i.e. l'axe Oy.
  3. Demi-droite issue de (0;1) de direction π/4.
5

Similitude

● Difficile

f: z'=az+b avec a=1+i et b=2-i. (1) f est une similitude. Rapport et angle. (2) Centre Ω de la similitude (f(Ω)=Ω). (3) Image du segment [0;1].

Correction
  1. |a|=√2. Rapport=√2. Angle=arg(1+i)=π/4.
  2. Ω=b/(1-a)=(2-i)/(1-(1+i))=(2-i)/(-i)=(2-i)·i/(-i·i)=(2i+1)/1=1+2i.
  3. f(0)=2-i, f(1)=a+b=1+i+2-i=3. Segment de 2-i à 3.

Problème de synthèse

● Niveau Bac

Triangle ABC dans le plan complexe : z_A=0, z_B=2, z_C=1+i√3.

  1. Nature du triangle : Calculer |AB|, |BC|, |AC|. Le triangle est-il équilatéral ?
  2. Angle en A : Calculer arg(z_C/z_B)=arg((1+i√3)/2). Quelle est la mesure de l'angle BAC ?
  3. Rotation : Montrer que z_C=2·e^(iπ/3). En déduire que R(A,π/3) transforme B en C.
  4. Centre du cercle circonscrit : Trouver z_Ω tel que |z_Ω|=|z_Ω-2|=|z_Ω-(1+i√3)|.
  5. Similitude : Il existe f:z'=az+b transformant B en A et C en B. Trouver a et b.
  6. Image du triangle : Calculer f(A). Vérifier que f(A), f(B)=A et f(C)=B forment un triangle congruent à ABC.
Correction du problème de synthèse
  1. |AB|=2. |AC|=|1+i√3|=2. |BC|=|1+i√3-2|=|-1+i√3|=2. Équilatéral! ✓
  2. (1+i√3)/2=cos(π/3)+i sin(π/3). arg=π/3. Angle BAC=π/3=60°.
  3. z_C=1+i√3=2(1/2+i√3/2)=2e^(iπ/3). R(A,π/3): z'=e^(iπ/3)·z. z'_B=e^(iπ/3)·2=2e^(iπ/3)=z_C ✓.
  4. |z_Ω|=|z_Ω-2|: Re(z_Ω)=1. |z_Ω-2|=|z_Ω-(1+i√3)|: ...→Im(z_Ω)=1/√3. z_Ω=1+i/√3=1+i√3/3. Vérif: rayon = 2/√3.
  5. f(z_B)=z_A: 2a+b=0. f(z_C)=z_B: a(1+i√3)+b=2. Soustraire: a(1+i√3-2)=2 → a=2/(-1+i√3). Multiplier par conj.: a=2(-1-i√3)/4=(-1-i√3)/2=e^(i·4π/3). b=-2a=1+i√3.
  6. f(z_A)=b=1+i√3=z_C. Donc f(A)=C, f(B)=A, f(C)=B. Triangle CAB congruent à ABC (rotation).

QCM

10 questions

0Score
0/10Répondues
Q1/10

Affixe du milieu de [AB] (z_A, z_B)=

Q2/10

Translation de vecteur τ: z'=

Q3/10

Rotation R(O,θ): z'=

Q4/10

Angle(AB,AC)=arg(

Q5/10

A,B,C alignés ⟺ (z_C-z_A)/(z_B-z_A) est

Q6/10

|z-3+2i|=5 est un

Q7/10

|z-a|=|z-b| est

Q8/10

Similitude directe: z'=az+b. Rapport=

Q9/10

Centre Ω de la similitude z'=az+b (a≠1)=

Q10/10

Perpendicularité en A ⟺ (z_C-z_A)/(z_B-z_A) est

Exercices supplémentaires tirés du CIAM Terminale SE (Collection Inter-Africaine de Mathématiques), section « Entraînement » du chapitre correspondant — énoncés fidèles au manuel, corrections rédigées pour ce site.

1

Reconnaître une transformation du plan

● Facile

Dans chaque cas, reconnaître l'application du plan dont l'écriture complexe est donnée :

  1. z' = z + 2i + 1
  2. z' = e^(−iπ/3)·z
  3. z' = −z
  4. z' = z̄ − 3i
  5. z' = iz
  6. z' = (1/√2)(1−i)z
Correction
  1. z' = z + (1+2i) est de la forme z'=z+τ : c'est la translation de vecteur d'affixe τ = 1+2i.
  2. e^(−iπ/3) est de module 1 : z'=e^(iθ)z avec θ=−π/3 est la rotation de centre O et d'angle −π/3.
  3. z'=−z=e^(iπ)z : rotation de centre O et d'angle π, autrement dit la symétrie centrale de centre O.
  4. z'=z̄−3i est de la forme z'=z̄+β (β imaginaire pur) : c'est une symétrie orthogonale d'axe horizontal. En posant z=x+iy, z'=x−iy−3i=x+i(−y−3), donc M'(x;−y−3) ; l'ordonnée du milieu de [MM'] vaut (y+(−y−3))/2=−3/2, indépendante de y. C'est la symétrie orthogonale d'axe la droite d'équation y=−3/2.
  5. i=e^(iπ/2) : rotation de centre O et d'angle π/2.
  6. (1/√2)(1−i) a pour module |1−i|/√2=√2/√2=1 et pour argument arg(1−i)=−π/4, donc (1/√2)(1−i)=e^(−iπ/4) : rotation de centre O et d'angle −π/4.
2

Translation entre deux points

● Facile

A(2−i) et B(1−3i) sont deux points du plan. Quelle est la translation t qui applique A sur B ? Quelle est l'écriture complexe de t ?

Correction

Le vecteur AB→ a pour affixe τ = z_B − z_A = (1−3i) − (2−i) = 1−3i−2+i = −1−2i.

t est donc la translation de vecteur AB→, d'affixe τ=−1−2i, et son écriture complexe est z' = z + τ = z − 1 − 2i.

Vérification : t(z_A) = (2−i) − 1 − 2i = 1 − 3i = z_B ✓.

3

Translation et rotation comparées

● Moyen

Le vecteur v→ a pour affixe −3−i, A est le point d'affixe 2+i. t est la translation de vecteur v→ ; r est la rotation de centre O et d'angle orienté π/2. Déterminer t(A) et r(A). Comparer ces deux nombres complexes. Tracer la figure.

Correction

t(A) : z_t(A) = z_A + v = (2+i) + (−3−i) = −1 (point de coordonnées (−1;0)).

r(A) : z_r(A) = e^(iπ/2)·z_A = i(2+i) = 2i+i² = 2i−1 = −1+2i (point de coordonnées (−1;2)).

Comparaison : t(A)=−1 et r(A)=−1+2i ont la même partie réelle (−1) mais des parties imaginaires différentes ; les deux points images sont donc distincts mais alignés sur la droite verticale d'équation x=−1, à 2 unités l'un de l'autre.

Figure : A(2;1) ; t(A) s'obtient en décalant A du vecteur (−3;−1), ce qui donne (−1;0) ; r(A) s'obtient en faisant tourner A d'un quart de tour direct autour de O, ce qui donne (−1;2).

4

Écritures complexes de symétries

● Moyen
  1. Déterminer l'écriture complexe de la symétrie orthogonale d'axe (Δ) d'équation y=x.
  2. Déterminer l'écriture complexe de la symétrie centrale de centre A d'affixe 1+i.
Correction
  1. La symétrie d'axe (Δ): y=x échange les coordonnées : M(x;y) ↦ M'(y;x), donc z'=y+ix. Or i·z̄ = i(x−iy) = ix+y = y+ix. Donc z' = i·z̄. Vérification : le point (1;0) (z=1) a pour image i·1̄=i, soit (0;1), bien le symétrique de (1;0) par rapport à (Δ). ✓
  2. La symétrie centrale de centre A (affixe a=1+i) vérifie : A est le milieu de [MM'], donc (z+z')/2=a, d'où z' = 2a − z = 2(1+i) − z = 2 + 2i − z.
5

Problème de synthèse — rotations et hauteur

● Difficile

A et B sont des points d'affixes respectives z_A=6+3i et z_B=2+4i.

  1. Déterminer la nature du triangle OAB.
  2. Déterminer l'affixe du point B' image de B par la rotation de centre O et d'angle π/2, et celle du point A' image de A par la rotation de centre O et d'angle −π/2. Tracer la figure.
  3. Calculer l'affixe du point M, milieu de [A'B'].
  4. Vérifier que les droites (OM) et (AB) sont perpendiculaires.
  5. Que représente la droite (OM) pour le triangle OAB ?
Correction
  1. OA=|z_A|=|6+3i|=√(36+9)=√45=3√5. OB=|z_B|=|2+4i|=√(4+16)=√20=2√5. AB=|z_B−z_A|=|−4+i|=√(16+1)=√17. Les trois longueurs 3√5, 2√5, √17 sont deux à deux distinctes (triangle non isocèle). De plus aucune relation de Pythagore n'est vérifiée : OA²=45 ≠ OB²+AB²=37 ; OB²=20 ≠ OA²+AB²=62 ; AB²=17 ≠ OA²+OB²=65. OAB est donc un triangle scalène (quelconque), sans angle droit.
  2. Rotation de centre O, angle π/2 : z_B'=e^(iπ/2)·z_B=i(2+4i)=2i+4i²=2i−4=−4+2i. Rotation de centre O, angle −π/2 : z_A'=e^(−iπ/2)·z_A=−i(6+3i)=−6i−3i²=−6i+3=3−6i. Figure : O à l'origine, A(6;3), B(2;4), A'(3;−6) image de A par un quart de tour indirect, B'(−4;2) image de B par un quart de tour direct.
  3. z_M=(z_A'+z_B')/2=((3−6i)+(−4+2i))/2=(−1−4i)/2=−1/2 − 2i.
  4. Le vecteur OM→ a pour affixe u=−1/2−2i ; le vecteur AB→ a pour affixe v=z_B−z_A=−4+i. Calculons u/v en multipliant par le conjugué de v : u·v̄ = (−1/2−2i)(−4−i) = 2+0,5i+8i+2i² = 2+8,5i−2 = 8,5i ; et v·v̄=(−4+i)(−4−i)=16+1=17. Donc u/v = 8,5i/17 = i/2, qui est un imaginaire pur. Or u/v imaginaire pur ⟺ (OM)⊥(AB). Les droites (OM) et (AB) sont donc bien perpendiculaires (on remarque de plus que |u/v|=1/2, donc OM=AB/2).
  5. La droite (OM) passe par le sommet O et est perpendiculaire au côté [AB] : (OM) est la hauteur issue de O dans le triangle OAB.

Cinq exercices supplémentaires tirés du CIAM Terminale SE (Collection Inter-Africaine de Mathématiques), section « Entraînement » du chapitre 11 (« Nombres complexes et géométrie »), non utilisés dans l'onglet précédent — énoncés fidèles au manuel, corrections rédigées pour ce site.

1

Angle orienté entre deux vecteurs

● Moyen

A, B, C, D sont des points d'affixes respectives z_A=√2+5i ; z_B=√2+3i ; z_C=6i ; z_D=√3+5i. Déterminer une mesure de l'angle orienté (AB→,CD→).

Correction

z_B−z_A = (√2−√2)+(3−5)i = −2i. z_D−z_C = (√3−0)+(5−6)i = √3−i.

angle(AB→,CD→) = arg(affixe(CD→)/affixe(AB→)) = arg((√3−i)/(−2i)). En multipliant numérateur et dénominateur par i : (√3−i)i / (−2i·i) = (√3i−i²)/2 = (1+√3i)/2 = 1/2 + i√3/2 = cos(π/3)+i sin(π/3).

Donc angle(AB→,CD→) = π/3 [2π] (soit 60°).

2

Parallélogramme, symétrie et quadrilatère associé

● Difficile

On considère les points A, B, C et D d'affixes respectives z_A=−1−5i ; z_B=4−3i ; z_C=3+3i ; z_D=−2+i.

  1. a) Justifier que ABCD est un parallélogramme. b) Déterminer l'affixe du point A′, symétrique de A par rapport au point B. c) Déterminer l'affixe du point A″ vérifiant : DA″→=DB→+DC→.
  2. Quelle est la nature du quadrilatère A″BCD ?
Correction
  1. a) AB→ = z_B−z_A = (4−3i)−(−1−5i) = 5+2i. DC→ = z_C−z_D = (3+3i)−(−2+i) = 5+2i. Comme AB→=DC→, ABCD est un parallélogramme.

    b) B est le milieu de [AA′], donc z_A′ = 2z_B−z_A = 2(4−3i)−(−1−5i) = 8−6i+1+5i = 9−i.

    c) DB→ = z_B−z_D = 6−4i. DC→ = 5+2i (calculé ci-dessus). Leur somme vaut 11−2i, donc z_A″ = z_D+(11−2i) = (−2+i)+(11−2i) = 9−i. (On note que z_A″=z_A′ : ce n'est pas un hasard — puisque ABCD est un parallélogramme, D=A+C−B, donc DB→+DC→=(B−D)+(C−D)=(B−D)+(B−A)=2B−A−D, d'où z_A″=z_D+2z_B−z_A−z_D=2z_B−z_A, exactement la formule du symétrique A′.)

  2. A″B→ = z_B−z_A″ = (4−3i)−(9−i) = −5−2i. CD→ = z_D−z_C = (−2+i)−(3+3i) = −5−2i. On a donc A″B→=CD→ : les côtés [A″B] et [CD] sont parallèles et de même longueur (√29).

    Vérifions les diagonales [A″C] et [BD] : milieu de [A″C] = (z_A″+z_C)/2 = (6+i), milieu de [BD] = (z_B+z_D)/2 = (1−i) : ils diffèrent, donc les diagonales ne se coupent pas en leur milieu. A″BCD (pris dans cet ordre) n'est donc pas un parallélogramme simple : c'est un parallélogramme croisé — ce sont en fait les côtés [BC] et [A″D] qui se coupent en leur milieu commun (3,5;0). Autrement dit, c'est le quadrilatère BA″CD (B et A″ échangés) qui est un véritable parallélogramme, car BA″→=DC→.

3

Reconnaître une transformation et son image

● Facile

Quelle est la transformation F du plan dont l'écriture complexe est z′=z+2−3i ? Quelle est l'image par F de la droite d'équation y=2x−1 ?

Correction

z′=z+τ avec τ=2−3i : F est la translation de vecteur d'affixe τ=2−3i.

La droite (D): y=2x−1 a pour vecteur directeur d'affixe 1+2i (pente 2). L'image d'une droite par une translation est une droite parallèle. Prenons le point (0;−1) de (D), d'affixe −i : son image a pour affixe −i+2−3i=2−4i, soit le point (2;−4).

L'image de (D) est donc la droite parallèle à (D) passant par (2;−4) : y−(−4)=2(x−2), soit y=2x−8.

4

Translation : vecteurs et angles invariants

● Moyen

On considère le vecteur v→ d'affixe 1+i, le point A d'affixe 1−i et un point M quelconque du plan d'affixe z. I et J désignent les points d'affixes respectives 1 et i.

  1. Construire les points I′, J′, A′ et M′, images respectives des points I, J, A et M par la translation t de vecteur v→.
  2. Déterminer l'affixe de chacun des points I′, J′, A′ et M′ et de chacun des vecteurs I′A′→ et J′M′→.
  3. Donner une mesure de chacun des angles orientés (IA→,IM→) et (I′A′→,I′M′→), comparer ces angles.
Correction
  1. t(M) s'obtient en décalant chaque point du vecteur v→=(1;1). Figure : I(1;0)→I′(2;1) ; J(0;1)→J′(1;2) ; A(1;−1)→A′(2;0) ; M(x;y)→M′(x+1;y+1).
  2. I′=t(1)=1+(1+i)=2+i. J′=t(i)=i+1+i=1+2i. A′=t(1−i)=(1−i)+(1+i)=2. M′=t(z)=z+1+i.
    I′A′→ = z_A′−z_I′ = 2−(2+i) = −i. J′M′→ = z_M′−z_J′ = (z+1+i)−(1+2i) = z−i.
  3. IA→ = z_A−z_I = (1−i)−1 = −i. IM→ = z_M−z_I = z−1. Donc angle(IA→,IM→) = arg((z−1)/(−i)).
    Or I′A′→=−i=IA→ et I′M′→=z_M′−z_I′=(z+1+i)−(2+i)=z−1=IM→ : une translation conserve chaque vecteur individuellement (X′Y′→=XY→ toujours, car t(Y)−t(X)=(Y+v)−(X+v)=Y−X). Donc angle(I′A′→,I′M′→) = angle(IA→,IM→) exactement, sans même passer par un calcul supplémentaire.
5

Similitude directe et image d'une droite

● Moyen

Quelle est la transformation F du plan dont l'écriture complexe est z′=(1/2)(1+i)z ? Quelle est l'image par F de la droite d'équation y=x ?

Correction

a=(1/2)(1+i). |a|=(1/2)|1+i|=(1/2)√2=√2/2. arg(a)=arg(1+i)=π/4 (le facteur réel positif 1/2 ne change pas l'argument). Comme il n'y a pas de terme constant, le point O est fixe : F est donc la similitude directe de centre O, de rapport √2/2 et d'angle π/4.

La droite (Δ): y=x passe par O et fait un angle π/4 avec (Ox) ; comme O est fixe par F, l'image de (Δ) est une droite passant par O, de direction π/4+π/4=π/2, c'est-à-dire l'axe (Oy). Vérification : l'image du point (1;1) d'affixe 1+i est (1/2)(1+i)(1+i)=(1/2)(1+i)²=(1/2)(2i)=i, soit le point (0;1), situé sur (Oy).

L'image de (Δ) est donc la droite d'équation x=0 (l'axe des ordonnées).

Cinq problèmes sur les transformations planes et les similitudes, complétant la banque du CIAM Terminale SE (chapitre 11) — les quatre premiers sont tirés du manuel (énoncés fidèles, corrections rédigées pour ce site), le cinquième est un problème de synthèse rédigé pour ce site sur la composition de deux transformations.

1

Rotation : vecteurs et angles conservés

● Moyen

On considère le point A d'affixe −1−3i et M un point quelconque d'affixe z. I et J désignent les points d'affixes respectives 1 et i.

  1. Construire les points I′, J′, A′ et M′, images respectives des points I, J, A et M par la rotation r de centre O et d'angle orienté 2π/3.
  2. Déterminer l'affixe de chacun des points I′, J′, A′ et M′ et de chacun des vecteurs I′A′→ et J′M′→.
  3. Donner une mesure de chacun des angles orientés (IA→,IM→) et (I′A′→,I′M′→), comparer ces angles.
Correction
  1. Figure : r fait tourner chaque point d'un angle de 120° autour de O.
  2. e^(i2π/3)=−1/2+i√3/2. I′=r(1)=−1/2+i√3/2. J′=r(i)=i(−1/2+i√3/2)=−√3/2−i/2. A′=r(−1−3i)=(−1/2+i√3/2)(−1−3i)=1/2+3i/2−i√3/2+3√3/2=(1+3√3)/2 + i(3−√3)/2. M′=r(z)=(−1/2+i√3/2)z.
    I′A′→ = z_A′−z_I′ = (2+3√3)/2 + i(3−2√3)/2. J′M′→ = z_M′−z_J′ = (−1/2+i√3/2)z + √3/2 + i/2.
  3. Une rotation r de centre Ω et d'angle θ vérifie r(Y)−r(X)=e^(iθ)(Y−X) quels que soient les points X, Y. Donc I′A′→=e^(i2π/3)·IA→ et I′M′→=e^(i2π/3)·IM→, d'où angle(I′A′→,I′M′→)=arg(I′M′→/I′A′→)=arg(IM→/IA→)=angle(IA→,IM→) (le facteur e^(i2π/3) s'élimine dans le quotient). Avec IA→=z_A−1=−2−3i et IM→=z−1 : angle(IA→,IM→) = angle(I′A′→,I′M′→) = arg((z−1)/(−2−3i)) — les deux angles sont rigoureusement égaux, ce qui illustre qu'une rotation conserve tous les angles orientés.
2

Homothétie : vecteurs et angles conservés

● Moyen

On considère le point A d'affixe 1+i et M un point quelconque d'affixe z. I et J désignent les points d'affixes respectives 1 et i.

  1. Construire les points I′, J′, A′ et M′, images respectives des points I, J, A et M par l'homothétie h de centre O et de rapport 2.
  2. Déterminer l'affixe de chacun des points I′, J′, A′ et M′ et de chacun des vecteurs I′A′→ et J′M′→.
  3. Donner une mesure de chacun des angles orientés (IA→,IM→) et (I′A′→,I′M′→), comparer ces angles.
Correction
  1. Figure : h double toutes les distances à O, sans changer les directions.
  2. I′=h(1)=2. J′=h(i)=2i. A′=h(1+i)=2+2i. M′=h(z)=2z.
    I′A′→ = z_A′−z_I′ = (2+2i)−2 = 2i. J′M′→ = z_M′−z_J′ = 2z−2i = 2(z−i).
  3. IA→ = z_A−z_I = (1+i)−1 = i. IM→ = z_M−z_I = z−1, donc angle(IA→,IM→)=arg((z−1)/i).
    I′M′→ = z_M′−z_I′ = 2z−2 = 2(z−1), et I′A′→=2i=2·IA→ : de façon générale, pour une homothétie de rapport k, I′A′→=k·IA→ et I′M′→=k·IM→ (k réel non nul), donc angle(I′A′→,I′M′→)=arg(I′M′→/I′A′→)=arg(2(z−1)/(2i))=arg((z−1)/i) = angle(IA→,IM→) : les deux angles sont égaux, le facteur k s'éliminant dans le rapport. Toute homothétie conserve donc les angles orientés.
3

Reconnaître huit transformations planes

● Difficile

Dans chacun des cas suivants, déterminer la transformation du plan qui a pour écriture complexe :

  1. z′=z+3i
  2. z′=2z+3i
  3. z′=z−3i
  4. z′=(1/2)z−6i
  5. z′=((1−√3)/2)z
  6. z′=iz+5
  7. z′=−2iz+3i
  8. z′=−iz+1
Correction

Méthode : pour z′=az+b, si a est réel, c'est une homothétie (ou une translation si a=1) de centre ω=b/(1−a) et de rapport a ; si |a|=1 (a non réel), c'est une rotation de centre ω=b/(1−a) et d'angle arg(a) ; sinon (|a|≠1 et a non réel), c'est une similitude directe générale de centre ω=b/(1−a), de rapport |a| et d'angle arg(a).

  1. a=1 (réel) : translation de vecteur d'affixe 3i.
  2. a=2 (réel) : ω=3i/(1−2)=−3i. Homothétie de centre Ω(0;−3), rapport 2.
  3. a=1 : translation de vecteur d'affixe −3i.
  4. a=1/2 (réel) : ω=−6i/(1−1/2)=−12i. Homothétie de centre Ω(0;−12), rapport 1/2.
  5. a=(1−√3)/2≈−0,366 (réel, non nul, ≠1), b=0 : homothétie de centre O et de rapport (1−√3)/2 (rapport négatif).
  6. a=i, |a|=1 : ω=5/(1−i)=5(1+i)/2=5/2+5i/2. Rotation de centre Ω(5/2;5/2), angle π/2.
  7. a=−2i, |a|=2, arg(a)=−π/2 : ω=3i/(1+2i)=3i(1−2i)/5=(6+3i)/5=6/5+3i/5. Similitude directe de centre Ω(6/5;3/5), rapport 2, angle −π/2.
  8. a=−i, |a|=1 : ω=1/(1+i)=(1−i)/2. Rotation de centre Ω(1/2;−1/2), angle −π/2.
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Similitude directe déterminée par deux points

● Difficile

A(1+i) et B(−1+i√3) sont deux points du plan.

  1. Étudier l'alignement des points O, A et B (calculer le rapport z_B/z_A).
  2. Déterminer le rapport et l'angle orienté de la similitude directe S de centre O qui transforme A en B.
  3. Quelle est l'écriture complexe de S ?
Correction
  1. z_B/z_A = (−1+i√3)/(1+i). En multipliant par le conjugué 1−i : numérateur = (−1+i√3)(1−i) = −1+i+i√3−i²√3 = −1+i+i√3+√3 = (√3−1)+i(√3+1) ; dénominateur = (1+i)(1−i)=2. Donc z_B/z_A = [(√3−1)+i(√3+1)]/2, dont la partie imaginaire (√3+1)/2 est non nulle : ce rapport n'est pas réel, donc O, A et B ne sont pas alignés (l'angle (OA→,OB→)=arg(z_B)−arg(z_A)=2π/3−π/4=5π/12≠0 [π]).
  2. S est centrée en O, donc S(z)=az avec a tel que S(z_A)=z_B, soit a=z_B/z_A=[(√3−1)+i(√3+1)]/2 (calculé ci-dessus). Rapport = |a| = |z_B|/|z_A| = 2/√2 = √2. Angle = arg(a) = arg(z_B)−arg(z_A) = 5π/12.
  3. Écriture complexe : z′ = [(√3−1)+i(√3+1)]/2 · z (soit encore z′=√2·e^(i5π/12)·z).

Problème de synthèse — composition de deux transformations

● Niveau Bac

On considère les deux transformations du plan f et g dont les écritures complexes sont f(z)=iz+2 et g(z)=2z−1+i.

  1. Déterminer la nature, le rapport (ou l'angle) et le centre de f, puis de g.
  2. Déterminer l'écriture complexe de la transformation composée h=g∘f (c'est-à-dire h(z)=g(f(z))).
  3. En déduire la nature de h (préciser si c'est une translation, une rotation, une homothétie ou une similitude directe quelconque, avec son rapport, son angle et son centre le cas échéant).
Correction du problème de synthèse
  1. f : a=i, |a|=1 → rotation. Point fixe : z=iz+2 ⟹ z(1−i)=2 ⟹ z=2/(1−i)=2(1+i)/2=1+i. f est la rotation de centre Ω_f(1;1) et d'angle π/2.
    g : a=2, réel → homothétie. Point fixe : z=2z−1+i ⟹ −z=−1+i ⟹ z=1−i. g est l'homothétie de centre Ω_g(1;−1) et de rapport 2.
  2. h(z)=g(f(z))=2(iz+2)−1+i=2iz+4−1+i=2iz+3+i.
  3. Pour h, a=2i : |a|=2≠1 et a n'est pas réel, donc h est une similitude directe générale (ni translation, ni rotation pure, ni homothétie pure), de rapport 2 et d'angle π/2 — cohérent avec la composition, car le rapport de h est le produit des rapports (1×2=2) et l'angle de h est la somme des angles (π/2+0=π/2). Centre : z=2iz+3+i ⟹ z(1−2i)=3+i ⟹ z=(3+i)/(1−2i)=(3+i)(1+2i)/5=(3+6i+i+2i²)/5=(1+7i)/5. h est la similitude directe de centre Ω_h(1/5;7/5), de rapport 2 et d'angle π/2.