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1. Les pratiques néfastes de l'homme sur l'environnement

Définition

L'environnement est l'ensemble des éléments naturels (eau, air, sol, faune, flore) et des conditions qui entourent un être vivant et avec lesquels il est en interaction permanente. Une pratique néfaste est une activité humaine qui perturbe cet équilibre, en dégradant durablement une ou plusieurs composantes de l'environnement, au point de menacer la santé des populations et la survie des espèces.

1.1. La chasse et la pêche abusives

La chasse et la pêche sont des activités traditionnelles de subsistance, mais elles deviennent néfastes lorsqu'elles sont pratiquées de façon abusive, c'est-à-dire au-delà de ce que les populations animales peuvent renouveler naturellement. Cette surexploitation se traduit par une chute rapide des effectifs de certaines espèces (gibier, poissons), voire par leur disparition locale. Elle est souvent aggravée par l'usage de techniques destructrices et non sélectives : pièges non réglementaires, filets à mailles trop fines capturant les juvéniles, empoisonnement des cours d'eau, usage d'explosifs ou de produits chimiques pour la pêche. Ces pratiques menacent directement la biodiversité, c'est-à-dire la diversité des espèces vivantes et des écosystèmes d'une région.

1.2. Les feux de brousse

Une pratique agricole traditionnelle à double tranchant

Le feu de brousse est une pratique agricole traditionnelle qui consiste à brûler la végétation herbacée avant la saison des cultures, afin de débroussailler rapidement les terrains, de faciliter le travail du sol et de fournir un apport ponctuel en cendres fertilisantes. Il est également utilisé pour la chasse (rabattre le gibier) ou pour renouveler le pâturage. Cependant, lorsqu'il est mal maîtrisé (feu tardif, trop fréquent, trop étendu, non contrôlé), il devient une pratique fortement destructrice : destruction de la végétation ligneuse et herbacée sur de grandes surfaces, appauvrissement des sols par disparition de la matière organique et exposition à l'érosion, perte de la biodiversité végétale et animale (destruction des habitats, des nids, des jeunes animaux incapables de fuir), et émission de gaz (dioxyde de carbone, monoxyde de carbone, particules) qui contribuent à la pollution atmosphérique et à l'effet de serre.

1.3. La destruction de la faune et de la flore

La déforestation (abattage massif des arbres pour le bois d'œuvre, le bois de chauffe ou l'extension des terres agricoles), le braconnage (chasse illégale d'espèces protégées, souvent pour le commerce de la viande de brousse ou de l'ivoire) et la conversion des habitats naturels en terres agricoles ou en zones urbaines réduisent directement les surfaces disponibles pour la faune et la flore sauvages. Ces activités fragmentent les écosystèmes, isolent les populations animales les unes des autres et accélèrent l'extinction locale de nombreuses espèces.

1.4. La pollution de l'eau, du sol, de l'air, le bruit et les nuisances

Sources et conséquences

La pollution est l'introduction dans un milieu naturel de substances ou d'éléments qui en perturbent l'équilibre. Elle provient de sources variées : les déchets industriels et domestiques rejetés sans traitement dans les cours d'eau ou déversés à même le sol ; les pesticides et engrais chimiques utilisés en agriculture, qui s'infiltrent dans les nappes et les rivières ; les hydrocarbures (fuites, déversements pétroliers) qui contaminent les sols et les eaux ; les gaz d'échappement des véhicules et des usines qui dégradent la qualité de l'air. À ces pollutions s'ajoutent des nuisances comme le bruit (circulation, machines, groupes électrogènes) qui perturbe la faune et la qualité de vie humaine. Les conséquences touchent à la fois les écosystèmes (mortalité des poissons, disparition d'espèces sensibles, appauvrissement des sols cultivables) et la santé humaine (maladies respiratoires, maladies hydriques, intoxications).

2. Pression démographique et destruction de l'environnement

Définition

La pression démographique désigne l'ensemble des besoins croissants qu'exerce une population en augmentation sur les ressources naturelles disponibles dans un espace donné. Plus une population est nombreuse, plus ses besoins en terres agricoles, en bois de chauffe et en zones d'habitation augmentent, ce qui accentue mécaniquement la pression exercée sur l'environnement.

2.1. Le lien de cause à effet

Enchaînement logique

Une forte croissance démographique entraîne une demande accrue en nourriture, ce qui pousse à défricher de nouvelles terres agricoles ; elle entraîne aussi une demande accrue en bois de chauffe et en matériaux de construction, ce qui accélère la déforestation ; elle entraîne enfin un besoin croissant de zones d'habitation, ce qui conduit à l'urbanisation de milieux naturels auparavant préservés (forêts, zones humides, savanes). Cet enchaînement conduit progressivement à la destruction de la flore et de la faune sur des surfaces de plus en plus vastes.

2.2. Des répercussions qui se retournent contre l'homme

La destruction de l'environnement liée à la pression démographique finit, à terme, par nuire au bien-être des populations elles-mêmes : la raréfaction des ressources (bois, gibier, poisson, terres fertiles) rend leur accès plus difficile et plus coûteux ; la dégradation des services écosystémiques — comme la fertilité des sols, la régulation du climat local, la filtration de l'eau ou la protection contre l'érosion — appauvrit durablement les conditions de vie ; les populations les plus dépendantes des ressources naturelles (agriculteurs, pêcheurs, chasseurs) sont les premières touchées par ce cercle vicieux, où la pauvreté pousse à surexploiter l'environnement, ce qui appauvrit encore davantage l'environnement et, en retour, les populations elles-mêmes.

3. Conservation, protection, restauration et amélioration de l'environnement

3.1. Protection de la couverture végétale

Actions de protection

Protéger la couverture végétale consiste à limiter le déboisement en réglementant l'exploitation forestière, à pratiquer une gestion durable des forêts (prélèvement raisonné, replantation systématique après exploitation) et à créer des aires protégées (parcs nationaux, réserves naturelles) où la faune et la flore sont préservées de toute exploitation destructrice.

3.2. Le reboisement

Exemple d'action de restauration

Le reboisement, c'est-à-dire la plantation d'arbres (« planting des arbres ») sur des terrains déboisés ou dégradés, est une action concrète et directe de restauration environnementale : il permet de reconstituer une couverture végétale détruite, de lutter contre l'érosion des sols, de restaurer des habitats pour la faune et de contribuer à la régulation du climat local. Le reboisement peut être mené à l'échelle communautaire, scolaire ou nationale.

3.3. L'assainissement urbain et le curage des égouts

Le curage des égouts, c'est-à-dire le nettoyage régulier des canalisations et caniveaux d'évacuation des eaux usées et pluviales, est une action de préservation de la qualité de l'eau et de l'environnement urbain. En évitant l'obstruction et le débordement des eaux stagnantes, il limite la prolifération de vecteurs de maladies (moustiques), réduit les inondations et empêche la pollution des cours d'eau environnants par des eaux usées non canalisées.

3.4. Autres actions possibles

  • La lutte contre le braconnage, par une surveillance renforcée des aires protégées et une application stricte des lois de protection de la faune.
  • La gestion raisonnée des déchets : tri, réduction, recyclage et traitement des déchets industriels et domestiques avant leur rejet dans la nature.
  • La sensibilisation des populations aux bonnes pratiques environnementales, condition indispensable à la réussite durable de toute action de conservation.

4. La promotion d'actions de protection par l'engagement citoyen

Les clubs « amis de la nature »

Un club « amis de la nature » est un regroupement d'élèves, créé en milieu scolaire, qui se donne pour mission de sensibiliser et d'agir concrètement en faveur de la protection de l'environnement. Chaque club définit un programme d'activités qui lui est propre : campagnes de sensibilisation au sein de l'établissement, actions de terrain (reboisement, nettoyage de sites, curage de caniveaux), organisation de sorties écologiques d'observation de la nature, et participation à des journées de l'environnement.

L'éducation environnementale, dont les clubs scolaires sont un vecteur privilégié, joue un rôle essentiel dans le changement durable des comportements : elle permet à chaque élève de comprendre les interrelations entre les composantes de son environnement, de mesurer les conséquences des pratiques néfastes, et de devenir un acteur responsable de la protection de son cadre de vie, aujourd'hui comme dans son rôle futur de citoyen.

5. Synthèse — pratiques néfastes, conséquences et actions correctives

Pratique néfasteConséquence principaleAction corrective possible
Chasse et pêche abusivesChute des populations animales, perte de biodiversitéRéglementation des prélèvements, lutte contre le braconnage, périodes de repos biologique
Feux de brousse mal maîtrisésDestruction de la végétation, appauvrissement des sols, émission de gazMaîtrise du brûlage (feux précoces et contrôlés), sensibilisation des agriculteurs
Déforestation / destruction de la faune et de la florePerte d'habitats, fragmentation des écosystèmes, érosion des solsReboisement, gestion durable des forêts, création d'aires protégées
Pollution de l'eau, du sol, de l'air, bruitDégradation des écosystèmes, maladies chez l'hommeGestion raisonnée des déchets, curage des égouts, traitement des rejets industriels

🧠 À retenir

  • Les principales pratiques néfastes de l'homme sur l'environnement sont : la chasse et la pêche abusives, les feux de brousse mal maîtrisés, la destruction de la faune et de la flore, et la pollution de l'eau, du sol, de l'air (avec bruit et nuisances).
  • La forte pression démographique augmente les besoins en terres, en bois et en habitat, ce qui accélère la destruction de l'environnement, dont les effets se retournent finalement contre le bien-être des populations elles-mêmes.
  • La protection de la couverture végétale, le reboisement et le curage des égouts sont des actions concrètes de conservation, de restauration et d'amélioration de l'environnement.
  • Les clubs scolaires « amis de la nature » constituent un cadre privilégié d'engagement citoyen pour la protection de l'environnement, chacun avec son propre programme d'activités.
  • L'éducation environnementale est indispensable pour transformer durablement les comportements et faire de chaque élève un acteur responsable de la préservation de son cadre de vie.
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Identifier des pratiques néfastes

● Facile

Le cours présente plusieurs pratiques néfastes de l'homme sur l'environnement.

  1. Citer trois pratiques néfastes de l'homme sur l'environnement.
  2. Pour chacune, donner un exemple concret illustrant cette pratique.
Correction
  1. Trois pratiques néfastes : la chasse et la pêche abusives, les feux de brousse mal maîtrisés, et la pollution (de l'eau, du sol ou de l'air).
  2. Exemples concrets : pour la chasse et la pêche abusives, l'usage de filets à mailles trop fines capturant les alevins et menaçant le renouvellement des populations de poissons ; pour les feux de brousse, le brûlage tardif et non contrôlé d'une savane entière avant la saison des cultures, détruisant la végétation et le sol sur de grandes surfaces ; pour la pollution, le déversement de déchets industriels non traités directement dans une rivière, contaminant l'eau utilisée par les populations riveraines.
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De la pression démographique à l'appauvrissement des sols

● Moyen

Expliquer, en 2 à 3 étapes logiques, comment la pression démographique peut conduire à la déforestation puis à l'appauvrissement des sols.

  1. Rédiger l'enchaînement causal, étape par étape.
Correction
  1. Étape 1 — Une population croissante a des besoins alimentaires, énergétiques (bois de chauffe) et d'habitation de plus en plus importants.
  2. Étape 2 — Pour satisfaire ces besoins, les populations défrichent de nouvelles surfaces de forêt afin de créer des terres agricoles, de prélever du bois ou d'étendre les zones habitées : c'est la déforestation.
  3. Étape 3 — Une fois la couverture végétale supprimée, le sol n'est plus protégé par les racines des arbres ni enrichi par la litière végétale : il est directement exposé aux pluies et au ruissellement, ce qui entraîne son érosion et la perte de sa matière organique fertile, aboutissant à l'appauvrissement des sols, moins productifs pour l'agriculture future.
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Proposer des actions correctives adaptées au Congo

● Moyen

Pour chaque pratique néfaste citée dans le cours, proposer une action corrective concrète et réaliste, applicable au Congo.

  1. Chasse et pêche abusives.
  2. Feux de brousse mal maîtrisés.
  3. Destruction de la faune et de la flore.
  4. Pollution de l'eau, du sol et de l'air.
Correction
  1. Chasse et pêche abusives : instaurer et faire respecter des périodes de repos biologique (interdiction de chasse/pêche à certaines saisons), interdire les techniques destructrices (filets à mailles fines, poisons), et renforcer la surveillance contre le braconnage.
  2. Feux de brousse mal maîtrisés : sensibiliser les agriculteurs à pratiquer des feux précoces et contrôlés (en début de saison sèche, sur des surfaces limitées et surveillées), plutôt que des feux tardifs et incontrôlés.
  3. Destruction de la faune et de la flore : créer et faire respecter des aires protégées, encourager le reboisement des zones déjà déboisées, et promouvoir une gestion durable de l'exploitation forestière (replantation après coupe).
  4. Pollution de l'eau, du sol et de l'air : mettre en place une gestion raisonnée des déchets (collecte, tri, traitement), assurer le curage régulier des égouts et caniveaux, et contrôler le traitement des rejets industriels avant leur évacuation dans la nature.
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Avantages et limites des feux de brousse

● Moyen

Les feux de brousse sont une pratique agricole traditionnelle largement répandue.

  1. Présenter les bénéfices à court terme des feux de brousse pour les agriculteurs.
  2. Présenter les dégâts qu'ils peuvent causer à long terme lorsqu'ils sont mal maîtrisés.
  3. Conclure sur la nécessité d'une pratique maîtrisée plutôt que d'une interdiction totale ou d'une absence totale de contrôle.
Correction
  1. À court terme, le feu de brousse permet de débroussailler rapidement un terrain avant la saison des cultures, de faciliter le travail du sol en supprimant la végétation herbacée, d'apporter un enrichissement ponctuel en cendres fertilisantes, et de faciliter la chasse en rabattant le gibier.
  2. À long terme, s'il est mal maîtrisé (trop fréquent, trop tardif, trop étendu), il détruit la végétation ligneuse en plus de la végétation herbacée, appauvrit durablement les sols en supprimant la matière organique et en les exposant à l'érosion, détruit les habitats et tue une partie de la faune (nids, jeunes animaux), et émet des gaz polluants contribuant à la dégradation de l'air.
  3. Les feux de brousse ne doivent donc pas être totalement interdits, car ils répondent à un besoin agricole réel, mais ils doivent être maîtrisés : pratiqués tôt en saison sèche, sur des surfaces limitées, de façon contrôlée et encadrée, afin d'en tirer les bénéfices agricoles sans provoquer les dégâts environnementaux d'un feu incontrôlé.

Problème de synthèse

● Niveau Bac

Dans une région fictive du Congo, on a suivi sur 20 ans l'évolution de la surface forestière et l'évolution de la population :

AnnéeSurface forestière (km²)Population (habitants)
20054 00050 000
20103 60065 000
20153 10082 000
20202 500103 000
20251 900128 000
  1. Décrire l'évolution de la surface forestière et l'évolution de la population entre 2005 et 2025.
  2. Analyser la corrélation entre ces deux évolutions et en déduire les causes probables de la diminution de la surface forestière.
  3. Proposer un plan d'action argumenté de restauration environnementale, à l'échelle d'un club scolaire « ami de la nature », pour cette région.
Correction du problème de synthèse
  1. Entre 2005 et 2025, la surface forestière diminue de façon continue et importante, passant de 4 000 km² à 1 900 km², soit une perte de 2 100 km² en 20 ans (environ 52,5 % de la surface initiale). Dans le même temps, la population de la région augmente de façon continue et importante, passant de 50 000 à 128 000 habitants, soit plus du double en 20 ans (une hausse d'environ 156 %).
  2. On observe donc une corrélation négative entre les deux évolutions : à mesure que la population augmente, la surface forestière diminue, de façon quasiment symétrique et continue sur toute la période. Cette corrélation suggère fortement que la croissance démographique est une cause majeure de la déforestation observée : l'augmentation du nombre d'habitants accroît les besoins en terres agricoles pour se nourrir, en bois de chauffe et de construction pour l'énergie et l'habitat, et en surfaces habitables pour se loger, ce qui pousse à défricher des surfaces de forêt de plus en plus grandes chaque année. (On rappelle qu'une corrélation ne suffit pas, à elle seule, à prouver un lien de causalité direct et unique : d'autres facteurs, comme l'exploitation forestière commerciale ou les feux de brousse, peuvent également contribuer à la baisse observée.)
  3. Plan d'action proposé pour un club scolaire « ami de la nature » : (1) Sensibilisation — organiser des campagnes d'information dans les écoles et auprès des familles sur les conséquences de la déforestation (érosion, appauvrissement des sols, perte de biodiversité) et sur les pratiques agricoles alternatives moins destructrices ; (2) Reboisement — mettre en place une pépinière scolaire et organiser des journées régulières de plantation d'arbres sur les zones déboisées, en priorité près des cours d'eau pour lutter contre l'érosion des berges ; (3) Actions de terrain — participer au curage des caniveaux et à la gestion des déchets du quartier ou du village pour limiter les pollutions associées à la croissance urbaine ; (4) Plaidoyer — interpeller les autorités locales pour la création d'une aire protégée ou d'une zone de reboisement communautaire, et pour un encadrement plus strict du défrichement agricole ; (5) Suivi — mettre en place un suivi annuel simple (comptage des arbres plantés, observation de la surface reboisée) afin d'évaluer les progrès du club dans le temps.

QCM

10 questions · Correction immédiate

0Score
0/10Répondues
Q1/10

Laquelle de ces pratiques constitue un exemple de pratique néfaste sur l'environnement ?

Q2/10

Un feu de brousse mal maîtrisé peut entraîner :

Q3/10

Parmi les causes suivantes, laquelle est directement responsable de la déforestation ?

Q4/10

Quel est le lien entre la pression démographique et la destruction de l'environnement ?

Q5/10

La restauration environnementale désigne :

Q6/10

Quel est un exemple concret d'action de protection de l'environnement ?

Q7/10

Le curage des égouts contribue essentiellement à :

Q8/10

Quel est le rôle principal des clubs scolaires « amis de la nature » ?

Q9/10

Le déversement d'hydrocarbures dans un cours d'eau est un exemple de :

Q10/10

Pourquoi l'éducation environnementale est-elle importante ?