PrécédentCh. 04 — Écologie — préservation de l'environnement 📚 Tous les chapitres SuivantCh. 06 — Reproduction chez l'homme

1. La mitose : une division qui conserve le patrimoine génétique

Définition

La mitose est le mécanisme de division des cellules somatiques (toutes les cellules du corps, à l'exception des cellules reproductrices). Elle transforme une cellule mère à 2n chromosomes en deux cellules filles, elles aussi à 2n chromosomes, strictement identiques entre elles et à la cellule mère sur le plan génétique. C'est pourquoi on qualifie la mitose de division conservative.

1.1. L'interphase, une préparation indispensable

Le cycle cellulaire débute par une interphase, période de loin la plus longue, qui comprend trois sous-phases :

  • G1 : la cellule augmente de volume, fabrique protéines et organites ; ses chromosomes, sous forme de chromatine décondensée, sont chacun réduits à une seule chromatide.
  • S : c'est la phase de réplication de l'ADN. Chaque molécule d'ADN se duplique à l'identique, de sorte qu'à la sortie de la phase S, chaque chromosome comporte deux chromatides sœurs génétiquement identiques, solidaires au niveau du centromère.
  • G2 : phase de vérification et de préparation active à la mitose (fabrication des protéines du futur fuseau).

1.2. Les quatre phases de la mitose

Déroulement chronologique

Prophase : la chromatine se condense peu à peu, les chromosomes deviennent individualisés et visibles, toujours formés de deux chromatides sœurs ; l'enveloppe du noyau disparaît progressivement tandis que le fuseau mitotique (réseau de microtubules) s'organise.

Métaphase : les chromosomes, condensés au maximum, se rangent sur le plan équatorial de la cellule (plaque métaphasique), leur centromère relié aux fibres du fuseau venues des deux pôles.

Anaphase : chaque centromère se clive, libérant les deux chromatides sœurs qui deviennent alors des chromosomes autonomes à une seule chromatide ; ceux-ci sont tractés vers les pôles opposés de la cellule par les fibres du fuseau.

Télophase : à chaque pôle, les chromosomes se décondensent en chromatine diffuse, une enveloppe nucléaire se reconstitue autour de chaque lot chromosomique, puis la cellule se scinde en deux par cytodiérèse (étranglement de la membrane chez l'animal, cloison cellulaire chez le végétal) : deux cellules filles sont ainsi produites.

1.3. Le devenir du chromosome tout au long de la mitose

Suivi d'un chromosome

En G1, un chromosome donné est simple, réduit à une seule chromatide. La réplication de la phase S le transforme en un chromosome dupliqué, à deux chromatides sœurs identiques ; cet état persiste en G2, en prophase et en métaphase. C'est seulement en anaphase que les deux chromatides se séparent au centromère et deviennent chacune un chromosome indépendant à une chromatide. À l'issue de la télophase, chaque cellule fille hérite donc d'un lot de chromosomes simples, identique en nombre et en nature au lot de la cellule mère de départ.

1.4. La quantité d'ADN varie au fil du cycle

Lecture du graphique

En notant q la quantité d'ADN d'une cellule en G1 (chromosomes à une chromatide), cette valeur reste stable pendant toute la phase G1. Pendant la phase S, elle s'élève progressivement de q à 2q, traduisant la réplication de l'ADN. La valeur 2q se maintient ensuite en G2, en prophase et en métaphase, car l'ADN dupliqué n'est pas encore réparti. Dès l'anaphase, au moment où les chromatides sœurs se séparent et gagnent chacune un pôle, la quantité d'ADN par pôle redescend à q. À la fin de la télophase, chacune des deux cellules filles présente de nouveau une quantité d'ADN égale à q, comme la cellule mère en G1.

1.5. Ce qui caractérise la mitose

  • Le nombre chromosomique 2n reste rigoureusement stable d'une cellule à sa descendance.
  • Les deux cellules filles sont génétiquement identiques entre elles et à la cellule mère (hors mutation accidentelle survenue lors de la réplication).
  • La mitose permet la croissance de l'organisme, le renouvellement permanent des tissus et la réparation des lésions (cicatrisation).

1.6. Signaux qui stimulent ou bloquent la mitose

L'entrée d'une cellule en division est étroitement surveillée par des signaux moléculaires. Des facteurs de croissance jouent un rôle d'indicateurs positifs : ils stimulent le passage de G1 vers la phase S et déclenchent la prolifération, par exemple lors de la cicatrisation. À l'opposé, des molécules inhibitrices bloquent le cycle à des points de contrôle précis lorsqu'une anomalie est détectée (ADN endommagé, réplication incomplète). Quand ce système de régulation est défaillant (suite à une mutation d'un gène régulateur), les cellules peuvent se diviser de manière anarchique et incontrôlée : c'est l'un des mécanismes à l'origine du développement des cancers.

1.7. Bilan de la mitose

À retenir

À partir d'une cellule mère à 2n chromosomes, la mitose produit 2 cellules filles à 2n chromosomes, génétiquement identiques entre elles et à la cellule mère.

2. La méiose : une division qui réduit et brasse le patrimoine génétique

Définition

La méiose est le mode de division propre aux cellules germinales, à l'origine des gamètes. Elle fait passer une cellule mère à 2n chromosomes (deux lots de chromosomes homologues) à quatre cellules filles à n chromosomes (un seul lot), génétiquement différentes les unes des autres et de la cellule mère. On parle de division réductionnelle car elle divise par deux le nombre de chromosomes ; ce nombre 2n sera ensuite restauré lors de la fécondation.

2.1. Première division : la division réductionnelle

De la prophase I à la télophase I

Après une phase S préalable (réplication de l'ADN, chromosomes à deux chromatides), la prophase I se distingue par l'appariement, deux à deux, des chromosomes homologues (l'un d'origine paternelle, l'autre d'origine maternelle) formant des bivalents (tétrades). C'est à ce moment que surviennent les crossing-over : des échanges de segments de chromatides entre chromosomes homologues appariés.

En métaphase I, ces bivalents se positionnent sur la plaque équatoriale. En anaphase I, ce sont les chromosomes homologues entiers (chacun toujours à deux chromatides) qui se séparent et migrent vers les pôles opposés — contrairement à la mitose où seules les chromatides sœurs se séparent. Pour chaque paire, la répartition des chromosomes paternel et maternel entre les deux pôles s'effectue de façon aléatoire et indépendante.

La télophase I conduit à deux cellules à n chromosomes, chaque chromosome restant formé de deux chromatides.

2.2. Seconde division : la division équationnelle

Un mécanisme proche de la mitose

Sans nouvelle réplication de l'ADN, la seconde division reproduit le déroulement d'une mitose ordinaire : prophase II, métaphase II, anaphase II (séparation des chromatides sœurs de chaque chromosome), télophase II. Elle est dite équationnelle car elle ne réduit pas davantage le nombre de chromosomes par rapport à la fin de la division I, mais sépare simplement les chromatides sœurs.

2.3. Suivi de la quantité d'ADN et du nombre de chromosomes

Évolution quantitative

En G1, la cellule mère compte 2n chromosomes à une chromatide (quantité q). Après la phase S, elle possède 2n chromosomes à deux chromatides (quantité 2q). À la fin de la division I (réductionnelle), chaque cellule obtenue possède n chromosomes à deux chromatides (quantité q). À la fin de la division II (équationnelle), chaque cellule possède n chromosomes à une chromatide (quantité q/2). Au terme du processus, quatre cellules filles à n chromosomes simples sont produites à partir d'une seule cellule mère à 2n chromosomes.

2.4. Pourquoi la méiose brasse le patrimoine génétique

Brassage intrachromosomique

Il provient des crossing-over réalisés en prophase I entre chromatides de chromosomes homologues : des segments de chromatides échangent de place, ce qui crée de nouvelles combinaisons d'allèles sur un même chromosome, différentes des chromosomes parentaux de départ.

Brassage interchromosomique

Il découle de la répartition aléatoire et indépendante des chromosomes homologues (paternels ou maternels) entre les deux pôles au moment de l'anaphase I. Pour n paires de chromosomes, on dénombre 2ⁿ répartitions possibles des chromosomes d'origine paternelle et maternelle dans les gamètes obtenus.

Ces deux mécanismes de brassage, associés lors de la fécondation au hasard de la rencontre des gamètes, expliquent que les gamètes produits par un même individu soient tous génétiquement différents, et constituent l'une des principales sources de diversité génétique au sein d'une espèce.

2.5. Bilan de la méiose

À retenir

À partir d'une cellule mère à 2n chromosomes, la méiose produit 4 cellules filles à n chromosomes, génétiquement différentes les unes des autres et de la cellule mère.

3. Mitose et méiose : tableau comparatif

CritèreMitoseMéiose
Nombre de divisions successives1 division2 divisions (I puis II)
Nombre de cellules filles produites2 cellules4 cellules
Nombre de chromosomes des cellules filles2n (identique à la cellule mère)n (réduit de moitié)
Diversité génétique des cellules fillesIdentiques entre elles et à la cellule mèreToutes différentes (brassages intra et interchromosomique)
Type de cellules concernéesCellules somatiquesCellules germinales
Lieu / contexte biologiqueDans tous les tissus de l'organismeDans les gonades (ovaires, testicules)
Rôle biologiqueCroissance, renouvellement des tissus, cicatrisationProduction des gamètes, maintien du caryotype de l'espèce à la fécondation

4. La synthèse des protéines

Rappel

L'information génétique est portée par l'ADN, présent dans le noyau et organisé en gènes : un gène est un segment d'ADN qui renferme l'information nécessaire à la fabrication d'une protéine donnée. L'expression d'un gène se réalise en deux grandes étapes successives : la transcription, qui se déroule dans le noyau, puis la traduction, qui se déroule dans le cytoplasme au niveau des ribosomes.

4.1. La transcription : de l'ADN à l'ARNm

Mécanisme

Dans le noyau, une enzyme appelée ARN polymérase se fixe sur l'ADN au début d'un gène, ouvre localement la double hélice et synthétise une molécule d'ARN messager (ARNm) en utilisant l'un des deux brins d'ADN comme brin matrice. Cette synthèse obéit à une règle de complémentarité des bases : A (ADN) s'apparie à U (ARN), T (ADN) s'apparie à A (ARN), G (ADN) s'apparie à C (ARN) et C (ADN) s'apparie à G (ARN). Chez les eucaryotes, l'ARNm pré-messager ainsi obtenu subit une maturation (excision des introns non codants, rabout des exons codants) avant de sortir du noyau vers le cytoplasme sous forme d'ARNm mature.

4.2. La traduction : de l'ARNm à la protéine

Mécanisme

Dans le cytoplasme, l'ARNm mature s'associe à un ribosome, qui lit l'information génétique par groupes successifs de trois nucléotides, appelés codons. Chaque codon correspond à un acide aminé précis, selon un code génétique universel, dégénéré et non chevauchant. Des molécules d'ARN de transfert (ARNt), porteuses chacune d'un triplet appelé anticodon complémentaire d'un codon et liées à l'acide aminé correspondant, apportent les acides aminés dans l'ordre imposé par la succession des codons de l'ARNm.

Les trois temps de la traduction

Initiation : le ribosome se positionne sur l'ARNm au niveau du codon d'initiation AUG, qui code systématiquement la méthionine et détermine le cadre de lecture.

Élongation : le ribosome avance le long de l'ARNm codon après codon ; à chaque étape, un ARNt apporte l'acide aminé associé au codon lu, et une liaison peptidique se forme avec la chaîne polypeptidique en cours d'élaboration.

Terminaison : dès que le ribosome rencontre un codon stop (UAA, UAG ou UGA), qui ne code aucun acide aminé, la synthèse s'interrompt et la protéine achevée est libérée.

4.3. Bilan : le dogme central de la biologie moléculaire

À retenir

ADN → (transcription) → ARNm → (traduction) → protéine. L'information contenue dans la séquence de nucléotides d'un gène est ainsi traduite en une séquence d'acides aminés, qui détermine la structure, puis la fonction, de la protéine correspondante.

🧠 À retenir

  • Mitose : 1 division → 2 cellules filles à 2n chromosomes, identiques à la cellule mère (croissance, renouvellement des tissus, cicatrisation).
  • Méiose : 2 divisions successives → 4 cellules filles à n chromosomes, toutes génétiquement différentes (formation des gamètes).
  • Le brassage intrachromosomique (crossing-over, prophase I) et le brassage interchromosomique (répartition aléatoire des homologues, anaphase I) sont les deux sources de diversité génétique propres à la méiose.
  • La transcription (ADN → ARNm) se déroule dans le noyau ; la traduction (ARNm → protéine) se déroule sur les ribosomes, dans le cytoplasme.
  • Le code génétique se lit par codons de trois nucléotides : AUG est le codon d'initiation (méthionine) ; UAA, UAG et UGA sont les trois codons stop.
1

Reconstituer l'ordre des phases de la mitose

● Facile

Voici, présentées dans le désordre, cinq propositions décrivant des moments du cycle d'une cellule somatique : (a) les chromosomes, encore décondensés, sont dupliqués par réplication de l'ADN ; (b) les chromatides sœurs, désormais séparées, migrent chacune vers un pôle de la cellule ; (c) les chromosomes, condensés et formés de deux chromatides, s'alignent sur la plaque équatoriale ; (d) la chromatine commence à se condenser et le fuseau mitotique se met en place ; (e) les chromosomes se décondensent, deux noyaux se reforment et la cellule se divise en deux.

  1. Classer ces cinq propositions dans l'ordre chronologique correct.
  2. Associer à chaque proposition le nom de la phase correspondante (interphase/phase S, prophase, métaphase, anaphase, télophase).
Correction
  1. Ordre chronologique correct : (a) → (d) → (c) → (b) → (e).
  2. (a) correspond à la phase S de l'interphase (réplication de l'ADN) ; (d) correspond à la prophase (condensation des chromosomes, mise en place du fuseau) ; (c) correspond à la métaphase (alignement sur la plaque équatoriale) ; (b) correspond à l'anaphase (migration des chromatides séparées) ; (e) correspond à la télophase (décondensation et cytodiérèse).
2

Dénombrer chromosomes et chromatides

● Moyen

Chez l'espèce humaine, le caryotype normal comporte 2n = 46 chromosomes. Pour chacune des situations suivantes, préciser le nombre de chromosomes présents dans la cellule ainsi que le nombre de chromatides par chromosome, en justifiant à l'aide du cours :

  1. Une cellule somatique en métaphase de mitose.
  2. Une cellule somatique juste après la télophase de mitose.
  3. Une cellule germinale en métaphase I de méiose.
  4. Une cellule juste après la télophase I de méiose.
  5. Un gamète obtenu à l'issue de la télophase II de méiose.
Correction
  1. En métaphase de mitose, l'ADN a déjà été répliqué (phase S) mais aucune séparation n'a encore eu lieu : la cellule compte 46 chromosomes à 2 chromatides chacun.
  2. Après la télophase de mitose, les chromatides séparées sont devenues des chromosomes autonomes, et le nombre 2n est conservé dans chaque cellule fille : 46 chromosomes à 1 chromatide.
  3. En métaphase I, l'ADN est répliqué et les homologues ne sont pas encore séparés : 46 chromosomes à 2 chromatides (organisés en 23 bivalents).
  4. Après la télophase I (division réductionnelle), le nombre de chromosomes est réduit de moitié mais chacun garde ses 2 chromatides : 23 chromosomes à 2 chromatides.
  5. Après la télophase II (division équationnelle, séparation des chromatides sœurs) : 23 chromosomes à 1 chromatide, soit n = 23, la moitié du nombre initial 2n = 46.
3

Illustrer le brassage interchromosomique

● Moyen

Une cellule germinale possède deux paires de chromosomes homologues portant des allèles différents : la paire 1 porte les allèles A et B (d'origine paternelle) sur un chromosome, a et b (d'origine maternelle) sur l'autre ; la paire 2 porte l'allèle D sur le chromosome paternel et l'allèle d sur le chromosome maternel. On admet qu'aucun crossing-over ne se produit sur ces deux paires.

  1. Rappeler ce que l'on entend par « brassage interchromosomique » et préciser à quel moment de la méiose il se produit.
  2. Lors de l'anaphase I, les deux paires de chromosomes se répartissent indépendamment l'une de l'autre. Donner toutes les combinaisons possibles reçues par un même pôle pour les paires 1 et 2.
  3. En déduire les types de gamètes (combinaisons d'allèles) qui peuvent être produits à l'issue de la méiose.
  4. Généraliser : pour une cellule à n paires de chromosomes, combien de types de gamètes différents le seul brassage interchromosomique peut-il théoriquement produire ?
Correction
  1. Le brassage interchromosomique correspond à la répartition aléatoire et indépendante des chromosomes homologues (paternels et maternels) entre les deux pôles de la cellule ; il se produit lors de l'anaphase I de la méiose.
  2. Chaque paire se répartit indépendamment de l'autre : un pôle peut recevoir (paire 1 paternelle + paire 2 paternelle), (paire 1 paternelle + paire 2 maternelle), (paire 1 maternelle + paire 2 paternelle), ou (paire 1 maternelle + paire 2 maternelle) — soit 4 combinaisons possibles pour la première division.
  3. Après la division II (séparation des chromatides sœurs, ici identiques en l'absence de crossing-over), les gamètes obtenus portent les combinaisons d'allèles suivantes : (A,D), (A,d), (a,D) et (a,d) — soit 4 types de gamètes génétiquement différents.
  4. Pour n paires de chromosomes, chaque paire se répartissant indépendamment des autres, le brassage interchromosomique seul permet de produire théoriquement 2ⁿ types de gamètes différents.
4

Traduire une séquence d'ADN en protéine

● Moyen

Un gène possède, sur son brin matrice (orienté 3'→5'), la séquence suivante :

Brin matrice (3'→5') : TAC TTC GGG GAC ATT

Extrait de la table du code génétique fourni pour cet exercice :

Codon ARNmAcide aminé
AUGMéthionine (Met) — start
AAGLysine (Lys)
CCCProline (Pro)
CUGLeucine (Leu)
UAA / UAG / UGACodon stop (aucun acide aminé)
  1. Rappeler la règle de complémentarité entre les bases de l'ADN (brin matrice) et celles de l'ARN, puis donner la séquence de l'ARNm transcrit (préciser son orientation 5'→3').
  2. Découper cet ARNm en codons et donner, à l'aide de la table fournie, la séquence des acides aminés de la protéine obtenue.
  3. Repérer le codon d'initiation et le codon stop. Que deviendrait la protéine si une mutation faisait disparaître ce codon stop ?
Correction
  1. Règles de complémentarité ADN → ARN : A(ADN)–U(ARN), T(ADN)–A(ARN), G(ADN)–C(ARN), C(ADN)–G(ARN). La transcription du brin matrice 3'-TAC TTC GGG GAC ATT-5' donne, de façon antiparallèle, l'ARNm orienté 5'→3' :
    ARNm (5'→3') : AUG AAG CCC CUG UAA
  2. Découpage en codons : AUG | AAG | CCC | CUG | UAA. D'après la table : AUG = Méthionine, AAG = Lysine, CCC = Proline, CUG = Leucine, UAA = stop (non traduit). La protéine obtenue est donc : Méthionine – Lysine – Proline – Leucine (4 acides aminés).
  3. Le codon d'initiation est AUG (premier codon, code la méthionine) ; le codon stop est UAA (dernier codon). Si ce codon stop disparaissait à la suite d'une mutation, le ribosome poursuivrait la lecture des codons suivants de l'ARNm au-delà de la région codante normale, jusqu'au prochain codon stop rencontré (éventuellement bien plus loin) : la protéine obtenue serait anormalement allongée et très probablement non fonctionnelle.

Problème de synthèse

● Niveau Bac

Ce problème comporte deux parties indépendantes, l'une portant sur la division cellulaire, l'autre sur la synthèse des protéines.

Partie A — Identifier une division à partir de la variation de la quantité d'ADN

On suit expérimentalement la quantité d'ADN par cellule (en unités arbitraires q) au sein d'une lignée de cellules germinales, au cours du temps. Les résultats sont les suivants : de t0 à t1, la quantité reste constante et égale à q ; de t1 à t2, elle passe progressivement de q à 2q ; de t2 à t3, elle reste stable à 2q ; à t3, elle chute de 2q à q dans deux cellules obtenues ; ces deux cellules restent stables à q jusqu'à t4 ; à t4, une nouvelle chute survient, de q à q/2, dans chacune des quatre cellules finalement obtenues, qui restent ensuite stables.

  1. Interpréter, en termes de phases du cycle cellulaire, les intervalles t0-t1, t1-t2 et t2-t3.
  2. La quantité d'ADN chute-t-elle en une seule étape ou en deux étapes successives entre t3 et la fin de l'expérience ? En déduire s'il s'agit d'une mitose ou d'une méiose. Justifier précisément votre réponse.
  3. Reconstituer, dans l'ordre chronologique, l'ensemble des phases traversées entre t0 et la fin de l'expérience, en précisant à chaque étape le nombre de chromatides par chromosome.

Partie B — Conséquence d'une mutation ponctuelle sur la protéine

On reprend le gène de l'exercice 4, dont le brin matrice 3'-TAC TTC GGG GAC ATT-5' code la séquence Met-Lys-Pro-Leu. Une mutation ponctuelle remplace la dernière base du deuxième triplet du brin matrice : le brin matrice devient 3'-TAC TTA GGG GAC ATT-5' (A à la place du C final de TTC).

  1. Donner la nouvelle séquence d'ARNm transcrite, puis identifier le nouveau codon concerné (sachant que le codon UAA est un codon stop).
  2. Préciser la nature de cette mutation (faux-sens, non-sens ou silencieuse) et sa conséquence sur la protéine produite.
  3. Expliquer pourquoi une telle mutation, si elle survient dans une cellule germinale, peut se transmettre à la descendance, alors qu'une mutation survenant dans une cellule somatique ne le peut pas.
Correction du problème de synthèse
  1. t0-t1 : quantité d'ADN constante à q → phase G1 de l'interphase (chromosomes à 1 chromatide, réplication non encore amorcée). t1-t2 : la quantité passe progressivement de q à 2q → phase S (réplication de l'ADN, chromosomes désormais à 2 chromatides). t2-t3 : quantité constante à 2q → phase G2, puis prophase I et métaphase I (l'ADN est dupliqué mais pas encore réparti entre cellules).
  2. La quantité d'ADN chute en deux étapes successives : d'abord de 2q à q à t3 (donnant deux cellules), puis de q à q/2 à t4 (donnant quatre cellules au total, stables à q/2). Cette double chute en deux divisions successives, avec quatre cellules filles finales, est caractéristique d'une méiose (une mitose n'aurait comporté qu'une seule division et qu'une seule chute, de 2q directement à q, avec seulement deux cellules filles finales).
  3. Ordre des phases : G1 (chromosomes à 1 chromatide, quantité q) → phase S (réplication, passage progressif à des chromosomes à 2 chromatides, quantité 2q) → G2 (chromosomes à 2 chromatides) → prophase I (appariement des homologues en bivalents, crossing-over, chromosomes à 2 chromatides) → métaphase I (bivalents alignés) → anaphase I (séparation des chromosomes homologues entiers, encore à 2 chromatides chacun) → télophase I (2 cellules à n chromosomes à 2 chromatides, quantité q) → prophase II, métaphase II → anaphase II (séparation des chromatides sœurs, chromosomes redevenus à 1 chromatide) → télophase II (4 cellules filles à n chromosomes à 1 chromatide, quantité q/2 chacune).
  4. Le brin matrice muté 3'-TAC TTA GGG GAC ATT-5' donne, par complémentarité, l'ARNm 5'-AUG AAU CCC CUG UAA-3'. Le deuxième codon devient donc AAU (au lieu de AAG) ; ce n'est pas un codon stop (les codons stop sont UAA, UAG, UGA), la lecture se poursuit donc normalement jusqu'au codon UAA final.
  5. AAU code un acide aminé différent de AAG (vraisemblablement l'asparagine, à la place de la lysine) : la mutation remplace donc un acide aminé par un autre dans la protéine (Met-Asn-Pro-Leu au lieu de Met-Lys-Pro-Leu), sans créer ni supprimer de codon stop. Il s'agit d'une mutation faux-sens, qui peut modifier, plus ou moins fortement selon la position et la nature du changement, la structure et donc la fonction de la protéine.
  6. Une mutation touchant une cellule somatique n'affecte que les cellules qui en dérivent par mitose au sein de l'organisme concerné ; elle n'est jamais transmise aux descendants. En revanche, une mutation touchant une cellule germinale peut être transmise, via les gamètes issus de la méiose, à la génération suivante, et se retrouver alors dans toutes les cellules de la descendance : elle devient héréditaire.

QCM

10 questions · Correction immédiate

0Score
0/10Répondues
Q1/10

Parmi les phases suivantes de la mitose, laquelle se déroule en première ?

Q2/10

La quantité d'ADN d'une cellule double au cours de :

Q3/10

À partir d'une cellule mère à 2n chromosomes, le résultat de la mitose est :

Q4/10

À partir d'une cellule mère à 2n chromosomes, le résultat de la méiose est :

Q5/10

Le brassage interchromosomique résulte de :

Q6/10

Les crossing-over, à l'origine du brassage intrachromosomique, se produisent au cours de :

Q7/10

La transcription, synthèse de l'ARNm à partir de l'ADN, se déroule dans :

Q8/10

La traduction, synthèse de la protéine à partir de l'ARNm, se déroule au niveau :

Q9/10

Le codon d'initiation de la traduction, codant la méthionine, est :

Q10/10

Parmi les codons suivants, lequel constitue un codon stop ?