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Ch. 12 Mathématiques · Terminale Industrielle (TE)

Algèbre linéaire : espaces vectoriels réels, applications linéaires et affines

Structure d'espace vectoriel, familles libres et bases, applications linéaires (noyau, image, théorème du rang) et applications affines.

1. Structure d'espace vectoriel réel

Définition

Un ensemble E muni d'une addition interne + et d'une multiplication externe par un réel ⋅ est un espace vectoriel réel si (E,+) est un groupe commutatif et si pour tous λ, μ ∈ ℝ et u, v ∈ E : λ(u+v) = λu+λv, (λ+μ)u = λu+μu, λ(μu) = (λμ)u, 1·u = u.

Sous-espace vectoriel

F ⊂ E est un sous-espace vectoriel de E si F ≠ ∅ (ou 0 ∈ F) et F est stable par combinaison linéaire : pour tous u, v ∈ F et λ, μ ∈ ℝ, λu + μv ∈ F.

Exemple

Dans ℝ³, F = {(x,y,z) : x + y − z = 0} est un sous-espace vectoriel : (0,0,0) ∈ F, et si (x,y,z), (x′,y′,z′) ∈ F, alors λ(x,y,z)+μ(x′,y′,z′) vérifie encore l'équation (combinaison linéaire de deux équations nulles).

2. Familles libres, génératrices, bases

Définitions

Une famille (u₁,…,uₙ) est libre si λ₁u₁+…+λₙuₙ = 0 implique λ₁=…=λₙ=0. Elle est génératrice de E si tout vecteur de E est combinaison linéaire des uᵢ. Une base est une famille libre et génératrice ; le nombre de vecteurs d'une base est la dimension de E.

Exemple

Dans ℝ², u=(1,2) et v=(3,1) : λ(1,2)+μ(3,1)=(0,0) donne λ+3μ=0 et 2λ+μ=0, soit λ=μ=0 (déterminant 1×1−3×2=−5≠0). La famille est libre, donc c'est une base de ℝ² (dimension 2).

3. Applications linéaires et affines

Définition

f : E → F est linéaire si f(u+v) = f(u)+f(v) et f(λu) = λf(u) pour tous u,v ∈ E, λ ∈ ℝ. Le noyau Ker f = {u ∈ E : f(u) = 0} et l'image Im f = {f(u) : u ∈ E} sont des sous-espaces vectoriels.

Théorème du rang

Si E est de dimension finie : dim E = dim Ker f + dim Im f.

Application affine

g est affine s'il existe une application linéaire φ (sa partie linéaire) telle que pour tout M, N : le vecteur g(M)g(N) = φ(vecteur MN). Translations et homothéties sont des applications affines particulières.

🧠 À retenir absolument

  • Sous-espace vectoriel : contient 0 (ou non vide) et stable par combinaison linéaire
  • Famille libre : seule combinaison nulle est la combinaison triviale
  • Base = famille libre + génératrice ; dimension = nombre de vecteurs d'une base
  • dim E = dim Ker f + dim Im f (théorème du rang)
  • Application affine = translation composée d'une application linéaire (sa partie linéaire)
1

Sous-espace vectoriel ?

● Facile

F = {(x,y,z) ∈ ℝ³ : 2x − y + z = 0}. Montrer que F est un sous-espace vectoriel de ℝ³.

✅ Correction

(0,0,0) vérifie 2×0−0+0=0, donc 0 ∈ F. Soient (x,y,z),(x′,y′,z′) ∈ F et λ,μ ∈ ℝ : λ(x,y,z)+μ(x′,y′,z′) = (λx+μx′, λy+μy′, λz+μz′). On calcule 2(λx+μx′)−(λy+μy′)+(λz+μz′) = λ(2x−y+z)+μ(2x′−y′+z′) = λ×0+μ×0 = 0. Donc la combinaison appartient à F : F est un sous-espace vectoriel de ℝ³.

2

Famille libre ou liée ?

● Facile

u = (2,−1) et v = (−4,2). La famille (u,v) est-elle libre dans ℝ² ?

✅ Correction

On remarque que v = −2u : (−4,2) = −2×(2,−1). Donc v − (−2)u = 0 avec des coefficients non tous nuls (1 et 2).

La famille est liée (v est colinéaire à u) : elle ne peut pas être une base de ℝ².

3

Noyau, image et théorème du rang

● Moyen

f : ℝ² → ℝ² définie par f(x,y) = (x+y, 2x+2y). Déterminer Ker f, Im f et vérifier le théorème du rang.

✅ Correction

Noyau : f(x,y)=(0,0) ⟺ x+y=0 et 2x+2y=0 ⟺ y=−x. Donc Ker f = {(x,−x) : x ∈ ℝ} = Vect((1,−1)), droite vectorielle de dimension 1.

Image : f(x,y) = (x+y)(1,2). Tout vecteur image est colinéaire à (1,2). Donc Im f = Vect((1,2)), dimension 1.

Vérification : dim E = 2 = dim Ker f + dim Im f = 1 + 1 = 2. ✓ Le théorème du rang est vérifié.

4

Point invariant d'une application affine

● Moyen

Une application affine g du plan a pour partie linéaire l'homothétie vectorielle de rapport 3, et envoie A(1,2) sur A′(5,4). Déterminer le point invariant Ω de g (le centre de l'homothétie affine correspondante) et le rapport.

✅ Correction

g est une homothétie affine de rapport k=3. Le point invariant Ω vérifie vecteur ΩA′ = 3·vecteur ΩA, soit A′ − Ω = 3(A − Ω), donc A′ − 3A = Ω − 3Ω = −2Ω, d'où Ω = (3A − A′)/2.

Ω = (3×(1,2) − (5,4)) / 2 = ((3,6) − (5,4)) / 2 = (−2,2) / 2 = (−1, 1)

Vérification : vecteur ΩA = (1−(−1), 2−1) = (2,1) ; vecteur ΩA′ = (5−(−1), 4−1) = (6,3) = 3×(2,1). ✓

Ω(−1, 1), rapport k = 3.

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Problème de synthèse

● Difficile

Soit f : ℝ³ → ℝ² définie par f(x,y,z) = (x+y−z, 2x+y−z).

  1. Montrer que f est linéaire.
  2. Déterminer Ker f (donner une base) et sa dimension.
  3. Déterminer Im f et sa dimension, en utilisant le théorème du rang.
✅ Correction
  1. Pour u=(x,y,z), u′=(x′,y′,z′) et λ,μ ∈ ℝ : f(λu+μu′) = (λx+μx′+λy+μy′−λz−μz′, 2(λx+μx′)+λy+μy′−λz−μz′) = λ(x+y−z,2x+y−z) + μ(x′+y′−z′,2x′+y′−z′) = λf(u)+μf(u′). f est linéaire.
  2. f(x,y,z)=(0,0) ⟺ x+y−z=0 et 2x+y−z=0. En soustrayant : x=0, puis y=z. Donc Ker f = {(0,y,y) : y ∈ ℝ} = Vect((0,1,1)), dimension 1, base {(0,1,1)}.
  3. Théorème du rang : dim E = 3 = dim Ker f + dim Im f = 1 + dim Im f, donc dim Im f = 2. Comme Im f ⊂ ℝ² qui est de dimension 2, on a Im f = ℝ² tout entier (f est surjective).

QCM — Auto-évaluation

10 questions · Une seule bonne réponse · Correction immédiate

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0/10Répondues
Question 1 / 10

Pour être un sous-espace vectoriel, un ensemble F doit obligatoirement :

Question 2 / 10

Une famille (u,v) de ℝ² est liée si :

Question 3 / 10

Une base d'un espace vectoriel de dimension 3 est constituée de :

Question 4 / 10

Le noyau d'une application linéaire f est :

Question 5 / 10

Si dim E = 5 et dim Ker f = 2, alors dim Im f vaut :

Question 6 / 10

Une application affine est entièrement déterminée par :

Question 7 / 10

Une translation est une application affine dont la partie linéaire est :

Question 8 / 10

f(x,y) = (x, 0) sur ℝ². Ker f est :

Question 9 / 10

Une famille génératrice de E vérifie :

Question 10 / 10

Ker f et Im f sont toujours :