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Ch. 09 Mathématiques · 1ère Commerciale (PBG)

Généralités sur les fonctions numériques

Objectif Général 3 — Analyse. Ensemble de définition, parité, sens de variation et opérations sur les fonctions numériques, préalables à l'étude des limites.

1. Fonction numérique et ensemble de définition

Définition

Une fonction numérique f associe à tout réel x d'un ensemble Df, appelé ensemble (ou domaine) de définition, un unique réel noté f(x), appelé image de x par f. L'ensemble Df regroupe tous les réels pour lesquels l'expression de f(x) a un sens (dénominateur non nul, quantité sous une racine positive ou nulle, etc.).

Exemples résolus

f(x) = 1/(x−2) : il faut x−2 ≠ 0, donc Df = R \ {2}.

g(x) = √(3x−6) : il faut 3x−6 ≥ 0, soit x ≥ 2, donc Dg = [2 ; +∞[.

h(x) = (2x+1)/(x²−4) : il faut x²−4 ≠ 0, soit x ≠ 2 et x ≠ −2, donc Dh = R \ {−2 ; 2}.

2. Parité d'une fonction

Définitions

Soit f une fonction dont le domaine de définition Df est symétrique par rapport à 0 (c'est-à-dire que x ∈ Df ⟺ −x ∈ Df). f est dite :

  • paire si, pour tout x ∈ Df, f(−x) = f(x) — la courbe est alors symétrique par rapport à l'axe des ordonnées ;
  • impaire si, pour tout x ∈ Df, f(−x) = −f(x) — la courbe est alors symétrique par rapport à l'origine O.
Exemples résolus

f(x) = x² − 3 : f(−x) = (−x)²−3 = x²−3 = f(x) → f est paire.

g(x) = x³ − 2x : g(−x) = −x³+2x = −(x³−2x) = −g(x) → g est impaire.

h(x) = x² + x : h(−x) = x²−x. Or x²−x ≠ x²+x et x²−x ≠ −(x²+x) en général → h n'est ni paire ni impaire.

3. Sens de variation d'une fonction

Définition par le taux de variation

Pour x₁ ≠ x₂ dans Df, le taux de variation de f entre x₁ et x₂ est [f(x₂)−f(x₁)] / (x₂−x₁). Sur un intervalle I ⊂ Df, f est :

  • strictement croissante si ce taux est toujours strictement positif ;
  • strictement décroissante si ce taux est toujours strictement négatif.
Exemple résolu

f(x) = −x²+4 sur [0 ; +∞[. Pour 0 ≤ x₁ < x₂ :

[f(x₂)−f(x₁)]/(x₂−x₁) = [(−x₂²+4)−(−x₁²+4)]/(x₂−x₁) = (x₁²−x₂²)/(x₂−x₁) = −(x₁+x₂)

Comme x₁,x₂ ≥ 0 et x₂ > x₁ ≥ 0, on a x₁+x₂ > 0, donc le taux vaut −(x₁+x₂) < 0 : f est strictement décroissante sur [0 ; +∞[.

4. Opérations sur les fonctions

Somme, produit, quotient, composée

Si f et g sont deux fonctions, on définit (f+g)(x)=f(x)+g(x), (fg)(x)=f(x)×g(x), (f/g)(x)=f(x)/g(x) (défini si g(x)≠0), et la composée (f∘g)(x) = f(g(x)) : on applique d'abord g, puis f au résultat. Attention, en général f∘g ≠ g∘f.

Exemple résolu

f(x) = x²+1, g(x) = 2x−3.

(f∘g)(x) = f(g(x)) = (2x−3)²+1 = 4x²−12x+9+1 = 4x²−12x+10
(g∘f)(x) = g(f(x)) = 2(x²+1)−3 = 2x²+2−3 = 2x²−1

On constate bien que f∘g ≠ g∘f.

🧠 À retenir absolument

  • Df regroupe les réels pour lesquels f(x) a un sens (dénominateur ≠0, racine ≥0)
  • f paire : f(−x)=f(x), symétrie par rapport à Oy ; f impaire : f(−x)=−f(x), symétrie par rapport à O
  • Cette étude exige un domaine symétrique par rapport à 0
  • Taux de variation positif ⟹ croissante ; négatif ⟹ décroissante
  • (f∘g)(x)=f(g(x)) : on applique g en premier, puis f ; en général f∘g ≠ g∘f
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Ensembles de définition

● Facile

Déterminer l'ensemble de définition des fonctions suivantes :

  1. f(x) = 1/(2x−6)
  2. g(x) = √(5−x)
  3. h(x) = (x+1)/(x²−1)
✅ Correction
  1. 2x−6 ≠ 0 ⟺ x ≠ 3, donc Df = R \ {3}.
  2. 5−x ≥ 0 ⟺ x ≤ 5, donc Dg = ]−∞ ; 5].
  3. x²−1 ≠ 0 ⟺ x ≠ 1 et x ≠ −1, donc Dh = R \ {−1 ; 1}.
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Étude de parité

● Facile

Étudier la parité des fonctions suivantes (Df = R dans chaque cas) :

  1. f(x) = 4x⁴ − x²
  2. g(x) = x³ + x
  3. h(x) = x² + 3x − 1
✅ Correction
  1. f(−x) = 4x⁴−x² = f(x) → f est paire.
  2. g(−x) = −x³−x = −(x³+x) = −g(x) → g est impaire.
  3. h(−x) = x²−3x−1. Or x²−3x−1 ≠ h(x) et ≠ −h(x) → h n'est ni paire ni impaire.
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Sens de variation par le taux de variation

● Moyen

Étudier le sens de variation des fonctions suivantes en utilisant le taux de variation :

  1. f(x) = 3x−5 sur R
  2. g(x) = 1/x sur ]0 ; +∞[
✅ Correction
  1. Pour x₁≠x₂ : [f(x₂)−f(x₁)]/(x₂−x₁) = [3x₂−5−3x₁+5]/(x₂−x₁) = 3(x₂−x₁)/(x₂−x₁) = 3 > 0 (constant). f est strictement croissante sur R.
  2. Pour 0<x₁<x₂ : [g(x₂)−g(x₁)]/(x₂−x₁) = [1/x₂−1/x₁]/(x₂−x₁) = [(x₁−x₂)/(x₁x₂)]/(x₂−x₁) = −1/(x₁x₂). Comme x₁,x₂>0, x₁x₂>0, donc le taux vaut −1/(x₁x₂) < 0. g est strictement décroissante sur ]0;+∞[.
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Composées de fonctions

● Moyen

Soient f(x) = √x (Df=[0;+∞[) et g(x) = x−4.

  1. Déterminer l'expression et le domaine de définition de f∘g.
  2. Déterminer l'expression et le domaine de définition de g∘f.
  3. Comparer f∘g et g∘f.
✅ Correction
  1. (f∘g)(x) = f(g(x)) = √(x−4). Il faut x−4≥0, soit x≥4 : domaine = [4;+∞[.
  2. (g∘f)(x) = g(f(x)) = √x − 4. Il faut x≥0 (domaine de f) : domaine = [0;+∞[.
  3. Les expressions √(x−4) et √x−4 sont différentes, et leurs domaines aussi (par exemple x=0 est dans le domaine de g∘f mais pas de f∘g) : f∘g ≠ g∘f.
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Application : bénéfice d'une entreprise

● Difficile

Une entreprise commerciale réalise un bénéfice (en milliers de FCFA) modélisé par B(x) = −2x² + 20x − 18, où x représente le nombre de centaines d'unités vendues, avec 0 ≤ x ≤ 10.

  1. Préciser le domaine de définition économique de B.
  2. Calculer B(−x) et déterminer si B est paire, impaire, ou ni l'une ni l'autre. Ce résultat a-t-il un sens économique ?
  3. Étudier le sens de variation de B sur [0;10] en calculant le taux de variation entre x₁ et x₂ (0≤x₁<x₂≤10), sous la forme 20−2(x₁+x₂).
  4. En déduire pour quelle valeur de x le bénéfice est maximal, et calculer ce bénéfice maximal.
✅ Correction
  1. Le domaine économique est [0 ; 10] (on ne peut pas vendre un nombre négatif d'unités, et la production est limitée à 10 centaines).
  2. B(−x) = −2x²−20x−18. On voit que B(−x) ≠ B(x) et B(−x) ≠ −B(x) : B n'est ni paire ni impaire. Ce résultat est cohérent : la notion de parité exige un domaine symétrique par rapport à 0, or [0;10] ne l'est pas, donc la question n'a de toute façon pas de sens économique ici.
  3. [B(x₂)−B(x₁)]/(x₂−x₁) = [−2(x₂²−x₁²)+20(x₂−x₁)]/(x₂−x₁) = −2(x₁+x₂)+20 = 20−2(x₁+x₂). Ce taux est positif quand x₁+x₂<10 (B croissante) et négatif quand x₁+x₂>10 (B décroissante) : B n'est donc pas monotone sur tout [0;10].
  4. Le changement de signe se produit autour de x₁+x₂=10, soit x=5 (sommet de la parabole, car −b/2a = 20/4 = 5). Le bénéfice est donc maximal pour x=5 (500 unités), avec B(5) = −2×25+20×5−18 = −50+100−18 = 32 : bénéfice maximal de 32 000 FCFA.

QCM — Auto-évaluation

10 questions · Une seule bonne réponse · Correction immédiate

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0/10Répondues
Question 1 / 10

L'ensemble de définition de f(x) = 1/(x−5) est :

Question 2 / 10

L'ensemble de définition de g(x) = √(2x−8) est :

Question 3 / 10

Une fonction f (de domaine symétrique par rapport à 0) est dite paire lorsque :

Question 4 / 10

La fonction f(x) = x² − 1 est :

Question 5 / 10

La fonction g(x) = x³ est :

Question 6 / 10

Une fonction f est strictement croissante sur un intervalle I lorsque son taux de variation entre deux points quelconques de I est :

Question 7 / 10

Le taux de variation de f(x) = 5x+2 entre deux points quelconques vaut :

Question 8 / 10

La composée (f∘g)(x) désigne :

Question 9 / 10

Soit f(x)=x² et g(x)=x+1. La valeur de (f∘g)(2) est :

Question 10 / 10

Graphiquement, une fonction impaire a une courbe :