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Ch. 15 Mathématiques · 1ère Commerciale (PBG)

Suites numériques

Objectif Général 5. Suites arithmétiques et géométriques, sens de variation, sommes de termes, limite d'une suite et applications aux intérêts simples et composés.

1. Généralités sur les suites numériques

Définitions

Une suite numérique (u_n) est une fonction qui, à tout entier naturel n (éventuellement à partir d'un certain rang), associe un nombre réel u_n. Elle peut être définie de deux façons :

  • Forme explicite : u_n s'exprime directement en fonction de n, par exemple u_n = 2n + 5.
  • Forme récurrente : on donne le premier terme, puis une relation permettant de calculer chaque terme à partir du précédent, par exemple u_0 = 2 et u_{n+1} = 2u_n − 1.
Sens de variation

Pour étudier le sens de variation de (u_n), on étudie le signe de la différence u_{n+1} − u_n :

• Si u_{n+1} − u_n > 0 pour tout n, la suite est croissante.

• Si u_{n+1} − u_n < 0 pour tout n, la suite est décroissante.

Exemples résolus

Pour u_n = 2n + 5 (forme explicite) : u_0=5, u_1=7, u_2=9. On a u_{n+1} − u_n = 2 > 0 pour tout n : la suite est croissante.

Pour u_0 = 2 et u_{n+1} = 2u_n − 1 (forme récurrente) : u_1 = 2×2−1 = 3, u_2 = 2×3−1 = 5, u_3 = 2×5−1 = 9.

2. Suites arithmétiques

Définition

Une suite (u_n) est arithmétique de raison r lorsque, pour tout n : u_{n+1} = u_n + r (on passe d'un terme au suivant en ajoutant toujours le même nombre r).

Formules essentielles

Terme général : u_n = u_0 + n·r

Somme des (n+1) premiers termes : S = u_0 + u_1 + … + u_n = (n+1)×(u_0 + u_n) / 2

Exemple résolu

Soit (u_n) arithmétique de premier terme u_0 = 5 et de raison r = 3.

u_10 = u_0 + 10r = 5 + 30 = 35

Somme des 11 premiers termes (de u_0 à u_10) : S = 11×(5+35)/2 = 11×40/2 = 220

3. Suites géométriques

Définition

Une suite (u_n) est géométrique de raison q (q ≠ 0) lorsque, pour tout n : u_{n+1} = q × u_n (on passe d'un terme au suivant en multipliant toujours par le même nombre q).

Formules essentielles

Terme général : u_n = u_0 × q^n

Somme des (n+1) premiers termes (q ≠ 1) : S = u_0 + u_1 + … + u_n = u_0 × (1 − q^(n+1)) / (1 − q)

Exemple résolu

Soit (u_n) géométrique de premier terme u_0 = 2 et de raison q = 3.

u_6 = u_0 × q^6 = 2 × 729 = 1458

Somme des 7 premiers termes (de u_0 à u_6) : S = 2×(1−3^7)/(1−3) = 2×(1−2187)/(−2) = 2×(−2186)/(−2) = 2186

4. Limite d'une suite

Définitions

Une suite (u_n) est convergente lorsque ses termes se rapprochent indéfiniment d'un nombre réel L quand n devient très grand ; on note lim(n→+∞) u_n = L. Sinon, la suite est dite divergente (limite infinie, ou pas de limite du tout).

Raison q d'une suite géométrique (u_0 ≠ 0)Comportement de u_n = u_0 × q^n
q > 1diverge vers +∞ (si u_0 > 0)
q = 1suite constante, limite = u_0
−1 < q < 1converge vers 0
q ≤ −1n'a pas de limite (oscille ou diverge en alternant de signe)
Exemples résolus

u_n = (1/2)^n : comme −1 < 1/2 < 1, lim(n→+∞) u_n = 0.

v_n = 2^n : comme 2 > 1, lim(n→+∞) v_n = +∞.

w_n = (−1)^n : les termes valent alternativement 1 et −1 (n pair ou impair), la suite n'a pas de limite.

5. Application économique : intérêts simples et intérêts composés

Deux modèles de placement

Intérêts simples : chaque année, les intérêts sont calculés uniquement sur le capital initial C_0. Le capital C_n après n années suit une suite arithmétique de raison r = C_0 × t (t étant le taux annuel) : C_n = C_0 × (1 + n×t).

Intérêts composés : chaque année, les intérêts sont calculés sur le capital déjà acquis (capital + intérêts précédents). Le capital C_n suit une suite géométrique de raison q = 1 + t : C_n = C_0 × (1+t)^n.

Exemple résolu

Un capital C_0 = 100 000 FCFA est placé au taux annuel t = 5 %, pendant 4 ans.

Intérêts simples : C_4 = 100 000 × (1 + 4×0,05) = 100 000 × 1,2 = 120 000 FCFA

Intérêts composés : C_4 = 100 000 × (1,05)^4 = 100 000 × 1,21550625 ≈ 121 551 FCFA

Le placement à intérêts composés rapporte davantage, car chaque année les intérêts s'ajoutent au capital et produisent eux-mêmes des intérêts.

🧠 À retenir absolument

  • Suite arithmétique : u_{n+1}=u_n+r ; u_n=u_0+nr ; somme = (n+1)(u_0+u_n)/2
  • Suite géométrique : u_{n+1}=q·u_n ; u_n=u_0·q^n ; somme = u_0(1−q^(n+1))/(1−q)
  • Limite géométrique : |q|<1 → limite 0 ; q>1 → +∞ ; q≤−1 → pas de limite
  • Intérêts simples = modèle arithmétique ; intérêts composés = modèle géométrique
  • Toujours étudier le signe de u_{n+1}−u_n pour le sens de variation
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Étude d'une suite explicite

● Facile

Soit la suite définie par u_n = 2n + 5. 1. Calculer u_0, u_1 et u_2. 2. Étudier le sens de variation de la suite.

✅ Correction
  1. u_0 = 5, u_1 = 7, u_2 = 9.
  2. u_{n+1} − u_n = [2(n+1)+5] − [2n+5] = 2. Comme 2 > 0, la suite est strictement croissante.
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Suite arithmétique

● Facile

Soit (u_n) une suite arithmétique de premier terme u_0 = 7 et de raison r = −3. Calculer u_15 puis la somme S = u_0 + u_1 + … + u_15.

✅ Correction

u_15 = u_0 + 15r = 7 + 15×(−3) = 7 − 45 = −38

La somme comporte 16 termes (de u_0 à u_15) :

S = 16 × (u_0 + u_15) / 2 = 16 × (7 + (−38)) / 2 = 16 × (−31) / 2 = 8 × (−31) = −248
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Suite géométrique

● Moyen

Soit (u_n) une suite géométrique de premier terme u_0 = 2 et de raison q = 3. Calculer u_6 puis la somme S = u_0 + u_1 + … + u_6.

✅ Correction

u_6 = u_0 × q^6 = 2 × 3^6 = 2 × 729 = 1458

La somme comporte 7 termes (de u_0 à u_6) :

S = u_0 × (1 − q^7) / (1 − q) = 2 × (1 − 2187) / (1 − 3) = 2 × (−2186) / (−2) = 2186
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Limites de suites géométriques

● Moyen

On considère les suites v_n = (0,8)^n et w_n = (1,2)^n. Déterminer, en justifiant, la limite de chacune quand n tend vers +∞, et interpréter (croissance ou dépréciation).

✅ Correction

Pour v_n = (0,8)^n : la raison q = 0,8 vérifie −1 < 0,8 < 1, donc lim(n→+∞) v_n = 0. Cela correspond par exemple à une valeur qui se déprécie de 20 % chaque année et tend vers 0.

Pour w_n = (1,2)^n : la raison q = 1,2 > 1, donc lim(n→+∞) w_n = +∞. Cela correspond par exemple à une valeur qui croît de 20 % chaque année, sans limite.

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Comparer intérêts simples et intérêts composés

● Difficile

Un épargnant place un capital C_0 = 200 000 FCFA au taux annuel t = 8 %, pendant 5 ans.

  1. Calculer le capital obtenu après 5 ans avec des intérêts simples.
  2. Calculer le capital obtenu après 5 ans avec des intérêts composés (on donne 1,08^5 ≈ 1,469328).
  3. Comparer les deux résultats et conclure.
✅ Correction
  1. Intérêts simples : C_5 = 200 000 × (1 + 5×0,08) = 200 000 × 1,4 = 280 000 FCFA.
  2. Intérêts composés : C_5 = 200 000 × 1,08^5 ≈ 200 000 × 1,469328 ≈ 293 866 FCFA.
  3. L'écart est de 293 866 − 280 000 = 13 866 FCFA en faveur des intérêts composés. Sur une même durée et un même taux, les intérêts composés rapportent toujours davantage que les intérêts simples (au-delà de la première année), car les intérêts déjà versés génèrent eux-mêmes des intérêts les années suivantes.

QCM — Auto-évaluation

10 questions · Une seule bonne réponse · Correction immédiate

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0/10Répondues
Question 1 / 10

Une suite arithmétique de raison r vérifie, pour tout n :

Question 2 / 10

Une suite géométrique de raison q vérifie, pour tout n :

Question 3 / 10

Le terme général d'une suite arithmétique de premier terme u_0 et de raison r est :

Question 4 / 10

Le terme général d'une suite géométrique de premier terme u_0 et de raison q est :

Question 5 / 10

La somme des (n+1) premiers termes d'une suite arithmétique est :

Question 6 / 10

Pour une suite géométrique de raison q avec −1 < q < 1 (u_0 ≠ 0), la limite quand n→+∞ est :

Question 7 / 10

Pour une suite géométrique de raison q > 1 et u_0 > 0, la limite quand n→+∞ est :

Question 8 / 10

Soit (u_n) arithmétique avec u_0 = 4 et r = 5. u_3 vaut :

Question 9 / 10

Soit (u_n) géométrique avec u_0 = 3 et q = 2. u_4 vaut :

Question 10 / 10

Un capital placé à intérêts composés évolue selon une suite :