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1. Théorème de Rolle

Énoncé

Si f est continue sur [a;b], dérivable sur ]a;b[ et f(a) = f(b), alors il existe c ∈ ]a;b[ tel que f'(c) = 0.

Interprétation : la courbe admet une tangente horizontale entre a et b.

Application

f(x) = x(1−x) sur [0;1]. f(0)=0=f(1). f dérivable. f'(x)=1−2x=0 → c=1/2 ∈ ]0;1[. ✅

2. Théorème des accroissements finis (TAF)

Énoncé

Si f est continue sur [a;b] et dérivable sur ]a;b[, alors il existe c ∈ ]a;b[ tel que :

f(b) − f(a) = f'(c)·(b − a)

Interprétation géométrique : il existe un point c où la tangente est parallèle à la corde [AB].

Corollaires importants

• Si f'(x) = 0 sur ]a;b[ → f constante sur [a;b].

• Si f'(x) > 0 sur ]a;b[ → f strictement croissante sur [a;b].

Inégalité des accroissements finis : si m ≤ f'(x) ≤ M sur ]a;b[, alors :

m(b−a) ≤ f(b)−f(a) ≤ M(b−a).

3. Règle de L'Hôpital

Énoncé

Si lim[x→a] f(x) = lim[x→a] g(x) = 0 (ou ∞) et si g'(x) ≠ 0 au voisinage de a, alors :

lim[x→a] f(x)/g(x) = lim[x→a] f'(x)/g'(x)

si cette dernière limite existe.

Exemples

lim[x→0] sin x / x : f'=cos x, g'=1 → lim cos(0)/1 = 1. ✓

lim[x→0] (1−cos x)/x² : L'Hôpital → lim sin x/(2x) = L'Hôpital → lim cos x/2 = 1/2.

4. Dérivées successives

Notation et formule de Leibniz

f⁽ⁿ⁾ = dérivée n-ième de f. (uv)⁽ⁿ⁾ = Σ Cₙᵏ u⁽ᵏ⁾ v⁽ⁿ⁻ᵏ⁾.

Tableau de dérivées : (eˣ)⁽ⁿ⁾ = eˣ ; (sin x)⁽ⁿ⁾ = sin(x + nπ/2) ; (xᵅ)⁽ⁿ⁾ = α(α−1)...(α−n+1)xᵅ⁻ⁿ.

🧠 À retenir

  • Rolle : f(a)=f(b) → ∃c : f'(c)=0
  • TAF : f(b)−f(a) = f'(c)(b−a) pour un certain c∈]a;b[
  • Inégalité : m≤f'≤M → m(b−a)≤f(b)−f(a)≤M(b−a)
  • L'Hôpital : forme 0/0 ou ∞/∞ → dériver num. et dén.
  • f'=0 sur ]a;b[ → f constante
1

Application du théorème de Rolle

● Moyen

Appliquer Rolle à f(x) = x³ − 3x sur [−√3 ; √3] pour montrer l'existence d'un c ∈ ]−√3;√3[ avec f'(c)=0. Trouver c explicitement.

Correction

f(−√3) = −3√3+3√3 = 0 = f(√3). f continue et dérivable. Rolle garantit ∃c : f'(c)=0. f'(x)=3x²−3=0 → x=±1. Les deux sont dans ]−√3;√3[. c = 1 ou c = −1.

2

Théorème des accroissements finis

● Moyen
  1. Appliquer le TAF à f(x) = √x sur [1;4] et trouver c.
  2. Utiliser le TAF pour encadrer ln(1,5) sachant que (ln x)' = 1/x et 1/x est décroissant.
Correction
  1. TAF : √4−√1 = (1/(2√c))×(4−1) → 1 = 3/(2√c) → √c = 3/2 → c = 9/4 ∈ ]1;4[ ✓.
  2. Sur [1;3/2] : 2/3 ≤ 1/x ≤ 1. TAF → 2/3×(1/2) ≤ ln(3/2)−0 ≤ 1×(1/2) → 1/3 ≤ ln(3/2) ≤ 1/2.
3

Règle de L'Hôpital

● Moyen

Calculer par L'Hôpital :

  1. lim[x→0] (eˣ − 1 − x) / x²
  2. lim[x→1] (ln x)/(x−1)
  3. lim[x→+∞] x·e^(−x)
Correction
  1. 0/0 → (eˣ−1)/(2x) → 0/0 → eˣ/2 → 1/2.
  2. 0/0 → (1/x)/1 → 1.
  3. x·e^(−x) = x/eˣ → +∞/+∞ → L'Hôpital : 1/eˣ → 0.
4

Inégalité des accroissements finis

● Moyen

Montrer que pour tout x > 0 : x/(1+x) ≤ ln(1+x) ≤ x.

Correction

Posons f(t) = ln(1+t). f'(t)=1/(1+t). Sur [0;x] (x>0) : 1/(1+x) ≤ f'(t) ≤ 1. TAF → 1/(1+x)·x ≤ ln(1+x)−0 ≤ 1·x. D'où x/(1+x) ≤ ln(1+x) ≤ x. ✓

5

Unicité d'une solution par Rolle

● Difficile

Soit f(x) = x + sin x − 2.

  1. Montrer que l'équation f(x)=0 a au moins une solution sur [0;π].
  2. Montrer par Rolle que cette solution est unique sur ℝ.
Correction
  1. f(0)=−2<0, f(π)=π−2>0. f continue → TVI → solution dans ]0;π[.
  2. Supposons deux solutions a<b. f(a)=f(b)=0. Rolle → ∃c∈]a;b[ : f'(c)=0. Or f'(x)=1+cos x ≥ 0, et f'(x)=0 ssi x=π+2kπ. Mais f'(c)=0 et c∈]a;b[⊂]0;π[⊂[0;2π] : f'>0 sur ]0;π[. Contradiction. Solution unique.

Problème de synthèse

● Niveau Bac

Soit f(x) = (x−1)·eˣ définie sur ℝ.

  1. Signe et variations : Calculer f'(x). Étudier le signe de f' et dresser le tableau de variations.
  2. TAF sur [0;1] : Appliquer le théorème des accroissements finis à f sur [0;1]. Que vaut f(1)−f(0) ? Trouver c.
  3. Inégalité : En déduire, en utilisant l'encadrement de f' sur [0;1], une inégalité encadrant e−1.
  4. L'Hôpital : Calculer lim[x→0] f(x)/x = lim[x→0] (x−1)eˣ/x. (Forme indéterminée ? Vérifier.)
  5. Rolle : Montrer qu'il existe un unique c tel que f'(c) = 0. Préciser c.
  6. Asymptote : Étudier le comportement de f en −∞ et en +∞.
Correction
  1. f'(x) = eˣ + (x−1)eˣ = xeˣ. eˣ>0 → signe de f' = signe de x. f décroissante sur ]−∞;0], croissante sur [0;+∞[. Min en x=0 : f(0)=−1.
  2. f(1)=0, f(0)=−1. f(1)−f(0)=1. TAF : ∃c∈]0;1[ : f'(c)=ceˣ=1 → ceᶜ=1. Cette équation a une solution dans ]0;1[ (ceᶜ croissant de 0 à e).
  3. f'(x)=xeˣ. Sur [0;1] : 0≤f'≤e. TAF → 0×1≤f(1)−f(0)≤e×1 → 0≤1≤e. Confirme e≥1. Précision : sur [0;1], f'(x)=xeˣ≤xe≤e. Aussi f'≥0. Donc 0≤1≤e. (Plus précis : f'(x)≥x×1=x → ∫₀¹ x dx=1/2 ≤ f(1)−f(0)=1.)
  4. lim[x→0] (x−1)eˣ/x : num→−1, den→0. Pas une forme 0/0. lim = −1/0⁺ = −∞ (par valeur).
  5. f'(x)=xeˣ=0 → x=0 (eˣ≠0). f'(0)=0. Unique zéro. c=0.
  6. En −∞ : eˣ→0, (x−1)→−∞, mais eˣ domine : f(x)=(x−1)eˣ → 0⁻. En +∞ : f(x)→+∞.

QCM

10 questions · Correction immédiate

0Score
0/10Répondues
Q1/10

Rolle : f continue sur [a;b], dérivable sur ]a;b[, f(a)=f(b) → :

Q2/10

TAF : f(b)−f(a) = f'(c)·(b−a) avec c :

Q3/10

f'(x)>0 sur ]a;b[ → f est :

Q4/10

L'Hôpital s'applique pour les formes :

Q5/10

lim[x→0] (1−cos x)/x² par L'Hôpital :

Q6/10

Inégalité des accroissements finis : m≤f'≤M → :

Q7/10

f'=0 sur ]a;b[ implique :

Q8/10

lim[x→1] (ln x)/(x−1) par L'Hôpital :

Q9/10

Rolle permet de prouver qu'une équation f(x)=0 est :

Q10/10

(eˣ)⁽ⁿ⁾ (dérivée n-ième) :

Exercices supplémentaires tirés du CIAM Terminale SE (Collection Inter-Africaine de Mathématiques), section « Entraînement » du chapitre correspondant — énoncés fidèles au manuel, corrections rédigées pour ce site.

1

Dérivée d'une fonction rationnelle avec domaine

● Facile

Déterminer la dérivée de f : x ↦ 1/(3x−8)³, après avoir déterminé son ensemble de définition et l'ensemble sur lequel elle est dérivable.

Correction

Ensemble de définition : f(x) est défini si et seulement si (3x−8)³ ≠ 0, c'est-à-dire 3x−8 ≠ 0, soit x ≠ 8/3. Donc D_f = ℝ\{8/3}.

Dérivabilité : f est une fonction rationnelle (quotient de polynômes), donc dérivable en tout point de son ensemble de définition : D_f' = ℝ\{8/3}.

Calcul : on écrit f(x) = (3x−8)⁻³. En posant u(x) = 3x−8 (u'(x)=3) : f'(x) = −3·u'(x)·u(x)⁻⁴ = −9(3x−8)⁻⁴.

f'(x) = −9/(3x−8)⁴, pour tout x ≠ 8/3.

2

Variations d'une fonction rationnelle

● Facile

Étudier les variations de f : x ↦ (x²−9)/(x²+9) et préciser ses extremums.

Correction

D_f = ℝ (le dénominateur x²+9 ne s'annule jamais).

f'(x) = [2x(x²+9) − (x²−9)(2x)]/(x²+9)² = [2x³+18x−2x³+18x]/(x²+9)² = 36x/(x²+9)².

Le dénominateur est toujours positif, donc f'(x) est du signe de x : f'(x) < 0 sur ]−∞;0[, f'(0)=0, f'(x) > 0 sur ]0;+∞[.

f est donc strictement décroissante sur ]−∞;0] puis strictement croissante sur [0;+∞[.

Minimum : f(0) = −9/9 = −1, atteint en x=0. Comme lim[x→±∞] f(x) = 1 (asymptote horizontale y=1, jamais atteinte), f n'admet pas de maximum (f(x) < 1 pour tout x).

3

Bijection réciproque de x ↦ 1/sin x

● Moyen

Soit f:]0;π/2]→[1;+∞[, x↦1/sin x.

  1. Démontrer que f est une bijection.
  2. Calculer le nombre dérivé de la fonction réciproque f⁻¹ en 2/√3.
Correction
  1. Sur ]0;π/2], sinus est continue et strictement croissante, à valeurs dans ]0;1]. Donc f=1/sin est continue et strictement décroissante sur ]0;π/2] (inverse d'une fonction positive strictement croissante). Quand x→0⁺, f(x)→+∞ ; en x=π/2, f(π/2)=1/1=1. f est continue et strictement monotone sur ]0;π/2] : elle réalise donc une bijection de ]0;π/2] sur [1;+∞[.
  2. f'(x) = −cos x/sin²x. On cherche x₀ tel que f(x₀)=2/√3 : 1/sin x₀ = 2/√3 → sin x₀ = √3/2 → x₀ = π/3 (car x₀∈]0;π/2]). f'(π/3) = −cos(π/3)/sin²(π/3) = −(1/2)/(3/4) = −2/3. Par la formule (f⁻¹)'(y₀) = 1/f'(x₀) : (f⁻¹)'(2/√3) = 1/(−2/3) = −3/2.
4

Encadrement de sin x par les accroissements finis

● Moyen

Pour 0 < x < π/2, appliquer l'inégalité des accroissements finis à la fonction sinus sur [0;x]. En déduire que pour 0 < x < π/2 : x·cos x < sin x < x.

Correction

La fonction sinus est dérivable sur ℝ, de dérivée sin'(t)=cos t. Sur [0;x] avec 0<x<π/2, cosinus est décroissante (car cos'(t)=−sin t<0 sur ]0;π/2[), donc pour tout t∈[0;x] : cos(x) ≤ cos(t) ≤ cos(0) = 1.

L'inégalité des accroissements finis (m≤f'≤M sur [a;b] ⟹ m(b−a)≤f(b)−f(a)≤M(b−a)) appliquée à f=sin sur [0;x], avec m=cos x et M=1, donne : cos(x)·(x−0) ≤ sin(x)−sin(0) ≤ 1·(x−0).

Comme sin(0)=0, on obtient x·cos x ≤ sin x ≤ x. Sur ]0;π/2[, cos étant strictement décroissante, l'inégalité de gauche est stricte : x·cos x < sin x < x pour 0 < x < π/2.

5

Tangente, position et variations d'une fonction homographique

● Difficile

Soit f(x) = (x²+ax+b)/(x²+1), où a et b sont des réels.

  1. Déterminer a et b pour que la tangente (T) à la courbe (𝒞) de f au point d'abscisse 0 ait pour équation y = 3x+2.
  2. Préciser la position de (T) par rapport à (𝒞).
  3. Étudier les variations de f.
Correction
  1. f(0)=b et f'(x)=[(2x+a)(x²+1)−(x²+ax+b)(2x)]/(x²+1)², donc f'(0)=a. La tangente en 0 a pour équation y=f(0)+f'(0)x=b+ax. En identifiant avec y=3x+2 : a=3 et b=2. Donc f(x) = (x²+3x+2)/(x²+1).
  2. On étudie le signe de f(x)−(3x+2) = [(x²+3x+2)−(3x+2)(x²+1)]/(x²+1) = [x²+3x+2−3x³−3x−2x²−2]/(x²+1) = −x²(3x+1)/(x²+1). Le dénominateur est positif ; pour x≠0, −x²<0, donc le signe de l'expression est l'opposé de celui de (3x+1) :
  • pour x < −1/3 : (3x+1)<0, donc f(x)−(3x+2) > 0 → (𝒞) est au-dessus de (T) ;
  • en x = −1/3 : (𝒞) traverse (T) (racine simple, changement de signe) ;
  • pour −1/3 < x < 0 et x > 0 : f(x)−(3x+2) < 0 → (𝒞) est en dessous de (T) ;
  • en x = 0 : (𝒞) touche (T) sans le traverser (point de tangence, racine double).
  1. f'(x) = (−3x²−2x+3)/(x²+1)² (même calcul que pour la question 1, avec x quelconque). On résout −3x²−2x+3=0, soit 3x²+2x−3=0 : Δ=4+36=40, √Δ=2√10, x=(−1±√10)/3. Notons x₁=(−1+√10)/3≈0,721 et x₂=(−1−√10)/3≈−1,387. Le numérateur, parabole tournée vers le bas, est positif entre les racines : f'(x)>0 sur ]x₂;x₁[, f'(x)<0 ailleurs. f est donc décroissante sur ]−∞;x₂], croissante sur [x₂;x₁], décroissante sur [x₁;+∞[, avec un minimum local f(x₂)≈−0,081 et un maximum local f(x₁)≈3,081. Comme lim[x→±∞] f(x)=1 (asymptote horizontale y=1), la courbe part de 1, descend jusqu'au minimum local, remonte au maximum local, puis redescend vers l'asymptote y=1.

Cinq exercices supplémentaires tirés du CIAM Terminale SE (Collection Inter-Africaine de Mathématiques), section « Approfondissement » du chapitre correspondant — énoncés fidèles au manuel, corrections rédigées pour ce site.

1

Tangente commune à une parabole et une hyperbole

● Difficile

Soit (𝒞₁) la parabole d'équation y=x² et (𝒞₂) l'hyperbole d'équation y=1/x.

  1. Démontrer que (𝒞₁) et (𝒞₂) admettent une tangente commune, c'est-à-dire une droite tangente à la fois à (𝒞₁) (en un point d'abscisse a) et à (𝒞₂) (en un point d'abscisse b, avec b≠0).
  2. Déterminer une équation de cette tangente commune, ainsi que les points de contact.
  3. Cette tangente commune est-elle unique ? Justifier.
Correction

Notons g(x)=x² et h(x)=1/x, avec g'(x)=2x et h'(x)=−1/x².

Tangente à (𝒞₁) au point d'abscisse a : y = g'(a)(x−a)+g(a) = 2a·x − a².

Tangente à (𝒞₂) au point d'abscisse b (b≠0) : y = h'(b)(x−b)+h(b) = −(1/b²)x + 2/b.

Pour que ces droites soient confondues : 2a = −1/b² (i) et −a² = 2/b (ii).

De (i) : a = −1/(2b²). En reportant dans (ii) : −1/(4b⁴) = 2/b ⟹ −1 = 8b³ (en multipliant par 4b⁴) ⟹ b³ = −1/8 ⟹ b = −1/2, puis a = −1/(2×1/4) = −2.

Vérification : g'(−2)=−4 et h'(−1/2)=−4 (mêmes coefficients directeurs) ; tangente à (𝒞₁) en a=−2 : y=2(−2)x−(−2)²=−4x−4 ; tangente à (𝒞₂) en b=−1/2 : y=−4x−4. Les deux droites coïncident.

2. La tangente commune a pour équation y = −4x − 4, tangente à (𝒞₁) en (−2;4) et à (𝒞₂) en (−1/2;−2).

3. L'équation b³=−1/8 (équation du 3ᵉ degré) n'admet qu'une seule solution réelle b=−1/2, car x↦x³ est une bijection de ℝ sur ℝ. Il n'y a donc qu'un couple (a,b) solution : la tangente commune est unique.

2

Dérivabilité — raccordement de deux expressions

● Moyen

Déterminer m pour que f soit dérivable sur ℝ, où f(x) = (x−1)/(x+2) si x≤1, et f(x) = m(x²−1) si x≥1.

Correction

Continuité en 1 : à gauche, f(1)=(1−1)/(1+2)=0 ; à droite, m(1²−1)=0. Les deux expressions coïncident en 0 quelle que soit la valeur de m : la continuité en 1 est automatiquement assurée.

Dérivabilité en 1 : pour x≤1, f'(x) = [(x+2)−(x−1)]/(x+2)² = 3/(x+2)², donc f'(1⁻) = 3/9 = 1/3. Pour x≥1, f'(x) = 2mx, donc f'(1⁺) = 2m.

Il faut 2m = 1/3, soit m = 1/6. (Ailleurs, f est dérivable comme fonction rationnelle, resp. polynôme.)

3

Tangentes parallèles à une droite donnée

● Difficile

Soit f(x) = (3x²−x−1)/(x−1), (𝒞_f) sa représentation graphique.

  1. Déterminer une équation de la tangente (T) à (𝒞_f) au point d'abscisse 0. Existe-t-il un autre point où la tangente est parallèle à (T) ?
  2. (𝒞_f) admet-elle une tangente de coefficient directeur 0 ? de coefficient directeur 3 ?
  3. Existe-t-il des points de (𝒞_f) où la tangente est parallèle à la droite d'équation 11x+4y−1=0 ?
Correction

Avec u=3x²−x−1 (u'=6x−1) et v=x−1 (v'=1) : f'(x) = (u'v−uv')/v² = [(6x−1)(x−1)−(3x²−x−1)]/(x−1)² = [6x²−7x+1−3x²+x+1]/(x−1)² = (3x²−6x+2)/(x−1)².

1. f(0) = (0−0−1)/(0−1) = 1 ; f'(0) = 2/1 = 2. Donc (T) : y = 2x+1. On résout f'(x)=2 pour x≠0 : 3x²−6x+2 = 2(x−1)² = 2x²−4x+2 ⟺ x²−2x=0 ⟺ x(x−2)=0, donc x=2. f(2)=(12−2−1)/1=9 : il existe un autre point, (2;9), de tangente parallèle à (T).

2. Coefficient directeur 0 : 3x²−6x+2=0 (x≠1), Δ=36−24=12>0, racines x=1±(√3)/3 (≠1) : oui, deux tangentes horizontales existent. Coefficient directeur 3 : 3x²−6x+2=3(x−1)²=3x²−6x+3 ⟺ 2=3, impossible : aucune tangente de coefficient directeur 3.

3. La droite 11x+4y−1=0 a pour coefficient directeur −11/4. On résout (3x²−6x+2)/(x−1)² = −11/4 : 4(3x²−6x+2) = −11(x−1)² ⟺ 23x²−46x+19=0. Δ = 46²−4×23×19 = 2116−1748 = 368 > 0, deux solutions x = 1 ± 2/√23 (≠1). Oui, il existe deux points où la tangente est parallèle à cette droite.

4

Décomposition et primitives d'une fonction rationnelle

● Moyen

Soit f(x) = (3x²−6x+5)/(x−1)².

  1. Déterminer deux réels a,b tels que pour tout x≠1, f(x) = a + b/(x−1)².
  2. En déduire une primitive de f sur ]1;+∞[.
  3. Déterminer la primitive de f sur ]1;+∞[ prenant la valeur 8 en x=3.
Correction
  1. On identifie 3x²−6x+5 = a(x−1)²+b = a x²−2a x+(a+b). Par identification : a=3, puis a+b=5 ⟹ b=2. Vérification : 3(x−1)²+2 = 3x²−6x+3+2 = 3x²−6x+5 ✓. Donc a=3, b=2.
  2. Une primitive de 3 est 3x ; une primitive de 2(x−1)⁻² est −2/(x−1). Donc F(x) = 3x − 2/(x−1) + C sur ]1;+∞[.
  3. F(3) = 9 − 2/2 + C = 8+C. On veut F(3)=8, donc C=0. La primitive cherchée est F(x) = 3x − 2/(x−1).
5

Linéarisation — primitives de sin⁵x et cos⁵x

● Difficile

1. Développer (1−cos²x)².

2. En remarquant que sin⁵x = sin⁴x·sinx, déterminer une primitive sur ℝ de f(x)=sin⁵x.

3. Par une méthode analogue, déterminer une primitive sur ℝ de f(x)=cos⁵x.

Correction
  1. (1−cos²x)² = 1 − 2cos²x + cos⁴x.
  2. Comme sin²x=1−cos²x, sin⁴x=(1−cos²x)²=1−2cos²x+cos⁴x. Donc sin⁵x = sinx − 2sinx·cos²x + sinx·cos⁴x. En intégrant (u=cosx, u'=−sinx) : ∫sinx dx=−cosx ; ∫sinx cos²x dx=−cos³x/3 ; ∫sinx cos⁴x dx=−cos⁵x/5. D'où F(x) = −cos x + (2/3)cos³x − (1/5)cos⁵x.
  3. De même cos⁴x=(1−sin²x)²=1−2sin²x+sin⁴x, donc cos⁵x = cosx − 2sin²x·cosx + sin⁴x·cosx. En intégrant (v=sinx, v'=cosx) : ∫cosx dx=sinx ; ∫sin²x cosx dx=sin³x/3 ; ∫sin⁴x cosx dx=sin⁵x/5. D'où G(x) = sin x − (2/3)sin³x + (1/5)sin⁵x.

Cinq problèmes tirés de la section « Problèmes » du CIAM Terminale SE, complétés par des exercices de synthèse — pour aller plus loin et préparer les épreuves de type baccalauréat.

1

Dérivée et factorisation d'une combinaison trigonométrique

● Difficile

Soit f(x) = 15cos x + 6cos 2x + cos 3x.

  1. Calculer f'(x).
  2. Vérifier que sin 3x = sin x·(4cos²x−1). Utiliser cette relation pour vérifier que f'(x) = −12 sin x·(1+cos x)².
  3. En déduire que f(x) = 4(1+cos x)³ + k, k étant un réel que l'on déterminera.
Correction
  1. f'(x) = −15sin x − 12sin 2x − 3sin 3x.
  2. Formule de l'angle triple : sin3x = 3sinx − 4sin³x = sinx(3−4sin²x) = sinx(3−4(1−cos²x)) = sinx(4cos²x−1) ✓. En utilisant sin2x=2sinx cosx : f'(x) = −15sinx − 24sinx cosx − 3sinx(4cos²x−1) = sinx(−15−24cosx−12cos²x+3) = −12sinx(1+2cosx+cos²x) = −12sinx(1+cosx)² ✓.
  3. On pose u=1+cosx (du=−sinx dx). f'(x)dx = 12u²du, donc une primitive de f' est 4u³ = 4(1+cosx)³, d'où f(x) = 4(1+cosx)³ + k. En x=0 : f(0)=15+6+1=22, et 4(1+cos0)³=32, donc k = 22−32 = −10. (Vérification en x=π : f(π)=−15+6−1=−10 ; 4(1+cosπ)³−10=−10 ✓.) Donc f(x) = 4(1+cosx)³ − 10.
2

Formule de l'angle triple et sa réciproque pour cos 3x

● Moyen

Soit f(x)=sin(3x) et g(x)=3sinx−4sin³x.

  1. En utilisant les formules de trigonométrie, démontrer que f=g.
  2. Déterminer f' et g'. En déduire une expression de cos(3x) en fonction de cos x.
Correction
  1. sin(3x)=sin(2x+x)=sin2x·cosx+cos2x·sinx = 2sinx cos²x + (1−2sin²x)sinx = 2sinx(1−sin²x)+sinx−2sin³x = 3sinx−4sin³x = g(x). Donc f=g.
  2. f'(x)=3cos3x. g'(x)=3cosx−12sin²xcosx=3cosx(1−4(1−cos²x))=3cosx(4cos²x−3)=12cos³x−9cosx. Comme f=g, f'=g' : 3cos3x=12cos³x−9cosx, d'où cos3x = 4cos³x − 3cosx.
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Somme géométrique et sa dérivée — formule générale

● Moyen

n désigne un entier naturel ≥2, et f(x) = (1−xⁿ)/(1−x).

  1. Déterminer sa dérivée sur ]−∞;1[ et sur ]1;+∞[.
  2. Démontrer que pour tout x≠1, f(x) = 1+x+x²+…+xⁿ⁻¹.
  3. En déduire une expression de 1+2x+3x²+…+(n−1)xⁿ⁻².
Correction
  1. Avec u=1−xⁿ (u'=−nxⁿ⁻¹) et v=1−x (v'=−1) : f'(x) = (u'v−uv')/v² = [−nxⁿ⁻¹(1−x)+(1−xⁿ)]/(1−x)² = [1 − nxⁿ⁻¹ + (n−1)xⁿ]/(1−x)², pour tout x≠1.
  2. Notons S = 1+x+x²+…+xⁿ⁻¹. Alors (1−x)S = S−xS = 1−xⁿ (les termes intermédiaires s'annulent par télescopage). Comme x≠1, S=(1−xⁿ)/(1−x) = f(x). Donc f(x) = 1+x+x²+…+xⁿ⁻¹.
  3. En dérivant terme à terme l'égalité précédente : f'(x) = 1+2x+3x²+…+(n−1)xⁿ⁻². D'après la question 1 : 1+2x+3x²+…+(n−1)xⁿ⁻² = [1−nxⁿ⁻¹+(n−1)xⁿ]/(1−x)², pour tout x≠1.
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Dérivabilité en une borne et primitive d'une racine

● Difficile

Soit f(x) = (x−3)√(x−3), définie sur [3;+∞[.

  1. Déterminer l'ensemble sur lequel f est dérivable et calculer sa dérivée.
  2. En déduire la primitive sur ]3;+∞[ de g(x)=√(x−3) prenant la valeur 0 en x=5.
Correction
  1. f(x) = (x−3)×(x−3)^(1/2) = (x−3)^(3/2). Pour x>3, f est dérivable, de dérivée f'(x)=(3/2)(x−3)^(1/2). En x=3, le taux d'accroissement [f(3+h)−f(3)]/h = h^(3/2)/h = h^(1/2) → 0 quand h→0⁺ : f est donc dérivable en 3 (à droite), avec f'(3)=0, cohérent avec la formule. f est donc dérivable sur [3;+∞[ tout entier, avec f'(x) = (3/2)√(x−3).
  2. De f'(x) = (3/2)√(x−3), on tire √(x−3) = (2/3)f'(x), donc une primitive de g est (2/3)f(x) = (2/3)(x−3)√(x−3). La primitive générale s'écrit G(x) = (2/3)(x−3)√(x−3) + C. On veut G(5)=0 : (2/3)×2×√2 + C = 0, d'où C = −(4√2)/3. Donc G(x) = (2/3)(x−3)√(x−3) − (4√2)/3.
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Linéarisation de cos⁴x et primitive

● Difficile

1. Linéariser cos⁴x.

2. Utiliser cette linéarisation pour déterminer une primitive sur ℝ de f(x)=cos⁴x.

Correction
  1. En utilisant cos²x=(1+cos2x)/2 : cos⁴x = [(1+cos2x)/2]² = (1+2cos2x+cos²2x)/4. Puis cos²2x=(1+cos4x)/2, donc cos⁴x = (2+4cos2x+1+cos4x)/8 = 3/8 + (1/2)cos2x + (1/8)cos4x.
  2. En intégrant terme à terme : ∫cos⁴x dx = (3/8)x + (1/2)×(sin2x)/2 + (1/8)×(sin4x)/4 + C = (3/8)x + (1/4)sin2x + (1/32)sin4x + C.