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1. Exponentielle — définition et propriétés

Définition

La fonction exp (ou eˣ) est la réciproque de ln. Elle est définie sur ℝ, à valeurs dans ]0;+∞[.

eˣ = y ⟺ x = ln y (y > 0).   e⁰=1.   e¹=e≈2,718.

Caractérisation : eˣ est l'unique solution de y'=y avec y(0)=1.

Propriétés algébriques

e^(a+b) = eᵃ·eᵇ  •  e^(a−b) = eᵃ/eᵇ  •  (eᵃ)ᵇ = e^(ab)

e^(−a) = 1/eᵃ  •  e^(ln a) = a (a>0)  •  ln(eᵃ) = a

2. Dérivées et primitives

f(x)f'(x)Primitive de f eˣeˣeˣ + C e^(u(x))u'(x)·e^ue^u/u' (si u linéaire) e^(ax+b)a·e^(ax+b)(1/a)e^(ax+b) + C

3. Limites et croissances comparées

Résultats fondamentaux

• lim[x→−∞] eˣ = 0 (asymptote horizontale y=0)  •  lim[x→+∞] eˣ = +∞

• Croissances comparées (eˣ domine tout) :

lim[x→+∞] xⁿ·e^(−x) = 0  •  lim[x→+∞] eˣ/xⁿ = +∞ (tout n entier)

• lim[x→0] (eˣ−1)/x = 1 (équivalent : eˣ−1 ~ x en 0)

• lim[x→0] (eˣ−1−x)/x² = 1/2 (développement limité ordre 2)

4. Exponentielle de base a

Définition et dérivée

Pour a > 0, a ≠ 1 : aˣ = e^(x·ln a).

(aˣ)' = ln(a)·aˣ. Primitive de aˣ : aˣ/ln a + C.

Cas particulier : si a = e → (eˣ)' = eˣ. ✓

5. Applications — croissance et décroissance exponentielle

Modèles

Croissance exponentielle : N(t) = N₀·e^(kt), k > 0 (population, intérêts composés).

Décroissance exponentielle : N(t) = N₀·e^(−kt), k > 0 (désintégration radioactive, refroidissement).

Demi-vie T : N(T) = N₀/2 ⟺ e^(−kT) = 1/2 ⟺ T = ln 2 / k.

🧠 À retenir

  • (eˣ)'=eˣ ; ∫eˣdx=eˣ+C ; (e^u)'=u'e^u
  • e^(a+b)=eᵃeᵇ ; e^(−a)=1/eᵃ ; e^(ln a)=a
  • lim[x→+∞] xⁿe^(−x)=0 (eˣ domine toute puissance)
  • eˣ−1 ~ x en 0 ; (eˣ−1)/x → 1
  • Demi-vie : T=ln2/k
1

Dérivées avec eˣ

● Facile

Calculer la dérivée de :

  1. f(x)=e^(x²−3)
  2. g(x)=(x²+1)e^(−x)
  3. h(x)=e^x/(e^x+1)
  4. k(x)=e^(sin x)
Correction
  1. f'=2x·e^(x²−3).
  2. g'=2xe^(−x)+(x²+1)(−e^(−x))=(x−1)²·(−1)... Recalc: g'=2xe^(−x)−(x²+1)e^(−x)=e^(−x)(2x−x²−1)=−e^(−x)(x−1)².
  3. h'=e^x(e^x+1)−e^x·e^x)/(e^x+1)²=e^x/(e^x+1)².
  4. k'=cos x·e^(sin x).
2

Limites avec eˣ

● Moyen
  1. lim[x→+∞] x²e^(−x)
  2. lim[x→−∞] x·eˣ
  3. lim[x→0] (e^(2x)−1)/x
Correction
  1. x²e^(−x)=x²/eˣ → 0 (croissance comparée). 0.
  2. x→−∞, eˣ→0. Posons t=−x→+∞: x·eˣ=−t·e^(−t)→0. 0.
  3. (e^(2x)−1)/x = 2·(e^(2x)−1)/(2x) → 2×1=2.
3

Équations et inéquations

● Moyen
  1. e^(x+1) = e^(3−x)
  2. e^(2x) − 3eˣ + 2 = 0
  3. eˣ > 2x + 1 (étudier f(x)=eˣ−2x−1)
Correction
  1. x+1=3−x → 2x=2 → x=1.
  2. Posons X=eˣ: X²−3X+2=0 → X=1 (x=0) ou X=2 (x=ln2). S={0;ln2}.
  3. f'=eˣ−2=0 → x=ln2. f(ln2)=2−2ln2−1=1−2ln2>0 (ln2≈0,693<0,5). f min>0 → f(x)>0 pour tout x∈ℝ.
4

Primitives avec eˣ

● Moyen
  1. ∫ e^(3x+1) dx
  2. ∫ xe^(x²) dx
  3. ∫ eˣ/(eˣ+1) dx
Correction
  1. (1/3)e^(3x+1)+C.
  2. Posons u=x²: (1/2)e^(x²)+C.
  3. Posons u=eˣ+1: ln(eˣ+1)+C.
5

Application — Décroissance radioactive

● Difficile

Un élément radioactif a une demi-vie T₁/₂=1600 ans (radium-226). N(t)=N₀e^(−kt).

  1. Exprimer k en fonction de T₁/₂.
  2. Exprimer le taux de désintégration −N'(t)/N(t).
  3. Après combien d'années reste-t-il 10% du radium initial ? (ln2≈0,693 ; ln10≈2,303)
Correction
  1. N(T₁/₂)=N₀/2 → e^(−kT)=1/2 → k=ln2/T₁/₂=ln2/1600≈4,33×10⁻⁴ an⁻¹.
  2. −N'(t)/N(t)=k (constante). Le taux de désintégration est constant.
  3. e^(−kt)=0,1 → kt=ln10 → t=ln10/k=ln10·T₁/₂/ln2=2,303×1600/0,693≈5315 ans.

Problème de synthèse

● Niveau Bac

On considère f(x) = (x−1)·eˣ + 1 définie sur ℝ.

  1. Valeurs particulières : Calculer f(0) et f(1). f s'annule-t-elle en x=0 ?
  2. Dérivée : Calculer f'(x) et f''(x). En déduire les variations et la convexité de f.
  3. Asymptote : Déterminer le comportement de f quand x→−∞ et x→+∞.
  4. Inégalité : Montrer que f(x) ≥ 0 pour tout x ∈ ℝ. En déduire que eˣ ≥ x pour tout réel x.
  5. Équation : L'équation f(x) = 0 a-t-elle des solutions ? Justifier avec précision.
  6. Application : En utilisant eˣ ≥ x+1 (variante à prouver de même), montrer que eˣ ≥ 1+x+x²/2 pour tout x≥0.
Correction
  1. f(0)=(−1)·1+1=0. f(1)=0·e+1=1. Oui, f(0)=0.
  2. f'(x)=eˣ+(x−1)eˣ=xeˣ. f''(x)=eˣ+xeˣ=(x+1)eˣ. f'>0 si x>0, f'<0 si x<0. Min en x=0, f(0)=0. f''=0 en x=−1 (point d'inflexion). f convexe sur [−1;+∞[, concave sur ]−∞;−1].
  3. x→−∞ : (x−1)→−∞ mais eˣ→0 plus vite (croissance comparée) → f→1. Asymptote y=1. x→+∞ : f→+∞.
  4. f atteint son minimum en x=0 : f(0)=0. Donc f(x)≥0 ∀x. (x−1)eˣ+1≥0 → (x−1)eˣ≥−1. Si x≥0 : ... Plus directement : f(x)≥0 → (x−1)eˣ≥−1 → eˣ≥1/(x−1) ... mieux : réécrire : eˣ≥1−(1/eˣ)... La vraie inégalité : f(x)≥0 → eˣ−1≥(2−x)... Correct : posons g(x)=eˣ−x. g'=eˣ−1=0→x=0. g(0)=1>0. g(x)≥1>0 → eˣ>x. Plus précisément eˣ≥x+1 (minimum de eˣ−x−1 en 0 : 0).
  5. f(x)=0 ⟺ minimum est atteint ⟺ x=0. L'unique solution est x=0.
  6. Posons h(x)=eˣ−1−x−x²/2. h(0)=0. h'(x)=eˣ−1−x. h'(0)=0. h''(x)=eˣ−1≥0 pour x≥0 (eˣ≥1). Donc h' croissante sur [0;+∞[, h'(x)≥h'(0)=0. Donc h croissante sur [0;+∞[, h(x)≥h(0)=0. Donc eˣ≥1+x+x²/2 ∀x≥0. ✓

QCM

10 questions · Correction immédiate

0Score
0/10Répondues
Q1/10

(eˣ)' :

Q2/10

e^(a+b) :

Q3/10

lim[x→+∞] x²e^(−x) :

Q4/10

∫ e^(3x) dx :

Q5/10

(e^u)' (dérivée en chaîne) :

Q6/10

Demi-vie T : N(T)=N₀/2 avec N(t)=N₀e^(−kt). T vaut :

Q7/10

lim[x→0] (eˣ−1)/x :

Q8/10

e^(ln 5) vaut :

Q9/10

eˣ > 0 pour :

Q10/10

Exponentielle de base a : (aˣ)'= :

Exercices supplémentaires tirés du CIAM Terminale SE (Collection Inter-Africaine de Mathématiques), section « Entraînement » du chapitre correspondant — énoncés fidèles au manuel, corrections rédigées pour ce site.

1

Résoudre une équation exponentielle

● Facile

Résoudre dans ℝ l'équation e^(3x+1) = 7.

Correction

e^(3x+1) = 7 ⟺ 3x+1 = ln7 (ln est la fonction réciproque de exp). Donc 3x = ln7 − 1, soit x = (ln7 − 1)/3.

2

Dérivée d'un produit avec l'exponentielle

● Facile

Déterminer la dérivée de f(x) = e^(2x)·ln x sur K = ]0;+∞[.

Correction

f est dérivable sur ]0;+∞[ comme produit de deux fonctions dérivables : u(x)=e^(2x), u'(x)=2e^(2x), et v(x)=ln x, v'(x)=1/x.

f'(x) = u'v + uv' = 2e^(2x)·ln x + e^(2x)·(1/x) = e^(2x)(2ln x + 1/x).

3

Limite en +∞

● Moyen

Calculer lim[x→+∞] (e^(2x) − eˣ).

Correction

On factorise par eˣ : e^(2x) − eˣ = eˣ(eˣ − 1). Quand x→+∞, eˣ→+∞ et (eˣ−1)→+∞ : produit de deux limites +∞.

lim[x→+∞] (e^(2x) − eˣ) = +∞.

4

Étude d'une fonction et asymptote

● Moyen

Soit f(x) = e^(2x) − x − 4, (𝒞) sa courbe représentative dans un repère (O,I,J).

  1. Déterminer lim[x→−∞] f(x).
  2. Étudier le comportement de f en +∞ (on pourra mettre eˣ en facteur).
  3. Justifier que f est dérivable sur ℝ, donner l'expression de f'(x) et en déduire les variations de f.
  4. Démontrer que la droite (D) d'équation y = −x − 4 est asymptote à (𝒞) en −∞. Préciser la position de (𝒞) par rapport à (D).
Correction
  1. Quand x→−∞ : e^(2x)→0 et −x→+∞, donc lim[x→−∞] f(x) = +∞.
  2. f(x) = e^(2x)[1 − (x+4)e^(−2x)]. Par croissances comparées, (x+4)e^(−2x)→0 quand x→+∞, donc le crochet tend vers 1 tandis que e^(2x)→+∞. Ainsi lim[x→+∞] f(x) = +∞.
  3. f est dérivable sur ℝ comme somme de fonctions dérivables. f'(x) = 2e^(2x) − 1. f'(x)=0 ⟺ e^(2x)=1/2 ⟺ x = −(ln2)/2. f'(x)<0 sur ]−∞;−(ln2)/2[, f'(x)>0 sur ]−(ln2)/2;+∞[ : f décroît puis croît, avec un minimum en x₀=−(ln2)/2, f(x₀) = 1/2 + (ln2)/2 − 4 = (ln2−7)/2 ≈ −3,15.
  4. f(x) − (−x−4) = e^(2x)−x−4+x+4 = e^(2x). Or lim[x→−∞] e^(2x) = 0, donc (D): y=−x−4 est asymptote à (𝒞) en −∞. Comme e^(2x)>0 pour tout x, (𝒞) est toujours au-dessus de (D).
5

Problème de synthèse — étude et tangente

● Difficile

Soit f(x) = e^(2x) − 2eˣ et (𝒞_f) sa courbe représentative.

  1. Étudier le sens de variation de f sur ℝ.
  2. Déterminer l'équation de la tangente (T) à (𝒞_f) au point d'abscisse x₀ = −ln2.
  3. Soit g(x) = f(x) + ½(x+ln2) + ¾. Calculer g'(x) et g''(x). En déduire le signe de g''(x) puis celui de g'(x).
  4. En déduire la position de (𝒞_f) par rapport à (T).
Correction
  1. f est dérivable sur ℝ. f'(x) = 2e^(2x) − 2eˣ = 2eˣ(eˣ−1). Comme eˣ>0 pour tout x, le signe de f' est celui de (eˣ−1) : négatif si x<0, positif si x>0. f décroît sur ]−∞;0] puis croît sur [0;+∞[, avec un minimum f(0) = 1 − 2 = −1.
  2. e^(x₀)=e^(−ln2)=1/2, donc e^(2x₀)=1/4. f(x₀) = 1/4 − 2×(1/2) = −3/4. f'(x₀) = 2×(1/4) − 2×(1/2) = −1/2. La tangente est y = f'(x₀)(x−x₀) + f(x₀) = −1/2(x+ln2) − 3/4, soit (T) : y = −(1/2)x − (ln2)/2 − 3/4.
  3. g(x) = e^(2x) − 2eˣ + (1/2)x + (1/2)ln2 + 3/4. g'(x) = 2e^(2x) − 2eˣ + 1/2. g''(x) = 4e^(2x) − 2eˣ = 2eˣ(2eˣ−1). Comme eˣ>0, le signe de g''(x) est celui de (2eˣ−1) : g''(x)<0 pour x<−ln2, g''(x)>0 pour x>−ln2 (car 2eˣ=1 ⟺ x=−ln2). Donc g' décroît puis croît, avec un minimum en x=−ln2 : g'(−ln2) = 2×(1/4) − 2×(1/2) + 1/2 = 0. Le minimum de g' vaut 0, donc g'(x) ≥ 0 pour tout x : g est croissante sur ℝ.
  4. Par construction, g(x) = f(x) − [ordonnée de (T) en x]. On a g(−ln2) = f(−ln2) + 0 + 3/4 = −3/4+3/4 = 0. Comme g est croissante et g(−ln2)=0 : g(x)<0 pour x<−ln2 et g(x)>0 pour x>−ln2. Donc (𝒞_f) est en-dessous de (T) sur ]−∞;−ln2[, la coupe au point d'abscisse −ln2 (point d'inflexion), puis reste au-dessus de (T) sur ]−ln2;+∞[.

Cinq exercices supplémentaires tirés du CIAM Terminale SE (Collection Inter-Africaine de Mathématiques), section « Entraînement » du chapitre correspondant, niveau intermédiaire — énoncés fidèles au manuel, corrections rédigées pour ce site.

1

Résolution d'une équation logarithmique

● Facile

Résoudre dans ℝ l'équation ln x = −2.

Correction

La fonction ln est définie sur ]0;+∞[, donc il faut x>0. L'équation ln x = −2 équivaut à x = e^(−2) (ln et exp sont réciproques l'une de l'autre).

Comme e^(−2) > 0, cette valeur appartient bien au domaine. S = {e^(−2)} = {1/e²}.

2

Inéquation logarithmique par changement de variable

● Moyen
  1. Factoriser x² + x − 6.
  2. En déduire les solutions dans ℝ de l'inéquation (ln x)² + ln x − 6 ≤ 0.
Correction
  1. On cherche deux nombres de somme −1 et de produit −6 : 2 et −3 conviennent. Donc x² + x − 6 = (x−2)(x+3).
  2. Le domaine de validité est x>0. On pose t = ln x. L'inéquation devient t² + t − 6 ≤ 0, soit (t−2)(t+3) ≤ 0 (même factorisation, avec t à la place de x), c'est-à-dire −3 ≤ t ≤ 2. On revient à x : −3 ≤ ln x ≤ 2 ⟺ e^(−3) ≤ x ≤ e² (fonction exp croissante). S = [e^(−3) ; e²].
3

Inéquation exponentielle du second degré

● Moyen

Résoudre dans ℝ l'inéquation 2e^(2x) + 5eˣ − 3 ≤ 0.

Correction

On pose X = eˣ, avec X>0. L'inéquation devient 2X² + 5X − 3 ≤ 0.

Discriminant : Δ = 25 + 24 = 49 = 7². Racines : X = (−5+7)/4 = 1/2 et X = (−5−7)/4 = −3. Donc 2X²+5X−3 = 2(X − 1/2)(X + 3).

Ce trinôme est négatif ou nul entre ses racines : −3 ≤ X ≤ 1/2. En tenant compte de la contrainte X>0, il reste 0 < X ≤ 1/2.

On revient à x : eˣ ≤ 1/2 ⟺ x ≤ ln(1/2) = −ln 2 (exp croissante ; la contrainte X>0 est toujours vérifiée).

S = ]−∞ ; −ln 2].

4

Primitive d'une fonction exponentielle rationnelle

● Moyen

Soit f(x) = 1/(eˣ+1). Déterminer les primitives de f sur ℝ (on pourra écrire f(x) = 1 − g(x), où g est une fonction à déterminer).

Correction

On écrit : 1/(eˣ+1) = (eˣ+1−eˣ)/(eˣ+1) = 1 − eˣ/(eˣ+1). Donc f(x) = 1 − g(x) avec g(x) = eˣ/(eˣ+1).

Or g est de la forme u'/u avec u(x)=eˣ+1 (u>0, u'(x)=eˣ), donc g admet pour primitive ln(u) = ln(eˣ+1).

Une primitive de f sur ℝ est donc F(x) = x − ln(eˣ+1) + C, C∈ℝ.

5

Primitive par identification des coefficients

● Moyen

Soit f(x) = (x²−4)e^(2x).

  1. Déterminer les réels α, β, γ pour que F(x) = (αx² + βx + γ)e^(2x) soit une primitive sur ℝ de f.
  2. Déterminer la primitive sur ℝ de f qui s'annule en 0.
Correction
  1. F est dérivable sur ℝ comme produit de fonctions dérivables : F'(x) = (2αx+β)e^(2x) + (αx²+βx+γ)·2e^(2x) = e^(2x)[2αx² + (2α+2β)x + (β+2γ)]. On identifie avec f(x) = (x²+0·x−4)e^(2x) : 2α=1, 2α+2β=0, β+2γ=−4. De la première : α=1/2. De la deuxième : β=−α=−1/2. De la troisième : 2γ=−4−β=−4+1/2=−7/2, donc γ=−7/4. α=1/2, β=−1/2, γ=−7/4, soit F(x) = (x²/2 − x/2 − 7/4)e^(2x).
  2. La primitive générale de f est F(x)+C. F(0) = (0−0−7/4)×1 = −7/4. On veut G(0)=0, donc C=7/4. G(x) = (x²/2 − x/2 − 7/4)e^(2x) + 7/4.

Cinq problèmes de synthèse, plus longs et plus exigeants, tirés de la fin de la banque d'exercices du CIAM Terminale SE — pour aller plus loin et préparer les épreuves de type baccalauréat.

1

Étude complète d'une fonction avec asymptote verticale (d'après bac)

● Difficile

Soit f la fonction définie sur ℝ\{ln 2} par f(x) = x + eˣ/(2(eˣ−2)), et (𝒞) sa courbe représentative dans un repère (O,I,J).

  1. Démontrer que la droite d'équation x = ln 2 est asymptote verticale à (𝒞).
  2. a) Déterminer la limite de f en −∞. b) Justifier que la droite (D₁) d'équation y = x est asymptote à (𝒞) en −∞.
  3. a) Démontrer que pour tout x ≠ ln 2, f(x) = x + 1/2 + 1/(eˣ−2). b) En déduire la limite de f en +∞ et justifier que (D₂) d'équation y = x + 1/2 est asymptote à (𝒞) en +∞. c) Démontrer que pour tout x ≠ ln 2, f'(x) = (eˣ−1)(eˣ−4)/(eˣ−2)².
  4. En déduire les variations de f.
Correction
  1. Quand x→ln2⁻, eˣ→2⁻ donc eˣ−2→0⁻ et eˣ/(2(eˣ−2))→−∞, donc f(x)→−∞. Quand x→ln2⁺, eˣ−2→0⁺ donc f(x)→+∞. La droite x=ln2 est bien asymptote verticale à (𝒞).
  2. a) Quand x→−∞, eˣ→0, donc eˣ−2→−2 et eˣ/(2(eˣ−2))→0/(−4)=0. Donc f(x)−x→0, et comme x→−∞, lim[x→−∞] f(x) = −∞. b) f(x)−x = eˣ/(2(eˣ−2)) → 0 quand x→−∞ (calcul ci-dessus). Donc (D₁): y=x est asymptote à (𝒞) en −∞.
  3. a) eˣ/(2(eˣ−2)) = [(eˣ−2)+2] / [2(eˣ−2)] = 1/2 + 1/(eˣ−2). Donc pour x≠ln2, f(x) = x + 1/2 + 1/(eˣ−2). b) Quand x→+∞, eˣ−2→+∞ donc 1/(eˣ−2)→0 ; ainsi f(x)−(x+1/2) → 0, donc (D₂): y=x+1/2 est asymptote à (𝒞) en +∞, et lim[x→+∞] f(x) = +∞. c) f'(x) = 1 − eˣ/(eˣ−2)² (dérivée de x+1/2+1/(eˣ−2), avec [1/(eˣ−2)]' = −eˣ/(eˣ−2)²). En réduisant au même dénominateur : f'(x) = [(eˣ−2)² − eˣ]/(eˣ−2)². Or (eˣ−2)² − eˣ = e^(2x) − 4eˣ + 4 − eˣ = e^(2x) − 5eˣ + 4 = (eˣ−1)(eˣ−4) (en posant X=eˣ : X²−5X+4=(X−1)(X−4)). Donc f'(x) = (eˣ−1)(eˣ−4)/(eˣ−2)².
  4. Le dénominateur (eˣ−2)² est strictement positif (x≠ln2). Le signe de f'(x) est donc celui de (eˣ−1)(eˣ−4). eˣ−1=0 ⟺ x=0 ; eˣ−4=0 ⟺ x=ln4=2ln2. Comme 0<ln2<2ln2, on obtient : f'(x)>0 sur ]−∞;0[ (les deux facteurs négatifs) ; f'(x)<0 sur ]0;ln2[∪]ln2;2ln2[ (un facteur positif, l'autre négatif) ; f'(x)>0 sur ]2ln2;+∞[ (les deux facteurs positifs). f est donc croissante sur ]−∞;0], décroissante sur [0;ln2[ puis sur ]ln2;2ln2], et croissante sur [2ln2;+∞[, avec un maximum local en x=0 (f(0)=1/2−1=−1/2) et un minimum local en x=2ln2 (f(2ln2)=2ln2+1/2+1/2=2ln2+1).
2

Courbe, asymptote oblique et position relative

● Difficile

Soit f(x) = e^(2x)/(eˣ+1), et (𝒞) sa courbe représentative.

  1. Étudier le sens de variation de f sur ℝ.
  2. Soit g(x) = eˣ − 1, et (Γ) sa courbe représentative. a) Démontrer que (Γ) est asymptote à (𝒞) en +∞. b) Préciser les positions relatives de (𝒞) et (Γ).
  3. Décrire la construction de (Γ) à partir de la représentation graphique de la fonction exponentielle, puis celle de (𝒞) à partir de (Γ) (on précisera aussi le comportement de (𝒞) en −∞).
Correction
  1. f est dérivable sur ℝ comme quotient de fonctions dérivables dont le dénominateur ne s'annule jamais (eˣ+1>0). f'(x) = [2e^(2x)(eˣ+1) − e^(2x)·eˣ]/(eˣ+1)² = [2e^(3x)+2e^(2x)−e^(3x)]/(eˣ+1)² = [e^(3x)+2e^(2x)]/(eˣ+1)² = e^(2x)(eˣ+2)/(eˣ+1)². Tous les facteurs sont strictement positifs, donc f'(x)>0 pour tout x : f est strictement croissante sur ℝ.
  2. a) f(x) − g(x) = e^(2x)/(eˣ+1) − (eˣ−1) = [e^(2x) − (eˣ−1)(eˣ+1)]/(eˣ+1) = [e^(2x) − (e^(2x)−1)]/(eˣ+1) = 1/(eˣ+1). Quand x→+∞, eˣ+1→+∞ donc 1/(eˣ+1)→0 : lim[x→+∞] [f(x)−g(x)] = 0, donc (Γ) est asymptote à (𝒞) en +∞. b) Comme eˣ+1>0 pour tout x, on a f(x)−g(x) = 1/(eˣ+1) > 0 pour tout x ∈ ℝ : (𝒞) est toujours strictement au-dessus de (Γ), sur ℝ tout entier.
  3. (Γ), courbe de g(x)=eˣ−1, s'obtient à partir de la courbe de exp par la translation de vecteur (0;−1) (un déplacement d'une unité vers le bas). (𝒞) reste toujours au-dessus de (Γ) (d'après 2b), en se rapprochant de (Γ) quand x→+∞ (l'écart 1/(eˣ+1) tend vers 0). Quand x→−∞, eˣ→0 donc e^(2x)→0 et eˣ+1→1, donc f(x)→0 : (𝒞) admet la droite y=0 comme asymptote horizontale en −∞.
3

Étude d'une composée, équation et discussion graphique selon un paramètre

● Difficile

Soit f(x) = exp(1 − eˣ), c'est-à-dire f(x) = e^(1−eˣ).

  1. Étudier les variations de f (limites, sens de variation) et décrire sa représentation graphique dans le plan muni d'un repère (O,I,J).
  2. On considère dans ℝ l'équation (E) : −e^(2x) + eˣ + 2 = 0. Résoudre (E) graphiquement (à l'aide de la courbe de la fonction exponentielle), puis algébriquement. Comparer les deux résultats.
  3. Déterminer graphiquement, suivant les valeurs du paramètre réel m, le nombre de solutions de l'équation (E') : −e^(2x) + eˣ + m = 0.
Correction
  1. f est la composée de u : x↦1−eˣ (strictement décroissante sur ℝ, car eˣ est strictement croissante) suivie de exp (strictement croissante) : la composée f est donc strictement décroissante sur ℝ. (On vérifie aussi : f'(x) = −eˣ·e^(1−eˣ) < 0 pour tout x.) Limites : quand x→−∞, eˣ→0 donc 1−eˣ→1 et f(x)→e¹=e ; quand x→+∞, eˣ→+∞ donc 1−eˣ→−∞ et f(x)→0. f(0)=e^(1−1)=e⁰=1. f est donc une bijection strictement décroissante de ℝ sur ]0;e[, dont la courbe admet les asymptotes horizontales y=e en −∞ et y=0 en +∞, et passe par le point (0;1).
  2. En posant X=eˣ (X>0), (E) devient −X²+X+2=0, soit X²−X−2=0. Discriminant Δ=1+8=9=3². Racines X=(1+3)/2=2 ou X=(1−3)/2=−1. Seule X=2 convient (X>0). Donc eˣ=2, soit x=ln2 (solution algébrique unique). Graphiquement, (E) équivaut à eˣ=2 : on lit sur la courbe de la fonction exponentielle l'abscisse du point d'ordonnée 2, ce qui donne une valeur approchée x≈0,7, cohérente avec la valeur exacte ln2≈0,693.
  3. (E') équivaut à m = e^(2x)−eˣ, soit, avec X=eˣ>0, à m=X²−X=φ(X). Étude de φ sur ]0;+∞[ : φ'(X)=2X−1, nul en X=1/2, négatif avant, positif après ; φ(1/2)=1/4−1/2=−1/4 (minimum) ; φ(X)→0 quand X→0⁺ ; φ(X)→+∞ quand X→+∞ ; φ(1)=0. Donc φ décroît de 0 (exclu) à −1/4 sur ]0;1/2], puis croît de −1/4 à +∞ sur [1/2;+∞[. Chaque solution X>0 de φ(X)=m correspond à une unique solution x=lnX de (E'). On en déduit, selon m : si m<−1/4 : aucune solution ; si m=−1/4 : une unique solution (x=−ln2) ; si −1/4<m<0 : deux solutions ; si m≥0 : une unique solution (cohérent avec la question 2, où m=2≥0 donnait l'unique solution x=ln2).
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Fonction auxiliaire, bijection réciproque et calcul d'aire par IPP

● Difficile

1. Soit g(x) = e^(2x) − 2x − 1. a) Étudier le sens de variation de g. b) En déduire le signe de g(x) suivant les valeurs de x.

2. Soit f(x) = (x+1)e^(−2x) + x + 1. a) Étudier la fonction f (on mettra f'(x) sous la forme e^(−2x)·g(x)). b) Démontrer que f est une bijection de ℝ sur un intervalle que l'on précisera. Sur quelle partie de son ensemble de définition la bijection réciproque f⁻¹ est-elle dérivable ? Décrire la construction de (𝒞), courbe de f, et de (𝒞'), courbe de f⁻¹.

3. Pour α réel ≥ −1, on note 𝒜(α) l'aire du domaine {(x;y) : −1 ≤ x ≤ α ; x+1 ≤ y ≤ f(x)}. a) Calculer 𝒜(α) à l'aide d'une intégration par parties. b) Démontrer que 𝒜(α) admet une limite ℓ quand α→+∞. c) Donner une valeur approchée de (ℓ − 𝒜(3)) à 10⁻² près.

Correction

1. a) g est dérivable sur ℝ, g'(x)=2e^(2x)−2=2(e^(2x)−1). g'(x)=0 ⟺ x=0 ; g'(x)<0 pour x<0, g'(x)>0 pour x>0. g décroît sur ]−∞;0], puis croît sur [0;+∞[, avec un minimum g(0)=1−0−1=0. b) Le minimum de g valant 0, on a g(x) ≥ 0 pour tout x ∈ ℝ, avec égalité seulement en x=0.

2. a) f est dérivable sur ℝ comme somme et produit de fonctions dérivables. f'(x) = e^(−2x) − 2(x+1)e^(−2x) + 1 = e^(−2x)[1−2(x+1)] + 1 = e^(−2x)(−2x−1) + 1. En mettant au même dénominateur e^(2x) : f'(x) = [e^(2x) − (2x+1)]/e^(2x) = [e^(2x)−2x−1]/e^(2x) = e^(−2x)·g(x), avec g la fonction de la question 1. Comme g(x)≥0 pour tout x et e^(−2x)>0, on a f'(x)≥0 pour tout x (égalité seulement en x=0) : f est strictement croissante sur ℝ. Limites : quand x→+∞, (x+1)e^(−2x)→0 (croissance comparée) donc f(x)→+∞ ; quand x→−∞, en posant t=−x→+∞, (x+1)e^(−2x)=(1−t)e^(2t)→−∞ (le terme exponentiel l'emporte), donc f(x)→−∞. b) f est continue et strictement croissante sur ℝ, avec pour limites −∞ et +∞ : f est donc une bijection de ℝ sur ℝ. f⁻¹ est dérivable en tout point y=f(x) tel que f'(x)≠0, c'est-à-dire partout sauf au point y=f(0)=2 (f(0)=1·1+0+1=2). (𝒞) est une courbe strictement croissante passant par (0;2) avec une tangente horizontale en ce point (f' s'annule sans changer de signe) ; (𝒞'), symétrique de (𝒞) par rapport à la droite d'équation y=x, passe par le point (2;0) avec une tangente verticale en ce point.

3. a) Pour x≥−1, f(x)−(x+1) = (x+1)e^(−2x) ≥ 0, donc 𝒜(α) = ∫[−1,α] (x+1)e^(−2x) dx. Par intégration par parties avec u=x+1 (u'=1) et v'=e^(−2x) (v=−(1/2)e^(−2x)) : ∫(x+1)e^(−2x)dx = −(1/2)(x+1)e^(−2x) + (1/2)∫e^(−2x)dx = −(1/2)(x+1)e^(−2x) − (1/4)e^(−2x) + C = −[(2x+3)/4]e^(−2x) + C. En évaluant entre −1 et α : 𝒜(α) = [−(2α+3)e^(−2α)/4] − [−1·e²/4] = 𝒜(α) = (e² − (2α+3)e^(−2α))/4. b) Quand α→+∞, (2α+3)e^(−2α)→0 par croissance comparée. Donc 𝒜(α) → ℓ = e²/4 quand α→+∞. c) ℓ − 𝒜(3) = (2×3+3)e^(−6)/4 = 9e^(−6)/4. Numériquement, e^(−6)≈0,002479, donc ℓ − 𝒜(3) ≈ 0,0056 (soit environ 0,01 arrondi au centième près).

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Transformations du plan et courbes exponentielles translatées

● Difficile

Soit f(x) = eˣ + 1 et g(x) = 2 + eˣ, fonctions de ℝ vers ℝ. On désigne par (Γ), (Γ₁) et (Γ₂) les représentations graphiques respectives de exp, f et g dans un repère (O,I,J).

  1. Montrer qu'il existe deux transformations t₁ et t₂ du plan telles que (Γ₁) = t₁(Γ) et (Γ₂) = t₂(Γ). Préciser la nature de ces transformations.
  2. Décrire la construction de (Γ), puis de (Γ₁) et (Γ₂) à partir de (Γ).
Correction
  1. Pour tout x ∈ ℝ, f(x) = eˣ + 1 : le point M'(x ; eˣ+1) de (Γ₁) s'obtient à partir du point M(x ; eˣ) de (Γ) en ajoutant 1 à l'ordonnée, c'est-à-dire par la translation de vecteur (0;1). Donc t₁ est la translation de vecteur (0;1), et (Γ₁)=t₁(Γ). De même, g(x) = eˣ + 2, donc t₂ est la translation de vecteur (0;2), et (Γ₂)=t₂(Γ).
  2. (Γ) est la courbe de la fonction exponentielle : strictement croissante, passant par (0;1), avec pour asymptote horizontale la droite y=0 en −∞. (Γ₁) s'obtient en translatant tous les points de (Γ) d'une unité vers le haut : elle passe par (0;2) et admet pour asymptote la droite y=1 en −∞. (Γ₂) s'obtient en translatant tous les points de (Γ) de deux unités vers le haut : elle passe par (0;3) et admet pour asymptote la droite y=2 en −∞.