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1. Suites arithmético-géométriques

Type u_{n+1}=a·uₙ+b

Point fixe l=b/(1-a). Poser vₙ=uₙ-l → (vₙ) géométrique de raison a. uₙ=l+(u₀-l)·aⁿ.

|a|<1 → uₙ→l. |a|>1 → diverge. a=-1 → oscille.

Exemple

u_{n+1}=(1/2)uₙ+3, u₀=2. l=6. uₙ=6-4·(1/2)ⁿ → 6.

2. Suites d'ordre 2

u_{n+2}=a·u_{n+1}+b·uₙ — Équation caractéristique r²-ar-b=0

Δ>0 : uₙ=A·r₁ⁿ+B·r₂ⁿ. Δ=0 : uₙ=(A+Bn)·r₀ⁿ. Δ<0 : uₙ=ρⁿ(A·cos nθ+B·sin nθ).

Fibonacci : F_{n+2}=F_{n+1}+Fₙ. r=(1+√5)/2=φ (nombre d'or). Fₙ~φⁿ/√5.

3. Suites homographiques

u_{n+1}=(auₙ+b)/(cuₙ+d)

Points fixes : racines de cl²+(d-a)l-b=0. Si l₁≠l₂ : poser wₙ=(uₙ-l₁)/(uₙ-l₂) → géométrique.

4. Croissance comparée

Hiérarchie

ln n ≪ nᵅ ≪ aⁿ (a>1) ≪ n! ≪ nⁿ. lim nᵅ/aⁿ=0 pour tout a>1, α quelconque.

À retenir

  • u_{n+1}=auₙ+b : point fixe l=b/(1-a), vₙ=uₙ-l géométrique
  • Convergence ssi |a|<1, limite l
  • Ordre 2 : r²-ar-b=0 → forme selon signe Δ
  • nᵅ/aⁿ→0 pour a>1
1

Suite arithmético-géométrique

● Moyen

u₀=1, u_{n+1}=(1/3)uₙ+2. (1) Point fixe. (2) Expression de uₙ. (3) Limite.

Correction

(1) l=3. (2) vₙ=uₙ-3=-2·(1/3)ⁿ. uₙ=3-2·(1/3)ⁿ. (3) →3.

2

Suite d'ordre 2

● Moyen

u_{n+2}=5u_{n+1}-6uₙ, u₀=2, u₁=5. (1) Racines de l'éq. car. (2) uₙ.

Correction

(1) r²-5r+6=0. r=2 et r=3. (2) uₙ=A·2ⁿ+B·3ⁿ. A+B=2, 2A+3B=5 → A=B=1. uₙ=2ⁿ+3ⁿ.

3

Suite homographique

● Moyen

u_{n+1}=(2uₙ+1)/(uₙ+2), u₀=0. (1) Points fixes. (2) wₙ=(uₙ-1)/(uₙ+1) est géométrique. (3) uₙ et limite.

Correction

(1) l=±1. (2) w_{n+1}=wₙ/3. Géom. r=1/3. (3) w₀=-1. wₙ=-(1/3)ⁿ. uₙ=(1-wₙ)/(1+wₙ)→1.

4

Croissances comparées

● Moyen
  1. lim n³/2ⁿ
  2. lim (ln n)⁵/n
  3. lim n/1,01ⁿ
Correction

Toutes → 0 (exponentielle et puissance dominent).

5

Convergence par suites adjacentes

● Difficile

aₙ=1+1/2+...+1/n-ln n. Admettre que (aₙ) converge. Calculer a₁-a₀ pour vérifier la monotonie.

Correction

a_{n+1}-aₙ=1/(n+1)-ln(n+1)+ln n=1/(n+1)-ln(1+1/n). Inégalité ln(1+x)>x/(1+x): a croissante. aₙ bornée par 1. Converge vers la constante d'Euler γ≈0,5772.

Problème de synthèse

● Niveau Bac

u₀=3, u_{n+1}=2uₙ/(uₙ+1).

  1. Points fixes : Résoudre l=2l/(l+1). Points fixes.
  2. Suite auxiliaire : Poser vₙ=1/uₙ. Montrer v_{n+1}=(vₙ+1)/2. En déduire wₙ=vₙ-1 géométrique.
  3. Expression de uₙ : Déduire vₙ puis uₙ.
  4. Convergence : Montrer uₙ→1.
  5. Monotonie : Montrer (uₙ) décroissante.
  6. Vitesse : Pour quel n a-t-on |uₙ-1|<10⁻³ ? (ln2≈0,693)
Correction
  1. l(l+1)=2l → l=0 ou l=1.
  2. v_{n+1}=(uₙ+1)/(2uₙ)=(1/2)vₙ+1/2. wₙ=vₙ-1 → w_{n+1}=wₙ/2. Géom. r=1/2.
  3. w₀=1/3-1=-2/3. wₙ=(-2/3)(1/2)ⁿ. vₙ=1+wₙ. uₙ=1/vₙ→1.
  4. (1/2)ⁿ→0 → vₙ→1 → uₙ→1. Point fixe stable.
  5. u_{n+1}-uₙ=uₙ(1-uₙ)/(uₙ+1). uₙ>1 → négatif → décroissante.
  6. |vₙ-1|=(2/3)(1/2)ⁿ<10⁻³ → 2ⁿ>667 → n≥10 (2¹⁰=1024). n≥10.

QCM

10 questions

0Score
0/10Repondues
Q1/10

u_{n+1}=auₙ+b. Point fixe l=

Q2/10

|a|<1 pour u_{n+1}=auₙ+b →

Q3/10

Éq. car. de u_{n+2}=5u_{n+1}-6uₙ

Q4/10

Δ>0 → uₙ=

Q5/10

lim n²/3ⁿ=

Q6/10

Fibonacci : F_{n+2}=F_{n+1}+Fₙ. Éq. car.

Q7/10

Nombre d'or φ=(1+√5)/2 vérifie

Q8/10

u_{n+1}=(1/3)uₙ+2. Point fixe

Q9/10

Ordre de croissance : ln n vs nᵅ

Q10/10

Suite géométrique |q|>1

Exercices supplémentaires tirés du CIAM Terminale SE (Collection Inter-Africaine de Mathématiques), section « Entraînement » du chapitre correspondant — énoncés fidèles au manuel, corrections rédigées pour ce site.

1

Sens de variation d'une suite

● Facile

Étudier le sens de variation de la suite (uₙ) définie, pour n≥1, par uₙ = (2n−1)/(3n−2).

Correction

Pour tout n≥1 : u_{n+1} − uₙ = (2n+1)/(3n+1) − (2n−1)/(3n−2) = [(2n+1)(3n−2) − (2n−1)(3n+1)] / [(3n+1)(3n−2)].

Le numérateur vaut (6n²−n−2) − (6n²−n−1) = −1. Comme n≥1, on a 3n+1>0 et 3n−2>0, donc le dénominateur est strictement positif.

Ainsi u_{n+1} − uₙ = −1/[(3n+1)(3n−2)] < 0 pour tout n≥1 : la suite (uₙ) est strictement décroissante (elle tend vers 2/3).

2

Suite bornée et monotone par récurrence

● Facile

Soit (uₙ) la suite définie par u₀ = 3 et, pour tout n∈ℕ, u_{n+1} = (1/2)uₙ − 4. Démontrer par récurrence que : a) la suite (uₙ) est minorée par −8 ; b) la suite (uₙ) est strictement décroissante.

Correction

a) Minoration par −8. Initialisation : u₀ = 3 > −8, la propriété est vraie au rang 0. Hérédité : supposons uₙ > −8. Alors u_{n+1} = (1/2)uₙ − 4 > (1/2)(−8) − 4 = −4−4 = −8. La propriété est donc vraie au rang n+1. Par récurrence, uₙ > −8 pour tout n∈ℕ (le point fixe de la relation, L = (1/2)L−4 ⟹ L = −8, est la meilleure minorante).

b) Décroissance. u_{n+1} − uₙ = (1/2)uₙ − 4 − uₙ = −(1/2)uₙ − 4. Comme uₙ > −8, on a −(1/2)uₙ < 4, donc −(1/2)uₙ − 4 < 0. Ainsi u_{n+1} < uₙ pour tout n : la suite (uₙ) est strictement décroissante. Étant décroissante et minorée, elle converge — nécessairement vers son point fixe L = −8.

3

Suite arithmético-géométrique — sommes

● Moyen

Soit (uₙ) définie par u₀ = 5/4 et, pour tout n∈ℕ, u_{n+1} = (1/3)uₙ − n − 4/3. On pose vₙ = uₙ + an + b, où a et b sont deux réels.

  1. Déterminer a et b sachant que (vₙ) est géométrique. En déduire vₙ puis uₙ en fonction de n.
  2. On pose Sₙ = v₀+v₁+...+vₙ et Tₙ = u₀+u₁+...+uₙ. Calculer Sₙ et Tₙ en fonction de n.
Correction

1) v_{n+1} = u_{n+1}+a(n+1)+b = (1/3)uₙ − n − 4/3 + an+a+b = (1/3)uₙ + (a−1)n + (a+b−4/3). Pour que (vₙ) soit géométrique de raison 1/3 (coefficient de uₙ), il faut (1/3)vₙ = (1/3)uₙ + (a/3)n + b/3. En identifiant : a−1 = a/3 ⟹ a = 3/2 ; puis a+b−4/3 = b/3 ⟹ b = −1/4.

Donc vₙ = uₙ + (3/2)n − 1/4, géométrique de raison 1/3, avec v₀ = u₀ − 1/4 = 1. D'où vₙ = (1/3)ⁿ, puis uₙ = (1/3)ⁿ − (3/2)n + 1/4.

2) Sₙ est la somme des n+1 premiers termes d'une géométrique de premier terme 1 et de raison 1/3 : Sₙ = (1−(1/3)^{n+1})/(1−1/3) = (3/2)[1−(1/3)^{n+1}].

Tₙ = Σuₖ = Σ[vₖ − (3/2)k + 1/4] = Sₙ − (3/2)·[n(n+1)/2] + (n+1)/4, soit Tₙ = (3/2)[1−(1/3)^{n+1}] + (n+1)(1−3n)/4.

4

Suites couplées

● Moyen

Soit (uₙ) et (vₙ) les suites définies pour n∈ℕ* par u₁ = 12, u_{n+1} = (uₙ+2vₙ)/3 et v₁ = 1, v_{n+1} = (uₙ+3vₙ)/4.

  1. On pose wₙ = vₙ − uₙ. Démontrer que (wₙ) est géométrique et exprimer wₙ en fonction de n.
  2. Démontrer que (uₙ) est décroissante et que (vₙ) est croissante.
  3. Démontrer que, pour tout n, uₙ ≥ vₙ, et en déduire que u₁ ≥ uₙ ≥ vₙ ≥ v₁.
Correction

1) w_{n+1} = v_{n+1}−u_{n+1} = (uₙ+3vₙ)/4 − (uₙ+2vₙ)/3 = [3(uₙ+3vₙ) − 4(uₙ+2vₙ)]/12 = (−uₙ+vₙ)/12 = wₙ/12. (wₙ) est géométrique de raison 1/12, avec w₁ = v₁−u₁ = 1−12 = −11. Donc wₙ = −11·(1/12)^{n−1}.

2) u_{n+1}−uₙ = (uₙ+2vₙ)/3 − uₙ = (2/3)(vₙ−uₙ) = (2/3)wₙ. Comme wₙ < 0 pour tout n (produit de −11 par une puissance positive), u_{n+1} < uₙ : (uₙ) est décroissante. De même v_{n+1}−vₙ = (uₙ+3vₙ)/4 − vₙ = (uₙ−vₙ)/4 = −wₙ/4 > 0 : (vₙ) est croissante.

3) uₙ − vₙ = −wₙ = 11·(1/12)^{n−1} > 0, donc uₙ ≥ vₙ pour tout n. Comme (uₙ) est décroissante, uₙ ≤ u₁ pour tout n ; comme (vₙ) est croissante, vₙ ≥ v₁ pour tout n. En combinant : u₁ ≥ uₙ ≥ vₙ ≥ v₁ (les deux suites sont adjacentes et convergent vers une limite commune).

5

Problème de synthèse — suite homographique

● Difficile

Soit (uₙ) la suite définie par u₁ = 4 et, pour tout n∈ℕ*, u_{n+1} = (5uₙ+3)/(uₙ+3).

  1. Étudier le sens de variation de (uₙ) et sa convergence, en étudiant la fonction f définie sur ]−3;+∞[ par f(x) = (5x+3)/(x+3).
  2. On pose vₙ = (uₙ−3)/(uₙ+1). a) Démontrer que uₙ ≠ −1 pour tout n∈ℕ*. b) Démontrer que (vₙ) est géométrique ; préciser v₁ et la raison. c) Exprimer vₙ puis uₙ en fonction de n ; en déduire la limite de (uₙ). d) Étudier les variations et la convergence de la suite (wₙ) définie par w₁ = 3 et w_{n+1} = (5wₙ+3)/(wₙ+3) (analogue à (uₙ)).
Correction du problème de synthèse

1) f'(x) = 12/(x+3)² > 0 : f est strictement croissante sur ]−3;+∞[. Points fixes : f(x)=x ⟺ x²−2x−3=0 ⟺ x=3 ou x=−1. On a f(x)−x = −(x−3)(x+1)/(x+3), négatif pour x>3 : donc f(x)<x sur ]3;+∞[. De plus f(x)−3 = 2(x−3)/(x+3) > 0 pour x>3 : l'intervalle ]3;+∞[ est stable par f. Comme u₁=4>3, par récurrence uₙ>3 pour tout n, et u_{n+1}=f(uₙ)<uₙ : (uₙ) est décroissante, minorée par 3, donc convergente vers un point fixe ≥3, nécessairement L=3.

2a) Comme uₙ>3>−1 pour tout n, uₙ≠−1 : vₙ est bien défini.

2b) u_{n+1}−3 = 2(uₙ−3)/(uₙ+3) et u_{n+1}+1 = 6(uₙ+1)/(uₙ+3), donc v_{n+1} = [2(uₙ−3)/(uₙ+3)] / [6(uₙ+1)/(uₙ+3)] = (1/3)vₙ. (vₙ) est géométrique de raison 1/3, avec v₁ = (4−3)/(4+1) = 1/5.

2c) vₙ = (1/5)(1/3)^{n−1}. De vₙ=(uₙ−3)/(uₙ+1) on tire uₙ = (3+vₙ)/(1−vₙ). Comme vₙ→0, uₙ→3 (on retrouve le résultat de la question 1).

2d) w₁ = 3 est exactement le point fixe de f (f(3) = 18/6 = 3), donc w_{n+1} = f(wₙ) = wₙ pour tout n : la suite (wₙ) est constante égale à 3, donc trivialement convergente, de limite 3.

Cinq exercices supplémentaires tirés du CIAM Terminale SE (Collection Inter-Africaine de Mathématiques), section « Entraînement » du chapitre correspondant, niveau intermédiaire — énoncés fidèles au manuel, corrections rédigées pour ce site.

1

Suite bornée — démonstration par récurrence

● Moyen

Soit (uₙ) la suite définie par u₀ = 2 et, pour tout n∈ℕ, u_{n+1} = 1 + 1/uₙ. Démontrer par récurrence que, pour tout n∈ℕ, 3/2 ≤ uₙ ≤ 2.

Correction

Initialisation : u₀ = 2, donc 3/2 ≤ u₀ ≤ 2 : la propriété est vraie au rang 0.

Hérédité : supposons que 3/2 ≤ uₙ ≤ 2 pour un certain n∈ℕ. La fonction x↦1/x étant strictement décroissante sur ]0;+∞[, on a 1/2 ≤ 1/uₙ ≤ 2/3 (en inversant l'encadrement de uₙ). En ajoutant 1 partout : 3/2 ≤ 1+1/uₙ ≤ 5/3, c'est-à-dire 3/2 ≤ u_{n+1} ≤ 5/3. Or 5/3 ≤ 2, donc a fortiori 3/2 ≤ u_{n+1} ≤ 2 : la propriété est vraie au rang n+1.

Conclusion : par le principe de récurrence, pour tout n∈ℕ, 3/2 ≤ uₙ ≤ 2 (on obtient même l'encadrement plus fin 3/2 ≤ uₙ ≤ 5/3 dès n≥1 ; la suite converge en réalité vers le nombre d'or (1+√5)/2 ≈ 1,618, point fixe de x↦1+1/x).

2

Suite homographique à point fixe double

● Difficile

Soit (uₙ) la suite définie par u₁ = −5 et, pour tout n∈ℕ*, u_{n+1} = (−7uₙ−8)/(2uₙ+1).

  1. Dans le plan muni du repère (O,I,J), étudier graphiquement le sens de variation et la convergence de (uₙ).
  2. Démontrer par récurrence que, pour tout n∈ℕ*, uₙ ≠ −2.
Correction

1) Étude graphique. On pose f(x) = (−7x−8)/(2x+1), homographique, de courbe une hyperbole d'asymptotes x = −1/2 et y = −7/2. Ses points fixes vérifient f(x)=x ⟺ 2x²+8x+8=0 ⟺ (x+2)²=0 : x = −2 est point fixe double (la courbe de f est tangente à la droite y=x au point (−2;−2)). Sur la branche x<−1/2 (qui contient u₁=−5), f'(x) = 9/(2x+1)² > 0 : f est strictement croissante. En construisant l'escalier à partir de u₁=−5 : u₂=f(−5)=27/(−9)=−3, u₃=f(−3)=13/(−5)=−2,6, u₄=f(−2,6)≈−2,43… La suite « monte » régulièrement vers l'unique point fixe −2 sans jamais l'atteindre : graphiquement, l'escalier se rapproche en spirale (ici en escalier simple, car f croissante) de l'intersection de la courbe avec la droite y=x. On lit ainsi que (uₙ) est croissante et converge vers −2.

2) Récurrence. Initialisation : u₁ = −5 ≠ −2, la propriété est vraie au rang 1.

Hérédité : supposons uₙ ≠ −2 pour un rang n∈ℕ*. Raisonnons par l'absurde en supposant u_{n+1} = −2 : (−7uₙ−8)/(2uₙ+1) = −2 ⟹ −7uₙ−8 = −2(2uₙ+1) = −4uₙ−2 ⟹ −3uₙ = 6 ⟹ uₙ = −2, ce qui contredit l'hypothèse de récurrence uₙ ≠ −2. Donc u_{n+1} ≠ −2 : la propriété est héréditaire.

Conclusion : par récurrence, uₙ ≠ −2 pour tout n∈ℕ* (ce qui légitime, dans un exercice ultérieur, l'introduction d'une suite auxiliaire du type wₙ = 1/(uₙ+2)).

3

Limite d'une suite composée avec le logarithme

● Moyen

Étudier la limite de la suite de terme général uₙ = ln[(1 + 1/(2n))^(2n)], pour n∈ℕ*.

Correction

En utilisant la propriété ln(aᵇ) = b·ln(a), on peut écrire directement : uₙ = 2n·ln(1 + 1/(2n)).

Posons xₙ = 1/(2n). Comme n→+∞, xₙ→0⁺, et 2n = 1/xₙ. Donc uₙ = ln(1+xₙ)/xₙ.

Or on sait que lim[x→0] ln(1+x)/x = 1 (limite fondamentale, nombre dérivé en 0 de la fonction x↦ln(1+x), de dérivée 1/(1+x) qui vaut 1 en 0). Comme xₙ→0 quand n→+∞, on obtient par composition :

lim[n→+∞] uₙ = lim[n→+∞] ln(1+xₙ)/xₙ = 1.

Interprétation : ce résultat traduit le fait que (1+1/(2n))^(2n) → e quand n→+∞ (limite classique de type (1+a/n)ⁿ→eᵃ), et donc uₙ = ln[(1+1/(2n))^(2n)] → ln(e) = 1.

4

Suite de type « moyenne arithmético-harmonique »

● Difficile

Soit (uₙ) la suite définie par u₀ = 10 et, pour tout n∈ℕ, u_{n+1} = (1+uₙ²)/(2uₙ).

  1. Dans le plan muni d'un repère (O,I,J), étudier graphiquement les propriétés de cette suite.
  2. Démontrer que, pour tout n∈ℕ, uₙ > 1.
  3. Démontrer que (uₙ) est une suite décroissante.
  4. La suite (uₙ) est-elle convergente ? Si oui, quelle est sa limite ?
Correction

1) Étude graphique. On remarque que u_{n+1} = uₙ/2 + 1/(2uₙ) = (uₙ + 1/uₙ)/2 : f(x) = (x+1/x)/2 est la « moyenne » de x et 1/x. Sur ]0;+∞[, f admet un minimum en x=1 (f(1)=1) : f est strictement décroissante sur ]0;1] puis strictement croissante sur [1;+∞[, sa courbe étant tangente à la droite y=x uniquement au point (1;1). Partant de u₀=10 (à droite du minimum), la courbe de f étant au-dessus de la droite y=x pour x>1, la construction en escalier montre que la suite descend régulièrement vers le point fixe 1 sans jamais l'atteindre.

2) uₙ > 1. Initialisation : u₀ = 10 > 1. Hérédité : supposons uₙ > 1 (donc uₙ > 0 et uₙ ≠ 1/uₙ). Par l'inégalité arithmético-géométrique stricte (car uₙ ≠ 1/uₙ) : u_{n+1} = (uₙ+1/uₙ)/2 > √(uₙ·1/uₙ) = 1. Donc u_{n+1} > 1 : la propriété est héréditaire. Par récurrence, uₙ > 1 pour tout n∈ℕ.

3) Décroissance. u_{n+1} − uₙ = (1+uₙ²)/(2uₙ) − uₙ = (1+uₙ²−2uₙ²)/(2uₙ) = (1−uₙ²)/(2uₙ). Comme uₙ > 1 (question 2), on a 1−uₙ² < 0 et 2uₙ > 0, donc u_{n+1} − uₙ < 0 : (uₙ) est strictement décroissante.

4) Convergence. (uₙ) est décroissante et minorée par 1 : elle converge donc vers une limite L ≥ 1. Par passage à la limite dans u_{n+1}=(1+uₙ²)/(2uₙ) (uₙ ne s'annulant jamais puisque uₙ>1), L vérifie L=(1+L²)/(2L), soit 2L²=1+L², soit L²=1, donc L=1 ou L=−1. Comme L≥1, on retient L = 1 : la suite converge vers 1.

5

Encadrement d'une somme et théorème des gendarmes

● Moyen

Soit (uₙ) la suite définie, pour n∈ℕ*, par uₙ = 1/√(n²+1) + 1/√(n²+2) + … + 1/√(n²+n) (somme de n termes).

  1. Justifier que, pour tout n∈ℕ*, n/√(n²+n) ≤ uₙ ≤ n/√(n²+1).
  2. Étudier la limite de la suite (uₙ).
Correction

1) Encadrement. Pour tout entier k tel que 1 ≤ k ≤ n, on a n²+1 ≤ n²+k ≤ n²+n (car 1≤k≤n). La fonction racine carrée étant croissante : √(n²+1) ≤ √(n²+k) ≤ √(n²+n), puis, en passant à l'inverse (fonction décroissante sur ]0;+∞[) : 1/√(n²+n) ≤ 1/√(n²+k) ≤ 1/√(n²+1). En sommant cette double inégalité pour k allant de 1 à n (soit n termes identiques encadrant chacun des n termes de uₙ) : n/√(n²+n) ≤ uₙ ≤ n/√(n²+1).

2) Limite. On factorise n² sous chaque racine : n/√(n²+n) = n/(n√(1+1/n)) = 1/√(1+1/n), qui tend vers 1/√1 = 1 quand n→+∞. De même, n/√(n²+1) = 1/√(1+1/n²) → 1. Les deux suites encadrant (uₙ) tendent vers la même limite 1 ; par le théorème des gendarmes, lim[n→+∞] uₙ = 1.

Cinq problèmes de synthèse, plus longs et plus exigeants, tirés de la fin de la banque d'exercices du CIAM Terminale SE — pour aller plus loin et préparer les épreuves de type baccalauréat.

1

Récurrence d'ordre 2 paramétrée — cas arithmétique et géométrique

● Difficile

Soit a un nombre réel. On considère la suite (uₙ) définie par u₀ = 1, u₁ = 3 et, pour tout n∈ℕ, u_{n+2} = a·u_{n+1} + (9−3a−a²)·uₙ. On note (vₙ) la suite définie par vₙ = u_{n+1} − uₙ.

  1. On pose a = 2 et Sₙ = u₀+u₁+…+uₙ. Vérifier que (vₙ) est constante. En déduire que (uₙ) est une suite arithmétique dont on précisera la raison et le premier terme. Exprimer uₙ et Sₙ en fonction de n.
  2. On pose a = −4 et Tₙ = v₀+v₁+…+vₙ. Vérifier que (vₙ) est une suite géométrique. Exprimer vₙ et Tₙ en fonction de n. Démontrer que, pour tout entier naturel n, Tₙ = u_{n+1} − u₀.
  3. Démontrer que −4 est, en dehors de a = 2, la seule valeur de a telle que (vₙ) soit une suite géométrique non constante.
Correction

1) a = 2. La relation devient u_{n+2} = 2u_{n+1} + (9−6−4)uₙ = 2u_{n+1} − uₙ, soit u_{n+2} − 2u_{n+1} + uₙ = 0. Alors v_{n+1} = u_{n+2} − u_{n+1} = (2u_{n+1}−uₙ) − u_{n+1} = u_{n+1} − uₙ = vₙ : (vₙ) est constante, égale à v₀ = u₁−u₀ = 3−1 = 2. Comme u_{n+1}−uₙ = 2 pour tout n, (uₙ) est arithmétique de raison r = 2 et de premier terme u₀ = 1, donc uₙ = 1+2n. On en déduit Sₙ = (n+1)(u₀+uₙ)/2 = (n+1)(1+1+2n)/2 = (n+1)(n+1) = (n+1)².

2) a = −4. La relation devient u_{n+2} = −4u_{n+1} + (9+12−16)uₙ = −4u_{n+1} + 5uₙ. Alors v_{n+1} = u_{n+2}−u_{n+1} = (−4u_{n+1}+5uₙ) − u_{n+1} = −5u_{n+1}+5uₙ = −5(u_{n+1}−uₙ) = −5vₙ : (vₙ) est géométrique de raison −5, de premier terme v₀ = u₁−u₀ = 2. Donc vₙ = 2·(−5)ⁿ. Par somme géométrique : Tₙ = v₀·(1−(−5)^{n+1})/(1−(−5)) = 2[1−(−5)^{n+1}]/6, soit Tₙ = [1−(−5)^{n+1}]/3. Par ailleurs, vₖ = u_{k+1}−uₖ pour tout k, donc la somme v₀+v₁+…+vₙ est télescopique : Tₙ = (u₁−u₀)+(u₂−u₁)+…+(u_{n+1}−uₙ) = u_{n+1} − u₀. On a bien démontré Tₙ = u_{n+1} − u₀ (soit ici Tₙ = u_{n+1} − 1).

3) Unicité. D'après la relation de récurrence, v_{n+1} = u_{n+2}−u_{n+1} = (a−1)u_{n+1} + (9−3a−a²)uₙ. En écrivant u_{n+1} = uₙ+vₙ, il vient v_{n+1} = (a−1)(uₙ+vₙ) + (9−3a−a²)uₙ = (a−1)vₙ + [(a−1)+(9−3a−a²)]uₙ = (a−1)vₙ − (a²+2a−8)uₙ = (a−1)vₙ − (a−2)(a+4)uₙ. Pour que (vₙ) soit géométrique (v_{n+1} proportionnelle à vₙ pour tout n, indépendamment de uₙ, sachant u₀=1≠0), il faut que le coefficient de uₙ s'annule, c'est-à-dire (a−2)(a+4) = 0, soit a = 2 ou a = −4. Le cas a=2 donne une raison (a−1)=1, c'est-à-dire une suite (vₙ) constante (cas déjà traité en 1) ; le cas a=−4 donne une raison (a−1)=−5≠1, donc une suite géométrique non constante. a = −4 est donc bien la seule valeur, en dehors de a=2, rendant (vₙ) géométrique non constante.

2

Suite géométrique exponentielle — sommes et logarithme

● Difficile

Soit (uₙ) la suite définie par uₙ = e^(2n+1), pour n∈ℕ.

  1. Démontrer que (uₙ) est une suite géométrique dont on précisera la raison.
  2. S0,n désigne la somme u₀+u₁+u₂+…+uₙ. a) Exprimer S0,n en fonction de n. b) Démontrer que lim S0,n = +∞. c) Déterminer la valeur minimale de n pour que S0,n ≥ 10⁶.
  3. (vₙ) est la suite définie par vₙ = ln(uₙ), pour n∈ℕ. a) Exprimer la somme v₀+v₁+v₂+…+vₙ en fonction de n. b) Exprimer le produit u₀·u₁·u₂·…·uₙ en fonction de n.
Correction

1) Pour tout n, u_{n+1}/uₙ = e^(2(n+1)+1)/e^(2n+1) = e^(2n+3−2n−1) = e². Le rapport est constant : (uₙ) est géométrique de raison q = e² (et de premier terme u₀ = e).

2a) S0,n = u₀·(1−q^(n+1))/(1−q) = e(1−e^(2n+2))/(1−e²), soit, en multipliant haut et bas par −1 : S0,n = e(e^(2n+2)−1)/(e²−1).

2b) Quand n→+∞, e^(2n+2)→+∞ (car 2>0), et e/(e²−1) est une constante strictement positive (e²−1≈6,39). Donc lim S0,n = +∞.

2c) On calcule S0,n pour quelques valeurs : S0,6 = e(e^14−1)/(e²−1) ≈ 2,718×(1 202 604−1)/6,389 ≈ 511 656 < 10⁶. S0,7 = e(e^16−1)/(e²−1) ≈ 2,718×(8 886 111−1)/6,389 ≈ 3 780 500 ≥ 10⁶. La suite S0,n étant strictement croissante (somme de termes positifs), la valeur minimale est n = 7.

3a) vₙ = ln(uₙ) = ln(e^(2n+1)) = 2n+1 : v₀,v₁,…,vₙ sont les n+1 premiers nombres impairs consécutifs (1,3,5,…,2n+1). Leur somme vaut, par la formule classique des sommes de premiers impairs (ou en sommant une suite arithmétique de raison 2 et de premier terme 1) : v₀+v₁+…+vₙ = (n+1)·(1+(2n+1))/2 = (n+1)(n+1) = (n+1)².

3b) u₀·u₁·…·uₙ = e^(v₀)·e^(v₁)·…·e^(vₙ) = e^(v₀+v₁+…+vₙ) = e^((n+1)²), d'après le résultat de la question 3a.

3

Suite arithmético-géométrique à second membre affine en n

● Difficile

Soit (uₙ) la suite définie par u₀ = 2/3 et, pour tout n∈ℕ, u_{n+1} = (1/2)uₙ + (n+2)/(2√2).

  1. Calculer u₁ et u₂.
  2. (vₙ) est la suite définie par vₙ = uₙ√2 − n, pour n∈ℕ. Démontrer que (vₙ) est une suite géométrique dont on précisera le terme v₀ et la raison.
  3. Calculer vₙ puis uₙ en fonction de n. Étudier la convergence de la suite (uₙ).
  4. S0,n désigne la somme u₀+u₁+…+uₙ. Exprimer S0,n en fonction de n. Étudier lim S0,n.
Correction

1) u₁ = (1/2)(2/3) + 2/(2√2) = 1/3 + 1/√2 = 1/3 + √2/2 = (2+3√2)/6 ≈ 1,040. u₂ = (1/2)u₁ + 3/(2√2) = (2+3√2)/12 + 3√2/4 = (2+3√2)/12 + 9√2/12 = (2+12√2)/12 = (1+6√2)/6 ≈ 1,581.

2) v_{n+1} = √2·u_{n+1} − (n+1) = √2[(1/2)uₙ + (n+2)/(2√2)] − (n+1) = (√2/2)uₙ + (n+2)/2 − (n+1). Or (n+2)/2 − (n+1) = −n/2. Comme uₙ = (vₙ+n)/√2, on a (√2/2)uₙ = (vₙ+n)/2. D'où v_{n+1} = (vₙ+n)/2 − n/2 = vₙ/2. (vₙ) est géométrique de raison 1/2, de premier terme v₀ = √2·u₀ − 0 = 2√2/3.

3) vₙ = v₀·(1/2)ⁿ = (2√2/3)(1/2)ⁿ. Alors uₙ = (vₙ+n)/√2 = vₙ/√2 + n/√2 = (2/3)(1/2)ⁿ/1 ... plus précisément vₙ/√2 = (2√2/3)(1/2)ⁿ/√2 = (2/3)(1/2)ⁿ = 2^(1−n)/3, et n/√2 = n√2/2. Donc uₙ = 2^(1−n)/3 + n√2/2 (on vérifie u₀ = 1/(3/2) + 0 = 2/3 ✓, et u₁ = 1/3+√2/2 ✓). Quand n→+∞, le terme 2^(1−n)/3 tend vers 0 tandis que n√2/2 tend vers +∞ : (uₙ) diverge et tend vers +∞.

4) S0,n = Σ[2^(1−k)/3 + k√2/2] = (1/3)Σ2^(1−k) + (√2/2)Σk. La première somme (géométrique de raison 1/2, premier terme 2) vaut Σ_{k=0}^n 2^(1−k) = 4[1−(1/2)^(n+1)] = 4 − 2^(1−n). La seconde vaut Σ_{k=0}^n k = n(n+1)/2. Donc S0,n = (4−2^(1−n))/3 + √2·n(n+1)/4. Quand n→+∞ : (4−2^(1−n))/3 → 4/3 (borné), tandis que √2·n(n+1)/4 → +∞. Donc lim S0,n = +∞.

4

Suite géométrique définie par une intégrale — intégration par parties

● Difficile

Soit (Iₙ) la suite définie par Iₙ = ∫[nπ,(n+1)π] e^(−x)sin(x) dx, pour n∈ℕ.

  1. En utilisant la technique d'intégration par parties (ou une primitive connue), exprimer Iₙ en fonction de n.
  2. Démontrer que la suite (Iₙ) est une suite géométrique dont on précisera le terme I₀ et la raison.
  3. S0,n désigne la somme I₀+I₁+…+Iₙ. Exprimer S0,n en fonction de n puis calculer lim S0,n.
  4. Dans le plan muni d'un repère orthogonal (O,I,J), on considère les fonctions f, g, h de ℝ vers ℝ définies par f(x)=e^(−x), g(x)=−e^(−x), h(x)=−e^(−x)sin(x) [en réalité la courbe étudiée est y=e^(−x)sin(x), encadrée par f et g]. Interpréter graphiquement les résultats obtenus aux questions 2 et 3.
Correction

1) Une double intégration par parties (ou vérification directe) donne la primitive F(x) = −e^(−x)(sin x+cos x)/2 de la fonction x↦e^(−x)sin x (on vérifie F'(x) = e^(−x)sin x). Comme sin(kπ)=0 et cos(kπ)=(−1)^k pour tout entier k : F(nπ) = −(−1)ⁿe^(−nπ)/2 et F((n+1)π) = (−1)ⁿe^(−(n+1)π)/2 (car (−1)^(n+1+2)=(−1)^n après simplification des signes). D'où Iₙ = F((n+1)π)−F(nπ) = (−1)ⁿe^(−(n+1)π)/2 + (−1)ⁿe^(−nπ)/2 = (−1)ⁿe^(−nπ)(1+e^(−π))/2, soit Iₙ = [(1+e^(−π))/2]·(−e^(−π))ⁿ.

2) On lit directement sur l'expression précédente que (Iₙ) est géométrique, de premier terme I₀ = (1+e^(−π))/2 et de raison r = −e^(−π) (on vérifie I₀=∫[0,π]e^(−x)sinx dx = F(π)−F(0) = e^(−π)/2+1/2, conforme).

3) S0,n = I₀(1−rⁿ⁺¹)/(1−r) = [(1+e^(−π))/2]·[1−(−e^(−π))^(n+1)]/(1+e^(−π)) = [1−(−e^(−π))^(n+1)]/2. Comme |−e^(−π)| = e^(−π) < 1, (−e^(−π))^(n+1) → 0 quand n→+∞. Donc lim S0,n = 1/2.

4) Interprétation graphique. La courbe y = e^(−x)sin x oscille en changeant de signe sur chaque intervalle [nπ,(n+1)π] (d'où l'alternance de signe (−1)ⁿ de Iₙ, qui représente l'aire algébrique entre la courbe et l'axe des abscisses sur cet intervalle), tout en restant piégée entre les deux courbes enveloppes f(x)=e^(−x) et g(x)=−e^(−x) = −f(x) (car |sin x|≤1) : c'est cet amortissement exponentiel des enveloppes qui explique la décroissance géométrique de raison e^(−π)<1 en valeur absolue observée pour |Iₙ|. La somme S0,n représente l'aire algébrique cumulée entre la courbe et l'axe des abscisses sur [0,(n+1)π] ; sa limite 1/2 correspond à l'aire algébrique totale (convergente) de la courbe amortie sur [0,+∞[.

5

Suite géométrique définie par une intégrale — relation de Chasles

● Difficile

1. Dans le plan muni du repère (O,I,J), on représente graphiquement la fonction f de ℝ vers ℝ définie par f(x) = 2^(−x). 2. Soit (uₙ) la suite définie, pour n∈ℕ*, par uₙ = ∫[n−1,n] 2^(−x) dx. Démontrer que la suite (uₙ) est une suite géométrique de raison 1/2. Interpréter graphiquement ce résultat. 3. S1,n désigne la somme u₁+u₂+…+uₙ. Calculer S1,n en fonction de n : a) en utilisant la suite (uₙ) ; b) en utilisant l'égalité de Chasles. 4. Calculer lim S1,n et interpréter graphiquement le résultat obtenu.

Correction

1) f(x) = 2^(−x) est une exponentielle décroissante : f(0)=1, f est strictement décroissante sur ℝ, tend vers +∞ quand x→−∞ et vers 0⁺ quand x→+∞ (asymptote horizontale y=0 en +∞) ; sa courbe passe par les points (−1;2), (0;1), (1;1/2), (2;1/4).

2) Une primitive de x↦2^(−x) est x↦−2^(−x)/ln2 (car d/dx[2^(−x)] = −ln2·2^(−x)). Donc uₙ = [−2^(−x)/ln2]n−1n = (2^(−(n−1))−2^(−n))/ln2 = 2^(−n)(2−1)/ln2 = 2^(−n)/ln2. Le rapport u_{n+1}/uₙ = 2^(−(n+1))/2^(−n) = 1/2 est constant : (uₙ) est géométrique de raison 1/2 (premier terme u₁ = 1/(2ln2)). Interprétation graphique : uₙ est l'aire sous la courbe de f entre x=n−1 et x=n ; décaler l'intervalle d'une unité vers la droite multiplie la hauteur de la courbe (donc l'aire de la tranche) par f(1)=2^(−1)=1/2 en tout point, par auto-similarité de l'exponentielle : les aires des tranches successives de largeur 1 forment donc naturellement une suite géométrique de raison 1/2.

3a) S1,n = u₁·(1−(1/2)ⁿ)/(1−1/2) = 2u₁[1−(1/2)ⁿ] = 2·[1/(2ln2)]·[1−(1/2)ⁿ] = (1−2^(−n))/ln2.

3b) Par la relation de Chasles, comme les intervalles [0,1],[1,2],…,[n−1,n] recouvrent exactement [0,n] : S1,n = Σ_{k=1}^n ∫[k−1,k] 2^(−x)dx = ∫[0,n] 2^(−x)dx = [−2^(−x)/ln2]₀ⁿ = (1−2^(−n))/ln2, ce qui confirme le résultat du a).

4) Quand n→+∞, 2^(−n)→0, donc lim S1,n = 1/ln2 ≈ 1,4427. Interprétation graphique : S1,n = ∫[0,n]2^(−x)dx est l'aire sous la courbe de f entre 0 et n ; quand n→+∞, cette aire tend vers l'aire totale (impropre, mais finie) sous la courbe sur [0,+∞[, égale à 1/ln2 — la décroissance exponentielle de f est assez rapide pour que cette aire, bien que portant sur un domaine non borné, reste finie.