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1. Axiomes et propriétés

Définition et propriétés

P(Ω)=1. P(∅)=0. P(Ā)=1-P(A). P(A∪B)=P(A)+P(B)-P(A∩B).

A et B incompatibles (disjoints) : P(A∪B)=P(A)+P(B).

2. Probabilité conditionnelle

Définition et propriétés

P(A|B)=P(A∩B)/P(B) pour P(B)>0.

A et B indépendants ⟺ P(A∩B)=P(A)·P(B) ⟺ P(A|B)=P(A).

3. Formules de probabilités totales et de Bayes

Probabilités totales

Si B₁,...,Bₙ forment une partition de Ω : P(A)=Σ P(A|Bᵢ)·P(Bᵢ).

Formule de Bayes

P(Bᵢ|A)=P(A|Bᵢ)·P(Bᵢ)/P(A). Permet de « remonter » aux causes à partir des effets.

Test médical

Maladie M (P(M)=0,01), test positif T. P(T|M)=0,99. P(T|M̄)=0,02.

P(T)=0,01×0,99+0,99×0,02=0,0099+0,0198=0,0297.

P(M|T)=0,0099/0,0297=1/3≈33%. Valeur prédictive positive !

4. Probabilité sur un espace produit

Expériences répétées indépendantes

Si on répète n fois une expérience indépendante :

P(séquence exacte s₁,s₂,...,sₙ) = P(s₁)·P(s₂)·...·P(sₙ).

À retenir

  • P(Ā)=1-P(A) ; P(A∪B)=P(A)+P(B)-P(A∩B)
  • P(A|B)=P(A∩B)/P(B)
  • Indépendance : P(A∩B)=P(A)·P(B)
  • Prob. totales : P(A)=ΣP(A|Bᵢ)P(Bᵢ)
  • Bayes : P(Bᵢ|A)=P(A|Bᵢ)P(Bᵢ)/P(A)
1

Probabilités élémentaires

● Facile

Dé équilibré à 6 faces. A={pair}, B={>3}. Calculer P(A), P(B), P(A∩B), P(A∪B).

Correction

P(A)=1/2, P(B)=1/2, A∩B={4,6}: P=1/3. P(A∪B)=1/2+1/2-1/3=2/3.

2

Probabilité conditionnelle

● Moyen

Urne : 3R, 2B, 5V. On tire 2 boules sans remise. P(2ème rouge | 1ère rouge).

Correction

P(1ère R)=3/10. P(1ère R ∩ 2ème R)=3/10×2/9=6/90=1/15. P(2ème R|1ère R)=(1/15)/(3/10)=2/9.

3

Probabilités totales

● Moyen

2 usines : U₁ (60% prod., 2% défauts), U₂ (40% prod., 5% défauts). P(défaut d'un produit).

Correction

P(D)=P(D|U₁)P(U₁)+P(D|U₂)P(U₂)=0,02×0,6+0,05×0,4=0,012+0,02=0,032=3,2%.

4

Formule de Bayes

● Moyen

Suite ex. 3. Un produit est défectueux. P(il vient de U₂).

Correction

P(U₂|D)=P(D|U₂)·P(U₂)/P(D)=0,05×0,4/0,032=0,02/0,032=5/8=62,5%.

5

Indépendance

● Difficile

P(A)=0,4, P(B)=0,5, P(A∩B)=0,2. (1) A et B indépendants ? (2) P(A|B). (3) P(A∪B). (4) A et B̄ indépendants ?

Correction
  1. P(A)·P(B)=0,2=P(A∩B) ✓. Oui.
  2. 0,2/0,5=0,4=P(A). ✓
  3. 0,4+0,5-0,2=0,7.
  4. P(A∩B̄)=P(A)-P(A∩B)=0,2. P(A)·P(B̄)=0,4×0,5=0,2. Oui.

Problème de synthèse

● Niveau Bac

Une maladie touche 1% de la population. Un test diagnostique a une sensibilité de 98% (P(T⁺|M)=0,98) et une spécificité de 95% (P(T⁻|M̄)=0,95).

  1. P(T⁺) : Calculer la probabilité d'un test positif (probabilités totales).
  2. Valeur prédictive positive : Calculer P(M|T⁺) par Bayes.
  3. Faux positifs : Quelle proportion de positifs sont des faux positifs ?
  4. Valeur prédictive négative : Calculer P(M̄|T⁻).
  5. Paradoxe : Interpréter pourquoi un test positif ne garantit pas la maladie, même avec un très bon test.
  6. Amélioration : Si la prévalence passe à 10%, recalculer P(M|T⁺). Conclusion sur l'importance de la population testée.
Correction du problème de synthèse
  1. P(T⁺)=P(T⁺|M)P(M)+P(T⁺|M̄)P(M̄)=0,98×0,01+0,05×0,99=0,0098+0,0495=0,0593.
  2. P(M|T⁺)=0,0098/0,0593≈16,5%. Seulement 16,5% des positifs sont vraiment malades!
  3. Faux positifs = P(T⁺|M̄)P(M̄)/P(T⁺)=0,0495/0,0593≈83,5%.
  4. P(T⁻)=1-0,0593=0,9407. P(M∩T⁻)=P(T⁻|M)P(M)=0,02×0,01=0,0002. P(M̄|T⁻)=P(T⁻|M̄)P(M̄)/P(T⁻)=0,95×0,99/0,9407≈99,98%.
  5. La prévalence de 1% est très faible. Même avec 5% de faux positifs sur les 99% de non-malades, ce flux est bien plus grand que les vrais positifs (1% de malades). C'est le paradoxe du dépistage de masse.
  6. P(T⁺)=0,98×0,1+0,05×0,9=0,098+0,045=0,143. P(M|T⁺)=0,098/0,143≈68,5%. La VPP est bien meilleure quand on teste une population à risque.

QCM

10 questions

0Score
0/10Répondues
Q1/10

P(A∪B)=

Q2/10

P(A|B)=

Q3/10

A et B indépendants ⟺

Q4/10

Formule des prob. totales : P(A)=

Q5/10

Bayes : P(B|A)=

Q6/10

P(Ā)=

Q7/10

A et B incompatibles → P(A∪B)=

Q8/10

Test avec P(M)=0,01, P(T⁺|M)=0,98, P(T⁺|M̄)=0,05. P(T⁺)≈

Q9/10

Espace produit : expériences indépendantes. P(A₁∩A₂)=

Q10/10

P(A)=0,4, P(B)=0,5, indépendants → P(A∩B)=

Exercices supplémentaires tirés du CIAM Terminale SE (Collection Inter-Africaine de Mathématiques), section « Entraînement » du chapitre correspondant — énoncés fidèles au manuel, corrections rédigées pour ce site.

1

Tirages avec remise — urne rouge/noire

● Facile

Une urne contient trois boules rouges et deux boules noires indiscernables au toucher. L'expérience aléatoire consiste à tirer une boule, deux fois de suite, lors de tirages avec remise.

  1. Quels sont les événements élémentaires de cette expérience ? Combien y en a-t-il ?
  2. Déterminer la probabilité de chacun des événements suivants : R₁ « tirer une boule rouge au premier tirage » ; R₂ « tirer une boule rouge au second tirage » ; R₁∩R₂ ; R₁∪R₂.
Correction

1. Comme le tirage se fait avec remise, chaque tirage donne R (rouge) ou N (noir), indépendamment de l'autre. Les événements élémentaires sont les couples ordonnés (couleur au 1ᵉʳ tirage ; couleur au 2ᵉ tirage) : RR, RN, NR, NN. Il y en a 4.

2. P(R) = 3/5 à chaque tirage, l'urne retrouvant sa composition initiale après remise. Donc P(R₁) = P(R₂) = 3/5.

Les deux tirages étant indépendants (remise) : P(R₁∩R₂) = P(R₁)×P(R₂) = 3/5 × 3/5 = 9/25.

P(R₁∪R₂) = P(R₁)+P(R₂)−P(R₁∩R₂) = 3/5+3/5−9/25 = 15/25+15/25−9/25 = 21/25.

2

Somme de deux dés

● Facile

On lance simultanément deux dés non truqués dont les faces sont numérotées de 1 à 6 et l'on note les deux numéros obtenus sur les faces supérieures. Calculer les probabilités des événements suivants :

  1. la somme des numéros obtenus est égale à 6 ;
  2. la somme des numéros obtenus est impaire ;
  3. la somme des numéros obtenus est paire ;
  4. la somme des numéros obtenus est supérieure à 8 ;
  5. la somme des numéros obtenus est inférieure à 4.
Correction

L'univers Ω comporte 36 issues équiprobables (6×6).

  1. Somme = 6 : (1,5),(2,4),(3,3),(4,2),(5,1) → 5 issues. P = 5/36.
  2. Somme impaire : il faut un chiffre pair et un chiffre impair. 3 chiffres pairs × 3 impairs, dans les deux ordres : 2×3×3 = 18 issues. P = 18/36 = 1/2.
  3. Somme paire : événement complémentaire du précédent. P = 1 − 1/2 = 1/2.
  4. Somme > 8 (donc 9,10,11,12) : somme 9 → 4 issues ; somme 10 → 3 ; somme 11 → 2 ; somme 12 → 1. Total 10 issues. P = 10/36 = 5/18.
  5. Somme < 4 (donc 2 ou 3) : somme 2 → 1 issue ; somme 3 → 2 issues. Total 3 issues. P = 3/36 = 1/12.
3

Salles de réunion — indépendance et probabilité conditionnelle

● Moyen

Un centre de réunions comporte deux salles numérotées 1 et 2. On note S₁ l'événement « la salle numéro 1 est occupée » et S₂ l'événement « la salle 2 est occupée ». On sait que les deux salles ont autant de chance d'être occupées l'une que l'autre ; la probabilité que l'une des deux salles soit occupée est égale à 0,9 ; la probabilité que les deux salles soient occupées en même temps est égale à 0,5.

  1. Les événements S₁ et S₂ sont-ils indépendants ?
  2. Exprimer chacun des événements suivants à l'aide de S₁ et S₂, puis calculer leur probabilité : a) la salle numéro 1 est libre ; b) les deux salles sont libres ; c) l'une des deux salles au moins est libre ; d) une seule salle est libre ; e) la salle numéro 2 est libre, sachant que la salle numéro 1 est occupée.
Correction

Détermination de P(S₁) et P(S₂) : « autant de chance d'être occupées l'une que l'autre » signifie P(S₁)=P(S₂)=p. « L'une des deux salles est occupée » se traduit par P(S₁∪S₂)=0,9, et P(S₁∩S₂)=0,5. Or P(S₁∪S₂)=P(S₁)+P(S₂)−P(S₁∩S₂), donc 0,9 = 2p − 0,5, d'où p = 0,7. Ainsi P(S₁) = P(S₂) = 0,7.

1. P(S₁)×P(S₂) = 0,7×0,7 = 0,49 ≠ 0,5 = P(S₁∩S₂). S₁ et S₂ ne sont pas indépendants.

2a. « Salle 1 libre » = S̄₁. P(S̄₁) = 1 − 0,7 = 0,3.

2b. « Les deux salles libres » = S̄₁∩S̄₂ = complémentaire de (S₁∪S₂). P(S̄₁∩S̄₂) = 1 − P(S₁∪S₂) = 1 − 0,9 = 0,1.

2c. « L'une au moins est libre » = S̄₁∪S̄₂ = complémentaire de (S₁∩S₂). P(S̄₁∪S̄₂) = 1 − P(S₁∩S₂) = 1 − 0,5 = 0,5.

2d. « Une seule salle libre » = (S₁∩S̄₂)∪(S̄₁∩S₂). P(S₁∩S̄₂) = P(S₁) − P(S₁∩S₂) = 0,7−0,5 = 0,2. De même P(S̄₁∩S₂) = 0,2. Ces deux événements étant incompatibles : P = 0,2+0,2 = 0,4.

2e. « Salle 2 libre sachant salle 1 occupée » : P(S̄₂|S₁) = P(S̄₂∩S₁)/P(S₁) = 0,2/0,7 = 2/7 ≈ 0,286.

4

Maladies indépendantes — grands échantillons

● Moyen

On sait, par des enquêtes médicales, qu'un individu appartenant à la population d'un certain pays a la probabilité 0,01 d'être atteint par une maladie A et la probabilité 0,05 d'être atteint par une maladie B.

  1. Si ces deux affections sont indépendantes, combien de sujets atteints de l'une au moins des deux affections doit-on s'attendre à trouver dans un échantillon de 10 000 sujets pris au hasard dans la population ?
  2. Combien de sujets atteints de la maladie B doit-on s'attendre à trouver sur 500 sujets atteints de la maladie A ?
Correction

1. P(A) = 0,01, P(B) = 0,05, indépendantes ⟹ P(A∩B) = P(A)×P(B) = 0,01×0,05 = 0,0005.

P(A∪B) = P(A)+P(B)−P(A∩B) = 0,01+0,05−0,0005 = 0,0595.

Sur 10 000 sujets : effectif attendu = 10 000×0,0595 = 595 sujets.

2. Comme A et B sont indépendants, la proportion de sujets atteints de B parmi les sujets atteints de A reste égale à P(B) = 0,05 (c'est précisément le sens de l'indépendance : la connaissance de A ne change pas la probabilité de B). Sur 500 sujets atteints de A : effectif attendu = 500×0,05 = 25 sujets.

5

Problème de synthèse — urnes couplées et suite récurrente

● Difficile

U₁ et U₂ sont deux urnes. U₁ contient 6 boules blanches et 4 boules noires ; U₂ contient 8 boules blanches et 2 boules noires. D'une des deux urnes choisie au hasard (équiprobabilité), on extrait une boule que l'on remet dans l'urne. Si la boule était blanche, on recommence le tirage dans la même urne ; si la boule était noire, on recommence le tirage dans l'autre urne. Cette règle s'applique à chaque tirage. On désigne par Pₙ la probabilité pour que le nᵉ tirage se fasse dans l'urne U₁ (n∈ℕ*).

  1. a) Déterminer P₁. b) Déterminer P₂ (le second tirage s'est fait dans U₁ soit parce que le premier tirage a été une boule blanche dans U₁, soit parce que le premier tirage a été une boule noire dans U₂). c) Démontrer qu'il existe une relation de récurrence vérifiée par la suite (Pₙ) de la forme Pₙ=aPₙ₋₁+b (n≥2), où a et b sont des réels que l'on déterminera.
  2. (uₙ) est la suite réelle définie par u₁=1/2, uₙ=(2/5)uₙ₋₁+1/5 (n≥2). a) Déterminer le réel α pour que la suite (vₙ) définie par vₙ=uₙ−α (n∈ℕ*) soit géométrique. b) En déduire que la suite (uₙ) est convergente ; trouver alors la limite de Pₙ quand n tend vers +∞.
Correction

1a. Au premier tirage, l'urne est choisie au hasard entre U₁ et U₂ avec équiprobabilité : P₁ = 1/2.

1b. Le 2ᵉ tirage se fait dans U₁ dans deux cas exclusifs : (i) le 1ᵉʳ tirage était dans U₁ et la boule était blanche (on reste dans U₁) : probabilité P₁×P(blanche|U₁) = 1/2×6/10 = 3/10 ; (ii) le 1ᵉʳ tirage était dans U₂ et la boule était noire (on change d'urne) : probabilité (1−P₁)×P(noire|U₂) = 1/2×2/10 = 1/10. Donc P₂ = 3/10+1/10 = 4/10 = 2/5.

1c. En généralisant : le nᵉ tirage se fait dans U₁ si le (n−1)ᵉ tirage était dans U₁ et la boule blanche (probabilité 6/10), ou si le (n−1)ᵉ tirage était dans U₂ et la boule noire (probabilité 2/10). D'où : Pₙ = Pₙ₋₁×(6/10) + (1−Pₙ₋₁)×(2/10) = (6/10−2/10)Pₙ₋₁ + 2/10 = (2/5)Pₙ₋₁ + 1/5. On a donc a = 2/5 et b = 1/5 (on vérifie que P₁=1/2 redonne bien P₂=2/5, cohérent avec 1b).

2a. (vₙ) est géométrique si on soustrait à uₙ le point fixe α de la relation, défini par α = (2/5)α+1/5 ⟹ (3/5)α = 1/5 ⟹ α = 1/3. On pose vₙ = uₙ−1/3 ; alors vₙ = (2/5)vₙ₋₁, donc (vₙ) est géométrique de raison 2/5.

2b. v₁ = u₁−1/3 = 1/2−1/3 = 1/6, donc vₙ = (1/6)(2/5)ⁿ⁻¹, et uₙ = vₙ+1/3 = (1/6)(2/5)ⁿ⁻¹ + 1/3. Comme |2/5| < 1, (2/5)ⁿ⁻¹ → 0 quand n→+∞, donc uₙ → 1/3. Puisque Pₙ vérifie exactement la même relation de récurrence que uₙ avec la même valeur initiale (P₁=u₁=1/2), on a Pₙ=uₙ pour tout n, et donc lim[n→+∞] Pₙ = 1/3.

Cinq exercices supplémentaires tirés du CIAM Terminale SE (Collection Inter-Africaine de Mathématiques), section « Probabilité » du chapitre correspondant, niveau intermédiaire — énoncés fidèles au manuel, corrections rédigées pour ce site.

1

Dé truqué — loi de probabilité

● Moyen

Un dé dont les faces sont numérotées de 1 à 6 est truqué de telle manière que l'apparition du numéro 5 est deux fois « plus probable » que l'apparition des autres numéros.

  1. Calculer la probabilité de l'apparition de chaque numéro.
  2. Calculer les probabilités des évènements suivants : obtenir un nombre pair ; obtenir un nombre impair.
Correction
  1. Notons p la probabilité commune des numéros 1, 2, 3, 4 et 6, et donc 2p celle du numéro 5. La somme des probabilités vaut 1 : 5p + 2p = 1, soit 7p = 1, d'où p = 1/7. Ainsi P(1) = P(2) = P(3) = P(4) = P(6) = 1/7 et P(5) = 2/7.
  2. « Nombre pair » = {2;4;6} : P = 1/7+1/7+1/7 = 3/7. « Nombre impair » = {1;3;5} : P = 1/7+1/7+2/7 = 4/7 (on vérifie 3/7+4/7 = 1).
2

Population mâles/femelles — caractère albinos

● Difficile

Considérons une population où le nombre de mâles est la moitié du nombre de femelles. Des études statistiques ont montré que dans cette population 6 % des mâles avaient le caractère albinos et 0,36 % des femelles avaient ce caractère.

  1. Quelle est la probabilité pour qu'un individu pris au hasard soit albinos ?
  2. Quelle est la probabilité pour qu'un albinos de cette population soit mâle ?
Correction
  1. Notons F l'effectif des femelles ; l'effectif des mâles est F/2 (moitié de celui des femelles), et l'effectif total est F/2 + F = 3F/2. On tire un individu au hasard dans la population : P(mâle) = (F/2)/(3F/2) = 1/3 et P(femelle) = 2/3. Par la formule des probabilités totales, avec P(albinos|mâle) = 0,06 et P(albinos|femelle) = 0,0036 : P(albinos) = 0,06×1/3 + 0,0036×2/3 = 0,02 + 0,0024 = 0,0224 (2,24 %).
  2. Par la formule de Bayes : P(mâle|albinos) = P(albinos|mâle)×P(mâle) / P(albinos) = 0,02/0,0224 = 25/28 ≈ 0,893 (89,3 %).
3

Deux clubs de football — tirage au sort des équipes

● Moyen

Deux clubs de football A et B ont respectivement 18 et 15 joueurs susceptibles de jouer dans leurs équipes. Le joueur X appartient au club A et le joueur Y appartient au club B. Pour le prochain match, les joueurs sont tirés au sort dans chaque équipe. Quelle est la probabilité d'avoir X et Y qui jouent au cours de ce prochain match ?

Correction

Hypothèse (usuelle pour un match de football) : chaque club aligne 11 joueurs, tirés au sort parmi ses joueurs disponibles.

Dans le club A (18 joueurs, 11 tirés au sort), par symétrie chaque joueur a la même probabilité de figurer dans les 11 choisis : P(X joue) = C(17,10)/C(18,11) = 11/18 (autant de façons de compléter l'équipe autour de X que le rapport du nombre de places au nombre total de joueurs).

De même dans le club B (15 joueurs, 11 tirés au sort) : P(Y joue) = 11/15.

Les deux tirages sont indépendants (deux clubs distincts) : P(X et Y jouent) = (11/18)×(11/15) = 121/270 ≈ 0,448 (44,8 %).

4

Deux maladies indépendantes

● Facile

Dans une population vulnérable, la probabilité pour qu'une personne quelconque contracte une maladie au cours d'une année est de 0,4 pour une maladie M et de 0,6 pour une maladie M'. « Contracter la maladie M » et « contracter la maladie M' » sont deux évènements indépendants. Pour une personne choisie au hasard, calculer la probabilité des évènements suivants : A « contracter les deux maladies M et M' » ; B « contracter au moins une de ces deux maladies au cours de la même année » ; C « ne contracter aucune de ces deux maladies au cours de la même année ».

Correction

P(M) = 0,4 et P(M') = 0,6, événements indépendants.

A : P(A) = P(M∩M') = P(M)×P(M') = 0,4×0,6 = 0,24.

B : P(B) = P(M∪M') = P(M)+P(M')−P(M∩M') = 0,4+0,6−0,24 = 0,76.

C : C est l'événement contraire de B : P(C) = 1−P(B) = 1−0,76 = 0,24 (on retrouve ce résultat directement par indépendance des complémentaires : P(M̄)×P(M̄') = 0,6×0,4 = 0,24).

5

Deux cars indépendants — ponctualité

● Facile

Deux cars A et B doivent arriver à la gare routière à la même heure. Leurs arrivées sont considérées comme des évènements indépendants.

  1. Sachant que ces deux cars ont des probabilités de 0,9 pour le car A et de 0,8 pour le car B d'arriver à l'heure, quelle est la probabilité pour qu'au moins un des deux cars soit ponctuel ?
  2. Quelle est, dans les mêmes conditions, la probabilité pour qu'au moins un des deux cars soit en retard ?
Correction
  1. « Au moins un ponctuel » est le contraire de « les deux en retard ». P(A en retard) = 0,1, P(B en retard) = 0,2, indépendants : P(les deux en retard) = 0,1×0,2 = 0,02. Donc P(au moins un ponctuel) = 1−0,02 = 0,98.
  2. « Au moins un en retard » est le contraire de « les deux ponctuels » : P(les deux ponctuels) = 0,9×0,8 = 0,72. Donc P(au moins un en retard) = 1−0,72 = 0,28.

Cinq problèmes de synthèse, plus longs et plus exigeants, tirés de la fin de la banque d'exercices du CIAM Terminale SE — pour aller plus loin et préparer les épreuves de type baccalauréat.

1

Deux joueurs, deux dés — comparaison des résultats

● Difficile

Deux joueurs, Pigna et Gouanda, lancent simultanément chacun un dé dont les faces numérotées de 1 à 6 ont la même probabilité de sortie. Le gagnant est celui qui obtient un nombre strictement supérieur à celui de l'autre. La partie est nulle si les deux joueurs obtiennent le même numéro.

  1. Quelle est la probabilité que Pigna gagne ?
  2. Quelle est la probabilité que Gouanda gagne ?
Correction

L'univers comporte 6×6 = 36 issues équiprobables. Il y a 6 issues où les deux joueurs obtiennent le même numéro (partie nulle) : P(nulle) = 6/36 = 1/6.

Les 30 issues restantes se répartissent, par symétrie du jeu (rien ne distingue les deux joueurs), équitablement entre « Pigna gagne » (nombre de Pigna strictement supérieur) et « Gouanda gagne » : chacun de ces deux événements regroupe 15 issues.

1. P(Pigna gagne) = 15/36 = 5/12.

2. Par symétrie, P(Gouanda gagne) = 5/12 également (on vérifie : 5/12+5/12+1/6 = 10/12+2/12 = 1).

2

Parachutiste — probabilité géométrique (aires)

● Difficile

Un parachutiste saute d'un avion et atterrit nécessairement sur un terrain déboisé de 1 hectare entouré d'une forêt. Dans ce terrain il y a : un espace cultivé rectangulaire de 50 mètres de long et 30 mètres de large ; un plan d'eau formant un triangle rectangle isocèle de 100 mètres sur les côtés de l'angle droit ; une cible circulaire de 20 mètres de diamètre qui représente son objectif. On suppose que la probabilité pour qu'il tombe sur une partie donnée du terrain est proportionnelle à l'aire de cette partie.

  1. Définir l'ensemble des éventualités et calculer la probabilité de chaque événement élémentaire.
  2. Calculer la probabilité qu'il rate la cible mais n'atterrisse ni dans l'espace cultivé ni dans le plan d'eau.
  3. Calculer la probabilité qu'il atterrisse dans l'espace cultivé ou dans le plan d'eau.
Correction

Aire totale du terrain : 1 hectare = 10 000 m². On suppose les trois zones (cultivée, plan d'eau, cible) disjointes deux à deux.

Aire cultivée : 50×30 = 1 500 m². Aire du plan d'eau (triangle rectangle isocèle de côtés de l'angle droit 100 m) : (100×100)/2 = 5 000 m². Aire de la cible (disque de diamètre 20 m, donc de rayon 10 m) : π×10² ≈ 314,16 m². Aire du reste du terrain (zone « libre », ni cultivée, ni plan d'eau, ni cible) : 10 000 − 1 500 − 5 000 − 314,16 = 3 185,84 m².

1. L'ensemble des éventualités est Ω = {atterrir dans l'espace cultivé (Cu) ; atterrir dans le plan d'eau (E) ; atterrir dans la cible (Ci) ; atterrir sur le reste du terrain (R)}, ces quatre issues formant une partition du terrain. Par proportionnalité aux aires : P(Cu) = 1500/10000 = 0,15 ; P(E) = 5000/10000 = 0,5 ; P(Ci) = 314,16/10000 ≈ 0,0314 ; P(R) = 3185,84/10000 ≈ 0,3186 (on vérifie que la somme vaut 1).

2. « Il rate la cible mais n'atterrit ni dans l'espace cultivé ni dans le plan d'eau » signifie exactement qu'il atterrit sur le reste du terrain R : P ≈ 0,3186 (soit 0,35 − 0,01π exactement).

3. Cu et E étant disjoints : P(Cu∪E) = P(Cu)+P(E) = 0,15+0,5 = 0,65.

3

Autobus et feux tricolores — loi binomiale

● Difficile

Un autobus rencontre sur son trajet sept feux tricolores. Pour chacun de ces feux, le rouge dure 30 secondes, l'orange dure 10 secondes et le vert dure 20 secondes. Les sept feux ne sont pas synchronisés et les aléas de la circulation font que l'état d'un feu devant lequel se présente l'autobus ne dépend pas de l'état des feux précédents.

  1. Calculer la probabilité pour que sur son trajet l'autobus rencontre exactement trois feux verts.
  2. Calculer la probabilité pour que sur son trajet l'autobus rencontre au moins un feu vert.
Correction

Un cycle dure 30+10+20 = 60 secondes. À l'arrivée de l'autobus devant un feu, la probabilité qu'il soit vert est donc p = 20/60 = 1/3 (rouge : 1/2, orange : 1/6). Comme les états des sept feux sont indépendants, le nombre X de feux verts rencontrés suit une loi binomiale B(7 ; 1/3).

1. P(X=3) = C(7,3)×(1/3)³×(2/3)⁴ = 35×(1/27)×(16/81) = 560/2187 ≈ 0,256.

2. P(X≥1) = 1−P(X=0) = 1−(2/3)⁷ = 1−128/2187 = 2059/2187 ≈ 0,9415.

4

Cubes colorés — le drapeau de la Côte d'Ivoire

● Difficile

Une caisse contient pêle-mêle 10 cubes oranges, 20 cubes blancs et 5 cubes verts, tous de la même taille.

  1. Quelle est la probabilité de pouvoir faire le drapeau de la Côte d'Ivoire : a) en prenant simultanément 3 cubes ? b) en prenant simultanément 4 cubes ?
  2. Quelle est la probabilité, en prenant simultanément 3 cubes l'un après l'autre sans remise, d'obtenir dans l'ordre le drapeau de la Côte d'Ivoire ?
Correction

Le drapeau de la Côte d'Ivoire est tricolore orange-blanc-vert ; « faire le drapeau » signifie obtenir un cube de chaque couleur (orange, blanc, vert). La caisse contient 10+20+5 = 35 cubes en tout.

1a. Tirage simultané de 3 cubes : « faire le drapeau » signifie obtenir exactement 1 cube de chaque couleur. Nombre de tirages favorables : C(10,1)×C(20,1)×C(5,1) = 10×20×5 = 1 000. Nombre total de tirages : C(35,3) = 6 545. P = 1000/6545 = 200/1309 ≈ 0,153.

1b. Tirage simultané de 4 cubes : « pouvoir faire le drapeau » signifie avoir au moins un cube de chaque couleur parmi les 4 tirés (il suffira d'en écarter un pour former le drapeau à 3 cubes). Comme 4 = 2+1+1, les répartitions favorables par couleur (orange, blanc, vert) sont (2,1,1), (1,2,1) et (1,1,2) : C(10,2)C(20,1)C(5,1) + C(10,1)C(20,2)C(5,1) + C(10,1)C(20,1)C(5,2) = 45×20×5 + 10×190×5 + 10×20×10 = 4500+9500+2000 = 16 000. Nombre total de tirages : C(35,4) = 52 360. P = 16000/52360 = 400/1309 ≈ 0,306.

2. Tirages successifs sans remise, dans l'ordre orange puis blanc puis vert : P = (10/35)×(20/34)×(5/33) = 1000/39270 = 100/3927 ≈ 0,0255.

5

Paradoxe du Chevalier de Méré

● Difficile

« Paradoxe du Chevalier de Méré », problème posé à Blaise Pascal en 1654. A-t-on plus de chances d'obtenir un six (au moins une fois) en lançant un dé équilibré 4 fois de suite, ou d'obtenir un double six (au moins une fois) en lançant deux dés équilibrés 24 fois de suite ?

  1. Première situation : on lance un dé équilibré 4 fois de suite. Calculer la probabilité de l'événement A « on obtient au moins un six ».
  2. Deuxième situation : on lance deux dés équilibrés 24 fois de suite. Calculer la probabilité de l'événement B « on obtient au moins une fois un double six ».
  3. Conclure.
Correction

1. Le contraire de A est « n'obtenir aucun six en 4 lancers » ; à chaque lancer, P(pas de six) = 5/6, et les lancers sont indépendants : P(Ā) = (5/6)⁴ = 625/1296. Donc P(A) = 1−625/1296 = 671/1296 ≈ 0,5177.

2. À chaque lancer de deux dés, il y a 36 issues équiprobables, dont une seule est le double six ; P(pas de double six à un lancer) = 35/36. Sur 24 lancers indépendants : P(B̄) = (35/36)²⁴ ≈ 0,5086. Donc P(B) = 1−0,5086 ≈ 0,4914.

3. P(A) ≈ 0,5177 > P(B) ≈ 0,4914 : il est donc légèrement plus avantageux de parier sur A que sur B. Le Chevalier de Méré, qui croyait ces deux probabilités égales par un raisonnement de simple proportionnalité (4 lancers sur 6 issues « équivaut » à 24 lancers sur 36 issues, car 4/6 = 24/36), se trompait : c'est précisément en cherchant à expliquer cet écart, observé empiriquement à la table de jeu, qu'il consulta Pascal — donnant naissance à la théorie moderne des probabilités.