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1. Définition et loi de probabilité

Variable aléatoire discrète

X : Ω → {x₁,x₂,...,xₙ} (ensemble fini ou dénombrable). Loi : P(X=xᵢ)=pᵢ avec Σpᵢ=1.

Fonction de répartition : F(x)=P(X≤x)=Σ_{xᵢ≤x} pᵢ.

2. Caractéristiques

Espérance, Variance, Écart type

E(X)=Σxᵢpᵢ (centre de gravité). V(X)=E[(X-E(X))²]=E(X²)-[E(X)]².

σ(X)=√V(X). Interprétation : dispersion autour de la moyenne.

Propriétés : E(aX+b)=aE(X)+b. V(aX+b)=a²V(X). σ(aX+b)=|a|σ(X).

3. Loi binomiale B(n,p)

Définition

n épreuves de Bernoulli indépendantes, chacune de probabilité de succès p.

X=nb de succès. X~B(n,p) : P(X=k)=Cₙᵏ·pᵏ·(1-p)ⁿ⁻ᵏ pour k=0,...,n.

E(X)=np. V(X)=np(1-p). σ(X)=√(np(1-p)).

Application

Pièce équilibrée lancée 10 fois. X~B(10,1/2). E(X)=5. V(X)=2,5. P(X=3)=C₁₀³·(1/2)¹⁰=120/1024≈11,7%.

À retenir

  • E(X)=Σxᵢpᵢ ; V(X)=E(X²)-[E(X)]²
  • E(aX+b)=aE(X)+b ; V(aX+b)=a²V(X)
  • B(n,p) : P(X=k)=Cₙᵏpᵏ(1-p)ⁿ⁻ᵏ
  • E(X)=np ; V(X)=np(1-p)
  • F(x)=P(X≤x) croissante, F→0 en -∞, F→1 en +∞
1

Loi de probabilité et espérance

● Facile

X : P(X=-1)=1/4, P(X=0)=1/2, P(X=3)=1/4. (1) Vérifier. (2) E(X). (3) V(X).

Correction
  1. 1/4+1/2+1/4=1 ✓.
  2. E=(-1)(1/4)+0+3(1/4)=2/4=1/2.
  3. E(X²)=1/4+0+9/4=10/4. V=10/4-1/4=9/4.
2

Loi binomiale

● Moyen

Taux de réussite 70%. 5 tentatives. X~B(5,0,7). (1) P(X=3). (2) P(X≥4). (3) E(X) et V(X).

Correction
  1. C₅³·(0,7)³·(0,3)²=10·0,343·0,09=0,3087.
  2. P(4)+P(5)=C₅⁴·0,7⁴·0,3+0,7⁵=5·0,2401·0,3+0,16807=0,36+0,168=0,528.
  3. E=3,5. V=1,05.
3

Fonction de répartition

● Moyen

X~B(4,1/2). Calculer F(0), F(1), F(2), F(3) et tracer l'allure de F.

Correction

P(X=k)=C₄ᵏ/16. F(0)=1/16. F(1)=5/16. F(2)=11/16. F(3)=15/16. F(4)=1.

4

Propriétés de E et V

● Moyen

E(X)=3, V(X)=4. Y=2X-1. Calculer E(Y), V(Y), σ(Y).

Correction

E(Y)=2×3-1=5. V(Y)=4×4=16. σ(Y)=4.

5

Jeu et espérance

● Difficile

On lance 2 dés. X=différence |D₁-D₂|. (1) Loi de X. (2) E(X). (3) Jeu équitable ?

Correction

(1) Issues (i,j) i,j∈{1..6}. P(X=0)=6/36=1/6. P(X=1)=10/36. P(X=2)=8/36. P(X=3)=6/36. P(X=4)=4/36. P(X=5)=2/36. (2) E=Σk·P(X=k)=(0+10+16+18+16+10)/36=70/36≈1,94. (3) Dépend du jeu.

Problème de synthèse

● Niveau Bac

X~B(n,p). On va établir les propriétés fondamentales de la loi binomiale.

  1. Vérification que ΣP(X=k)=1 : Utiliser le binôme de Newton pour montrer Σ_{k=0}^n Cₙᵏ pᵏ(1-p)ⁿ⁻ᵏ=1.
  2. Calcul de E(X) : Montrer que E(X)=Σk·Cₙᵏpᵏ(1-p)ⁿ⁻ᵏ=np. (Utiliser k·Cₙᵏ=n·Cₙ₋₁ᵏ⁻¹.)
  3. Calcul de V(X) : Montrer V(X)=np(1-p). (Calculer E(X²)=E(X(X-1))+E(X) et E(X(X-1))=n(n-1)p².)
  4. Application numérique : X~B(100,0,3). Calculer E(X), σ(X).
  5. Mode : La valeur k₀=⌊(n+1)p⌋ maximise P(X=k). Pour n=10, p=0,6, trouver le mode.
  6. Simulation : Un QCM de 20 questions, 4 choix chacune, un élève répond au hasard. Probabilité d'obtenir ≥10/20 (en utilisant B(20,1/4), E=5, σ≈1,94).
Correction du problème de synthèse
  1. Σ Cₙᵏpᵏ(1-p)ⁿ⁻ᵏ=(p+(1-p))ⁿ=1ⁿ=1. ✓
  2. E(X)=Σk·Cₙᵏpᵏ(1-p)ⁿ⁻ᵏ. k·Cₙᵏ=n·Cₙ₋₁ᵏ⁻¹. E(X)=np·Σ_{k=1}^n Cₙ₋₁ᵏ⁻¹pᵏ⁻¹(1-p)ⁿ⁻ᵏ=np·(p+1-p)ⁿ⁻¹=np.
  3. E(X(X-1))=n(n-1)p²·Σ Cₙ₋₂ᵏ⁻²...=n(n-1)p². E(X²)=n(n-1)p²+np. V(X)=n(n-1)p²+np-n²p²=np(1-p).
  4. E=30, σ=√21≈4,58.
  5. k₀=⌊11×0,6⌋=⌊6,6⌋=6. Mode=6.
  6. P(X≥10) avec X~B(20,0,25). Très petite (≈3,4%). La plupart des élèves aléatoires auront 4-6/20.

QCM

10 questions

0Score
0/10Répondues
Q1/10

E(X)=Σxᵢpᵢ avec Σpᵢ=

Q2/10

V(X)=E(X²)-[E(X)]² est la formule de

Q3/10

E(aX+b)=

Q4/10

V(aX+b)=

Q5/10

X~B(n,p): P(X=k)=

Q6/10

E(X) pour X~B(n,p)=

Q7/10

V(X) pour X~B(10,0,4)=

Q8/10

Fonction de répartition F(x)=

Q9/10

Loi de Bernoulli B(1,p): V(X)=

Q10/10

X~B(n,p), p=1/2: distribution

Exercices supplémentaires tirés du CIAM Terminale SE (Collection Inter-Africaine de Mathématiques), section « Entraînement » du chapitre correspondant — énoncés fidèles au manuel, corrections rédigées pour ce site.

1

Tombola — gain d'un billet

● Facile

Une association organise une tombola. Tous les billets, au nombre de 500, sont vendus. L'un des billets permet de gagner un lot d'une valeur de 62 000 francs, 9 billets permettent chacun de gagner un lot d'une valeur de 7 000 francs, 50 billets permettent chacun de gagner un lot d'une valeur de 500 francs, les autres sont perdants.

  1. On choisit au hasard un billet. Déterminer la probabilité de chacun des événements suivants : A « le billet choisi gagne un lot d'une valeur de 7 000 francs » ; B « le billet choisi est perdant ».
  2. Les billets sont vendus 500 francs. Que rapportera la tombola au trésorier de l'association ?
  3. On appelle gain d'un billet la différence entre le montant du lot et le prix d'achat du billet. On désigne par X la variable aléatoire qui associe à chaque billet choisi au hasard le gain de ce billet. a) Donner les différentes valeurs de X. b) Donner la loi de probabilité de X. c) Calculer l'espérance mathématique E(X).
Correction

1. Nombre de billets perdants : 500−1−9−50 = 440. P(A) = 9/500 = 0,018. P(B) = 440/500 = 0,88.

2. Recette totale : 500 billets × 500 F = 250 000 F. Montant total des lots : 1×62 000 + 9×7 000 + 50×500 = 62 000+63 000+25 000 = 150 000 F. Bénéfice du trésorier = 250 000 − 150 000 = 100 000 F.

3a. Gain = valeur du lot − 500 F. Billet à 62 000 F : gain = 61 500 F. Billet à 7 000 F : gain = 6 500 F. Billet à 500 F : gain = 0 F. Billet perdant : gain = −500 F. Donc X ∈ {−500 ; 0 ; 6 500 ; 61 500}.

3b. Loi de probabilité de X :

xᵢ−50006 50061 500
P(X=xᵢ)440/500 = 0,8850/500 = 0,19/500 = 0,0181/500 = 0,002

3c. E(X) = (−500)(0,88) + 0×0,1 + 6 500×0,018 + 61 500×0,002 = −440 + 0 + 117 + 123 = −200 F. En moyenne chaque joueur perd 200 F par billet, ce qui correspond exactement au bénéfice de 100 000 F du trésorier réparti sur les 500 billets (100 000/500 = 200 F).

2

Dé et pièce de monnaie combinés

● Facile

On jette en même temps un dé cubique dont les faces sont numérotées de 1 à 6 et une pièce de monnaie parfaitement équilibrés. On convient d'associer à cette expérience le nombre indiqué sur la face supérieure du dé si la pièce de monnaie marque pile, et le double de ce nombre si la pièce marque face. On considère X la variable aléatoire « nombre ainsi obtenu ».

  1. Donner la loi de probabilité de X.
  2. Calculer l'espérance mathématique, la variance et l'écart-type de X.
Correction

1. Chaque issue (résultat du dé, résultat de la pièce) a la probabilité 1/12 (6 faces × 2 côtés, équiprobables et indépendants). Si pile : X = 1,2,3,4,5,6 (chacune avec probabilité 1/12). Si face : X = 2,4,6,8,10,12 (chacune avec probabilité 1/12). En regroupant les valeurs communes (X=2, X=4, X=6 obtenues de deux façons) :

xᵢ12345681012
P(X=xᵢ)1/122/121/122/121/122/121/121/121/12

(Vérification : la somme des probabilités vaut 12/12 = 1.)

2. Plus simplement : E(X) = ½E(dé si pile) + ½E(2×dé si face) = ½×3,5 + ½×7 = 1,75+3,5 = 5,25.

E(X²) = ½E(dé²) + ½E(4dé²) = ½×(91/6) + ½×4×(91/6) = (91/6)×(1/2+2) = (91/6)×(5/2) = 455/12, avec E(dé²) = (1+4+9+16+25+36)/6 = 91/6.

V(X) = E(X²) − [E(X)]² = 455/12 − (21/4)² = 455/12 − 441/16 = 1820/48 − 1323/48 = 497/48 ≈ 10,354.

σ(X) = √(497/48) ≈ 3,218.

3

Somme de deux dés — fonction de répartition

● Moyen

Un jeu consiste à lancer deux fois de suite un dé cubique non pipé dont les faces sont numérotées de 1 à 6. On considère la variable aléatoire X « somme des numéros sortis ».

  1. Donner la loi de probabilité de X.
  2. Calculer l'espérance mathématique, la variance et l'écart-type de X.
  3. Donner et représenter la fonction de répartition de X. En déduire la probabilité des événements suivants : X≤4 ; 5≤X≤8 et X≥9.
  4. Le joueur perd 1000 F si X≤4, n francs si 5≤X≤8 et gagne 2000 F si X≥9. Déterminer n pour que l'espérance mathématique du gain soit nulle.
Correction

1. Loi de X (36 issues équiprobables) :

xᵢ23456789101112
P(X=xᵢ)1/362/363/364/365/366/365/364/363/362/361/36

2. E(X) = 7 (symétrie de la loi autour de 7). V(X) = 2×V(dé) = 2×35/12 = 35/6 ≈ 5,833. σ(X) = √(35/6) ≈ 2,415.

3. F(x) = P(X≤x) est une fonction en escalier, constante entre deux entiers, avec des sauts aux points 2,3,...,12 :

x23456789101112
F(x)1/363/366/3610/3615/3621/3626/3630/3633/3635/361

Le graphe de F est une fonction en escalier croissante, valant 0 avant x=2, faisant un saut de hauteur P(X=k) en chaque entier k de 2 à 12, et valant 1 à partir de x=12.

P(X≤4) = F(4) = 6/36 = 1/6.

P(5≤X≤8) = F(8)−F(4) = 26/36−6/36 = 20/36 = 5/9.

P(X≥9) = 1−F(8) = 1−26/36 = 10/36 = 5/18.

4. On note G le gain du joueur : G=−1000 si X≤4, G=n si 5≤X≤8, G=2000 si X≥9. On veut E(G)=0 : E(G) = −1000×(1/6) + n×(5/9) + 2000×(5/18) = 0. En mettant tout au même dénominateur 18 : −3000/18 + (10n)/18 + 10000/18 = 0, soit 7000+10n = 0, d'où n = −700. Le jeu étant équitable, cela signifie qu'en réalité le joueur doit lui aussi perdre 700 F lorsque 5≤X≤8 (et non gagner) pour que l'espérance du gain soit nulle.

4

Vers la loi binomiale — urne sans remise répétée

● Moyen

Dans une urne, il y a 18 boules blanches et 10 boules rouges, indiscernables au toucher. On considère l'épreuve qui consiste à extraire au hasard, l'une après l'autre et sans remise, deux boules de l'urne. On n'est pas dans une situation d'équiprobabilité.

  1. Déterminer la loi de probabilité de l'événement E « la première boule tirée est blanche ».
  2. On répète cinq fois de suite l'épreuve précédente ; après chaque épreuve les deux boules tirées sont remises dans l'urne. Les dix épreuves élémentaires sont donc indépendantes. On désigne par X la variable aléatoire qui à chaque partie de dix épreuves associe le nombre de fois que se produit l'événement E. a) Expliquer pourquoi X suit une loi binomiale ; préciser les paramètres de cette loi. b) Calculer la probabilité de l'événement F « E se produit exactement deux fois ».
Correction

1. L'urne contient 18+10=28 boules au total, dont 18 blanches. Au premier tirage, la probabilité de tirer une boule blanche est P(E) = 18/28 = 9/14, et P(Ē) = 10/28 = 5/14. La loi de probabilité de E (événement vu comme variable de Bernoulli) est donc : P(E) = 9/14 ≈ 0,643 ; P(Ē) = 5/14 ≈ 0,357.

2a. On répète n = 5 fois l'épreuve « extraire 2 boules sans remise », et après chaque répétition les 2 boules extraites sont remises dans l'urne : celle-ci retrouve donc sa composition initiale (18 blanches, 10 rouges) avant chaque nouvelle répétition. Les 5 répétitions sont donc des épreuves identiques et indépendantes, chacune de même probabilité p = P(E) = 9/14 de succès « la 1ʳᵉ boule tirée est blanche ». X, qui compte le nombre de répétitions où E se réalise, est donc la somme de 5 épreuves de Bernoulli indépendantes de même paramètre p : X suit la loi binomiale B(5 ; 9/14). (La mention « dix épreuves élémentaires » du texte fait référence aux 2 tirages de boule dans chacune des 5 répétitions, soit 5×2=10 tirages élémentaires au total ; ce sont bien les 5 répétitions de l'épreuve « E ou non E », et non les 10 tirages élémentaires eux-mêmes, qui sont indépendantes et suivent la loi binomiale.)

2b. P(F) = P(X=2) = C₅²×p²×q³ avec p=9/14, q=5/14, et C₅²=10. p² = 81/196, q³ = 125/2744.

P(X=2) = 10 × 81/196 × 125/2744 = 101 250/537 824 ≈ 0,188 (soit environ 18,8 %).

5

Problème de synthèse — démonstration de E(X)=np

● Difficile

On considère une épreuve aléatoire débouchant sur deux éventualités, succès et échec, de probabilités respectives 0,8 et 0,2. On désigne par X la variable aléatoire qui associe à n épreuves aléatoires indépendantes le nombre k de succès. On désigne par Y la variable aléatoire qui associe à n épreuves aléatoires indépendantes le nombre k d'échecs.

  1. Quelles sont les lois suivies par X et Y ? Donner, en fonction de n, l'expression de : P(X=k) ; P(Y=k) ; P(X=0) ; P(X≥1) ; P(Y=n).
  2. On suppose n=10. Calculer : P(X=0) ; P(X=2) ; P(X≤2) ; P(X>2) ; l'espérance mathématique E(X) et l'écart-type σ(X) (résultats à 10⁻⁶ près par défaut). En déduire, dans le cas général (n,p quelconques), une justification de la formule E(X)=np et V(X)=np(1−p).
Correction

1. X (nombre de succès sur n épreuves indépendantes, de probabilité de succès p=0,8) suit la loi binomiale X ~ B(n ; 0,8). Y (nombre d'échecs, probabilité d'échec 0,2) suit Y ~ B(n ; 0,2).

P(X=k) = Cₙᵏ(0,8)ᵏ(0,2)ⁿ⁻ᵏ. P(Y=k) = Cₙᵏ(0,2)ᵏ(0,8)ⁿ⁻ᵏ.

P(X=0) = (0,2)ⁿ (aucun succès = n échecs). P(X≥1) = 1−(0,2)ⁿ. P(Y=n) = (0,2)ⁿ (n échecs, ce qui correspond exactement à X=0 : on retrouve bien P(Y=n)=P(X=0)).

2. Pour n=10 :

P(X=0) = (0,2)¹⁰ = 0,0000001024 ≈ 0,000000 (à 10⁻⁶ près par défaut).

P(X=1) = C₁₀¹×(0,8)×(0,2)⁹ = 10×0,8×0,000000512 = 0,000004096.

P(X=2) = C₁₀²×(0,8)²×(0,2)⁸ = 45×0,64×0,00000256 = 0,000073728 ≈ 0,000073 (à 10⁻⁶ près par défaut).

P(X≤2) = P(X=0)+P(X=1)+P(X=2) = 0,0000001024+0,000004096+0,000073728 = 0,0000779264 ≈ 0,000077.

P(X>2) = 1−P(X≤2) = 1−0,0000779264 = 0,9999220736 ≈ 0,999922.

E(X) = np = 10×0,8 = 8. σ(X) = √(np(1−p)) = √(10×0,8×0,2) = √1,6 ≈ 1,264911.

Justification générale de E(X)=np et V(X)=np(1−p) : on écrit X = X₁+X₂+...+Xₙ, où Xᵢ est la variable de Bernoulli indicatrice du succès à la iᵉ épreuve (Xᵢ=1 si succès, 0 sinon), avec P(Xᵢ=1)=p. Pour chaque i : E(Xᵢ) = 1×p+0×(1−p) = p, et V(Xᵢ) = E(Xᵢ²)−[E(Xᵢ)]² = p−p² = p(1−p). Par linéarité de l'espérance (valable même si les Xᵢ ne sont pas indépendantes) : E(X) = E(X₁)+...+E(Xₙ) = np. Comme les épreuves sont indépendantes, les Xᵢ sont indépendantes, donc la variance d'une somme de variables indépendantes est la somme des variances : V(X) = V(X₁)+...+V(Xₙ) = np(1−p). Ceci généralise ce qu'on observe numériquement pour n=10, p=0,8 : E(X)=8=10×0,8 et V(X)=1,6=10×0,8×0,2.

Cinq exercices supplémentaires tirés du CIAM Terminale SE (Collection Inter-Africaine de Mathématiques), section « Entraînement » du chapitre correspondant, niveau intermédiaire — énoncés fidèles au manuel, corrections rédigées pour ce site.

1

Produit des faces de deux dés tétraédriques

● Moyen

On jette successivement et indépendamment sur une table deux dés tétraédriques réguliers dont les faces sont numérotées de 1 à 4. On considère la variable aléatoire Z égale à XY, où X est le nombre lu sur la face supérieure du premier dé et Y le nombre lu sur la face supérieure du second dé.

  1. Donner la loi de probabilité de Z.
  2. Calculer l'espérance mathématique, la variance et l'écart-type de Z.
Correction

1. Les 16 couples (X,Y)∈{1,2,3,4}² sont équiprobables, de probabilité 1/16 chacun. En dénombrant les couples donnant chaque produit : Z=1 → (1,1) [1] ; Z=2 → (1,2),(2,1) [2] ; Z=3 → (1,3),(3,1) [2] ; Z=4 → (1,4),(4,1),(2,2) [3] ; Z=6 → (2,3),(3,2) [2] ; Z=8 → (2,4),(4,2) [2] ; Z=9 → (3,3) [1] ; Z=12 → (3,4),(4,3) [2] ; Z=16 → (4,4) [1]. (Total : 1+2+2+3+2+2+1+2+1=16 ✓.) D'où la loi de Z :

zᵢ12346891216
P(Z=zᵢ)1/162/162/163/162/162/161/162/161/16

2. Comme X et Y sont indépendantes, E(Z)=E(XY)=E(X)E(Y). E(X)=E(Y)=(1+2+3+4)/4=5/2, donc E(Z)=(5/2)×(5/2)=25/4=6,25.

De même E(X²)=E(Y²)=(1+4+9+16)/4=15/2, donc E(Z²)=E(X²)E(Y²)=(15/2)²=56,25. V(Z)=56,25−6,25²=56,25−39,0625=17,1875 (=275/16). σ(Z)=√17,1875≈4,146.

2

Tournoi de football — points d'une équipe

● Difficile

Un tournoi de football se déroule entre 5 équipes. Chaque équipe doit rencontrer une fois et une fois seulement les 4 autres.

  1. Combien y a-t-il de matchs joués ? Combien chaque équipe joue-t-elle de matchs ?
  2. À chaque rencontre, on admet que chaque équipe a la même probabilité de gagner, de faire match nul ou de perdre. On attribue 2 points à l'équipe victorieuse, 1 point à chaque équipe en cas de match nul, 0 point à l'équipe perdante. On considère X la variable aléatoire « nombre de points obtenus par une équipe à la fin du tournoi ». Donner la loi de probabilité de X.
  3. Calculer l'espérance mathématique, la variance et l'écart-type de X.
Correction

1. Le nombre de matchs est le nombre de paires parmi 5 équipes : C₅²=10 matchs. Chaque équipe affronte les 4 autres, donc joue 4 matchs.

2. Pour une équipe donnée, chacun de ses 4 matchs rapporte, indépendamment et avec probabilité 1/3 chacune, 2 points (victoire), 1 point (nul) ou 0 point (défaite). X est la somme de 4 variables indépendantes Yᵢ de même loi : P(Yᵢ=0)=P(Yᵢ=1)=P(Yᵢ=2)=1/3. La fonction génératrice de X est [(1+t+t²)/3]⁴=(1+t+t²)⁴/81 ; en développant (par exemple via (1+t+t²)²=1+2t+3t²+2t³+t⁴ puis en élevant au carré), les coefficients de t⁰ à t⁸ valent 1,4,10,16,19,16,10,4,1. D'où la loi de X :

xᵢ012345678
P(X=xᵢ)1/814/8110/8116/8119/8116/8110/814/811/81

(Vérification : 1+4+10+16+19+16+10+4+1=81, soit 81/81=1.)

3. E(X)=4×E(Yᵢ)=4×1=4. V(Yᵢ)=E(Yᵢ²)−[E(Yᵢ)]²=(0+1+4)/3−1=2/3, donc par indépendance V(X)=4×2/3=8/3≈2,667 et σ(X)=√(8/3)=2√6/3≈1,633.

3

Tirage de 3 cartes — nombre d'as (avec et sans remise)

● Difficile

On tire au hasard 3 cartes d'un jeu de 32 cartes (dont 4 as). On considère X « nombre d'as tirés ».

  1. Donner la loi de probabilité de X et calculer E(X), V(X) et σ(X) : a) tirage simultané des trois cartes ; b) tirages successifs avec remise.
  2. Comparer ces deux résultats.
Correction

1a. Tirage simultané (sans remise) : X suit la loi hypergéométrique de paramètres N=32, K=4, n=3 : P(X=k)=C₄ᵏ×C₂₈³⁻ᵏ/C₃₂³, avec C₃₂³=4960.

k0123
P(X=k)819/1240≈0,6605189/620≈0,304821/620≈0,03391/1240≈0,0008

E(X)=n×K/N=3×4/32=0,375. V(X)=n×(K/N)×(1−K/N)×(N−n)/(N−1)=3×(1/8)×(7/8)×(29/31)=609/1984≈0,307. σ(X)≈0,554.

1b. Tirages successifs avec remise : X~B(3 ; 1/8) car chaque tirage est indépendant, de probabilité p=4/32=1/8.

k0123
P(X=k)343/512≈0,6699147/512≈0,287121/512≈0,04101/512≈0,0020

E(X)=np=0,375. V(X)=np(1−p)=21/64≈0,328. σ(X)≈0,573.

2. L'espérance est identique dans les deux cas (0,375) : elle ne dépend pas du mode de tirage. La variance est plus faible sans remise (0,307) qu'avec remise (0,328), à cause du facteur d'exhaustivité (N−n)/(N−1)=29/31<1, qui réduit la dispersion lorsque le tirage se fait sans remise dans une population finie.

4

Urne — nombre de tirages avant la boule blanche

● Moyen

Une urne contient deux boules noires et une boule blanche. On tire une boule : si elle est blanche, le jeu s'arrête ; si elle est noire, on la remet dans l'urne et on tire de nouveau, et ainsi de suite. On note X le nombre de tirages nécessaires pour obtenir la boule blanche.

  1. Donner la loi de probabilité de X. Vérifier que la somme des probabilités vaut 1.
  2. Calculer : a) P(X>5) ; b) P(X≤7) ; c) P(5≤X≤8).
  3. Calculer l'espérance mathématique de X.
Correction

1. Chaque tirage est indépendant (la boule noire est remise), de probabilité p=1/3 de tirer la blanche. X=k signifie k−1 tirages noirs puis un blanc : P(X=k)=(2/3)ᵏ⁻¹×(1/3), k=1,2,3,... (loi géométrique de paramètre 1/3).

Vérification : Σ_{k=1}^{+∞}(2/3)ᵏ⁻¹×(1/3)=(1/3)×1/(1−2/3)=(1/3)×3=1 ✓.

2. Pour une loi géométrique, P(X>k)=(2/3)ᵏ. a) P(X>5)=(2/3)⁵=32/243≈0,1317. b) P(X≤7)=1−(2/3)⁷=1−128/2187=2059/2187≈0,9415. c) P(5≤X≤8)=(2/3)⁴−(2/3)⁸=1296/6561−256/6561=1040/6561≈0,1585.

3. Pour une loi géométrique de paramètre p, E(X)=1/p. Ici p=1/3, donc E(X)=3 tirages en moyenne.

5

Dé pipé — gain du joueur

● Moyen

On dispose d'un dé pipé, faces numérotées de 1 à 6, tel que la probabilité d'une face paire soit le double de celle d'une face impaire.

  1. Calculer les probabilités d'obtenir chaque face.
  2. Si la face 1 ou 6 sort, le joueur gagne 1000 F ; si la face 3 sort, il ne gagne rien ; sinon, il gagne 500 F. On note X le gain du joueur. a) Donner la loi de probabilité de X. b) Calculer E(X), V(X) et σ(X). c) Donner et représenter la fonction de répartition de X.
Correction

1. Notons p la probabilité d'une face impaire ; celle d'une face paire vaut 2p. 3p+3(2p)=9p=1, donc p=1/9. D'où P(1)=P(3)=P(5)=1/9 et P(2)=P(4)=P(6)=2/9.

2a. P(X=1000)=P(1)+P(6)=1/9+2/9=1/3. P(X=0)=P(3)=1/9. P(X=500)=P(2)+P(4)+P(5)=2/9+2/9+1/9=5/9. (Vérification : 1/3+1/9+5/9=1 ✓.)

xᵢ05001000
P(X=xᵢ)1/95/91/3

2b. E(X)=500×5/9+1000×1/3=2500/9+3000/9=5500/9≈611,11 F. E(X²)=500²×5/9+1000²×1/3=4 250 000/9. V(X)=4 250 000/9−(5500/9)²=8 000 000/81≈98 765,4. σ(X)≈314,3 F.

2c. F(x)=0 pour x<0 ; F(x)=1/9 pour 0≤x<500 ; F(x)=1/9+5/9=2/3 pour 500≤x<1000 ; F(x)=1 pour x≥1000. Le graphe est une fonction en escalier croissante, avec des sauts de hauteur 1/9, puis 5/9, puis 1/3 aux points 0, 500 et 1000.

Cinq problèmes de synthèse, plus longs et plus exigeants, tirés de la fin de la banque d'exercices du CIAM Terminale SE — pour aller plus loin et préparer les épreuves de type baccalauréat.

1

Interventions hebdomadaires d'un technicien — suite arithmético-géométrique

● Difficile

D'après Bac. Dans une entreprise, on fait appel à un technicien lors de ses passages hebdomadaires pour l'entretien des machines. Chaque semaine, on décide, pour un certain type de machine, de faire appel ou non au technicien. Le technicien intervient nécessairement la première semaine. Si le technicien est intervenu la nᵉ semaine, la probabilité qu'il intervienne la (n+1)ᵉ semaine vaut 3/4. S'il n'est pas intervenu la nᵉ semaine, cette probabilité vaut 1/10. On note Eₙ « le technicien intervient la nᵉ semaine » et Pₙ=P(Eₙ).

  1. Déterminer P(E₁), P(Eₙ₊₁/Eₙ) et P(Eₙ₊₁/Eₙ̄), puis exprimer en fonction de Pₙ : P(Eₙ₊₁∩Eₙ) et P(Eₙ₊₁∩Eₙ̄).
  2. En déduire que, pour tout entier n≥1 : Pₙ₊₁=(13/20)Pₙ+1/10.
  3. On pose qₙ=Pₙ−2/7. a) Montrer que (qₙ) est géométrique. b) En déduire Pₙ en fonction de n. c) Pour quelles valeurs de n a-t-on Pₙ<3/10 ?
Correction

1. P(E₁)=1. P(Eₙ₊₁/Eₙ)=3/4. P(Eₙ₊₁/Eₙ̄)=1/10. Par définition des probabilités conditionnelles : P(Eₙ₊₁∩Eₙ)=P(Eₙ₊₁/Eₙ)×P(Eₙ)=(3/4)Pₙ. P(Eₙ₊₁∩Eₙ̄)=P(Eₙ₊₁/Eₙ̄)×P(Eₙ̄)=(1/10)(1−Pₙ).

2. (Eₙ,Eₙ̄) formant une partition de l'univers, la formule des probabilités totales donne : Pₙ₊₁=(3/4)Pₙ+(1/10)(1−Pₙ)=(3/4−1/10)Pₙ+1/10=(15/20−2/20)Pₙ+1/10=(13/20)Pₙ+1/10.

3a. qₙ₊₁=Pₙ₊₁−2/7=(13/20)(qₙ+2/7)+1/10−2/7=(13/20)qₙ+[(13/20)(2/7)+1/10−2/7]. Le crochet vaut 13/70−13/70=0. Donc qₙ₊₁=(13/20)qₙ : (qₙ) est géométrique de raison 13/20.

3b. q₁=P₁−2/7=1−2/7=5/7, donc qₙ=(5/7)×(13/20)ⁿ⁻¹, et Pₙ=2/7+(5/7)×(13/20)ⁿ⁻¹.

3c. Pₙ<3/10 ⟺ (5/7)(13/20)ⁿ⁻¹<1/70 ⟺ (13/20)ⁿ⁻¹<1/50. En passant au logarithme (13/20<1) : n−1>ln(1/50)/ln(13/20)≈9,08, soit n>10,08, donc n≥11. (Vérification : P₁₀≈0,3005>0,3 et P₁₁≈0,2953<0,3.) La probabilité passe donc sous 3/10 à partir de la 11ᵉ semaine.

2

Le problème des trois portes (Monty Hall)

● Difficile

Vous êtes sur un plateau de télévision, à un jeu dont le prix est une voiture. Devant vous se trouvent 3 portes fermées : derrière l'une se trouve la voiture, derrière les deux autres rien. L'animateur, qui sait où se trouve la voiture, vous demande de désigner une porte. Une fois votre choix fait, il n'ouvre pas la porte désignée, mais l'une des deux autres, derrière laquelle il n'y a pas la voiture (il peut toujours le faire, quel que soit votre choix). Il vous demande alors si vous maintenez votre choix initial ou si vous changez pour l'autre porte encore fermée.

Déterminez, en le justifiant rigoureusement à l'aide des probabilités conditionnelles, la stratégie optimale et la probabilité de gagner associée à chacune des deux stratégies (garder son choix initial / changer de porte).

Correction

Numérotons les portes 1, 2, 3. Par symétrie, on suppose que le candidat désigne la porte 1 et que l'animateur ouvre ensuite la porte 2 (le raisonnement est identique pour toute autre configuration). Notons Cᵢ « la voiture est derrière la porte i » (i=1,2,3) et O₂ « l'animateur ouvre la porte 2 ».

Probabilités a priori : la voiture est placée au hasard, donc P(C₁)=P(C₂)=P(C₃)=1/3.

Comportement de l'animateur (il connaît l'emplacement de la voiture ; il n'ouvre jamais la porte désignée ni celle cachant la voiture) :

  • Si la voiture est en 1 (C₁) : les portes 2 et 3 sont toutes deux ouvrables ; l'animateur choisit au hasard entre elles : P(O₂/C₁)=1/2.
  • Si la voiture est en 2 (C₂) : il ne peut pas ouvrir la porte 2 : P(O₂/C₂)=0.
  • Si la voiture est en 3 (C₃) : il ne peut ouvrir ni la porte 1 (choix du candidat) ni la porte 3 (voiture), il est contraint d'ouvrir la porte 2 : P(O₂/C₃)=1.

Probabilité totale : P(O₂)=(1/2)(1/3)+0×(1/3)+1×(1/3)=1/6+1/3=1/2.

Formule de Bayes — stratégie « garder » (porte 1) : P(C₁/O₂)=[P(O₂/C₁)×P(C₁)]/P(O₂)=(1/6)/(1/2)=1/3.

Stratégie « changer » (porte 3) : P(C₃/O₂)=[P(O₂/C₃)×P(C₃)]/P(O₂)=(1/3)/(1/2)=2/3.

(Vérification : P(C₁/O₂)+P(C₂/O₂)+P(C₃/O₂)=1/3+0+2/3=1 ✓, car la porte ouverte ne cache jamais la voiture.)

Conclusion : garder son choix donne une probabilité de gain de 1/3, changer donne 2/3 — le double. La stratégie optimale est donc de toujours changer de porte.

Pourquoi ce résultat n'est pas paradoxal : au départ, le candidat a 1 chance sur 3 d'avoir choisi la bonne porte, et 2 chances sur 3 que la voiture soit du côté des deux autres portes. L'animateur, qui connaît l'emplacement de la voiture, élimine ensuite une porte perdante parmi celles non choisies : cela ne modifie pas la probabilité initiale de 2/3 que la voiture soit « de ce côté-là », mais concentre entièrement cette probabilité sur la seule porte restée fermée. Changer de porte exploite ainsi l'information apportée par le choix contraint de l'animateur, comme le confirme le calcul par Bayes ci-dessus.

3

Cellulaires — deux défauts de fabrication indépendants

● Difficile

Une usine de montage fabrique des cellulaires. La fabrication comporte deux phases : la première fait apparaître un défaut α dans 2% des cas ; la seconde fait apparaître un défaut β dans 12% des cas. On admet que les deux défauts apparaissent indépendamment l'un de l'autre.

  1. Un cellulaire est tiré au hasard. On note A « le cellulaire présente le défaut α » et B « il présente le défaut β ». Calculer P(C), C « le cellulaire présente les deux défauts », et P(D), D « il ne présente aucun des deux défauts ».
  2. On prélève au hasard et successivement huit cellulaires ; les tirages sont supposés indépendants. On admet que la probabilité qu'un cellulaire ne présente aucun des deux défauts vaut 0,885. X désigne le nombre de cellulaires, parmi les huit, sans aucun défaut. a) Expliquer pourquoi X suit une loi binomiale ; préciser ses paramètres. b) Déterminer P(F), F « quatre cellulaires au moins n'ont aucun des deux défauts » : valeur exacte, puis approchée au millième près par défaut.
Correction

1. P(A)=0,02, P(B)=0,12, indépendants. P(C)=P(A)×P(B)=0,02×0,12=0,0024. P(D)=P(Ā)×P(B̄)=0,98×0,88=0,8624.

(La valeur 0,885 utilisée en question 2 est une valeur admise par l'énoncé, légèrement différente du 0,8624 calculé ici ; on l'utilise telle quelle pour la suite, comme demandé.)

2a. On répète n=8 fois, indépendamment, l'épreuve de Bernoulli « le cellulaire prélevé ne présente aucun défaut » (succès), de probabilité constante p=0,885 (population supposée assez grande pour assimiler les prélèvements successifs à des tirages indépendants). X compte le nombre de succès sur ces 8 répétitions : X~B(8 ; 0,885).

2b. F=« X≥4 ». P(F)=1−P(X≤3)=1−Σ_{k=0}^3 C₈ᵏ(0,885)ᵏ(0,115)⁸⁻ᵏ. Avec q=0,115 : P(X=0)=q⁸≈0,0000000306 ; P(X=1)=8×0,885×q⁷≈0,00000188 ; P(X=2)=28×0,885²×q⁶≈0,0000507 ; P(X=3)=56×0,885³×q⁵≈0,000781. P(X≤3)≈0,000831.

P(F)=1−0,000831=0,999169 (valeur exacte 1−Σ ci-dessus), soit à 10⁻³ près par défaut : P(F)≈0,999.

4

Camions en panne — synthèse loi binomiale et covariance

● Difficile

Une entreprise de transport utilise dix camions. Pour chacun d'eux, la probabilité de tomber en panne un jour donné est 0,036, quel que soit le jour ; les pannes sont supposées indépendantes. X désigne le nombre de camions en panne un jour ouvrable donné.

  1. X suit une loi binomiale. Donner ses paramètres.
  2. Calculer E(X). Que représente ce nombre ?
  3. Déterminer une valeur approchée à 10⁻⁵ près de P(A), A « 5 camions au moins tombent en panne ce jour-là ».
  4. Les bureaux sont ouverts 250 jours par an. Y désigne le nombre de jours, sur une année, où A se produit. On prend désormais P(A)=0,009. a) Déterminer la loi de Y. b) Calculer E(Y). c) Calculer σ²(X) et σ²(Y). d) Calculer la covariance cov(X;Y), en explicitant le modèle probabiliste retenu.
Correction

1. Chaque jour, chacun des 10 camions tombe en panne indépendamment avec probabilité p=0,036 : X~B(10 ; 0,036).

2. E(X)=np=10×0,036=0,36 : c'est le nombre moyen de camions en panne par jour, sur le long terme.

3. A=« X≥5 ». Avec q=0,964 : P(X=0)≈0,693059 ; P(X=1)≈0,258819 ; P(X=2)≈0,043494 ; P(X=3)≈0,004331 ; P(X=4)≈0,000283 ; somme P(X≤4)≈0,999987. Donc P(A)=1−P(X≤4)≈0,0000131 (≈1,31×10⁻⁵), résultat très faible car la moyenne (0,36) est très inférieure à 5.

4a. Les 250 jours étant supposés indépendants et de même probabilité P(A)=0,009 admise, Y compte un nombre de succès sur 250 répétitions indépendantes : Y~B(250 ; 0,009).

4b. E(Y)=250×0,009=2,25 jours par an en moyenne.

4c. σ²(X)=np(1−p)=10×0,036×0,964=0,34704. σ²(Y)=250×0,009×0,991=2,22975.

4d. Modèle retenu. X (défini pour un seul jour) et Y (défini sur les 250 jours de l'année) ne portent pas a priori sur le même jour : pour donner un sens à cov(X;Y), on identifie X au nombre de pannes du premier des 250 jours (les jours étant indépendants et de même loi, ce choix ne restreint pas la généralité). En notant Aᵢ « le jour i vérifie A », on a Y=1_{A₁}+Y' avec Y'=Σᵢ₌₂²⁵⁰1_{Aᵢ} indépendant de X (jours distincts et indépendants). Par bilinéarité : cov(X;Y)=cov(X;1_{A₁})+cov(X;Y')=cov(X;1_{A₁})+0=E(X×1_A)−E(X)P(A)=P(A)×[E(X/A)−E(X)].

Le calcul exact de la loi de X (question 3) montre que, sachant X≥5, la valeur X=5 domine très largement (P(X=5)≈0,0000127 contre P(X=6)≈0,0000004 et au-delà négligeable), donc E(X/A)≈5. Avec P(A)=0,009 (admis) et E(X)=0,36 :

cov(X;Y) ≈ 0,009×(5−0,36) = 0,009×4,64 ≈ 0,0418.

(Cette valeur numérique repose sur l'approximation E(X/A)≈5, cohérente avec le calcul exact ; le point essentiel est conceptuel : X et Y ne sont pas indépendantes, car le jour choisi pour X contribue directement au comptage de Y — d'où une covariance strictement positive.)

5

Coureur de haies — espérance en fonction de n et p

● Difficile

D'après Bac. p est un réel tel que 0<p<1. Un coureur s'entraîne sur un parcours de n haies numérotées de 1 à n. Pour chaque i tel que 1≤i≤n, la probabilité de renverser la iᵉ haie est p, indépendamment des autres. Le coureur poursuit jusqu'à la nᵉ haie quel que soit le nombre de haies renversées. On définit X par : X=n+1 si aucune haie n'est renversée ; X=k si k est le numéro de la première haie renversée.

  1. Calculer, en fonction de p et k, P(X=k). Préciser P(X=1) et P(X=n+1). Vérifier que P(X=1)+…+P(X=n+1)=1.
  2. Calculer l'espérance mathématique de X en fonction de n et p.
Correction

1. X=k (1≤k≤n) signifie que les k−1 premières haies sont intactes puis que la kᵉ est renversée, les renversements étant indépendants : P(X=k)=(1−p)ᵏ⁻¹×p. En particulier P(X=1)=p. X=n+1 signifie qu'aucune des n haies n'est renversée : P(X=n+1)=(1−p)ⁿ.

Vérification (q=1−p) : Σ_{k=1}^n P(X=k)=pΣ_{k=1}^n qᵏ⁻¹=p×(1−qⁿ)/p=1−qⁿ. En ajoutant P(X=n+1)=qⁿ : total = (1−qⁿ)+qⁿ=1 ✓.

2. E(X)=Σ_{k=1}^n k qᵏ⁻¹p+(n+1)qⁿ. En utilisant Σ_{k=1}^n k qᵏ⁻¹=[1−(n+1)qⁿ+nqⁿ⁺¹]/p² (dérivée de la somme géométrique), on obtient Σ_{k=1}^n k qᵏ⁻¹p=[1−(n+1)qⁿ+nqⁿ⁺¹]/p. En ajoutant (n+1)qⁿ et en réduisant au même dénominateur p, le numérateur devient 1−(n+1)qⁿ⁺¹+nqⁿ⁺¹=1−qⁿ⁺¹. D'où la formule fermée :

E(X) = [1−(1−p)ⁿ⁺¹] / p.

Vérification (n=1) : X∈{1,2}, E(X)=p+2(1−p)=2−p. La formule donne [1−(1−p)²]/p=(2p−p²)/p=2−p ✓.