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Ch. 05 Mathématiques · Terminale Industrielle (TF1/F4)

Suites numériques

Généralités sur les suites, sens de variation, suites arithmétiques et géométriques, comportement à l'infini.

1. Généralités sur les suites

Définition

Une suite numérique (un) est une fonction définie sur ℕ (ou une partie de ℕ) à valeurs dans ℝ : à chaque entier n on associe un réel noté un (terme d'indice n).

Mode explicite : un est donné directement en fonction de n, par exemple un = f(n).

Mode récurrent : le premier terme u0 est donné, et chaque terme se déduit du précédent par une relation un+1 = f(un).

2. Sens de variation d'une suite

Définitions

(un) est croissante si, pour tout n, un+1 ≥ un ; décroissante si, pour tout n, un+1 ≤ un. Une suite ni croissante ni décroissante est dite non monotone.

Méthodes

• On étudie le signe de la différence u_{n+1} − u_n.

• Si tous les termes sont strictement positifs, on peut comparer le quotient u_{n+1} / u_n à 1.

Exemple résolu

Soit vn = (2n − 1)/(n + 1) pour n ≥ 0. Calculons vn+1 − vn en réduisant au même dénominateur (n+2)(n+1) :

v_{n+1} − v_n = [(2n+1)(n+1) − (2n−1)(n+2)] / [(n+2)(n+1)] = 3 / [(n+2)(n+1)]

Ce quotient est strictement positif pour tout n ≥ 0 : la suite (vn) est strictement croissante.

3. Suites arithmétiques

Définition

(un) est arithmétique de raison r si, pour tout n : u_{n+1} = u_n + r.

Formules

Terme général : u_n = u_0 + n×r (plus généralement un = up + (n−p)×r).

Somme des n+1 premiers termes : S = u_0 + u_1 + ⋯ + u_n = (n+1) × (u_0 + u_n) / 2 (nombre de termes × moyenne du premier et du dernier).

Exemple résolu

u0 = 5, r = 3. Alors u_10 = 5 + 10×3 = 35.

Somme S = u0 + ⋯ + u10 (11 termes) : S = 11 × (5 + 35) / 2 = 11 × 20 = 220.

4. Suites géométriques

Définition

(un) est géométrique de raison q (q ≠ 0) si, pour tout n : u_{n+1} = q × u_n.

Formules

Terme général : u_n = u_0 × q^n.

Somme des n+1 premiers termes (q ≠ 1) : S = u_0 × (1 − q^{n+1}) / (1 − q).

Exemple résolu

u0 = 3, q = 2. Alors u_5 = 3 × 2^5 = 3 × 32 = 96.

Somme S = u0 + ⋯ + u5 (6 termes) : S = 3 × (1 − 2^6)/(1 − 2) = 3 × (−63)/(−1) = 189. Vérification directe : 3+6+12+24+48+96 = 189.

5. Comportement à l'infini (limites de suites)

Vocabulaire

(un) converge vers un réel L si un se rapproche de L quand n devient grand ; sinon (un) diverge (limite infinie ou pas de limite).

SuiteConditionLimite en +∞
Arithmétique de raison rr > 0+∞
Arithmétique de raison rr < 0−∞
Géométrique q^nq > 1+∞
Géométrique q^n−1 < q < 10
Géométrique q^nq ≤ −1pas de limite (q=1 : constante 1)
Exemple résolu

un = 6 − 5×(1/2)n. Comme −1 < 1/2 < 1, on a (1/2)n → 0, donc u_n → 6 quand n → +∞.

🧠 À retenir absolument

  • Suite arithmétique : un = u0 + n×r ; somme = (nombre de termes) × (premier + dernier)/2
  • Suite géométrique : un = u0 × q^n ; somme = u0 × (1 − q^{n+1})/(1 − q) si q ≠ 1
  • Pour le sens de variation : signe de un+1 − un, ou quotient un+1/un comparé à 1 si un > 0
  • q^n → +∞ si q>1 ; q^n → 0 si −1<q<1 ; q^n n'a pas de limite si q ≤ −1
  • Pour une suite définie par récurrence, chercher une suite auxiliaire (vn) arithmétique ou géométrique associée à (un)
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Suite arithmétique

● Facile

Soit (un) une suite arithmétique de premier terme u0 = 7 et de raison r = −2.

  1. Calculer u15.
  2. Calculer la somme S des 20 premiers termes, de u0 à u19.
✅ Correction
  1. u_15 = 7 + 15×(−2) = 7 − 30 = −23.
  2. u_19 = 7 + 19×(−2) = 7 − 38 = −31. La somme des 20 termes u0 à u19 est S = 20 × (u_0 + u_19)/2 = 10 × (7 + (−31)) = 10 × (−24) = −240.
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Suite géométrique

● Facile

Soit (un) une suite géométrique de premier terme u0 = 2 et de raison q = 3.

  1. Calculer u6.
  2. Calculer la somme S des 7 premiers termes, de u0 à u6.
✅ Correction
  1. u_6 = 2 × 3^6 = 2 × 729 = 1458.
  2. S = 2 × (1 − 3^7)/(1 − 3) = 2 × (1 − 2187)/(−2) = 2 × (−2186)/(−2) = 2186.
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Étude du sens de variation

● Moyen

Soit vn = (n + 3)/(n + 1) pour n ∈ ℕ. Étudier le sens de variation de la suite (vn) en calculant vn+1 − vn.

✅ Correction

On réduit au même dénominateur (n+2)(n+1) :

v_{n+1} − v_n = (n+4)/(n+2) − (n+3)/(n+1) = [(n+4)(n+1) − (n+3)(n+2)] / [(n+2)(n+1)]

Numérateur : (n+4)(n+1) = n² + 5n + 4 et (n+3)(n+2) = n² + 5n + 6, donc la différence vaut 4 − 6 = −2.

Ainsi v_{n+1} − v_n = −2 / [(n+2)(n+1)], quantité strictement négative pour tout n ≥ 0 : la suite (vn) est strictement décroissante.

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Suite définie par récurrence

● Moyen

Soit (un) définie par u0 = 1 et, pour tout n, un+1 = 2un + 1.

  1. Calculer u1, u2, u3.
  2. On pose wn = un + 1. Montrer que (wn) est géométrique et préciser sa raison et son premier terme.
  3. En déduire l'expression de un en fonction de n, puis calculer u10.
✅ Correction
  1. u_1 = 2×1+1 = 3, u_2 = 2×3+1 = 7, u_3 = 2×7+1 = 15.
  2. w_{n+1} = u_{n+1} + 1 = 2u_n + 1 + 1 = 2u_n + 2 = 2(u_n + 1) = 2w_n. Donc (wn) est géométrique de raison q = 2, avec w_0 = u_0 + 1 = 2.
  3. w_n = 2 × 2^n = 2^{n+1}, donc u_n = w_n − 1 = 2^{n+1} − 1. Vérification : u3 = 2⁴−1 = 15 ✓. Ainsi u_10 = 2^11 − 1 = 2048 − 1 = 2047.
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Problème de synthèse : suite auxiliaire et limite

● Difficile

Soit (un) la suite définie par u0 = 1 et, pour tout n, u_{n+1} = (1/2)u_n + 3.

  1. Montrer que la suite (vn) définie par vn = un − 6 est géométrique ; préciser sa raison et v0.
  2. Exprimer vn puis un en fonction de n.
  3. Déterminer la limite de (un) quand n → +∞.
  4. Montrer que (un) est croissante en étudiant le signe de un+1 − un, et interpréter le résultat.
✅ Correction
  1. v_{n+1} = u_{n+1} − 6 = (1/2)u_n + 3 − 6 = (1/2)u_n − 3 = (1/2)(u_n − 6) = (1/2)v_n. Donc (vn) est géométrique de raison 1/2, avec v_0 = u_0 − 6 = 1 − 6 = −5.
  2. v_n = −5 × (1/2)^n, donc u_n = v_n + 6 = 6 − 5×(1/2)^n.
  3. Comme −1 < 1/2 < 1, (1/2)^n → 0 quand n → +∞, donc u_n → 6.
  4. u_{n+1} − u_n = 3 − (1/2)u_n. Or pour tout n, un = 6 − 5×(1/2)n < 6 (car 5×(1/2)n > 0), donc (1/2)un < 3, ce qui donne un+1 − un > 0. La suite est donc strictement croissante : elle augmente en se rapprochant de sa limite 6 sans jamais l'atteindre.

QCM — Auto-évaluation

10 questions · Une seule bonne réponse · Correction immédiate

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0/10Répondues
Question 1 / 10

La suite (un) définie par un = 5 + 3n est :

Question 2 / 10

La suite (un) définie par un = 4 × (0,5)n est :

Question 3 / 10

Pour une suite arithmétique de raison r = −2 et u0 = 10, u5 vaut :

Question 4 / 10

Pour une suite géométrique de raison q = 1/2 et u0 = 8, u3 vaut :

Question 5 / 10

La somme des 10 premiers termes (u0 à u9) d'une suite arithmétique de u0 = 1 et r = 1 vaut :

Question 6 / 10

Si q > 1, la suite géométrique (qn) tend vers :

Question 7 / 10

Si −1 < q < 1 (q ≠ 0), la limite de qn quand n → +∞ est :

Question 8 / 10

Une suite (un) est dite croissante si, pour tout n :

Question 9 / 10

Pour étudier le sens de variation d'une suite à termes strictement positifs, on peut comparer :

Question 10 / 10

La suite définie par u0 = 1 et un+1 = 3un a pour terme général :