Un ensemble E muni d'une addition et d'une multiplication par un scalaire (ℝ) est un espace vectoriel si :
• (E,+) est un groupe abélien (associatif, commutatif, élément neutre 0, opposé).
• Distributivité : λ(u+v)=λu+λv ; (λ+μ)u=λu+μu.
• Associativité externe : λ(μu)=(λμ)u. • 1·u=u.
Exemples : ℝⁿ, espaces de polynômes ℝₙ[X], fonctions continues C⁰([a;b]).
La famille (v₁,...,vₚ) est libre si λ₁v₁+...+λₚvₚ=0 ⟹ λ₁=...=λₚ=0.
Elle est liée s'il existe des scalaires non tous nuls tels que leur combinaison soit nulle.
Dans ℝⁿ : p vecteurs sont liés si p>n, ou si le det est nul (pour p=n).
Une base de E est une famille libre et génératrice (tout vecteur de E s'exprime de façon unique).
La dimension dim(E) = nombre de vecteurs dans toute base.
dim(ℝⁿ)=n. dim(ℝₙ[X])=n+1. Base canonique de ℝⁿ : (e₁,...,eₙ).
F⊆E est un SEV ssi : (1) 0∈F. (2) u,v∈F ⟹ u+v∈F. (3) u∈F, λ∈ℝ ⟹ λu∈F.
Équivalent : u,v∈F, λ,μ∈ℝ ⟹ λu+μv∈F (stable par combinaison linéaire).
Théorème de Grassmann : dim(F+G)=dim(F)+dim(G)−dim(F∩G).
Dans ℝ³, F={(x,y,z) : x+y+z=0}. Montrer que F est un SEV.
(1) 0=(0,0,0) : 0+0+0=0 ✓. (2) u,v∈F : (x₁+y₁+z₁)+(x₂+y₂+z₂)=0+0=0 ✓. (3) λu : λ(x+y+z)=0 ✓. F est un SEV.
Dans ℝ³, v₁=(1,1,0), v₂=(0,1,1), v₃=(1,0,1). La famille est-elle libre ?
λ₁v₁+λ₂v₂+λ₃v₃=0 ⟺ système: λ₁+λ₃=0; λ₁+λ₂=0; λ₂+λ₃=0. De 1 et 3: λ₁=−λ₃ et λ₂=−λ₃. De 2: −λ₃−λ₃=0 → λ₃=0. Donc λ₁=λ₂=λ₃=0. Famille libre. (dim=3 dans ℝ³ → c'est une base.)
F=Vect(v₁,v₂,v₃) avec v₁=(1,2,0), v₂=(0,1,1), v₃=(1,3,1). Trouver une base de F et dim(F).
v₃=v₁+v₂ (vérification: (1,2,0)+(0,1,1)=(1,3,1) ✓). Donc v₃ est combinaison de v₁,v₂. {v₁,v₂} libre? λ₁v₁+λ₂v₂=0 → λ₁=λ₂=0 ✓. Base={v₁,v₂}, dim(F)=2.
Dans ℝ⁴, F de dim 3 et G de dim 2. (1) Dimensions possibles de F∩G. (2) Si F∩G a pour base {e₁}, que vaut dim(F+G) ?
(1) dim(F∩G)≥dim(F)+dim(G)−4=1. Donc dim(F∩G)∈{1,2}. (2) dim(F+G)=3+2−1=4. Donc F+G=ℝ⁴.
E=ℝ₂[X] (polynômes de degré ≤2). (1) dim(E). (2) Montrer que (1, X, X²) est une base. (3) Trouver les coordonnées de P=3X²−X+2 dans cette base. (4) F={P∈ℝ₂[X] : P(1)=0} est-il un SEV ? Quelle est sa dimension ?
(1) dim=3. (2) Base car libre (si a+bX+cX²=0 pour tout X alors a=b=c=0) et génératrice. (3) (2,−1,3). (4) P(1)=0: a+b+c=0. F est bien un SEV (contient 0, stable). Base de F: P₁=1−X (P₁(1)=0), P₂=1−X² (P₂(1)=0). P₁ et P₂ libres et génèrent F. dim(F)=2.
Dans E=ℝ₃[X] (polynômes de degré ≤3, dim=4), on considère :
F={P∈E : P(1)=0 et P(−1)=0} et G={P∈E : P'(0)=0}.
10 questions · Correction immédiate
F⊆E est un SEV ssi
dim(ℝ₃[X]) (polynômes deg ≤3) =
Famille libre : λ₁v₁+...+λₚvₚ=0 implique
Base = famille
Grassmann : dim(F+G)=
Dans ℝ², les vecteurs (1,2) et (2,4) sont
Un SEV contient toujours
dim(ℝⁿ)=
Tout polynôme de deg ≤2 s'annulant en 0 : dim=
F et G SEV de E avec F∩G={0} et dim F=2, dim G=3, dim E=5 :
Dans ℝ², on considère F={(x,y)∈ℝ² : 2x−y=0}.
On donne les vecteurs de ℝ² : u=(2,3), v=(−4,−6), w=(1,5).
Dans ℝ³, on pose F=Vect(v₁,v₂) avec v₁=(1,−1,2) et v₂=(2,0,3).
Dans ℝ³, on donne u₁=(1,0,1), u₂=(0,1,1), u₃=(1,1,1). La famille (u₁,u₂,u₃) est-elle une base de ℝ³ ?
Étudions la liberté : λ₁u₁+λ₂u₂+λ₃u₃=0 ⟺ (λ₁+λ₃, λ₂+λ₃, λ₁+λ₂+λ₃)=(0,0,0). De la 1ʳᵉ équation : λ₁=−λ₃. De la 2ᵉ : λ₂=−λ₃. En reportant dans la 3ᵉ : −λ₃−λ₃+λ₃=−λ₃=0, donc λ₃=0, puis λ₁=λ₂=0. La famille est libre. Comme dim(ℝ³)=3 et que la famille compte exactement 3 vecteurs libres, elle est automatiquement génératrice : (u₁,u₂,u₃) est une base de ℝ³.
Dans ℝ⁴, on considère F={(x,y,z,t)∈ℝ⁴ : x+y−z=0 et y−t=0}.
Dans ℝ³, on pose F=Vect((1,0,0),(0,1,0)) et G=Vect((1,1,1)).
Dans ℝ⁴, on donne la famille libre (e₁,e₂) avec e₁=(1,0,0,0), e₂=(0,1,1,0). En utilisant le théorème de la base incomplète, compléter cette famille en une base de ℝ⁴.
dim(ℝ⁴)=4 et la famille (e₁,e₂) est libre à 2 éléments : d'après le théorème de la base incomplète, on peut la compléter par 4−2=2 vecteurs supplémentaires pour obtenir une base. Choisissons par exemple e₃=(0,0,1,0) et e₄=(0,0,0,1). Vérifions que (e₁,e₂,e₃,e₄) est libre : λ₁e₁+λ₂e₂+λ₃e₃+λ₄e₄=(λ₁, λ₂, λ₂+λ₃, λ₄)=(0,0,0,0). On obtient directement λ₁=0, λ₄=0, puis λ₂=0 (2ᵉ coordonnée), et enfin λ₃=0 (3ᵉ coordonnée, car λ₂+λ₃=0). La famille (e₁,e₂,e₃,e₄) est libre et compte 4 vecteurs dans un espace de dimension 4 : c'est une base de ℝ⁴.
Dans ℝ³, on considère les vecteurs v₁=(1,2,−1), v₂=(2,1,1) et v₃=(m,4,1), où m∈ℝ est un paramètre. Déterminer, selon les valeurs de m, le rang de la famille (v₁,v₂,v₃).
v₁ et v₂ ne sont pas colinéaires (coordonnées non proportionnelles), donc (v₁,v₂) est libre et rang(v₁,v₂)=2.
Cherchons si v₃∈Vect(v₁,v₂), c'est-à-dire s'il existe a,b∈ℝ tels que av₁+bv₂=v₃ : a+2b=m (1) ; 2a+b=4 (2) ; −a+b=1 (3). En calculant (2)−(3) : (2a+b)−(−a+b)=3a=4−1=3, donc a=1. En reportant dans (3) : −1+b=1, donc b=2. En reportant a=1,b=2 dans (1) : a+2b=1+4=5. Le système n'est donc compatible que si m=5, et dans ce cas v₃=v₁+2v₂.
• Si m=5 : v₃=v₁+2v₂∈Vect(v₁,v₂), la famille est liée et rang(v₁,v₂,v₃)=rang(v₁,v₂)=2.
• Si m≠5 : v₃∉Vect(v₁,v₂). Comme (v₁,v₂) est libre, aucune relation de dépendance n'est possible entre v₁,v₂,v₃ (elle obligerait v₃ à être combinaison de v₁,v₂) : la famille (v₁,v₂,v₃) est libre. Trois vecteurs libres dans ℝ³ (dimension 3) forment une base : rang(v₁,v₂,v₃)=3.
Soit E=ℝ₃[X] (polynômes de degré ≤3, dim(E)=4). On note P l'ensemble des polynômes de E qui sont des fonctions paires, et I l'ensemble des polynômes de E qui sont des fonctions impaires.
On note S l'ensemble des suites réelles (uₙ) vérifiant, pour tout n∈ℕ, la relation de récurrence uₙ₊₂=uₙ₊₁+uₙ.
Soient F et G deux sous-espaces vectoriels de dimension finie d'un espace vectoriel E. Démontrer le théorème de Grassmann : dim(F+G)=dim(F)+dim(G)−dim(F∩G).
Notons k=dim(F∩G). Soit (e₁,...,eₖ) une base de F∩G. D'après le théorème de la base incomplète, on la complète en une base (e₁,...,eₖ,f₁,...,f_p) de F (dim(F)=k+p) et en une base (e₁,...,eₖ,g₁,...,g_q) de G (dim(G)=k+q). Montrons que la famille B=(e₁,...,eₖ,f₁,...,f_p,g₁,...,g_q) est une base de F+G.
B est génératrice de F+G : tout élément de F+G s'écrit u+v avec u∈F, v∈G ; u est combinaison linéaire des eᵢ et fⱼ, v est combinaison linéaire des eᵢ et g_l ; donc u+v est combinaison linéaire de B.
B est libre : soit une relation λ₁e₁+...+λₖeₖ+μ₁f₁+...+μ_pf_p+ν₁g₁+...+ν_qg_q=0. Posons w=ν₁g₁+...+ν_qg_q. Alors w=−(λ₁e₁+...+λₖeₖ+μ₁f₁+...+μ_pf_p)∈F. Or w∈G par construction. Donc w∈F∩G, et w est donc combinaison linéaire des eᵢ seuls : w=α₁e₁+...+αₖeₖ. On a alors, dans la base (e₁,...,eₖ,g₁,...,g_q) de G : ν₁g₁+...+ν_qg_q−α₁e₁−...−αₖeₖ=0. Par liberté de cette base, tous les νⱼ=0 et tous les αᵢ=0 ; en particulier w=0. Il reste alors λ₁e₁+...+λₖeₖ+μ₁f₁+...+μ_pf_p=0, et comme (e₁,...,eₖ,f₁,...,f_p) est une base de F, tous les λᵢ=0 et μⱼ=0. La famille B est libre.
B est donc une base de F+G, de cardinal k+p+q. Ainsi dim(F+G)=k+p+q=(k+p)+(k+q)−k=dim(F)+dim(G)−dim(F∩G). ∎
Soient F et G deux sous-espaces vectoriels de dimension finie d'un espace vectoriel E tels que E=F+G. Démontrer l'équivalence des trois propriétés suivantes :
On démontre le cycle d'implications (1)⟹(2)⟹(3)⟹(1).
(1)⟹(2) : Soit x∈E. Comme E=F+G, il existe u∈F, v∈G tels que x=u+v. Supposons x=u'+v' une autre décomposition (u'∈F, v'∈G). Alors u−u'=v'−v. Le membre de gauche est dans F, le membre de droite est dans G, donc u−u'∈F∩G={0}, d'où u=u' puis v=v'. La décomposition est unique.
(2)⟹(3) : Soit (e₁,...,eₖ) une base de F et (f₁,...,f_p) une base de G. Comme E=F+G, la famille réunie (e₁,...,eₖ,f₁,...,f_p) est génératrice de E. Montrons qu'elle est libre : si λ₁e₁+...+λₖeₖ+μ₁f₁+...+μ_pf_p=0, alors le vecteur nul admet la décomposition (λ₁e₁+...+λₖeₖ)+(μ₁f₁+...+μ_pf_p) comme somme d'un élément de F et d'un élément de G ; par unicité (2) appliquée à x=0=0+0, cette décomposition coïncide avec la décomposition triviale, donc λ₁e₁+...+λₖeₖ=0 et μ₁f₁+...+μ_pf_p=0. Par liberté des bases de F et G, tous les λᵢ et μⱼ sont nuls. La famille réunie est une base de E, et dim(E)=k+p=dim(F)+dim(G).
(3)⟹(1) : D'après le théorème de Grassmann, dim(F+G)=dim(F)+dim(G)−dim(F∩G). Comme E=F+G, dim(F+G)=dim(E)=dim(F)+dim(G) par hypothèse (3). On en déduit dim(F∩G)=0, soit F∩G={0}. ∎
Dans E=ℝ⁴, on considère F=Vect(u₁,u₂) avec u₁=(1,1,0,0), u₂=(0,1,1,0), et G=Vect(v₁,v₂) avec v₁=(0,0,0,1), v₂=(1,0,0,1).
Soit E=ℝ₃[X] (dim(E)=4). On pose F={P∈E : P(0)=0 et P(1)=0} et G={P∈E : P(0)=0}.
Dans ℝ³, on considère P=Vect(a,b) avec a=(1,0,1), b=(0,1,−1), et D=Vect(c) avec c=(1,1,1). Pour tout réel m, on pose F_m={(x,y,z)∈ℝ³ : x+y+mz=0}.