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1. Application linéaire

Définition

f:E→F est linéaire si : f(λu+μv)=λf(u)+μf(v) pour tous u,v∈E, λ,μ∈ℝ.

Conséquences : f(0)=0. f(−u)=−f(u). f conserve les combinaisons linéaires.

Noyau et image

Noyau : Ker(f)={u∈E : f(u)=0}. Ker(f) est un SEV de E.

Image : Im(f)={f(u) : u∈E}. Im(f) est un SEV de F.

Théorème du rang : dim(Ker f)+dim(Im f)=dim(E).

Le rang de f = dim(Im f).

2. Matrice d'une application linéaire

Construction

Soit (e₁,...,eₙ) base de E et (f₁,...,fₘ) base de F. La matrice de f est la matrice M dont la j-ième colonne est le vecteur f(eⱼ) exprimé dans la base de F.

f(x) = M·x (multiplication matricielle).

Composition : g∘f → N·M. Inverse : f⁻¹ → M⁻¹ (si M inversible).

3. Application affine

Définition

f:E→F est affine si f(x)=L(x)+b, où L est linéaire et b est un vecteur fixe.

L est appelée application linéaire associée à f.

Image d'une droite : une droite (ou un point si L=0). Image d'un plan : un plan, une droite ou un point.

Fixe de f : f(x)=x ⟺ L(x)=x−b. Le point fixe existe si 1 est valeur propre de L.

🧠 À retenir

  • Linéaire : f(λu+μv)=λf(u)+μf(v)
  • Ker(f) SEV de E ; Im(f) SEV de F
  • Théorème du rang : dim Ker + dim Im = dim E
  • Matrice : colonnes = images des vecteurs de base
  • Affine : f(x)=L(x)+b
1

Vérification de la linéarité

● Facile

f:ℝ²→ℝ², f(x,y)=(x+y, 2x). Montrer que f est linéaire. Calculer sa matrice dans la base canonique.

Correction

f(λ(x,y)+μ(x',y'))=f(λx+μx',λy+μy')=(λx+μx'+λy+μy', 2λx+2μx')=λf(x,y)+μf(x',y') ✓. Matrice: colonnes=f(e₁)=(1,2) et f(e₂)=(1,0). M=[[1,1],[2,0]].

2

Noyau et image

● Moyen

f:ℝ³→ℝ², f(x,y,z)=(x+y+z, x−y). Calculer Ker(f), Im(f) et vérifier le théorème du rang.

Correction

Ker: x+y+z=0 et x−y=0 → x=y et z=−2x. Ker=Vect{(1,1,−2)}. dim Ker=1. Im: f est surjectif (rang 2) → dim Im=2. Vérif: 1+2=3=dim(ℝ³) ✓.

3

Matrice et composition

● Moyen

f:ℝ²→ℝ², f(x,y)=(2x−y, x+3y). g(x,y)=(x+y, y). (1) Matrices M_f et M_g. (2) Matrice de g∘f.

Correction

M_f=[[2,−1],[1,3]]. M_g=[[1,1],[0,1]]. M_{g∘f}=M_g·M_f=[[2+1,−1+3],[1,3]]=[[3,2],[1,3]].

4

Application affine et point fixe

● Moyen

f:ℝ²→ℝ², f(x,y)=(x+1, −y+2). (1) Linéaire associée L. (2) Point fixe de f.

Correction

L(x,y)=(x,−y) (partie linéaire). Point fixe: f(x,y)=(x,y) → x+1=x (impossible?) Non: x+1=x → 1=0, pas de fixe pour x. −y+2=y → y=1. Contradiction pour x → pas de point fixe. Vérifier: f(x,y)=(x,y) → x+1=x impossible. Pas de point fixe pour cette application.

5

Théorème du rang — application

● Difficile

f:ℝ⁴→ℝ³ de matrice M=[[1,2,1,0],[0,1,1,1],[1,3,2,1]]. (1) Calculer le rang de M. (2) Dim du noyau. (3) Donner une base du noyau.

Correction

(1) L₃←L₃−L₁: [[1,2,1,0],[0,1,1,1],[0,1,1,1]]. L₃←L₃−L₂: [[1,2,1,0],[0,1,1,1],[0,0,0,0]]. rang=2. (2) dim Ker=4−2=2. (3) Noyau: x+2y+z=0 et y+z+t=0. Paramètres libres: z=s, t=u. y=−s−u, x=−2y−z=2s+2u−s=s+2u. Ker=Vect{(1,−1,1,0),(2,−1,0,1)}.

Problème de synthèse

● Niveau Bac

Soit f:ℝ³→ℝ³ l'application linéaire de matrice M = [[1,1,0],[1,0,1],[0,1,1]] dans la base canonique.

  1. Image de la base : Calculer f(e₁), f(e₂), f(e₃).
  2. Rang : Calculer le rang de M par la méthode du pivot de Gauss.
  3. Noyau : Calculer dim(Ker f) par le théorème du rang. Trouver une base du noyau.
  4. f est-elle bijective ? : Justifier.
  5. Image d'un plan : Quelle est l'image par f du plan P : x+y+z=0 ?
  6. Déterminant : Calculer det(M). Que peut-on en déduire sur f ?
Correction du problème de synthèse
  1. f(e₁)=(1,1,0), f(e₂)=(1,0,1), f(e₃)=(0,1,1).
  2. M=[[1,1,0],[1,0,1],[0,1,1]]. L₂←L₂−L₁: [[1,1,0],[0,−1,1],[0,1,1]]. L₃←L₃+L₂: [[1,1,0],[0,−1,1],[0,0,2]]. rang=3.
  3. dim Ker=3−3=0. Ker={0}.
  4. Ker={0} → injective. rang=3=dim(ℝ³) → surjective. f est bijective (isomorphisme).
  5. P=Ker(g) où g(x,y,z)=x+y+z. f(P)=f(Ker g). dim(f(P))=dim(P)=2 (f bijective). f(P) est un plan.
  6. det(M)=1(0−1)−1(1−0)+0=−1−1=−2≠0. M inversible → f bijective. ✓
1

Homothétie et isométrie (triangle isocèle)

● Moyen

ABC est un triangle isocèle tel que AB=AC. B' et C' sont les milieux respectifs de [AC] et [AB]. f est l'application affine du plan définie par : f(A)=A, f(B)=B', f(C)=C'.

  1. Démontrer qu'il existe une homothétie h, dont on précisera le centre et le rapport, telle que h∘f soit une isométrie.
  2. Préciser la nature de h∘f.
Correction
  1. Notons b=AB, c=AC les vecteurs issus de A, avec |b|=|c| puisque AB=AC. La partie linéaire φ de f vérifie φ(b)=AB'=(A+C)/2−A=c/2 et φ(c)=AC'=(A+B)/2−A=b/2 : φ échange b et c en divisant par 2. Comme |b|=|c|, l'application linéaire qui échange b et c sans division est exactement la réflexion orthogonale s d'axe la bissectrice de l'angle en A (elle envoie B sur C et C sur B, isométrie car AB=AC) : φ=(1/2)s. Pour que k·φ soit le linéaire d'une isométrie, il faut |k/2|=1, donc k=2. On choisit l'homothétie h de centre A et de rapport 2 (ainsi h(A)=A, donc h∘f fixe encore A).
  2. Le linéaire de h∘f vaut alors 2φ=s, qui est orthogonal, et (h∘f)(A)=A : h∘f est donc la symétrie orthogonale d'axe la bissectrice de l'angle BAC — qui, le triangle étant isocèle en A, est aussi la médiatrice de [BC]. Vérification : h∘f(B)=A+2(B'−A)=A+(C−A)=C et h∘f(C)=A+2(C'−A)=A+(B−A)=B, ce qui correspond bien à l'échange de B et C par cette symétrie.
2

Application affine non bijective (losange)

● Moyen

ABCD est un losange et f l'application affine du plan définie par : f(A)=A, f(B)=D, f(C)=D.

  1. a) Déterminer les images par f du point D, de la droite (AD) et du plan tout entier. b) Démontrer que f∘f est une application constante.
  2. Soit g la symétrie orthogonale d'axe (AC). a) Préciser la nature et les éléments caractéristiques de g∘f. b) En déduire une construction de l'image par f d'un point quelconque M du plan.
Correction
  1. Posons b=AB, c=AC. ABCD parallélogramme ⟹ AD=AC−AB=c−b. La partie linéaire φ vérifie φ(b)=AD (car f(B)=D) et φ(c)=AD (car f(C)=D), d'où φ(AD)=φ(c−b)=φ(c)−φ(b)=AD−AD=0 : le vecteur AD est dans le noyau de φ. Donc f(D)=f(A)+φ(AD)=A. Pour tout point M=A+t·AD de (AD), f(M)=A+φ(t·AD)=A : l'image de (AD) est le seul point A. L'image du plan entier est la droite (AD) elle-même, car Im(φ)=Vect(AD). Tout point du plan a donc son image sur (AD), or f y vaut constamment A : pour tout M, f(f(M))=A. f∘f est l'application constante égale à A.
  2. a) g fixe A et C et échange B et D (axe de symétrie du losange). Le linéaire de g∘f est φ'=s∘φ (s = linéaire de g) : φ'(AB)=s(AD)=AB et φ'(AC)=s(AD)=AB. φ' fixe donc AB et annule AC−AB=AD (même noyau que φ) : c'est le projecteur linéaire sur (AB) parallèlement à (AD). Comme (g∘f)(A)=A, g∘f est la projection affine sur la droite (AB), parallèlement à la direction (AD). b) Puisque g∘g=Id, f=g∘(g∘f) : pour construire f(M), on projette M sur (AB) parallèlement à (AD) (point P), puis on prend le symétrique de P par rapport à (AC) : f(M) est ce symétrique.
3

Application affine involutive (échange de sommets)

● Moyen

ABC est un triangle et f l'application affine du plan définie par : f(A)=B, f(B)=A, f(C)=C. On note I le milieu de [AB].

  1. Démontrer que f∘f=Id (on dit que f est involutive).
  2. Démontrer que I est invariant par f.
  3. Démontrer que la droite (IC) est invariante point par point par f.
  4. Démontrer que la droite (AB) est globalement invariante par f.
  5. Construire l'image d'un point M du plan par f (on distinguera M∈(IC), M∈(AB) et M∉(IC)∪(AB)).
Correction
  1. Posons b=AB, c=AC. La formule générale donne f(P)=B+φ(AP) avec φ(b)=f(B)−f(A)=A−B=−b et φ(c)=f(C)−f(A)=C−B=c−b. On vérifie φ²(b)=φ(−b)=b et φ²(c)=φ(c−b)=(c−b)−(−b)=c : donc φ²=Id, d'où f(f(P))=P pour tout P (calcul direct : f(f(P))=B+φ(b+φ(AP))=B+φ(b)+φ²(AP)=A+AP=P). f∘f=Id.
  2. I=A+b/2. f(I)=B+φ(b/2)=B−b/2=(A+B)/2=I. I est invariant.
  3. Un vecteur propre de φ pour la valeur propre +1 est v=2c−b (on vérifie φ(2c−b)=2(c−b)−(−b)=2c−b). Or IC=c−b/2=v/2 : la droite (IC) a pour direction ce vecteur propre v, et passe par le point fixe I. Donc tout point P=I+t·v de (IC) vérifie f(P)=I+φ(t·v)=I+t·v=P : (IC) est fixe point par point.
  4. Pour M=A+t·b sur (AB) : f(M)=B+φ(t·b)=B−t·b=A+(1−t)·b, qui reste sur (AB) (avec t↦1−t). (AB) est globalement invariante (f y agit comme la symétrie de centre I).
  5. M∈(IC) : f(M)=M. M∈(AB) : f(M) est le symétrique de M par rapport à I sur la droite (AB). Cas général : on trace la parallèle à (AB) passant par M, qui coupe (IC) en un point J ; alors f(M) est le symétrique de M par rapport à J (J est le milieu de [M,f(M)]). f est donc la symétrie affine (oblique) d'axe (IC) et de direction (AB).
4

Décomposition en réflexion et translation (parallélogramme)

● Moyen

ABCD est un parallélogramme tel que AB=BD (longueurs). Soit f l'application affine définie par f(A)=B, f(B)=D, f(D)=C, et t la translation de vecteur AB.

  1. Préciser la nature de l'application g=t⁻¹∘f.
  2. Construire l'image par f d'un point quelconque M du plan.
  3. Démontrer que f n'admet pas de point invariant.
Correction
  1. Posons b=AB, d=AD (base en A ; C=B+D−A par la règle du parallélogramme). On trouve φ(b)=f(B)−f(A)=D−B=d−b et φ(d)=f(D)−f(A)=(B+D−A)−B=d. g=t⁻¹∘f a même partie linéaire φ et g(A)=f(A)−b=B−b=A : g fixe A. φ vérifie φ(d)=d (valeur propre 1) et, en résolvant φ(v)=−v, on trouve le vecteur propre v=d−2b (valeur propre −1). La condition AB=BD donne |d−b|=|b|, soit |d|²=2d·b, exactement la condition d'orthogonalité entre d et v=d−2b (d·v=|d|²−2d·b=0). Les directions propres sont donc orthogonales : g est la symétrie orthogonale d'axe (AD).
  2. De g=t⁻¹∘f on tire f=t∘g : pour construire f(M), on réfléchit M par rapport à (AD) pour obtenir M₁, puis on translate M₁ du vecteur AB : f(M) est ce translaté.
  3. f(P)=P ⟺ (φ−Id)(AP)=−b. En base propre (d,v) avec b=(d−v)/2, (φ−Id) a pour valeurs propres 0 (sur d) et −2 (sur v), donc (φ−Id)(AP) est toujours colinéaire à v ; or b a une composante non nulle sur d (coefficient 1/2). L'équation (φ−Id)(AP)=−b est donc impossible : f n'a pas de point invariant.
5

Affinité et point invariant (points non alignés)

● Difficile

A, B, C sont trois points non alignés du plan et D le point tel que C soit le milieu de [BD]. Soit f l'application affine définie par : f(A)=A, f(B)=D, f(C)=B.

  1. Déterminer l'ensemble des points invariants par f.
  2. En déduire qu'il existe un point G de la droite (BC), invariant par f, et exprimer GB en fonction de GC.
  3. Démontrer que f est une affinité dont on précisera les éléments caractéristiques.
Correction
  1. Posons b=AB, c=AC. D=2C−B donne φ(b)=f(B)−f(A)=D−A=2c−b et φ(c)=f(C)−f(A)=b. Un point P=A+xb+yc est invariant ssi φ(xb+yc)=xb+yc. Le calcul donne (y−x)b+2xc=xb+yc, soit y=2x : l'ensemble des points invariants est la droite passant par A, de direction b+2c=AB+2AC (matrice de φ : valeurs propres 1 et −2).
  2. On cherche le point G de cette droite qui appartient aussi à (BC) : en résolvant A+x(b+2c)=A+b+t(c−b), on trouve x=1/3, t=2/3, soit G=A+(b+2c)/3. On calcule alors GB=(2/3)(b−c) et GC=(1/3)(c−b), d'où GB=−2·GC.
  3. Le vecteur propre associé à la valeur propre −2 est b−c=AB−AC, colinéaire à (BC). f fixe point par point la droite (AG) (valeur propre 1) et multiplie par −2 dans la direction (BC) (valeur propre −2) : f est l'affinité d'axe (AG), de direction (BC) et de rapport −2.
1

Barycentre d'applications affines

● Moyen

Soit α et β deux réels tels que α+β≠0, f₁ et f₂ deux applications affines du plan, et g l'application qui à tout point M associe le barycentre des points pondérés (f₁(M),α) et (f₂(M),β). Démontrer que g est une application affine.

Correction

Fixons une origine O. Par définition du barycentre : g(M)=O+[α·Of₁(M)+β·Of₂(M)]/(α+β). Comme f₁,f₂ sont affines, f₁(M)=f₁(O)+φ₁(OM) et f₂(M)=f₂(O)+φ₂(OM), où φ₁,φ₂ sont linéaires. On obtient g(M)−O = [α(f₁(O)−O)+β(f₂(O)−O)]/(α+β) + [α·φ₁(OM)+β·φ₂(OM)]/(α+β). Le premier terme est un vecteur constant w (indépendant de M). Le second s'écrit ψ(OM) où ψ=(α·φ₁+β·φ₂)/(α+β) est linéaire, comme combinaison linéaire de φ₁ et φ₂ (α+β≠0 assure que la division est licite). Donc g(M)=O+w+ψ(OM) : g est affine, de partie linéaire ψ, barycentre des parties linéaires de f₁ et f₂ avec les mêmes coefficients.

2

Affinité orthogonale par une formule vectorielle

● Difficile

Le plan est muni du repère orthonormé (O,i,j). Soit u le vecteur de coordonnées (−3/2 ; 2) et f l'application du plan qui à tout point M associe M' tel que : OM' = (u·OM)i + (i·OM)u.

  1. Donner l'expression analytique de f. En déduire que f est une application affine.
  2. Déterminer deux points A et B, distincts de O, tels que f(A)=A et Of(B)=−4·OB. En déduire que f est une affinité orthogonale dont on précisera l'axe et le rapport.
  3. Exprimer analytiquement f dans le repère (O,A,B).
Correction
  1. Pour M(x,y) : u·OM=−(3/2)x+2y et i·OM=x. Donc OM'=(−(3/2)x+2y)(1,0)+x(−3/2,2)=(−3x+2y,2x). L'expression analytique est x'=−3x+2y, y'=2x : linéaire en (x,y), donc f est affine (linéaire, avec f(O)=O).
  2. f(A)=A : −3x+2y=x et 2x=y donnent y=2x (compatible), droite de vecteur directeur (1,2) : on prend A(1,2). Of(B)=−4OB : −3x+2y=−4x et 2x=−4y donnent x=−2y : on prend B(−2,1). Les vecteurs directeurs (1,2) et (−2,1) sont orthogonaux (produit scalaire −2+2=0). La matrice a donc les valeurs propres 1 (direction A) et −4 (direction B) avec vecteurs propres orthogonaux : f est l'affinité orthogonale d'axe (OA) [droite d'équation y=2x], de rapport −4 (dans la direction orthogonale, celle de B).
  3. Dans le repère (O,A,B), A et B sont vecteurs propres : X'=X, Y'=−4Y.
3

Application affine définie par une formule vectorielle

● Difficile

Soit A un point du plan, a un vecteur non nul, et f l'application qui à tout point M associe M' tel que : AM'=2(AM·a)a−AM. On munit le plan d'une base orthonormée (u,v) avec u=a/‖a‖.

  1. Donner l'expression analytique de f en fonction de ‖a‖ dans le repère (A,u,v). En déduire que f est une application affine.
  2. Démontrer que f est bijective si et seulement si ‖a‖≠√2/2.
  3. Déterminer la nature et les éléments caractéristiques de f dans chacun des cas : a) ‖a‖=0 ; b) ‖a‖=1.
Correction
  1. Posons ρ=‖a‖, a=ρu, et AM=xu+yv. Alors AM·a=ρx, d'où AM'=2ρx·ρu−(xu+yv)=(2ρ²−1)x·u−y·v. Expression analytique : x'=(2ρ²−1)x, y'=−y. Linéaire en (x,y) à coefficients constants : f est affine (linéaire, fixe A).
  2. La matrice est diag(2ρ²−1,−1), de déterminant −(2ρ²−1)=1−2ρ². f bijective ⟺ déterminant≠0 ⟺ ρ²≠1/2 ⟺ ‖a‖≠√2/2.
  3. a) Si a=0 : AM'=2(AM·0)0−AM=−AM. f est la symétrie centrale de centre A. b) Si ‖a‖=1 : ρ=1, matrice diag(1,−1) dans (A,u,v) : f est la symétrie orthogonale d'axe la droite (A,u), c'est-à-dire (A, direction a).
4

Composée par une symétrie centrale mobile

● Moyen

Soit (Δ) et (Δ') deux droites sécantes du plan, s'intersectant en I. Pour tout point M du plan, on désigne par (Δ_M) l'image de (Δ) par la symétrie de centre M. L'application f qui à tout point M associe le point d'intersection des droites (Δ_M) et (Δ') est-elle une application affine du plan ? Est-elle une bijection ? Quels sont ses points invariants ?

Correction

Prenons I comme origine, et une base (d,d') formée d'un vecteur directeur de (Δ) et d'un vecteur directeur de (Δ'), indépendants car les droites sont sécantes. Écrivons M=m₁d+m₂d'. La symétrie de centre M envoie la droite (Δ) [passant par I=0, direction d] sur la droite passant par 2M et de même direction d : (Δ_M)={points de coordonnée d'-composante = 2m₂, d-composante libre}. La droite (Δ') est {d'-composante=0}. Leur intersection est le point de d-composante 2m₁ et de d'-composante 0, soit f(M)=2m₁·d. En coordonnées (m₁,m₂)↦(2m₁,0) : application linéaire, donc f est affine (linéaire, f(I)=I). Son image est réduite à la droite (Δ') (rang 1) : f n'est pas bijective (ni injective, ni surjective). Points invariants : f(M)=M ⟺ 2m₁d=m₁d+m₂d' ⟺ m₁d=m₂d' ; comme d,d' indépendants, cela impose m₁=m₂=0. Le seul point invariant est I, l'intersection de (Δ) et (Δ').

5

Direction fixe et projecteur affine

● Moyen

Le plan est muni du repère (O,i,j). Soit f l'application qui à tout point M(x,y) associe M'(x',y') tel que : x'=(1/3)(4x−2y−6), y'=(1/3)(2x−y−12).

  1. Démontrer que le vecteur MM' a une direction fixe que l'on précisera.
  2. Démontrer que f∘f=f.
  3. a) Déterminer l'ensemble des points invariants par f. b) En déduire la nature et les éléments caractéristiques de f.
Correction
  1. MM'=(x'−x,y'−y)=((x−2y−6)/3,(2x−4y−12)/3). Le second est le double du premier : MM'=[(x−2y−6)/3]·(1,2). Direction fixe : (1,2).
  2. On calcule x'−2y' = (4x−2y−6)/3 − 2(2x−y−12)/3 = 18/3 = 6, constant : tout point image vérifie x−2y−6=0. Or MM'=0 exactement quand x−2y−6=0 (question 1) : ces points sont donc fixes par f, et comme toute image M' est de ce type, f(M')=M', c'est-à-dire f(f(M))=f(M) pour tout M.
  3. a) L'ensemble des points invariants est la droite (D) : x−2y−6=0. b) Comme MM' est toujours colinéaire à (1,2) et l'ensemble des invariants est (D), f est la projection affine sur (D), parallèlement à la direction (1,2).
1

Symétrie orthogonale par expression analytique

● Difficile

Le plan est muni du repère orthonormé (O,i,j). Soit f l'application qui à tout point M(x,y) associe M'(x',y') tel que : x'=(1/13)(5x−12y+24), y'=(1/13)(−12x−5y+36).

  1. Démontrer que f∘f=Id.
  2. Démontrer que l'ensemble des points invariants par f est une droite (D) que l'on précisera.
  3. Soit M un point du plan et M' son image par f. a) Démontrer que le milieu de [MM'] appartient à (D). b) Démontrer que le vecteur MM' a une direction fixe, orthogonale à celle de (D). c) En déduire la nature et les éléments caractéristiques de f.
Correction
  1. La matrice linéaire L=(1/13)[[5,−12],[−12,−5]] vérifie [[5,−12],[−12,−5]]²=169·I (calcul direct des quatre coefficients), donc L²=I. Avec c=(24/13,36/13) le vecteur constant, f(P)=LP+c et f(f(P))=L²P+Lc+c=P+Lc+c. On calcule Lc=(−24/13,−36/13)=−c, donc Lc+c=0 : f∘f=Id pour tout P.
  2. f(P)=P ⟺ (L−I)P=−c, ce qui donne −8x−12y=−24 et −12x−18y=−36, deux équations équivalentes à 2x+3y=6. (D) : 2x+3y−6=0.
  3. a) On calcule 2x'+3y'=−2x−3y+12 (développement direct), d'où (2x+3y)+(2x'+3y')=12 : le milieu de [MM'] vérifie 2X+3Y=6, donc appartient à (D). b) x'−x=(−4/13)(2x+3y−6) et y'−y=(−6/13)(2x+3y−6) : MM' est colinéaire à (−4,−6), soit à (2,3), qui est le vecteur normal de (D) (2x+3y=6) — donc orthogonal à la direction de (D) (produit scalaire (2,3)·(3,−2)=0). c) f∘f=Id (involution), invariants formant une droite (D), et MM' toujours orthogonal à (D) avec milieu sur (D) : f est la symétrie orthogonale d'axe (D) : 2x+3y−6=0.
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Involution affine et symétrie centrale

● Difficile

Soit f une application affine telle que f∘f=Id.

  1. Démontrer que f est bijective.
  2. Soit A un point du plan et M le milieu de [A,f(A)]. Démontrer que M est invariant par f.
  3. Soit (𝒮) l'ensemble des points invariants par f. a) Justifier que (𝒮) n'est pas vide. b) Démontrer que si (𝒮) est un singleton, alors f est une symétrie centrale.
Correction
  1. f∘f=Id signifie que f est sa propre application réciproque : f est donc bijective, d'inverse f⁻¹=f.
  2. Une application affine conserve les milieux : f(M)=f((A+f(A))/2)=(f(A)+f(f(A)))/2=(f(A)+A)/2=M (car f(f(A))=A). M est invariant.
  3. a) D'après la question 2, pour tout point A choisi, le milieu M de [A,f(A)] est un point invariant : (𝒮) n'est jamais vide. b) Supposons (𝒮)={Ω}. f s'écrit f(P)=Ω+φ(ΩP) avec φ²=Id (partie linéaire de f∘f=Id). Si φ admettait un vecteur propre v≠0 pour la valeur propre 1, le point P=Ω+v serait invariant et distinct de Ω, contredisant l'unicité. Donc φ n'a pas la valeur propre 1 ; comme φ²=Id force les valeurs propres réelles à valoir ±1 (polynôme minimal à racines simples x²−1, donc φ diagonalisable), toutes les valeurs propres de φ valent −1, soit φ=−Id. Alors f(P)=Ω−ΩP=2Ω−P : f est la symétrie centrale de centre Ω.
3

Affinité déterminée par ses images (O,I,J)

● Moyen

Le plan est muni du repère (O,I,J). Soit f l'application qui à tout point M(x,y) associe M'(x',y') tel que : x'=−x−2y+2, y'=−x+1. Déterminer les images par f des points O, I et J. En déduire que f est une affinité dont on précisera l'axe, la direction et le rapport.

Correction

f(O)=(2,1). f(I)=(−1−0+2,−1+1)=(1,0)=I (invariant). f(J)=(−0−2+2,−0+1)=(0,1)=J (invariant). I et J étant fixes, toute la droite (IJ), d'équation x+y=1, est fixe point par point (une application affine conserve les barycentres, donc fixe tout point de la droite portée par deux points fixes). La partie linéaire L=[[−1,−2],[−1,0]] a pour valeurs propres 1 (vecteur propre (−1,1), direction de (IJ), cohérent) et −2 (vecteur propre (2,1), en résolvant L(v)=−2v). f est l'affinité d'axe (IJ) : x+y=1, de direction (2,1), de rapport −2 (vérifié sur O : f(O)=(2,1) correspond bien à ce rapport appliqué à la décomposition de O).

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Itérées d'une application affine et point invariant unique

● Difficile

Le plan est muni du repère (O,i,j). Soit f l'application affine d'expression analytique : x'=2x−5y+2, y'=x−2y. Pour tout point M, on note M₁=f(M), M₂=f(M₁), M₃=f(M₂).

  1. a) Démontrer que l'image par f d'une droite (D) est une droite (D') non parallèle à (D). b) En déduire que pour tout M, les points M, M₁, M₂, lorsqu'ils sont distincts, ne sont pas alignés.
  2. Préciser la nature des applications f∘f et f∘f∘f∘f.
  3. a) Démontrer que l'isobarycentre G des points M, M₁, M₂, M₃ est indépendant du point M, et en déduire que G est le seul point invariant par f. b) Calculer M, M₁, M₂, M₃ lorsque M est le point de coordonnées (2 ; 1).
Correction
  1. a) La partie linéaire L=[[2,−5],[1,−2]] a pour trace 0 et déterminant 2×(−2)−(−5)×1=1, donc les valeurs propres vérifient λ²+1=0 : elles sont complexes, L n'a aucun vecteur propre réel. L étant inversible (det=1≠0), l'image de toute droite est une droite ; comme la direction de (D) ne peut être fixée par L (pas de vecteur propre réel), l'image (D') a une direction différente : (D') n'est pas parallèle à (D). b) Si M, M₁, M₂ étaient alignés sur une droite (D) avec M≠M₁, alors M₁∈(D)=(D)∩f(D) et M₂=f(M₁)∈f(D)=(D'). Comme (D) et (D') sont deux droites non parallèles (question a), leur intersection est réduite à un seul point ; or ce point contient à la fois M₁ (dans (D) par hypothèse et dans (D') car M₁=f(M)) et M₂ (dans (D) par hypothèse et dans (D')) : donc M₁=M₂, ce qui contredit l'hypothèse que M₁, M₂ sont distincts. M, M₁, M₂ ne peuvent donc pas être alignés dès qu'ils sont distincts.
  2. On vérifie L²=−I (calcul direct : [[2,−5],[1,−2]]²=[[−1,0],[0,−1]]). Donc f∘f a pour partie linéaire −Id : f∘f est une symétrie centrale (de centre l'unique point invariant de f∘f). Alors f⁴=(f∘f)∘(f∘f) est la composée d'une symétrie centrale avec elle-même : f∘f∘f∘f=Id.
  3. a) Avec f(P)=LP+c, c=(2,0), on développe M+f(M)+f²(M)+f³(M)=M(I+L+L²+L³)+(3I+2L+L²)c. Comme L²=−I et L³=−L, on a I+L+L²+L³=0 : le terme en M disparaît ! Il reste G=[(3I+2L+L²)c]/4=[(2I+2L)c]/4=(I+L)c/2=(3,1) (calcul numérique), indépendant de M. En prenant M=G, on obtient directement que G est fixe ; de plus (L−I) est inversible (déterminant 2≠0), donc l'équation LP+c=P a une unique solution : G=(3,1) est l'unique point invariant de f. b) Pour M(2,1) : M₁=f(M)=(1,0), M₂=f(M₁)=(4,1), M₃=f(M₂)=(5,2). Vérification : (M+M₁+M₂+M₃)/4=(12,4)/4=(3,1)=G. ✓
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Synthèse : rhombe, translation et symétrie glissée

● Difficile

Soit BB'B'' un triangle isocèle en B'. On désigne par A, A' et C les milieux respectifs des segments [BB'], [B'B''] et [BB''], et par A'' le symétrique de A par rapport à A'. On considère une application affine f du plan telle que : f(A)=A' et f(B)=B'.

  1. a) Déterminer f(B'). b) Quelle est la nature du quadrilatère AB'A'C ?
  2. Démontrer que f∘f est une translation si et seulement si f(A')=A''.
  3. On suppose que f(A')=A''. On désigne par φ l'application linéaire associée à f. a) Déterminer φ(BB') et φ(B'C). b) Déterminer une symétrie orthogonale s et une translation t telles que f=s∘t=t∘s.
Correction
  1. a) A est le milieu de [B,B'] ; une application affine conserve les milieux, donc f(A)=milieu[f(B),f(B')], c'est-à-dire A'=milieu[B',f(B')], soit f(B')=2A'−B'=(B'+B'')−B'=B'' (car A'=milieu[B',B'']). b) On pose e₁=AB', e₂=AC (base en A). En développant les milieux, on trouve que les diagonales [AA'] et [B'C] ont même milieu (B+2B'+B'')/4 quel que soit le triangle : AB'A'C est un parallélogramme. De plus AB'=B'A'=A'C=CA=(1/2)BB'=(1/2)B'B'' car BB'=B'B'' (isocèle en B') : les quatre côtés sont égaux, donc AB'A'C est un losange.
  2. On établit d'abord l'identité générale φ(AB')=AC (car B''−A'=(B''−B')/2=C−A, indépendamment de toute hypothèse). En posant e₁=AB', e₂=AC, on a donc toujours φ(e₁)=e₂. La condition f(A')=A'' équivaut à φ(A'−A)=A''−A', soit φ(e₁+e₂)=e₁+e₂, c'est-à-dire (en utilisant φ(e₁)=e₂) φ(e₂)=e₁. Or f∘f a pour partie linéaire φ² ; comme {e₁,e₂} est une base et φ(e₁)=e₂ toujours, φ²=Id sur toute la base équivaut exactement à φ(e₂)=e₁ (l'autre condition φ(φ(e₂))=e₂ en découle automatiquement). Donc f∘f est une translation (partie linéaire Id) si et seulement si f(A')=A''.
  3. a) BB'=2e₁ (car B=A−e₁, B'=A+e₁), donc φ(BB')=2φ(e₁)=2·AC. B'C=e₂−e₁ (car C=A+e₂), donc φ(B'C)=φ(e₂)−φ(e₁)=e₁−e₂=−B'C (B'C est vecteur propre de valeur propre −1). b) φ a pour valeurs propres +1 (vecteur e₁+e₂=AA') et −1 (vecteur e₁−e₂, colinéaire à B'C) ; comme AB'A'C est un losange, |e₁|=|e₂|, donc (e₁+e₂)·(e₁−e₂)=|e₁|²−|e₂|²=0 : les directions propres sont orthogonales, φ est bien le linéaire d'une réflexion. Soit s la symétrie orthogonale d'axe (AA') : s(A)=A et s a pour partie linéaire φ. Alors f∘s a pour partie linéaire φ∘φ=Id (c'est une translation), et (f∘s)(A)=f(A)=A' : c'est la translation t de vecteur AA'. On a f=t∘s ; et comme le vecteur AA' est parallèle à l'axe (AA') de s, translation et symétrie d'axe parallèle commutent, donc f=s∘t=t∘s (f est la symétrie glissée d'axe (AA') et de vecteur AA').

QCM

10 questions · Correction immédiate

0Score
0/10Répondues
Q1/10

f linéaire → f(0)=

Q2/10

Théorème du rang : dim Ker f + dim Im f =

Q3/10

Ker(f) est un SEV de

Q4/10

Matrice M de f : j-ième colonne =

Q5/10

f bijective ⟺

Q6/10

Rang de f = dim

Q7/10

f affine : f(x)=L(x)+b. L est

Q8/10

Composition g∘f → matrice

Q9/10

f:ℝ⁴→ℝ³ de rang 3. dim Ker f =

Q10/10

f linéaire, dim Ker f=0 ⟺ f est