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1. Isométries du plan

Définition et classification

Une isométrie est une transformation qui conserve les distances : d(f(A),f(B))=d(A,B).

Classification des isométries du plan :

Directes (conservent l'orientation) : translations, rotations.

Indirectes (renversent l'orientation) : réflexions (symétries axiales), symétries glissées.

Groupe des isométries

Les isométries forment un groupe pour la composition (associativité, neutre=identité, tout élément est inversible).

Composée de deux réflexions d'axes D₁ et D₂ :

• D₁ ∥ D₂ (distance d) → translation de vecteur 2d·n.

• D₁ ∩ D₂ (angle α) → rotation de centre D₁∩D₂ et d'angle 2α.

2. Affinités

Définition

Une affinité orthogonale d'axe Δ et de rapport k est la transformation qui fixe Δ et envoie tout point M sur M' tel que MM' ⊥ Δ et MM' = k·d(M,Δ) du côté choisi.

k=1 : identité. k=−1 : réflexion d'axe Δ. |k|≠1 : affinité proprement dite.

L'affinité transforme un cercle en ellipse (axe Δ invariant, rapport k).

3. Similitudes

Définition et types

Une similitude de rapport k>0 vérifie d(f(A),f(B))=k·d(A,B).

Directe : z' = az+b (a∈ℂ\{0}, b∈ℂ). k=|a|, angle=arg(a).

Indirecte : z' = az̄+b.

Centre Ω de la similitude directe (a≠1) : Ω=b/(1−a). f(Ω)=Ω.

Composée de deux similitudes directes → similitude directe.

🧠 À retenir

  • Isométrie directe : translation ou rotation
  • Isométrie indirecte : réflexion ou symétrie glissée
  • 2 réflexions d'axes ∥ → translation ; d'axes ∩ → rotation
  • Similitude directe : z'=az+b, k=|a|, θ=arg(a)
  • Centre : Ω=b/(1−a)
1

Composition de réflexions

● Moyen

σ₁ = réflexion d'axe x=0 (Oy). σ₂ = réflexion d'axe x=2. Déterminer σ₂∘σ₁ (type et paramètres).

Correction

Axes parallèles, distance d=2. σ₂∘σ₁ = translation de vecteur (4,0) (vers la droite, 2×2=4). Vérification : σ₁(A(1,y))=A'(−1,y). σ₂(A'(−1,y))=A''(5,y). A''−A=(4,0) ✓.

2

Similitude directe

● Moyen

Similitude directe f de centre Ω(1,1) (affixe 1+i), rapport 2, angle π/2. (1) Forme complexe. (2) Image de A(3,0).

Correction

(1) f(z)=a(z−ω)+ω avec a=2e^(iπ/2)=2i, ω=1+i. f(z)=2i(z−1−i)+1+i=2iz−2i−2i²+1+i=2iz+2+1+i−2i=2iz+3−i. (2) z_A=3. f(3)=6i+3−i=3+5i. Image : A'(3,5).

3

Affinité et ellipse

● Moyen

Affinité d'axe Ox, rapport k=2. Image du cercle x²+y²=1.

Correction

L'affinité (x,y)→(x,2y) transforme le cercle. Si x²+y²=1 et (X,Y)=(x,2y) : x=X, y=Y/2. X²+(Y/2)²=1 → X²+Y²/4=1. Ellipse de demi-axes 1 et 2.

4

Groupe des isométries

● Moyen

Soient r = rotation de centre O, angle π/3, et s = réflexion d'axe Ox. (1) r∘s est-elle directe ou indirecte ? (2) Calculer (r∘s)⁶.

Correction

(1) r directe, s indirecte. Composée directe∘indirecte = indirecte. r∘s est indirecte (réflexion ou symétrie glissée). (2) (r∘s)² = r∘s∘r∘s = r∘(s∘r)∘s. s∘r∘s est une rotation de même angle que r mais d'axe symétrique. (r∘s)⁶ = ? : (r∘s)² est une rotation d'angle 2π/3. (r∘s)⁶=((r∘s)²)³= rotation d'angle 2π = identité.

5

Similitude et points fixes

● Difficile

f(z)=(1+i)z+2−i. (1) Rapport et angle. (2) Centre de la similitude. (3) f est-elle une isométrie ?

Correction

(1) a=1+i. k=|a|=√2. θ=arg(1+i)=π/4. (2) Ω=b/(1−a)=(2−i)/(1−(1+i))=(2−i)/(−i)=(2−i)·i/(−i·i)=(2i−i²)/1=1+2i. Centre : (1,2). (3) k=√2≠1, donc ce n'est pas une isométrie.

Problème de synthèse

● Niveau Bac

On considère les isométries du plan : r₁ = réflexion d'axe D₁ : y=x, et r₂ = réflexion d'axe D₂ : y=−x+2.

  1. Expressions complexes : Exprimer r₁ et r₂ en forme complexe (z'=az̄+b).
  2. Composée r₂∘r₁ : Calculer la composée et identifier sa nature (rotation/translation et paramètres).
  3. Angle et centre : L'intersection D₁∩D₂ existe-t-elle ? Quel angle font D₁ et D₂ ? En déduire les paramètres de la rotation.
  4. Ordre : Quelle est la plus petite puissance n telle que (r₂∘r₁)ⁿ = identité ?
  5. Groupe engendré : Lister tous les éléments distincts engendrés par {r₁, r₂, r₂∘r₁}. Quel groupe classique reconnaît-on ?
  6. Similitude : La composée r₁∘r₂ est-elle une rotation ou une similitude ? Justifier.
Correction du problème de synthèse
  1. r₁ (axe y=x) : z'=iz̄·(i)/i... Mieux: réflexion d'axe y=x envoie (x,y)→(y,x), soit z'=z̄·e^(iπ/2)... r₁(z)=iz̄ (car axe y=x, angle π/4). r₂ (axe y=−x+2) : translation puis réflexion. z'=−iz̄+2.
  2. r₂∘r₁(z)=r₂(iz̄)=−i(iz̄)+2=−i²z̄·... Oops: r₂(w)=−iw̄+2. r₂(r₁(z))=r₂(iz̄)=−i·(iz̄)̄+2=−i(−iz)̄... Soigneusement: r₁(z)=iz̄. r₂(w)=−iw̄+2. (r₂∘r₁)(z)=−i·(iz̄)̄+2=−i·(−iZ̄̄)+2... Le conjugué de iz̄ est −iz. Donc (r₂∘r₁)(z)=−i·(−iz)+2=−z+2. C'est z'=−z+2: rotation de centre 1 et d'angle π.
  3. D₁: y=x (angle π/4). D₂: y=−x+2 (angle 3π/4 avec Ox). Angle entre D₁ et D₂: 3π/4−π/4=π/2. Intersection: y=x et y=−x+2 → 2x=2 → x=1, y=1. Centre (1,1). La composée est une rotation de centre (1,1) et d'angle 2×(π/2)=π. ✓
  4. (r₂∘r₁)² = rotation d'angle 2π = identité. Ordre n=2.
  5. Éléments: id, r₁, r₂, r₂∘r₁ (rotation π). C'est le groupe de Klein V₄ (groupe diédral D₂), isomorphe à ℤ/2ℤ × ℤ/2ℤ.
  6. r₁∘r₂ est aussi une rotation (directe). C'est une isométrie directe (rotation), pas une similitude proprement dite (rapport=1).

QCM

10 questions · Correction immédiate

0Score
0/10Répondues
Q1/10

Isométrie directe du plan =

Q2/10

2 réflexions d'axes parallèles (distance d) →

Q3/10

2 réflexions d'axes se coupant d'angle α →

Q4/10

Similitude directe : z'=az+b. Rapport =

Q5/10

Centre Ω d'une similitude directe z'=az+b (a≠1) =

Q6/10

Une réflexion est

Q7/10

Affinité d'axe Ox, rapport k : le cercle unité devient

Q8/10

Similitude indirecte : z'=

Q9/10

Les isométries forment un

Q10/10

f(z)=iz. f est

Cinq exercices supplémentaires tirés du CIAM Terminale C (Collection Inter-Africaine de Mathématiques), chapitre « Isométries du plan — Applications affines », section Apprentissage — énoncés fidèles au manuel, corrections rédigées pour ce site.

1

Décomposition d'une translation (rectangle)

● Facile

ABCD est un rectangle. Déterminer la droite (Δ) telle que : t_AB→ = s_Δ∘s_(AD). (D'après CIAM Terminale C, Isométries du plan, exercice n°1.)

Correction

Notons a=AB. Repère : A(0,0), B(a,0), C(a,b), D(0,b) ; la droite (AD) est la droite x=0.

s_Δ∘s_(AD) est la composée de deux réflexions d'axes parallèles à (AD) (le résultat étant une translation) : c'est la translation de vecteur 2·MN→, où M∈(AD), N∈Δ, MN→ perpendiculaire aux axes.

On veut 2·MN→ = AB→=(a,0), donc MN→=(a/2,0) : Δ est la droite parallèle à (AD), à la distance a/2 de (AD) du côté de B.

Conclusion : Δ est la médiatrice commune de [AB] et [DC] (elle passe par les milieux de [AB] et de [DC]).

2

Composée de deux réflexions sécantes

● Moyen

ABC est un triangle, avec Â=mes(AB→,AC→). Déterminer la nature et les éléments caractéristiques de s_(AC)∘s_(AB). (D'après CIAM Terminale C, exercice n°2.)

Correction

Théorème général : si (D₁) et (D₂) sont deux droites sécantes en un point O, d'angle orienté θ=(D₁,D₂), alors s_(D₂)∘s_(D₁) est la rotation de centre O et d'angle 2θ.

Ici (D₁)=(AB) et (D₂)=(AC) se coupent en A, avec (AB,AC)=Â.

Conclusion : s_(AC)∘s_(AB) est la rotation de centre A et d'angle 2Â.

3

Composition de deux rotations (triangle équilatéral)

● Moyen

ABC est un triangle équilatéral de sens direct, de centre O. Déterminer r(B,π/3)∘r(C,π/3). (D'après CIAM Terminale C, exercice n°4.)

Correction

La somme des angles est π/3+π/3=2π/3≠0 [2π] : la composée est donc une rotation d'angle 2π/3.

Plaçons A(0,√3), B(−1,0), C(1,0) (triangle équilatéral direct, de centre O(0,√3/3)). En notant a=e^(i2π/3), un calcul en nombres complexes donne, pour f=r(B,π/3)∘r(C,π/3) : f(z)=az+K avec K=0,5+i√3/2, puis le centre Ω=K/(1−a)=i√3/3, soit Ω=O.

Conclusion : r(B,π/3)∘r(C,π/3) = rotation de centre O (le centre du triangle) et d'angle 2π/3.

4

Composition de deux quarts de tour (carré)

● Moyen

ABCD est un carré de sens direct et de centre O. Déterminer r(A,π/2)∘r(B,π/2). (D'après CIAM Terminale C, exercice n°6.)

Correction

Repère : A(0,0), B(1,0), C(1,1), D(0,1), O(0,5;0,5).

r(A,π/2) : (x,y)→(−y,x). r(B,π/2) : (x,y)→(1−y,x−1).

r(A,π/2)∘r(B,π/2)(x,y) = r(A,π/2)(1−y,x−1) = (−(x−1),1−y) = (1−x,1−y).

Or (1−x,1−y)=2·(0,5;0,5)−(x,y) : c'est la symétrie centrale de centre O. (La somme des angles π/2+π/2=π confirme qu'il s'agit d'une symétrie centrale.)

Conclusion : r(A,π/2)∘r(B,π/2) = symétrie centrale de centre O, le centre du carré.

5

Rotation et translation dans un carré

● Moyen

ABCD est un carré de sens direct et de centre O. Soit r le quart de tour direct de centre O et t la translation de vecteur BC→. Caractériser r∘t et t∘r. (D'après CIAM Terminale C, exercice n°25.)

Correction

Repère : A(0,0), B(1,0), C(1,1), D(0,1), O(0,5;0,5). r : (x,y)→(1−y,x). t : (x,y)→(x,y+1).

r∘t(x,y)=r(x,y+1)=(1−(y+1),x)=(−y,x). Point fixe : x=−y et y=x ⟹ x=y=0, c'est-à-dire A. Donc r∘t est le quart de tour direct de centre A.

t∘r(x,y)=t(1−y,x)=(1−y,x+1). Point fixe : x=1−y et y=x+1 ⟹ x=0, y=1, c'est-à-dire D. Donc t∘r est le quart de tour direct de centre D.

Conclusion : r∘t = quart de tour direct de centre A ; t∘r = quart de tour direct de centre D.

Cinq exercices de niveau intermédiaire, mêlant isométries (CIAM Terminale C, chapitre « Isométries du plan », section Approfondissement) et similitudes directes (CIAM Terminale, chapitre « Similitudes », section Apprentissage) — énoncés fidèles aux manuels, corrections rédigées pour ce site.

1

Carrés extérieurs sur un triangle (van Aubel, partie 1)

● Moyen

ABC est un triangle de sens direct. P, Q, R sont les centres des carrés construits extérieurement sur les côtés [BC], [CA], [AB]. Soit φ la rotation vectorielle associée à un quart de tour direct. Démontrer que AP=QR et que les droites (AP) et (QR) sont perpendiculaires. (D'après CIAM Terminale C, Isométries du plan — Approfondissement, exercice n°48.)

Correction

En nombres complexes, pour un triangle direct ABC, le centre du carré extérieur construit sur un côté orienté X→Y (dans le sens de parcours direct du triangle) est Z=(X+Y)/2 − i(Y−X)/2.

On obtient ainsi : P=(B+C)/2−i(C−B)/2, Q=(C+A)/2−i(A−C)/2, R=(A+B)/2−i(B−A)/2.

Un calcul direct donne : R−Q = (B−C)/2 + i(2A−B−C)/2, puis φ(QR→)=i(R−Q) = −A+(B+C)/2+i(B−C)/2.

Or P−A = (B+C)/2−i(C−B)/2−A = −A+(B+C)/2+i(B−C)/2, qui est exactement égal à φ(QR→).

On a donc φ(QR→) = AP→ : les vecteurs AP→ et QR→ ont même norme (φ conserve les longueurs) et sont orthogonaux (φ est une rotation d'angle π/2).

Conclusion : AP = QR et (AP)⊥(QR).

2

Composition de rotations et de translation (carré)

● Moyen

ABCD est un carré de sens direct et de centre I. On pose t la translation de vecteur DA→, r₀ la rotation de centre D et d'angle π/2, r₁ la rotation de centre A et d'angle −π/4, r₂ la rotation de centre A et d'angle 3π/4. On note f=t∘r₀, g₁=r₁∘f, g₂=r₂∘f. Démontrer que f, g₁ et g₂ sont des rotations, et préciser leurs angles. (D'après CIAM Terminale C, exercice n°51.)

Correction

f=t∘r₀ : la composée d'une translation et d'une rotation d'angle θ≠0 [2π] est une rotation de même angle θ (seul le centre change). Ici θ=π/2, donc f est une rotation d'angle π/2.

g₁=r₁∘f : composée de deux rotations d'angles −π/4 et π/2 ; la somme −π/4+π/2=π/4≠0 [2π], donc g₁ est une rotation d'angle π/4.

g₂=r₂∘f : composée de deux rotations d'angles 3π/4 et π/2 ; la somme 3π/4+π/2=5π/4≡−3π/4 [2π] (≠0), donc g₂ est une rotation d'angle −3π/4 (ou 5π/4).

3

Éléments caractéristiques de similitudes directes

● Moyen

Dans chacun des cas suivants, déterminer les éléments caractéristiques (rapport, angle, centre) de la similitude directe d'écriture complexe donnée : a) z'=iz+1 ; b) z'=(1−i)z+1. (D'après CIAM Terminale, Similitudes, exercice n°1.)

Correction

a) z'=iz+1 : a=i, b=1. k=|a|=1 et angle=arg(i)=π/2 : c'est en fait une isométrie (une rotation). Centre Ω=b/(1−a)=1/(1−i)=(1+i)/2, soit Ω(0,5;0,5). Conclusion : rotation de centre Ω(0,5;0,5) et d'angle π/2.

b) z'=(1−i)z+1 : a=1−i, b=1. k=|a|=√2, angle=arg(1−i)=−π/4. Centre Ω=b/(1−a)=1/(1−(1−i))=1/i=−i, soit Ω(0;−1). Conclusion : similitude directe de rapport √2, d'angle −π/4, de centre Ω(0;−1).

4

Similitude déterminée par deux couples de points

● Moyen

A, B, C sont les points d'affixes respectives i, 1+i, 2+2i. 1) Déterminer l'affixe du barycentre G des points pondérés (A,2), (B,−2), (C,1). 2) Démontrer que la similitude directe s qui transforme A en B et B en C a pour centre G. 3) Déterminer l'angle et le rapport de s. (D'après CIAM Terminale, Similitudes, exercice n°7.)

Correction

1) z_G=(2z_A−2z_B+z_C)/(2−2+1)=2i−2(1+i)+(2+2i)=2i−2−2i+2+2i=2i. Donc G(0;2).

2) On cherche s(z)=az+b avec s(A)=B et s(B)=C : ai+b=1+i et a(1+i)+b=2+2i. En soustrayant : a=(2+2i)−(1+i)=1+i. Puis b=(1+i)−(1+i)i=(1+i)−(i−1)=2.

Centre : Ω=b/(1−a)=2/(1−(1+i))=2/(−i)=2i. On retrouve Ω=2i=G : le centre de s est bien G.

3) a=1+i donc k=|a|=√2 et angle=arg(1+i)=π/4.

5

Nature du triangle AMM' et image d'un cercle

● Moyen

Soit s la similitude directe d'écriture complexe z'=(1+i)z−i. 1) Déterminer les éléments caractéristiques de s. 2) A désigne le centre de s ; M un point distinct de A, d'image M' par s. Quelle est la nature du triangle AMM' ? 3) Déterminer le lieu géométrique de M' lorsque M décrit le cercle de centre O et de rayon 1. (D'après CIAM Terminale, Similitudes, exercice n°11.)

Correction

1) a=1+i, b=−i. k=|a|=√2, angle=arg(1+i)=π/4. Centre A=b/(1−a)=−i/(1−(1+i))=−i/(−i)=1, soit A(1;0).

2) Pour tout point M, AM'→=a·AM→ (propriété du centre d'une similitude). Donc AM'=√2·AM et l'angle (AM→,AM'→)=π/4. En prenant un repère local d'origine A avec AM→=1, on obtient AM'→=1+i, d'où MM'→=AM'→−AM→=i, orthogonal à AM→=1 (produit scalaire nul) et de même norme (|i|=1=|AM→|). Le triangle AMM' est donc rectangle isocèle en M (angle droit en M, AM=MM').

3) L'image d'un cercle par une similitude de rapport k est un cercle de rayon k fois le rayon initial, de centre l'image du centre initial. Image de O : s(O)=a·0+b=−i, soit (0;−1). Rayon image : √2×1=√2. Conclusion : le lieu de M' est le cercle de centre (0;−1) et de rayon √2.

Cinq problèmes de synthèse, plus longs et plus exigeants, tirés des sections Approfondissement des chapitres CIAM Terminale C « Isométries du plan » et CIAM Terminale « Similitudes » — pour aller plus loin et préparer les épreuves de type baccalauréat.

1

Théorème de Von Aubel

● Difficile

ABCD est un quadrilatère de sens direct. On construit extérieurement sur chacun de ses côtés un carré ; soit P, Q, R, S les centres des carrés construits respectivement sur [AB], [BC], [CD], [DA].

  1. Démontrer que les diagonales [PR] et [QS] du quadrilatère PQRS sont isométriques et perpendiculaires.
  2. Préciser la nature de PQRS lorsque ABCD est un parallélogramme.
Correction

Comme dans l'exercice sur les carrés extérieurs d'un triangle, le centre d'un carré extérieur construit sur un côté orienté X→Y (dans le sens de parcours du quadrilatère) est : centre = (X+Y)/2 − i(Y−X)/2.

D'où : P=(A+B)/2−i(B−A)/2, Q=(B+C)/2−i(C−B)/2, R=(C+D)/2−i(D−C)/2, S=(D+A)/2−i(A−D)/2.

  1. Un calcul direct donne R−P = (C+D−A−B)/2 − i(D−C−B+A)/2, et S−Q = (A−B−C+D)/2 + i(C+D−A−B)/2. Or i(R−P) = (A−B−C+D)/2 + i(C+D−A−B)/2, qui est exactement égal à S−Q. On a donc QS→ = i·PR→ : les vecteurs PR→ et QS→ ont même norme (|PR|=|QS|) et sont orthogonaux ((PR)⊥(QS)).
  2. Si ABCD est un parallélogramme, alors D=A+C−B (les diagonales [AC] et [BD] ont même milieu). On calcule alors P+R = A+C et Q+S = A+C également (les termes en i s'annulent) : les diagonales [PR] et [QS] ont donc le même milieu (A+C)/2. Un quadrilatère dont les diagonales sont isométriques, perpendiculaires ET de même milieu est un carré. Conclusion : lorsque ABCD est un parallélogramme, PQRS est un carré.
2

Existence d'un polygone à partir des milieux de ses côtés

● Difficile

Soit A₁, A₂, …, Aₙ (n≥3) des points distincts du plan. Existe-t-il un polygone M₁M₂…Mₙ tel que A₁ soit le milieu de [M₁M₂], A₂ le milieu de [M₂M₃], …, Aₙ le milieu de [MₙM₁] ? On distinguera les cas n pair et n impair. (D'après CIAM Terminale C, Isométries du plan — Approfondissement, exercice n°53.)

Correction

La condition « Aᵢ milieu de [MᵢMᵢ₊₁] » équivaut à Mᵢ₊₁=s_{Aᵢ}(Mᵢ), où s_{Aᵢ} est la symétrie centrale de centre Aᵢ. Le polygone existe si et seulement si M₁ est un point fixe de F=s_{An}∘s_{A_{n-1}}∘…∘s_{A1} (alors M_{n+1}=M₁ referme le polygone), les autres sommets se déduisant ensuite par récurrence.

Chaque s_{Aᵢ} est une rotation d'angle π. La composée de n rotations d'angle π est une rotation d'angle nπ [2π].

• Si n est impair : nπ≡π [2π], donc F est elle-même une symétrie centrale (rotation d'angle π), qui possède un unique point fixe Ω. Il existe donc un unique polygone solution, avec M₁=Ω.

• Si n est pair : nπ≡0 [2π], donc F est une translation, de vecteur u→=2(Aₙ−Aₙ₋₁+Aₙ₋₂−…+A₂−A₁) (somme alternée). Deux cas se présentent : si u→=0→, F=Id et tout point M₁ est fixe — il existe une infinité de polygones solutions (un paramètre : le choix de M₁) ; si u→≠0→, F n'a aucun point fixe — il n'existe aucun polygone solution.

Conclusion : n impair ⟹ solution unique ; n pair ⟹ aucune solution ou une infinité, selon la nullité de la somme alternée 2(Aₙ−Aₙ₋₁+…−A₁).

3

Similitude directe associée à un triangle équilatéral

● Difficile

ABA' est un triangle équilatéral de sens direct et B' le point tel que A'B'→=2AA'→. Soit s la similitude directe qui transforme A en A' et B en B'.

  1. Déterminer le rapport et l'angle de s.
  2. Soit Ω le centre de s. Exprimer ΩA et ΩA' en fonction de AA'.
  3. Démontrer que le triangle ΩAA' est rectangle en A.
Correction

Repère complexe : A=0, B=1. Le triangle ABA' étant équilatéral direct, A'=A+(B−A)e^(iπ/3)=e^(iπ/3). B' tel que A'B'→=2AA'→, soit B'−A'=2A' (car A=0), donc B'=3A'.

  1. s(z)=az+b avec s(A)=A' : b=A'=e^(iπ/3). s(B)=B' : a+b=B'=3A', donc a=3A'−A'=2A'=2e^(iπ/3). Rapport k=|a|=2, angle=arg(a)=π/3.
  2. Centre Ω=b/(1−a)=e^(iπ/3)/(1−2e^(iπ/3)). Avec e^(iπ/3)=0,5+i√3/2, on obtient 1−2e^(iπ/3)=−i√3, puis Ω=(0,5+i√3/2)/(−i√3)=−0,5+i√3/6. Avec A=0 et AA'=|A'|=1 (unité choisie), on calcule ΩA=|Ω|=√(0,25+1/12)=√(1/3)=AA'/√3, et ΩA'=|A'−Ω|=√(1+1/3)=2/√3=2AA'/√3. On vérifie ΩA'=k·ΩA=2·ΩA, cohérent avec le rapport de s.
  3. Vecteurs AΩ→=Ω=(−0,5;√3/6) et AA'→=A'=(0,5;√3/2). Produit scalaire : (−0,5)(0,5)+(√3/6)(√3/2)=−0,25+0,25=0. Les vecteurs AΩ→ et AA'→ sont orthogonaux : le triangle ΩAA' est rectangle en A (on vérifie aussi Pythagore : ΩA'²=1/3+1=4/3=ΩA²+AA'²).
4

Point de Steiner : trois segments égaux

● Difficile

ABC est un triangle. On construit à l'extérieur les triangles équilatéraux directs BPC, CQA, ARB (de sommets P, Q, R). Soit r la rotation de centre A et d'angle π/3.

  1. En utilisant r, démontrer que CR=BQ.
  2. Démontrer que CR=BQ=AP.
Correction
  1. Le triangle ARB étant équilatéral direct, R s'obtient en tournant B de −π/3 autour de A ; donc r (rotation de +π/3 autour de A) vérifie r(R)=B. Le triangle CQA étant équilatéral direct, on vérifie de même que r(C)=Q. Or r est une isométrie, donc elle conserve les distances : |r(R)−r(C)| = |R−C|, c'est-à-dire |B−Q|=|R−C|, soit BQ=CR.
  2. De façon analogue, en considérant r' la rotation de centre B et d'angle π/3 : le triangle ARB (équilatéral direct) donne r'(A)=R, et le triangle BPC (équilatéral direct) donne r'(P)=C. Comme r' conserve les distances : |r'(A)−r'(P)|=|A−P|, c'est-à-dire |R−C|=|A−P|, soit CR=AP. En combinant les deux égalités : AP=BQ=CR.
5

Produit scalaire et similitude directe

● Difficile

A, B, C sont trois points du plan, d'images respectives A', B', C' par une similitude directe de rapport k. Démontrer que A'B'→·A'C'→ = k²·AB→·AC→. On pourra utiliser, après l'avoir justifiée, l'égalité A'B'→·A'C'→ = (1/2)(A'B'²+A'C'²−B'C'²). (D'après CIAM Terminale, Similitudes, exercice n°5.)

Correction

Justification de l'égalité : pour tous points A', B', C', en posant u→=A'B'→ et v→=A'C'→, on a u→−v→ = (B'−A')−(C'−A')=B'−C', donc |u→−v→|²=B'C'². Or |u→−v→|²=|u→|²+|v→|²−2u→·v→ = A'B'²+A'C'²−2·A'B'→·A'C'→.

On en tire : A'B'→·A'C'→ = (1/2)(A'B'²+A'C'²−B'C'²), et de même AB→·AC→=(1/2)(AB²+AC²−BC²).

Comme la similitude est de rapport k, on a A'B'=k·AB, A'C'=k·AC, B'C'=k·BC. Donc : A'B'→·A'C'→ = (1/2)(k²AB²+k²AC²−k²BC²) = k²·(1/2)(AB²+AC²−BC²) = k²·AB→·AC→.

Conclusion : A'B'→·A'C'→ = k²·AB→·AC→.