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1. Affinité orthogonale — applications

Rappel et constructions

Une affinité orthogonale d'axe Δ et de rapport k transforme un point M en M' tel que MM'⊥Δ et OM'=k·OM_projeté.

Propriété : conserve le parallélisme, les rapports de division sur les droites non⊥Δ, le milieu.

Image d'un cercle par une affinité de rapport k : ellipse de demi-axes a=R et b=kR.

2. Homothéties composées

Composée de deux homothéties

h(A,k₁) ∘ h(B,k₂) :

• Si k₁k₂≠1 : homothétie de rapport k₁k₂ et de centre C=A+k₁(B−A)/(1−k₁k₂) (barycentre de A et B).

• Si k₁k₂=1 (et k₁≠1) : translation de vecteur k₁(B−A)/(k₁−1)... plus généralement : translation.

3. Applications ponctuelles et lieux géométriques

Méthodes

Image d'une droite par une isométrie/similitude : droite parallèle (rotation/translation) ou quelconque.

Image d'un cercle : cercle (isométrie, homothétie), ellipse (affinité).

Lieu géométrique : poser f(M)=M' et exprimer les conditions sur M en termes de M'.

• Intersection de deux lieux : résoudre le système.

4. Parallélisme et orthogonalité préservés

Propriétés conservées

Application affine : conserve le parallélisme (image d'une droite = droite).

Isométrie : conserve les angles, les distances, le parallélisme et l'orthogonalité.

Similitude de rapport k : conserve les angles, multiplie les distances par k.

🧠 À retenir

  • Affinité(axe,k) : image du cercle R → ellipse demi-axes R et kR
  • Composée h(A,k₁)∘h(B,k₂) : homothétie si k₁k₂≠1, translation si k₁k₂=1
  • Lieu géométrique : paramétrer M', exprimer condition sur M
  • Similitude : conserve angles, multiplie longueurs par k
1

Image d'un cercle par une affinité

● Facile

Affinité d'axe Ox, rapport k=1/2. Image du cercle C de centre O et rayon 3.

Correction

(x,y)→(x,y/2). Cercle : x²+y²=9. Image : x²+(2Y)²=9 → x²+4Y²=9. Ellipse demi-axes 3 et 3/2.

2

Composée d'homothéties

● Moyen

h₁=h(A,2) et h₂=h(B,−1) avec A(0,0) et B(3,0). Calculer h₂∘h₁ et l'identifier.

Correction

k₁k₂=−2≠1 → homothétie de rapport −2. Centre: C=A+k₁(B−A)/(1−k₁k₂)=(0,0)+2·(3,0)/(1+2)=(2,0). h₂∘h₁ = h(C(2,0),−2).

3

Image d'une droite par une similitude

● Moyen

f: z'=(1+i)z+2. f est une similitude directe. (1) Image de la droite Ox (y=0). (2) Image du cercle |z|=1.

Correction

(1) z=t réel. f(t)=(1+i)t+2=t+2+ti → X=t+2, Y=t → Y=X−2. Image: droite y=x−2. (2) |z|=1 → |f(z)−2|=|(1+i)z|=√2|z|=√2. Image: cercle centre 2, rayon √2.

4

Lieu géométrique

● Moyen

M décrit le cercle de centre A(2,0) et rayon 2. f est la rotation de centre O, angle π/2. Quel est le lieu de f(M) ?

Correction

f(z)=iz. Si |z−2|=2, alors |iz−2i|=2. Lieu de M'=iz : |M'−2i|=2. Cercle de centre (0,2) et rayon 2.

5

Construction d'un pentagone régulier

● Difficile

Un pentagone régulier a ses sommets sur le cercle de rayon R. (1) Les sommets sont z_k=Re^(2ikπ/5). (2) Montrer que la rotation r=R(O,2π/5) permute cycliquement les sommets. (3) Quel est le centre de la similitude qui envoie le côté z₀z₁ sur le côté z₁z₂ ?

Correction

(1) z_k=Re^(2ikπ/5) pour k=0,...,4 ✓. (2) r(z_k)=e^(2iπ/5)·z_k=z_{k+1 mod 5} ✓. (3) La similitude s:z_{k}→z_{k+1} est z'=e^(2iπ/5)z. Centre=0 (origine). C'est la rotation de centre O d'angle 2π/5.

Problème de synthèse

● Niveau Bac

On cherche le lieu des points M tels que MA²−MB²=k (k constante), avec A(−a,0) et B(a,0).

  1. Expression : Calculer MA²−MB² en coordonnées (x,y).
  2. Simplification : Montrer que le lieu est une droite perpendiculaire à AB. Laquelle ?
  3. Cas k=0 : Retrouver la médiatrice de [AB].
  4. Image par une rotation : Soit r la rotation de centre O, angle π/2. Quelle est l'image de ce lieu ?
  5. Deuxième lieu : Trouver le lieu des M tels que MA/MB=λ (λ>0, λ≠1). Identifier la nature de ce lieu.
  6. Synthèse : Pour a=2, k=8 et λ=2, trouver les points qui vérifient simultanément MA²−MB²=8 et MA/MB=2.
Correction du problème de synthèse
  1. MA²=(x+a)²+y²=x²+2ax+a²+y². MB²=(x−a)²+y²=x²−2ax+a²+y². MA²−MB²=4ax.
  2. 4ax=k → x=k/(4a). Droite verticale x=k/(4a), ⊥ à AB (axe Ox).
  3. k=0 → x=0 → axe Oy = médiatrice de [AB] ✓.
  4. r : (x,y)→(−y,x). La droite x=c → l'image est −y=c, soit y=−c. Droite horizontale y=−k/(4a).
  5. MA/MB=λ → MA²=λ²MB² → (x+a)²+y²=λ²[(x−a)²+y²] → (1−λ²)x²+(1−λ²)y²+2a(1+λ²)x+a²(1−λ²)=0. Diviser par (1−λ²): x²+y²+2a(1+λ²)/(1−λ²)·x+a²=0. Cercle d'Apollonius de centre (−a(1+λ²)/(1−λ²),0).
  6. a=2: droite x=8/8=1. λ=2: MA²=4MB². Sur x=1: MA²=(1+2)²+y²=9+y². MB²=(1−2)²+y²=1+y². 9+y²=4(1+y²) → 9+y²=4+4y² → 5=3y² → y²=5/3 → y=±√(5/3). Points: (1,√(5/3)) et (1,−√(5/3)).

QCM

10 questions · Correction immédiate

0Score
0/10Répondues
Q1/10

Affinité d'axe Ox, rapport k : image du cercle de rayon R =

Q2/10

h(A,2)∘h(B,3) : rapport de la composée =

Q3/10

Si k₁k₂=1 pour h(A,k₁)∘h(B,k₂) :

Q4/10

Image du cercle |z|=r par f(z)=az+b :

Q5/10

Lieu MA²−MB²=0 =

Q6/10

Similitude conserve

Q7/10

Image d'une droite par une isométrie =

Q8/10

Cercle d'Apollonius : lieu MA/MB=λ (λ≠1) est

Q9/10

Rotation de centre O, angle θ : image de (x,y) =

Q10/10

Pentagone régulier : angle entre 2 sommets consécutifs vu de O =

1

Nature de f(z) = −z + 6i

● Facile

On considère l'application ponctuelle f définie sur le plan complexe par f(z) = −z + 6i. Déterminer la nature de f et ses éléments caractéristiques (centre).

Correction

Point invariant : z₀ = −z₀ + 6i → 2z₀ = 6i → z₀ = 3i. Le coefficient de z est −1 = e^(iπ), rapport 1, angle π : f est une homothétie de rapport −1, c'est-à-dire la symétrie centrale de centre Ω(0 ; 3).

2

Nature de f(z) = 2z − 4

● Facile

Déterminer la nature de l'application f(z) = 2z − 4 et préciser son centre et son rapport.

Correction

Point invariant : z₀ = 2z₀ − 4 → z₀ = 4. Le coefficient 2 est réel positif ≠ 1 : f est l'homothétie de centre Ω(4 ; 0) et de rapport 2.

3

Centre et angle d'une rotation donnée sous forme complexe

● Moyen

Soit f(z) = iz + 2 − i. Montrer que f est une rotation, puis déterminer son angle et son centre.

Correction

|i| = 1 donc f est une isométrie directe (rotation ou translation) ; comme i ≠ 1, c'est une rotation d'angle π/2 (argument de i). Centre : z₀ = iz₀ + 2 − i → z₀(1−i) = 2−i → z₀ = (2−i)/(1−i) = (2−i)(1+i)/2 = (3+i)/2. Ω(3/2 ; 1/2).

4

Composée de deux symétries centrales

● Moyen

A(1 ; 2) et B(4 ; −1). On note s_A et s_B les symétries centrales de centres respectifs A et B. Déterminer la nature et les éléments caractéristiques de s_B∘s_A.

Correction

s_A(z) = 2a − z avec a = 1+2i ; s_B(z') = 2b − z' avec b = 4−i. s_B∘s_A(z) = 2b − (2a−z) = z + 2(b−a). b−a = 3−3i, donc 2(b−a) = 6−6i. s_B∘s_A est la translation de vecteur (6 ; −6) (règle générale : composée de deux symétries centrales = translation de vecteur 2AB).

5

Éléments caractéristiques d'une similitude directe

● Moyen

Soit f(z) = (1+i√3)z. Déterminer le rapport et l'angle de cette similitude directe, préciser son centre, puis calculer l'image du point M d'affixe 2.

Correction

1+i√3 = 2(cos(π/3)+i sin(π/3)) = 2e^(iπ/3). Rapport k=2, angle π/3. f(0)=0 donc centre O. Image de M(2 ; 0) : f(2) = 2(1+i√3) = 2+2i√3, soit le point (2 ; 2√3).

1

Droites globalement invariantes par une homothétie

● Moyen

On considère l'homothétie f(z) = 3z − 4 − 2i.

  1. Déterminer le centre Ω de f.
  2. Montrer que toute droite passant par Ω est globalement invariante par f.
  3. Déterminer l'image de la droite (D) : y = x + 1. Est-elle invariante ?
  4. Trouver la droite parallèle à (D) qui, elle, est globalement invariante.
Correction
  1. z₀=3z₀−4−2i → −2z₀=−4−2i → z₀=2+i. Ω(2 ; 1).
  2. Droite passant par Ω : z=Ω+tu (t réel, u affixe de la direction). f(z)=3Ω+3tu−4−2i=Ω+3tu (car 3Ω−4−2i=Ω). C'est encore un point de la même droite (paramètre 3t) : la droite est globalement invariante.
  3. D passe par (0;1), direction (1;1). Pour z=x+i(x+1) : f(z)=3x−4+i(3x+1). X=3x−4, Y=3x+1 → Y=X+5 : image = droite y=x+5, parallèle à D mais distincte (D ne passe pas par Ω : 1≠2+1). Non invariante.
  4. La droite parallèle à D passant par Ω(2;1) : y−1=x−2 → y=x−1. Elle passe par Ω donc, d'après (2), est globalement invariante.
2

Composée de deux rotations d'angles opposés

● Moyen

Soit r₁ la rotation de centre A(0 ; 0) et d'angle π/3, et r₂ la rotation de centre B(2 ; 0) et d'angle −π/3. Déterminer la nature et les éléments caractéristiques de r₂∘r₁.

Correction

r₁(z)=e^(iπ/3)z. r₂(z')=e^(−iπ/3)(z'−2)+2. r₂∘r₁(z)=e^(−iπ/3)e^(iπ/3)z+2−2e^(−iπ/3)=z+2(1−e^(−iπ/3)). e^(−iπ/3)=1/2−i√3/2. 1−e^(−iπ/3)=1/2+i√3/2. 2× = 1+i√3. Translation de vecteur (1 ; √3) (résultat cohérent avec la règle générale : composée de deux rotations d'angles opposés = translation).

3

Identifier une réflexion et ses droites invariantes

● Difficile

Soit f(z) = −z̄ + 4.

  1. Justifier que f est une isométrie indirecte.
  2. Chercher l'ensemble des points invariants par f : montrer qu'il s'agit d'une droite Δ et la déterminer. En déduire la nature de f.
  3. Étudier l'image par f de la droite (Δ') : y = 1. Que constate-t-on ?
Correction
  1. f fait intervenir le conjugué : c'est une application affine indirecte ; le coefficient devant z̄ est −1, de module 1, donc f est une isométrie indirecte.
  2. z=x+iy invariant : x+iy = −(x−iy)+4 = −x+4+iy → partie réelle : x=−x+4 → x=2 (partie imaginaire automatiquement vérifiée, y quelconque). L'ensemble des points invariants est la droite verticale Δ : x=2. Une isométrie indirecte ayant une droite entière de points fixes est une réflexion (symétrie orthogonale) d'axe Δ.
  3. Δ' : y=1 (perpendiculaire à Δ). f(x+i)=−(x−i)+4=−x+4+i. Quand x décrit ℝ, −x+4 décrit aussi ℝ : l'image est encore la droite y=1. Δ' est globalement invariante (chaque point est envoyé sur son symétrique par rapport à Δ, situé sur la même horizontale) : conforme à la propriété générale — toute droite perpendiculaire à l'axe d'une réflexion est globalement invariante.
4

Caractériser une application par ses propriétés

● Difficile

Soit f une bijection du plan telle que, pour tous points M, N d'images M', N' : M'N' = 2·MN, et f conserve les angles orientés. On admet le théorème : une telle application est une similitude directe de rapport 2. Sachant que f(O) = O (O origine) et que f(I) = J, où I est le point d'affixe 1 et J le point d'affixe 2i, déterminer l'expression complexe de f.

Correction

f est une similitude directe : f(z)=az+b avec |a|=2. f(O)=O → b=0. f(I)=a·1=a=J=2i. Comme |2i|=2, cohérent avec |a|=2. f(z) = 2i·z : c'est la similitude de centre O, rapport 2, angle π/2 (ici une rotation-homothétie directe).

5

Symétrie glissée — points invariants et axe

● Difficile

Soit f(z) = i·z̄ + 1.

  1. Montrer que f n'a aucun point invariant.
  2. Calculer f∘f(z) et en déduire que f est une symétrie glissée (composée d'une réflexion et d'une translation non nulle parallèle à l'axe). Préciser le vecteur de glissement.
  3. Déterminer l'axe Δ de cette symétrie glissée, sachant qu'il est formé des points M tels que le vecteur Mf(M) soit parallèle à la direction du glissement.
Correction
  1. z=x+iy invariant : x+iy = i(x−iy)+1 = (y+1)+ix. Partie réelle : x=y+1. Partie imaginaire : y=x. En combinant : x=x+1 → 0=1, impossible. Aucun point invariant.
  2. f∘f(z)=i·conj(f(z))+1 = i·conj(iz̄+1)+1 = i·(−iz+1)+1 = z+i+1. f∘f est la translation de vecteur (1 ; 1). Une isométrie indirecte sans point fixe dont le carré est une translation non nulle est une symétrie glissée, de vecteur de glissement la moitié du vecteur trouvé : (1/2 ; 1/2).
  3. On cherche M tel que f(M)−M soit colinéaire à (1;1), c'est-à-dire de partie réelle égale à sa partie imaginaire. f(z)−z = (y+1−x)+i(x−y). Condition Re=Im : y+1−x = x−y → 2y+1=2x → x=y+1/2. Axe Δ : y = x − 1/2.
1

Composée d'une similitude et d'une homothétie — la surprise de la rotation

● Difficile

On considère la similitude directe s de rapport 2 et d'angle π/3, de centre O, et l'homothétie h de centre A (affixe a=4) et de rapport 1/2. On pose f = h∘s.

  1. Écrire l'expression complexe de s.
  2. Écrire l'expression complexe de h.
  3. Déterminer l'expression complexe de f = h∘s ; en déduire sa nature exacte (rapport, angle) — le résultat est-il celui attendu ?
  4. Déterminer le centre Ω de f.
  5. Déterminer l'image par f du cercle de centre O et de rayon 3.
Correction
  1. s(z) = 2e^(iπ/3)z = (1+i√3)z.
  2. h(z) = (1/2)(z−4)+4 = z/2 + 2.
  3. f(z)=h(s(z)) = (1/2)(1+i√3)z + 2 = e^(iπ/3)z + 2 (puisque (1+i√3)/2 = e^(iπ/3), de module 1). f n'est donc pas une similitude de rapport quelconque mais une rotation d'angle π/3 (rapport 2 × rapport 1/2 = 1) : les rapports se compensent exactement — résultat plus riche que prévu.
  4. Point invariant : z₀=e^(iπ/3)z₀+2 → z₀(1−e^(iπ/3))=2 → z₀=2/(1−e^(iπ/3)). Or 1−e^(iπ/3)=1/2−i√3/2=e^(−iπ/3), donc z₀=2e^(iπ/3)=1+i√3. Ω(1 ; √3).
  5. f est une rotation : l'image d'un cercle de rayon 3 est un cercle de même rayon 3, de centre f(O)=2. Cercle de centre (2 ; 0) et de rayon 3.
2

Famille paramétrée de similitudes directes

● Difficile

Pour tout réel m, on définit l'application f_m(z) = (1+im)z. Soit A le point d'affixe 1.

  1. Justifier que f_m est une similitude directe de centre O quel que soit m, et exprimer son rapport k(m) et son angle θ(m) en fonction de m.
  2. Déterminer, en fonction de m, l'affixe du point M'_m = f_m(A). Quel est le lieu géométrique décrit par M'_m lorsque m décrit ℝ ?
  3. Existe-t-il une valeur de m pour laquelle f_m est une homothétie ? Une isométrie ?
  4. Existe-t-il une valeur de m telle que f_m(A) soit le point d'affixe 2+2i ?
Correction
  1. f_m(z)=(1+im)z est de la forme az avec a=1+im≠0, donc similitude directe de centre O (f_m(0)=0). k(m)=|1+im|=√(1+m²), θ(m)=arg(1+im)=arctan(m).
  2. M'_m d'affixe (1+im)·1=1+im, soit le point (1 ; m). Quand m décrit ℝ, ce point décrit la droite verticale d'équation x=1.
  3. Homothétie ⇔ θ(m)=0 ou π ⇔ 1+im réel ⇔ m=0 (la partie réelle vaut toujours 1>0, donc θ=π est impossible). m=0 donne f₀(z)=z, l'identité. Isométrie ⇔ k(m)=1 ⇔ 1+m²=1 ⇔ m=0. Seul m=0 convient dans les deux cas (application triviale, l'identité).
  4. D'après (2), l'image de A a toujours pour partie réelle 1 ; or 2+2i a une partie réelle égale à 2≠1. Aucune valeur de m ne convient.
3

Rotation et projection orthogonale — une composée non bijective

● Difficile

On munit le plan de coordonnées (x;y). Soit s la rotation de centre O et d'angle π/2 : s(x;y)=(−y;x), et p la projection orthogonale sur l'axe (Ox) : p(x;y)=(x;0). On pose f = p∘s et g = s∘p.

  1. Exprimer f(x;y) et g(x;y).
  2. f et g sont-elles des bijections du plan ? Justifier.
  3. Déterminer l'image par f du cercle de centre O et de rayon R.
  4. Déterminer l'image par f de la droite (D) : x=2.
  5. Calculer f∘g et g∘f. Que peut-on dire de la commutativité de f et g ?
Correction
  1. f(x;y)=p(s(x;y))=p(−y;x)=(−y;0). g(x;y)=s(p(x;y))=s(x;0)=(0;x).
  2. f envoie tout le plan sur l'axe (Ox) : deux points de même ordonnée y (quelle que soit leur abscisse x) ont la même image (−y;0) — f n'est pas injective, donc pas bijective (de même pour g, qui envoie le plan sur (Oy)). Une projection composée avec une isométrie reste une application non bijective.
  3. Pour (x;y) sur le cercle x²+y²=R², y décrit [−R;R] ; l'image (−y;0) décrit donc le segment [−R;R] de l'axe (Ox) — et non un cercle.
  4. Pour (2;y) avec y∈ℝ, f(2;y)=(−y;0) ; quand y décrit ℝ, l'image décrit tout l'axe (Ox).
  5. f∘g(x;y)=f(0;x)=(−x;0). g∘f(x;y)=g(−y;0)=(0;−y). Ces deux applications sont différentes (l'une agit sur (Ox), l'autre sur (Oy)) : f et g ne commutent pas.
4

Construction d'un carré par une similitude directe

● Difficile

On note A, B, C les points d'affixes respectives 0, 4 et 4+4i. Soit s l'unique similitude directe telle que s(A)=B et s(B)=C.

  1. Déterminer l'expression complexe de s, puis sa nature exacte (rapport, angle).
  2. Déterminer le centre Ω de s.
  3. Calculer D=s(C). Montrer que ABCD est un carré.
  4. Vérifier que s(D)=A.
  5. Que représente géométriquement la transformation s∘s∘s∘s ? Le vérifier par le calcul.
Correction
  1. s(z)=αz+β. s(0)=β=4 (affixe de B). s(4)=4α+4=4+4i (affixe de C) → 4α=4i → α=i. s(z)=iz+4. |α|=1 : s est une rotation d'angle π/2.
  2. z₀=iz₀+4 → z₀(1−i)=4 → z₀=4/(1−i)=4(1+i)/2=2+2i. Ω(2 ; 2).
  3. D=s(C)=i(4+4i)+4=4i−4+4=4i, soit D(0;4). A(0;0), B(4;0), C(4;4), D(0;4) : côtés de longueur 4, angles droits (rotation d'angle π/2 entre deux côtés consécutifs) : ABCD est un carré de côté 4.
  4. s(D)=s(4i)=i·4i+4=−4+4=0=affixe de A. ✓ La rotation s permute cycliquement A→B→C→D→A, sommets du carré, autour de son centre Ω(2;2) (qui est bien le centre du carré).
  5. s∘s∘s∘s = rotation d'angle 4×π/2=2π = l'identité. En effet, s⁴ ramène chaque sommet à lui-même après un tour complet, ce qui est cohérent avec le cycle A→B→C→D→A observé.
5

Image d'une parabole par une similitude indirecte

● Difficile

Soit (P) la parabole d'équation y=x². On définit g = h∘s, où s est la symétrie orthogonale d'axe (Oy) : s(x;y)=(−x;y), et h l'homothétie de centre O et de rapport 3.

  1. Donner l'expression analytique de g(x;y).
  2. Montrer que g est une similitude indirecte et préciser son rapport.
  3. Déterminer l'image (P') de (P) par g ; donner son équation réduite.
  4. (P) et (P') ont-elles un point commun ? Le(s) déterminer.
  5. Déterminer le(s) point(s) invariant(s) par g.
Correction
  1. g(x;y)=h(s(x;y))=h(−x;y)=(−3x;3y).
  2. g est linéaire ; l'image de tout vecteur (a;b) a une longueur multipliée par 3 dans les deux directions (|−3|=|3|=3), donc g multiplie toutes les distances par 3 — construite comme composée d'une réflexion (indirecte) et d'une homothétie, g est une similitude indirecte de rapport 3.
  3. Soit (X;Y)=g(x;y) : X=−3x, Y=3y, donc x=−X/3, y=Y/3. En reportant dans y=x² : Y/3=(−X/3)²=X²/9, soit (P') : y = x²/3.
  4. Points communs : x²=x²/3 → (2/3)x²=0 → x=0, y=0. Seul point commun : O(0;0).
  5. Point invariant : −3x=x → x=0 ; 3y=y → y=0. Seul point invariant : O(0;0) (cohérent avec le fait qu'une similitude indirecte de rapport ≠1 admet un unique point fixe).